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Paris. — Imprimerie Mottbroz, 31 , rue du Dragon.
PRÉCIS DE L'HISTOIRE
BIBLIOTHÈQUE DU BOI
AUJOURD'HUI
BIBLIOTHÈQUE NATIONALE
(d,^,j.'i',^^,iù
ALFRED, FRA
NTCLIN
Oorrlgte «t tria-augmentia
PARIS
LÉON "WILLEM . LIBRAIRE
8, RDB DB VBRNBUIL
187S
7±^.
^ sf/J'?y
MA8141885
TABLE
DES SOMMAIRES
CHAPITRE PUEMIEU.
Chapelle.— Philippe 1k Hardi e*
livres an roi Jean. — Amour de CliarloB V pour lef
lettrée. — Traductions faites par ses ordres. — Ht, bi-
bliothèque transportée de la Cité an Louvre. — Le
catalogue de Gilles Malet
CHAPITRE II.
(1330 à 1516)
Inventaire de 1380.— Don du duc do Guyenne.— Mort
de Gilles Malot. — Inventaire de 141Q. — Antoine don
Essarts. — Garnier de Saint-Yon et Jean Maulin. —
Inventaires do 1113 et de 1123. — La reliure sous
Charles T et Charles VI — Le duc do Bedford s'empare
do la BibUothèqne. — Les livres do Charles, duc de
Berry, etoeni des duos do Bourgogne — Louis XI et
Charles viii. — La bibliothèque do Naples. — Lee
livres d* Charles d'Orléans. — Louis XII transporte la
BibUothèqae du roi i. Bloi».— n y rênnit la collection
de Pavie, celle da Pétrarque et celle de Louis di'
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TABLE
DES SOMMAIRES
CHAPITRE PltEMtElI.
(750 il 1380)
Pépin le Bref et Charlemagnc. — Loiiin lo Débiiimairc et
Clurles le Ohsuve. — La bihliothi'ciuM ilo la Saiuto-
Chapelle.— PhiKppe le Hsrdi et ses siiooeafiour».— Les
livreB dn roi Jean. — Amour de Charles V pour leH
lettres. — Traductions faites par aea ordceg.— Sa bi-
bliothèque trauaportéo do la Cité au Louvre. — Le
catal<^ue de GiUea Malet
CHAPITRE IL
(1880 à 13151
Inventaire de 1380. — Don du dac de Guyenne. — Mort
do Qillea Malet. — Inventaire de 1410.— Antoine des
EsBarts. — QatDier do Saint-Yon et Jean Maulin. —
lavantairoB de 1*19 et do H23 — La ccliuro sous
Charles V et Charles VI. — Le duc do Bedford s'empare
do la Bibliothèque, — Les livres do Charles, due de
Berry, et ceux des ducs de Bourgogne. — Louis XI et
Charlea VIII. — La bibliothèque de Naplcs. — Les
livres d» Charles d'Orléans.— Louis XII transporte la
Bibliothèque dn roi k Bloia.— D y réunit la ooUeotion
do Pavio, celle de Pétrarque et celle de Lonis de
II
CHAVITJîK III.
(1515 h 1560j
François I". — La bibliothèque de Blois. — La biblio-
thèque de Fontainebleau. — Création de la charge de
Maître de la librairie. — Recherches de manuscrits à
l'étranger. — GuillaumeBudé et P. Duchâtel. — Lefèvre
d'Etaples et Mellin de Saint-Gelais. — La bibliothèque
de Blois réunie à celle de Fontainebleau. — La reliure
au seizième siècle. — Caractère des reliures exécutées
pour Louis XII, pour François le'et pour Henri II. —
Les ordonnances de Raoul Spifame. — La bibliothèque
d'Aimar de Ranconet. — La reliure sous François IL 63
CHAPITRE lY.
(1560 à 1610)
Charles IX. — Translation de la Bibliothèque à Paris.
— Jacques Aymot, maître de la librairie. — Les reliures
sous Charles IX et Henri III. — Dangers que court
la Bibliothèque pendant la Ligue. — Guillaume Rose,
F. Pigenat et le président Brisson. — Récit de Gos-
selin. — Jacques-Auguste de Thou remplace Amyot. —
La Bibliothèque est transportée au collège Louis-le-
Grand. — Les livres de la famille Pi thou. — Les ma-
nuscrits de Catherine de Médicis. — Transfert de la
Bibliothèque dans le couvent des Cordeliers. — La
reliure sous Henri IT 85
CHAPITRE Y.
(1610 k 1657)
Mort tragique de Gosselin. — Is. Casaubon. — Louis
Xni visite la Bibliothèque. — Les manuscrits du mar-
quis de Brèves. — Projet de rétablir une bibliothèque
royale à Fontainebleau. — La collection de Ph. Hurault.
— La Bibliothèque transportée rue de la Harpe. —
Nie. Rigault. — Les catalogues de 1622. — Premières
estampilles. — La bibliothèque des frères Dupuy . 115
CHAPITRE VL
(1657 à 1670)
J.-B. Colbert. — La bibliothèque du comte de Béthune.
- Les manuscrits dits de Brienne. — Modifications
<lnna le personnel. — La Bibliothèque transportée rue
TABLE
DES SOMMAIRES
CHAl'ITBE rUEMIKlI.
(TSO à 13B0)
Pépia le Bref et ChfttlcmHr;iii'.— Louix lu Dûlicmiiaitc tt
Charlea le Cbauve. — La hi]>liotlKiiiii' île ia Skiiitr-
Cliapelle.— Philippe le KunM et ses aïK^cftueui'fi.—LoB
livres du roi Jean. — Aiiiuiir de CLarlcn V puur les
lettrée. — Tradnctiona faites par ses ordres.— Ha bi-
bliathèqne transportée de la Cité au Louvri:. — Le
c»t»li^nie deQilleaUolet
CHAPITBB II.
(13S0 à 151S)
Inventaire de 1390. — Don du duc de Oayenne. — Mort
de GilluB Malet. — Inventaire de 1410— Antoine Oe-i
Esaarts. — aarnior de Baiut-ïun et Ji:an Maaliti. —
lurentaires du 1413 et do U23.— I.o reliure buub
Charles T et Charles VI. — Le duc de Builford s'empare
de la BiMiothèque. — les livres do Charles, duc de
Bcrr;, et ceni des ducs de BoQrgogno. — Louia XI et
Charles Yin. — La bihliothoquo do Naplos. — Les
livres d* Oharles d'Opléana. — Louis XU transporte la
Bibliothèque duroi k Bloia.— Dyréanit la collection
do Pavlo, celle de Pétrarque et celle de Louis de
BragM
H
CHAVITKK 111,
(1515 h 1560)
François I*»'. — La bibliothèque deBloiB. — La biblio-
thèque de Fontainebleau. — Création de la charge de
Maître de la librairie. — Becherches de manuscrits à
l'étranger. — Guillaume Budé et P. Duchâtel. — Lefèvre
d'Etaples et Mellin de Saiiit-Gelais. — La bibliothèque
deBlois réunie à celle de Fontainebleau. — La reliure
au seizième siècle. — Caractère des reliures exécutées
pour Louis XII, pour François I^'et pour Henri IL —
Les ordonnances de Baoul Spifame. — La bibliothèque
d'Aimar de Banconet. — La reliure sous François II. 63
CHAPITEE IV.
(1560 à 1610)
Charles IX. — Translation de la Bibliothèque à Paris.
— Jacques Aymot, maître de la librairie. — Les reliures
sous Charles IX et Henri III. — Dangers que court
la Bibliothèque pendant la Ligue. — Guillaume Eose,
F. Pigenat et le président Brisson. — Bécit de Gos-
selin. — Jacques-Auguste de Thon remplace Amyot. —
La Bibliothèque est transportée au collège Louis-le-
Grand. — Les livres de la famille Pithou. — Les ma-
nuscrits de Catherine de Médicis. — Transfert de la
Bibliothèque dans le couvent des Cordoliers. — La
reliure sous Henri IV 85
CHAPITBE y.
(1610 à 1657)
Mort tragique de Gosselin. — Is. Casaubon. — Louis
XIII visite la Bibliothèque. — Les manuscrits du mar-
quis de Brèves. — Projet de rétablir une bibliothèque
royale à Fontainebleau. — La collection dePh. Hurault.
— La Bibliothèque transportée rue de la Harpe. —
Nie. Bigault. — Les catalogues de 1622. — Premières
estampilles. — La bibliothèque des frères Dupuy . 115
CHAPITBE VL
(1657 a 1670^
J.-B. Colbert, — La bibliothèque du comte de Béthune.
- Les manuscrits dits de Brienne. — Modifications
<lnna le personnel. — La Bibliothèque transportée rue
m
Vivitiuue. — Origine du Cabiutit des Médailles.- ■ J.e
Cabinet des Estampes. — Bibliothèques do Gaston
d'Orléans, du surintendant Fouquet , de Gilbert
Gaulmin et de J.-A. de Thou. — Les manuscrits de
Mazarin. — Achats faits dans le Levant. — Acquisi-
tion des livres de J. Monte! 141
CHAPITRE VÎT.
(1670 à 1714)
Missions de Doat dans le Midi, d'Alland dans le Danphiné,
de Godofroid dans le Nord, de Wansleben en Orient,
de Petisde la Croix et de Galland à Constantinople. —
La bibliothèque des Carmes de la place Maubert. —
Modifications dans le personnel de la bibliothèque du
Roi. — Les reliures depuis Louis XIV jusqu'à Louis
XVI. — Nouvelles estampilles. — L'abbé de Louvois. —
Essai de publicité. — La bibliothèque de Julien Brodeau
et celle d'E. Bigot.— Catalogues de 1675, de 1688 et
de 1690. — Vols commis par Jean Aymont. — Donation
de Gaignières 175
CHAPITRE VIII.
(1714 à 1756)
La famille Bignon. — Division de la Bibliothèque en
quatre départements. — La bibliothèque d'Etienne
Baluze. — La bibliothèque du Roi transportée rue
Richelieu. — Acquisitions et donations nombreuses ;
médaille frappée à cette occasion. — La bibliothèque
du président de Mesmes et celle de Colbert. — Orga-
nisation du dépôt légal. — Modifications dans le
personnel. — La bibliothèque devient publique. —
Catalogue imprimé 211
CHAPITRE IX.
(1756 à 1795).
Les manuscrits de la cathédrale do Paris. — La biblio-
thèque de C.Falconet. — Les livres do Daniel Huet. —
Modifications dans le personnel. — La Révolution, —
Réorganisation de rétablissement. — Nouvelles estam-
pilles et nouvelles marques. — Projets de déplacement.
— Acquisitions. — Résumé 247
APPENDICE.
(laSO k 1730)
I. Lt bibliothèque de la Sainte-Chapelle. — II. Les
lÎTTM de Louis le Htttin — ni. Les livrea de Jeuone
d'Evreuï.—rV.Les livres do Clémence de Hongrie. —
V. Les livres de Philippe-le-Hardi. — VJ.LeBliTree de
Uarguerite de SUle.— VU. Arrest du CoDBeil d' Estât
pour les Cordelien. — TIII. Hintoire inédite de ta
bibUotbèqae du Itoi
TABLE ET ORKilNE
DES GRAVURES
I. Ex UBBIB ADTOQBAÏHE Dr BOl j£AN T
Bibliothèque iistioliiilciasjiuscrita, fuatls fcuiii^niv, wiT.
n. SïoSArttRE DE ChablesV 12
DibIio(hèqQCiiatioiiale,intttia«CTiti^,fouilij&aiifai!',u"J37.
III. KOTEAUTOQBArHE DECnAELEB V 13
Bi bliothèqno nationale, inuiT]ncrit>i,f(>ii(lHfraii4&ia, 11'' 137.
IT. Es LIBHia AOTOOnSPUE DE JeAM, COMTE D'AsoocLiîm;. 58
Bibliothcqiie nationale, manuîcritf.firadB françaÎM, II" J37.
V. Beudbe aux abueb de fsAKÇoia I" 77
Bibliothèque nationale, mftuuRi!ritH,fou(Ufrançttie,ii°S261.
VI. Bemcke ad cbiffke de FnAKÇûiB n 82
Bibliothèque nationale, n]aunHCi'itK,f(>iul)tfran(;ais,n'' 1180.
VU. BEUDBEAUeHII-FRRDECirAIlIiBlX 88
Bibliothèque iiatiDnalo.mannsri'itH, fondu français, n°868.
VIU. Hemueb Aex ABMEB i>E Hknbi III no
SiblîotLéquc Mazarine, nnuvi'au fondh, jurispruileuire
in-S", a> 56.
IX. BELnniE AUX ABHEB DE Henri IV 112
BibUolhèque nationale, mauiiacriti!,l'ond9frauçaib,n«23C.
X. MaBQDE BIBLIOOSAFHIQVE DE FBIL. HVEADLT .... 121
Bibliothèque nationale, manui'critB, fonda fiançais, n" n7(i.
VT
XI. SlTirATION DE LA BIBLIOTHÈQUE l^AN» LA KUE DE LA HaBPE 125
Plan (le Paris de J. Gomboust (1652).
XII. Situation DE la BIBLIOTHÈQUE DANS IjA RUE DE LA Habpf. 126
Plan de Paris de Jouvin de Rochefort (1690;.
XIII. Reliube aux abmes de Louis XIII 129
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n® 30455.
XrV. Ancienne estampille de la bibliothèque . . . . 132
Bibliothèque nationale, imprimés.
XV. AUTBE estampille DE LA BIBLIOTHÈQUE 132
Bibliothèque Mazarine. imprimés, n» 18749 A.
XVI. Mabque biblioobaphique de p. et DE J. DrpuY. . 136
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n» 6213.
XVII. Monogbamme de P. et de j. Dupuy 137
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n» 6213 >
XVIII. Mabque biblioobaphique de Ph. de Béthune . . 145
Bibliothèquonationale, manuscrits,fonds français,uo2900.
XIX. Situation de la bibliothèque dans la bue Vivienne. 150
Plan do Paris de LacaiUo (1714).
XX. Monogbamme de Gaston d'Oblèanb 158
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n^ 17554.
XXI. Mabque bibliographique de J.-A. de Thou. . . . 168
Bibliothèque Mazarine, incunables, n» 5831 E.
XXII. MoNoGBAM3iE DE Louis XIV 189
Bibliothèque nationale, cabinet des estamx)os.
XXIII. Marque bibliogr-vphique d'Anne d'Autriche. . 190
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n*» 3208b.
XXIV. Estampille de la bibliothèque 192
Bibliothèque nationale, im])rimés.
XXV. Autre estampille DE la BiBi.ioTHÈQi F 192
Bibliothèque nationale, imprimés.
XXVI. EbTAMPILLEB DES DOUBLES VtNDTS J iV»
Bibliot lutine nationale, imprimés.
XXVIl. Marque BiBLUMiKAPHiQUE DE Cit. ï>L^Io^r^:H..L. . W)
iîiMiothèMUt' Mazarine. don) »!«-«!.
vil
Pages"
XXVIII. Marque BiBLiooiiAPHiQUF. de L.-E. Bigot . . . 202
Bibliothèqne Mazarine, nouveau fniuls, théologie iu-l»;
no 89.
XXIX. Masque biblicgbaphique i>l Bignon 213
Bibliothèque de TAi-senal, in-é^, n-^ 17809 H.
XXX. Situation de la bibliothisque dans l,\ ruf, R[(!HhiJEr . 218
Plan de Paris, ditdeTurgot (1739).
XXXI. Face DE LA MÉDAILLE COMMÉMOKATIVE 223
Bibliothèque nationale, cabinet des médailles.
XXXII. Marque BIBLIOGRAPHIQUE de De Mesheh. . . . 224
Bibliothèque Mazarine, doubles.
XXXni. Croissants entrelacé» 225
Bibliothèque Mazarine, doubler.
XXXIY. Monogramme de Dk Mesme^^ 226
Bibliothèque Mazarine, doubles.
XXXY. Marque bibliographique de Oolbert .... 235
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, théologie iii-4«,
no 862.
XXXVI. Monogramme de Colbert ........ 234
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n» 5030 A.
XXX Vil. Estampille de la bibliothèque 267
Bibliothèqne nationale, imprimés.
XXXVHI. Marque monogrammatique 267
Bibliothèque nationale, imprimés.
PRECIS DE
X/HISTOIRE
DE LA
BIBLIOTHÈQUE DU ROI
CHAPITRE PREMIER
(750 à 1380)
Pépin le Bref et Charlemagne. — Louis le Débonnaire et Charles
le Chanve. — La bibliothèque de la Sainte-Chapelle. — Phi-
lippe le Hardi et ses successeurs. — Les livres du roi Jean. —
Amour de Charles V pour les lettres. — Traductions faites par
ses ordres. — Sa bibliothèque transportée de la Cité au Louvre.
— Le catalogue de Gilles Malet.
épin le Bref semble être le premier roi de
France qui ait songé à réunir quelques
volumes ; on cite comme lui ayant ap-
partenu un Antiphonier, un Responsal, la
Dialectique d'Aristote et les livres de saint Denis
l'Aréopagite, présents du pape Paul I^r i. Son fils
1. On lit dans une lettre du pape Paul 1er à Pépin ; « Direximus
etiam ExcellèntissimsB Prœcellentisd vestrsB et libres, quantos
1
2 CHAPITRE I. — 750 à 1380.
Charlemagne rassembla dans son palais, à Aix-la-
Chapelle 1, une bibliothèque vraiment considérable
pour l'époque , « magnam copiam librorum , » dit
Éginhard, et qui, suivant Maichelius, renfermait
plusieurs ouvrages composés ou écrits par lui,
» in qua plur'es codices manu ejus exarati conli-
n nebantur 2. ;, On dit que Gernandus servit de
bibliothécaire à Charlemagne 3, qui eut aussi des
livres au monastère de Saint-Gall et à l'île Barbe * ;
Leidrade, puis Agobard, tous deux archevêques
de Lyon, furent successivement à la tête de cette
dernière collection s. Mabillon cite un diplôme de
Charlemagne qui autorise les religieux de Saint-
Bertin à tuer dans ses forêts les cerfs et les daims
dont les peaux seraient nécessaires pour la reliure
• reperire potnimus, id est, Antîphonale et Besponsale, insimul
• Artem grammaticam Aristotelis, Diouysii AnopagitsB libros,
« geometrîcam , orthographiam , grammaticam , omnes grsdco
» eloquio scriptores, necnon et horologium noctumum. » Voyez
D. Bouquet, ÈecueU des historiens des Guides, t. V, p. 513.
1. « Nam ut nunc omittam Carolum Magnum, illustrissimi
• vestri generis auctorem, qui et bibliothecam singularemin suo
> palatio instituit, etc. » G. Gesner, Bihliotheca instituta et
collectai epistola nuncupatoria, p. 3.
2. Maichelius, Introductio ad historiam literariam de prœci-
puis hihliothecis, p. 1. — Sur les connaissances littéraires de
Charlemagne, voyez : J.-J. Ampère, Histoire littéraire de la
France avant le xne siècle, t. III, p. 36, et B. Hauréau, Charle-
magne et sa cour, p. 20 et suiv.
3. Morhoff, Polyhistor^ 1. 1, lib. I, p. 46.
4. Bihliotheca veterum Patrum, t. XIV, p. 233.
5. Histoire de la Bibliotèque du Boy, Bibliothèque Sainte-Gene-
Tièye, manuscrit Z , f. 1. Ce manuscrit n'a point de pagination.
LES OARLOVINGIENS. 3
des ouvrages appartenant à Fabbaye i . L'empe-
reur ordonna en mourant que tous ses livres
seraient vendus, et l'argent qui en proviendrait
distribué aux pauvres 2 .
Louis le Débonnaire et Charles le Chauve
possédèrent quelques volumes, « libri in the-
sauro 71. Le premier eut successivement pour
bibliothécaires Ebbon, archevêque de Reims, et
le poëte Garwa'rd^. La bibliothèque du second
était sous la direction d'Hilduin^, abbé de Sithiu
et de Saint-Denis, qui avait compilé pour Louis
le Débonnaire la Vie de saint «Denis. Charles
partagea ses livres entre son fils et les abbayes de
Saint-Denis et de Compiègne^. Dans le nombre
se trouvait le magnifique manuscrit encore connu
1. « Concessimus Autlando abbati et monachis ex monaste-
• rio... ubi sancti Audomarus atque Bertinus Christi confessores
• corpore requiescunt , ut ex nostra indulgentia , in eoniin pro-
» prias silyas licentiam haberent eorum homines venationem
» exercere, niide fratres consolationem habere possint, tam ad
• Yolumina Ubrorum tegenda... Data vn kal. Aprilis, anno xx
» regni nostri. » Mabillon, de rediplomaticat lib. VI, p. 611, n»
cxcix. — Voyez encore le Cartulaire de Vdbhaye de Saint-Bertin,
t. !«', p. 75.
2. « Statuit ut ab his qui eos habere veUent, justo pretio
• fidssent redempti, pretiumque in pauperes erogatum. » Egin-
hard, VUa Caroli imperatoris, c^p. xxxm.
3. Histoire littéraire de la France, t. IV, p. 223.
4. Morhoff, Polyhistor, t. I, lib. I, p. 46. — Struvius, IntrO'
duetio ad notUiam rei litterariœ. p. 65.
5. « Libri nostri qui in thesauro nostro sunt, sicut dispositum
• habemus, inter Sanctum Dîonysium et Sanctam Mariam in
• Compendio et filium nostrum dispertiantur. » Et. Baluze,
Begum Francorum capitularia, t. n, col. 264.
4 CHAPITRE I. — 750 à 1380.
SOUS le nom de Bible de Charles le Chauve, et qui
est un des plus précieux monuments littéraires
de la seconde race ; le début de chacun des livres
de rÉcriture sainte, et parfois des pages entières,
sont tracés en lettres d'or qui ont conservé leur
lustre et leur éclat i. Possédé longtemps par
Tabbaye de Saint-Denis, les religieux, au sei-
zième siècle, songèrent à se défaire de cet admi-
rable manuscrit ; Henri IV le leur confisqua, et le
20 août 1595, un arrêt du Parlement ordonna
qu'il serait déposé à la Bibliothèque du roi. Il en a
été enlevé sous le second Empire, et transporté
au musée des souverains.
Les témoignages de l'amour de Louis IX pour
les livres sont nombreux 2. Il autorisa les savants
1. On le trouve décrit dans le Nouveau traité de diplomatique f
t. III, p. 88.
2. Voici l'un des plus naïfs : « Li benoiet saint Loys entcndanz
■ que len ne doit pas despendre le tens en choses oiseuses ne en
*» demandes curieuses de cest monde, lequel tens doit estre em-
» ploie en choses de pois et meilleurs, sestude il metoit a lire
»• sainte escriture ', car il avoit la bible glosée, et originaux de
* Paint Augustin et dautres sainz, et autres livres de la sainte
» escripture, esquex il lisoit et fesoit lire moult de foiz devant
■ lui el tens dentre disner et heure de dormir, cest a savoir,
»» quant il dormoit de jour ; mes pou li advenoit que il dormist
»• a tele heure ; et quant il convenoit que il dormist, si demoroit
■ il pou en son dormir. Et ce meemes fesoit il moult de foiz après
» dormir jusques a vespres, quant il nestoit embesoigné de
»» choses pezans... Chascun jour... il sen raloit en sa chambre,
» et adoncques estoit alumee une chandele de certaine longueur;
■ cest a savoir de trois piez ou environ ; et endementieres que
» ele duroit , il lisoit en la bible ou en un autre saint livre ; et
« quant la chandele estoit vers la fin, un de ses chapelains estoit
» apelé, et lors il disoit complie avecques lui. » Vie de saint
SAINT LOUIS.
à venir consulter un certain nombre d'ouvra-
ges qu'il avait réunis dans une salle de la
Sainte-Chapelle. Lui-même s'y rendait parfois, à
ses heures de loisir, pour y lire quelques traités
des Pères de l'Église qui avaient été copiés par ses
ordres i , mais, en mourant, il partagea cette col-
lection entre les quatre communautés religieuses
qu'il aflfeclionnait le plus 2 .
Louis , par le confesseur de la reine Marguerite , dans le Recueil
des historiens des Gaules, t. XX, p. 79.
1. On n'a sur ce x>oint d'autre document contemi)orain que le
curieux récit de Geoffroy de Beaulieu , conseiller intime et con-
fesseur de saint Louis. Û s'exprime ainsi : « Audivit fidelis rox,
» dum adhuc esset ultra mare, de quodam magno Sarracenorum
» soldano, qui omnia librorum gênera, quœ necessaria esse pote-
» rant philosophis sarraconis, diligenter faciebat inquiri, et
» sumptibus suis scribi} et in armario suo recondi ; ut literati
» eorum librorum copiam possent habere, quoties indigerent.
» Goncepit quod, revertens in Franciam, omnes libros sacr»
• ScriptursB, quos utiles et autenticos in diversis armariis abba-
*» tiarum invenire valeret, transcribi sumptibus suis faceret....
•• Potius autem volebat de novo facere libros scribi, quam emere
« jam conscriptos : dicens, quod hoc modo sacrorum librorum
» numerus et utilitas copiosius augebatur. Locum aptum et
>* fortem ad hoc sodiâcari fecit, scilicet Parisius in capellsB sus
• thesauro, ubi plurima originalia tam Augustin!, Ambrosii,
r» Hieronymi atque Gregorii , nec non et aliorum orthodoxorum
n doctorum libros sedule congregavit : in quibus , quando sibi
» vacabat, libenter studebat et aliis ad studendum libenter con-
» cedebat.... Quando studebat in libris, et aliqui do familiaribus
• suis erant présentes, qui litteras ignorabant , quod intelligebat
" legendo proprie et optime noverat coram illis transferre in
• gallicum de latino. » Gaufridus de Bello Loco, Sancti Ludovici
vîta, convcrsatio etmiracula, p. 43 et 44.
2. a Libros vero nostros quos tempore decessus nostri in
» Francia habebimus, prœter illos qui ad usum capellfe porti-
• nent, legamus Fratribus Prcedicatoribus et Fratribus Minori-
» bus Paris. , abbatiœ Begalis Montis et Fratribus Prœdicatoribus
• Ck>mp., secundum discretionem et ordinationem executorum
» nostronun, eisdem aequls portionibus dividendos : prœter illos
6 CHAPITRE I. — 750 à 1880.
C'çst pour Philippe le Hardi que le dominicain
Laurent composa, en 1279, la Somme des vices et
des vertm^ qui resta si longtemps célèbre.
Philippe le Bel et ses trois fils léguèrent leurs
livres à des couvents. Au reste, dans l'inventaire
qui fut dressé après la mort de Louis le Hutin, on
ne voit figurer, en dehors des ouvrages de dévo-
tion, que cinq volumes i : le Boman du Bedus, le
Tournpiement de V Antéchrist, un Traité des Echecs
et deux Chroniques.
Philippe VI aima trop la guerre pour songer à
rassembler une bibliothèque. Le roi Jean, au con-
raire, protégea les lettres et encouragea les essais
tqui se produisirent sous son règne. Il recherchait
déjà les beaux livres avec passion alors qu'il
n'était que duc de Normandie, car un acte du
24 octobre 1349 nous apprend que Thomas de
Maubeuge, libraire à Paris, lui avait vendu ^ un
roumant de moralité sur la Bible n quatorze flo-
rins d'or 2. On conserve à la Bibliothèque natio-
nale un volume à la fin duquel est écrit : « Ce
» livre est le duc de Normendie et de Guienne.
■ libros quos dicti Fratres Prœdioatores Compend. jam habent. »
Testatnentum Ltidovici IX régis, dans A. Duchesne, Historiœ
Francorum scrijptores, t. V, p. 438.
1. Histoire de la bibliotèqtte du Boy; manuscrit de la biblio-
thèque Sainte-Geneviève.
2. L. de Laborde, Les ducs de Bourgogne, t. I«r p. 459.
LE BOI JEAN.
Jehan i » ; et ces lignes sont d'autant plus pré-
<r
cieuses que l'on ne connaît d'autre signature du roi
1. Bibliothèque nationale, manuscrits, fonds français, n° 67.
8 CHAPITRE I. — 750 à 1380.
Jean que celle-ci et celle qui figure au bas d'une
lettre adressée à son fils le 19 juillet 1357 ou
1358. Il avait avec lui, le jour du désastre de
Poitiers, un exemplaire de la Bible qui est aujour-
d'hui au British Muséum^ et sur lequel on lit :
« Cest livre fust pris ove le roy de Fraunce à la
;; bataille de Peyters i . »
Pendant sa captivité, il montra les mêmes
préoccupations. Le 25 janvier 1358, on voit
figurer dans ses comptes, pour 32 deniers " Mar-
f) guérite la relieresse, pour relier un livre où
n la Bible en françois estoit contenue, et le
» couvrir tout de neuf, et mettre quatre fer-
;; moirs neux; ;; et pour 3 sols 6 deniers, le
12 mars, « Jacques, le relieur de livres, pour
n relier un des bréviaires de la chapelle, mettre
n unes ais toutes neuves, et le couvrir d'une pel
n vermeille, le broder et blanchir ; » puis « pour
» avoir mis quatre clés de laiton et les petits clous
» à les estachiers à un roman de Guilon 2. „
L'année suivante, « afin que Philippe, son
» quart fils, duc de Bourgoîgne, évitast le péchié
» d'oiseuse, » Jean commande à son premier
chapelain Gaces de la Bigne un poëme sur la
chasse. A Londres, au moment de rentrer en
1. Documents inédits, rapport au ministre, p. 118.
^ 2. Henri d'Orléans (duc d'Aumale) , Notes et documents rela^
tifs à Jean, roi de France, et à sa captivité en Angleterre, p. 97
et 109.
LE llOI JEAN. 9
France après la paix de Brétigny, il achète un
manuscrit de Garin le Loherain ^ pour un noble
« ou 6 sols 8 deniers, » et le Tournoiement de
V Antéchrist pour 10 sols.
Jean ne possédait cependant au moment de
sa mort qu'une douzaine de volumes : deux Bibles
latines, remarquables par l'élégance de l'écriture,
le fini des vignettes et la beauté du vélin, des
fragments de la version française de la Bible
commencée par Jean de Sy; la Moralité des
^wtHes hommes sur le jeu des échecs et le Miroir
historial de Vincent de Beauvais , traductions qui
furent présentées au roi par Jean de Vignay, reli-
gieux de Saint-Jacques du Haut-Pas i ; un Dia-
logue latin composé par Guillaume de Couches,
et où Henri II, duc de Normandie, figure comme
interlocuteur ; un très-riche JBrcviairc ; un extrait
des Chroniques de Nangis et de Guillaume de Tyr ;
le Roinan du Saint-Graol; la traduction de Tite-
Live^ faite, sur l'ordre du roi, par le bénédictin
1. « A très noble et excellent prince, Jehan de France, duc
" de Normandie et aisné fils do Philippe , par la grâce de Dieu
»» roy de Franco, je Jehan de Vignay, vostro petit religieux
m entre les aultres de voustre seigneurie, paix, santé et joye,
f et victoire sur vos ennemis. Très cher et redoubté seigneur,
» Ipour ce que j*ay entendu et sçay que vous véez et ouez
»» volentiers choses proufitables et honnestes, et qui tendent h,
f> l'information de bonnes meurs , ay je mis un petit livret do
n latin en françoys, lequel m'est venu à la main nouveUe-
» ment... » Les Échecs moralises , prologue.
2. • C'est le rommans de Titus Livins, et premièrement
10 CHAPITBE I. — 750 à 1380.
Pierre de Bersuire i ; un Missd ; enfin Garin leLo^
herain, le Boman du Benard et le Tournoiement
de VAntechrisfj tous trois achetés par le roi en
Angleterre.
Cette petite bibliothèque ne pouvait que s'aug-
menter entre les mains de Charles V, qui montrait
un vif amour pour l'étude et les dispositions les
plus bienveillantes en faveur des lettres 2 . Rober
Gaguin et, après lui, le P. Jacob et E. Duboulay,
ont dit que ce prince ignorait la langue latine;
mais cette assertion, très-invraisemblable, est
démentie de la manière la plus formelle par
Christine de Pisan^. Il faut néanmoins recon-
naître que les ouvrages entrepris sur l'initiative
de Charles V sont presque tous des traductions
du latin et du grec en français : «^ de si grant pro-
» B'ensnit le prologne du translateur. A prince de très son-
» veraine excellence, Jehan, roy de France par grâce divine,
» frère Pierre Berceure, son petit serviteur, prestre à présent
» de Saint-Eloi de Paris, toute humble révérence et sub-
» jection. »
1. Pierre Berceure ou Berchoire, et plus exactement Bersuire,
de Bressuire, nom de sa ville natale, selon la prononciation
du quatorzième siècle. YojezIHerre Bersuire, premier traducteur
de Tite-Live, par M. Léopold Pannier, 1872, in-S».
2. • Dès le temps que vous eustes premièrement cognois-
« sance, vous avez tousjours aymé science, et honnoré les bons
d clercs, et estudié continuellement en divers livres et sciences,
» se vous n'avez eu aultre occupacion. Et avez fait faire et
» translater plusieurs livres, tant pour plaire k vous, comme
B pour prouf&ter k vos subgectz. » Baoul de Presles, Traduction
de la Cité de Dieu, prologue du translateur.
3. Le livre des fais et bonnes meurs du sage roy Charles ;
TRADUCTIONS FAITES POUB CHARLES V. J 1
;; vidence fu, pour la grant amour qu'il avoit à ses
n successeurs, que au temps à venir les volt pour-
n veoir d'enseignemens et sciences introduisiblcs
n à toutes vertus, dont pour celle cause fist par
ff solennelz maistres, et soufiSsans en toutes les
» sciences et ars^, translater de latin en françoiz
)f tous les plus notables livres 2. „ Son précepteur,
Nicolas Oresme, devenu grand-maître du collège
de Navarre 3, traduisit les Politiques, les Ethiques,
les Économiques et le Traité du cid et du monde
d'Aristote*, ainsi que les Bemèdes de^Vune et
voyez le chapitre xn, intitulé : Ci dU comment leroy Charles
aimoit livres et des belles translacions qu*il en fist faire : « Mais
> nqn-obstant qne bien entendist le latin, et qne ja ne fost
• besoing qne on Ini exposast... » Et encore chapitre m: • H
• étoit amenr 4e la sapience et mesmes imbué en ycelle... Et
• ponr ce qne pent estrê n'avoit le latin, ponr la force des
■ termes sonbtilz, si en usage comme la langue françoise, fist
■ de théologie translater plusieurs livres de S. Augustin et
■ antres docteurs. » Voyez aussi l'abbé Lebeuf, Dissertations
sur Vhistoire ecclésiastique et civile de Paris, t. III, p. 390.
1. « n fist en tous pays querre et cherchier et appeller k
» soy clercs solemnels, philosophes fondez en sciences mathé-
• matiques et spéculatives. » Christine de Pisan, le Livre des
fais et bonnes meurs, etc., v^ partie, chap. xv.
2. Christine de Pisan, le Livre des fais et bonnes meurs, etc,
8* partie, chap. xn.
3. E. Duboulay, Historia Universitatis Parisiensis, t. IV, p.
977. — « Oresmes... fit prendre [à Charles] le goust des belles
• lettres, c'est pourquoy ce prince luy donna ordre de cher-
« cher des livres pour en composer une bibliothèque. ••
Histoire de la bibliotèque du Boy, manuscrit de la bibliothèque
Sainte-Geno vie ve .
4. Oresme reçut cent francs, on 1371, pour la traduction
des Ethiques; celle dos Politiques fut récompensée par une
pension. Voyez Crovier, Histoire de V Université de Paris, t. II,
12
CHAPITRE I. — 750 à 1380.
Vautre fortune de Pétrarque. Evrard de Conty,
médecin du roi, entreprit une version des Pro-
hlèmes d'Aristote^ . JeanGolain, GoulainouGoleîn,
provincial des Carmes, mit en français le J3a-
tional des divms offices^ ^ les CoUations de Jean
p. 427, et Van Praet, Inventaire ou catalogue des livres de
V ancienne bibliothèque du Louvre, p. 46. Enfin Oresme termine
on ces termes sa version des livres du ciel et du monde : « Et
» ainsi, à l'aide de Dieu, j'ay accompli le livre du ciel et
» du monde, k commandement de très excellent prince
n Charles, gnint de cest nom, par la grâce de Bien roy de
» France ; lequel, en ce faisant, m'a fait évesque de Lisienx. »
1. Les problèmes d*Aristote traitants matière de toutes sciences
et par spécial de science naturelle, de médecine, de mathémcUiques
et de morale; avec des gloses faisant questions et mettant les solu-
tions. Cet ouvrage est resté manuscrit.
2. On lit à la fin : « Cy finit le racionnal du divin office, trans-
n laté de latin en françois par maistre Jehan Golein, frère do
m l'ordre de Notre Dame du Carme, maistre en théologie, qui ce
f> livre translata et plusieurs aultres, par le commandement du
n Boy de France Charles le Quint. » (Bibliothèque Hazarine,
manuscrits, no 244).
L'exemplaire original , qui est aujourd'hui à la Biblio-
thèque nationale (fonds français, no 437), porte la signature de
Charles V î
!■".
TRADUCTIONS FAITES POUR CHARLES V.
13
Gassien, plusieurs opuscules de Bernard Gui, et
les Chroniques de Guillaume de Burgos. Jean
Gorbechon i ou Gorbichon, religieux augustin et
chapelain du roi, donna une version de la com-
pilation encyclopédique que Barthélémy de Glan-
ville avait publiée sous le titre de Proprietate
reruni. Cet ouvrage fut très-souvent réimprimé
et ces lignes , également tracées de la main du roi :
miK
-n"mîf»«*î/«^tf
f
1. Ce Jean Oorbechon paraît avoir eu une bibliothèque assez
nombreuse; on lit, en effet, sur plusieurs manuscrits du xivo
siècle, la mention suivante : « Iste liber est fratris Johannis
• Corbechon , sacre pagine professoris. » Voyez entre autres à
la bibliothèque Mazarine les manuscrits côtés n©» 169 et 313.
14 CHAPITRE I. — 750 à 1380.
dans la suite i; 4 la fin d'un exemplaire sans
date, qui est aujourd'hui conservé à la Biblio-
thèque nationale, on lit : « Cestuy livre des
n Propriétez des choses fut translaté de latin en
yj françoys, l'an de grâce mil ccc. lxxii, par le
n commandement de très puissant et noble prince
n Charles, le quint de son nomj régnant en ce
n tems en France puissamment. Et le translata
n son petit et humble chapelain frère lehan
n Corbichon, de l'ordre Saint Augustin, n Simon
de Hesdin offrit à Charles V une traduction des
sept premiers livres de Valère Maxime 2 , version
qui fut terminée en 1401 par Nicolas de Gonesse ;
on conserve à la bibliothèque Mazarine un ma-
gnifique manuscrit (quatorzième siècle) de cet
ouvrage. Raoul de Presles fit pour le roi la
première traduction française de la Cité de
Dieu de saint Augustin 3; commencée le jour
1. Le grand propriétaire de toutes choses très utiles et profi'
tables pour tenir le corps humain en santé y contenant plusieurs
et diverses maladies, et dont Us procèdent , et aussi les remèdes;
idem, les propriétés du ciel, de la terre, des bestes, des oyseaulx.,.
translaté de latin en français par M. Jean Corbechon, docteur
en théologie, Paris, 1556, in-folio.
2. « Cy commence la translation de Valère le Grant, faite
» et compilée par frère Simon de Hesdin, de l'ordre de Saint
» Jehan de Jérusalem , docteur en théologie à Paris , à la re-
» queste de très hault et très puissant prince Charles le quint,
» roy de France. »
3. C'est le premier livre imprimé h Abbeville, 1486, 2 vol.
in-folio. '
LA TOUR DE LA LIBRAIRIE AU LOUVRE. 1 5
de la Toussaint 1371, elle fut achevée le l^r sep-
tembre 1375, et récompensée par une pension
de 400 livres, plus tard portée* à 600 livres.
Charles V commanda encore à Jacques Bauchant
une traduction des Voies de Dieu, et à Denis
Foulechat celle du Folycratique de Jean de Salis-
bury. Ces ouvrages, et beaucoup d'autres « que
n plusieurs sçavans personnages présentèrent
r> encore à Charles V, et qu'il recevoit très
» volontiers 1, n prirent place dans sa biblio-
thèque.
Charles V avait employé des sommes considé-
rables à la restauration du château du Louvre,
qu'il voulait transformer en manoir d'habitation,
n y installa sa bibliothèque, qui était restée
jusque-là dans le palais de la Cité ; deux étages
d'abord, puis les trois étages de l'une des tours,
furent consacrés aux livres du roi.
M. Le Roux de Lincy a publié, d'après un ma-
nuscrit de la bibliothèque de l'Arsenal, le compte
des dépenses faites par Charles V au château du
Louvre 2; et ce document, qui renferme plusieurs
particularités intéressantes, nous apprend que
l'appropriation du nouveau local fut entreprise
dans les premiers mois de l'année 1367. Par un
1. L. Jacob, Traicté des plus belles bibliothèques, p. 443.
2. Bévue archéologique, année 1852.
16 CHAPITRE I. — 750 à 1380.
marché passé le 14 mars, Jacques du Parvis et
Jean Grosbois, ^ huchiers, n se chargèrent,
moyennant 50 francs d'or, de diminuer d'un pied
et de transporter k la tour du Louvre les pupitres
et les roues qui garnissaient la bibliothèque de la
Cité ; ils fournirent en même temps d'autres sièges
« de merien nuef, n pour remplacer les anciens
qui furent trouvés « trop viez^ n.
Le nouveau local fut organisé avec un grand
luxe ; les murs de la salle du premier étage étaient
entièrement lambrissés de bois d'Irlande sculpté,
et les voûtes recouvertes de bois de cyprès. Le
3 juin 1368, on paya 18 francs d'or au ^ cage-
tier n Pierre Lescot, qui avait garni les deux
étages de grillages destinés à défendre les livres
des atteintes des « oyseaux et autres bestes^ ;,.
1. M A Jacques du Parvis et Jean Grosbois, huchiers, pour
» leur peine d'avoir dessemblé tous les bancs et deux roes qui
» estoient en la librairie du Roy au palais, et iceux faict
» venir aud. Louvre, avec les lettrins et icelles roes estrécies
» chacune d'un pied tout autour ; et tout rassemblé et pendu
»» les lettrins es deux derr aines estages de la tour, devers la
»» Fauconnerie, pour mettre les livres du Roy ; et lambroissié
» de bois d'Illande le premier d' iceux deux estages tout
» autour par dedans, au pris de l francs d'or, par marché
» faict à eux par led. maistre Jacques, xrvejour de mars 1367.
» Et depuis, pour ce 'que les sièges estoient trop viez, ont
V esté faictz de merien nuef que lesd. huchiers ont quis, dont
r> led. marché leur a esté creu de viii francs, tant pour ce
» que pour courbe et siages de lx pièces de grans bois. »
Compte des dépenses faites par Charles V au château du
Louvre, no 106, p. 28.
2. « A Pierre Lescot, cagetier, pour avoir faict et treillissé
• de fd d'archas au devant de deux croisiées de châssis et de
LA TOUR DE LA LIBBAIBIE AU LOUVRE. J 7
Les volumes, suivant la coutume de cette époque,
étaient enchaînés et posés à plat sur des lettrins
ou pupitres disposés tout autour de la pièce 1 .
Enfin, ce qui tendrait à faire croire que le roi
venait parfois, comme saint Louis, travailler au
iniJieu de ses livres, il avait voulu que trente
chandeliers et une lampe d'argent y restassent
allumés pendant la nuit 2.
La situation de la tour qui renfermait cette
bibliothèque a été déterminée de la manière la
plus rigoureuse par M. A. Berty dans son travail
sur la Topographie historique du vieux Paris ^.
Appelée d'abord « tour delà Fauconnerie ;?, elle
• deux fenesires flamengés ez deux derrains estages de la tour
» devers la Eanconnerle, aud. Louvre, où est ordonné la
» librairie du Roy, pour deffense des oyseaux et autres bestes,
» à cause et pour la garde des livres qui y seront mis ; pour
• fil d'archas, crochet de fer et peine de ce, par marchié faict
» à luy par led. maistre Jacques, 4« jour de mai 1368, et
» quictance 3 juin ensuivant, en xvni francs d'or xmi 1. vii
« 8. p. » Compte des dépenses faites par Charles V au château
du Louvre, no 108, p. 29.
1. • A Andrieu du Verger, febvre, pour x treillis de fer,
a» deux cents petits gons et deux cents crochets de fer, pour
• la librairie du Boy, et illec ferré deux forts huis, et plu-
« sieurs autres besognes de son mestier par lui faictes et
■ livrées aud. chastel du Louvre, laquelle le Boy nostred.
» seigneur luy doit : xxnn 1. nn s. vi d. » Compte des dépenses
faites par Charles V au château du Louvre, no 117, p. 31.
2. Sauvai, Histoire des antiquités de la vUle de Paris, t. Il,
p. 16. — n faut cependant remarquer que cette dépense se
trouve portée, non au compte de la tour de la librairie, mais
à celui de la grosse tour.
8. T. l«r, p. 145. Voyez aussi le plan qui accompagne la
page 129.
2
1 8 CHAPITRE I. — 750 à 1380.
occupait IVngle nord-ouest du Louvre, et prit
le nom de « tour de la Librairie n après que
Charles V y eut installé ses livres.
Gilles Malet, valet de chambre préféré ^ , puis
maître d'hôtel de Charles V, joignit à ces titres
celui de bibliothécaire; et il dressa, en 1373, un
inventaire des livres dont il avait la garde. Ce
travail, qui est conservé à la Bibliothèque natio-
nale 2,' forme un volume in-folio de 130 feuillets;
il est écrit sur papier, en lettres de note à longues
lignes, et relié en maroquin rouge aux armés de
France.
Le titre, en lettres de forme, est ainsi conçu :
Cy après en ce pappier sont escrips les livres de
très souverain et très excédent prince Charles, le Quint
de ce nom, par la grâce de Dieu Boy de France,
estans en son chastd du-Louvre, en troiz chambres
Vune sur Vautre. Van de grâce m.ccc.lxxiii. En/re^
gistrés de son commandement par moy Gilet Malet,
son varlet de chambre.
1. « Le roy Charles avoit un sien varlet de chambre, lequel,
» pour cause que en lui savoit plusieurs vertus, moult amoit.
» Celluy, par espécial sur tous autres, souverainement bien
» lisoit et ponctoit, et entendens homs est oit. » Christine de
Pisan, le Livre des fats et bonnes meurs du sage roy Charles,
3® partie, chap. xxi.
2. Ce manuscrit appartenait, au commencement du xvni®
siècle, à l'archevêque de Kouen. Il passa de là dans la biblio-
thèque de Colbert, où il était enregistré sous le n® 1008.
Acquis par le roi^ il fut d'abord coté 8354 s. n fait aujourd'hui
partie du fond» français, et porte le no 2700.
LE CATALOGUE DE QILLES MALET. 19
Cinq lignes d'une autre écriture portent ces
mots:
« Les livres contenus cy après en ce livre ont
» estes inventoriés par maistre Jehan Blanchet,
» secrettaire du Roy, du commandement démons.
» de Bourgoigne, le vj® de novembre mil ccc
» iiij^i. Et tous y ont estez trouvez, exceptez
» ceulz qui sont signez et escrips sur les marges
» avoir estez bailliez par le Roy, dont Diex ait
« rame. Et ce fait, ledit maistre Jehan a prise la
» clef desdictes iij chambres, et portée au Roy
n avecques un roule ^ qu'il a fait de la coppie des
» diz livres. »
Enfin au-dessous:
« Plusieurs des livres cy après contenus ont
esté recouvers depuis que ce présent inventoire
fu fait, si que il ne se fault pas arrester aux
n couverturez. »
GUles Malet consacre à chaque étage un cha-
pitre spécial. La, première chambre par has ren-
fermait 274 manuscrits; la chambre du milieu^
255, et la iij^ chambre au pius hatdt, 444 ; ce qui
donne un total de 973 volumes.
Ce catalogue est un document précieux pour
notre histoire littéraire. On y trouve des Bibles
1. Voyez plus loin, p. 85.
2. Voyez plus loin, p. 86.
20 CHAPITRE I. — 750 à 1380.
latines et françaises, des Missels, des Psautiers,
des Heures , des Bréviaires ; la Légende dorée, les
Vies des Saints, des relations de miracles; peu
d'ouvrages des Pères, mais im grand nombre de
traités d'astrologie, de géomancie et de chiro-
mancie, sciences dans lesquelles Charles V avait
une grande foi. La médecine comprenait seule-
ment quelques ouvrages dllippocrate, des frag-
ments d'Avicenne et des traductions de l'arabe.
La jurisprudence était représentée par les Décré-
tais, le Digeste et trois ou quatre Coutumes de
diverses provinces. Les livres d'histoire étaient
assez nombreux. La plupart de ces volumes con-
tenaient d'ailleurs de magnifiques miniatures,
étaient revêtus de riches étoffes et garnis de
fermoirs en métal précieux ^ . Aussi Christine de
Pisan parle-t-elle avec admiration de « la belle
n assemblée de notables livres et belle librairie
n qu'avoit Charles V de tous les plus notables
«volumes qui par souverains aucteurs ayent
n esté compiliez, soit de la saîncte Escripture, de
n théologie, de philosophie, et de toutes sciences,
» moult bien escrîpts et richement adornez; et
n tout temps les meilleurs escripvains que on
1. De tous les « lienrs de livres • qui ont trayaillé pour
Charles V, Mathieu Congnée est le eenl dont le nom iÉoit tenn
jusqu'à nous.
LE CATALOGUE PJS GILLES MALET. 21
n peust trouver occupez pour luy en tel ou-
ff vragei. „
Le cour extrait qui suit sufca pour donner une
idée du travail de Gilles Malet :
Une Bible historiée 2 grant en un volume, et
est en françois, à iiij fermoers d'argent des armes
de la royne de Bourbon s, couverte de cuir rouge
à empraintes*. On lit en marge: Le Roy ^ l'a prise
le xxixo de décembre iiij^ et xviij.
Une Bible en un volume, en françois, et est
couverte de cuir rouge à empraîntez. En marge :
Donnée par le Roy à Monss. d'Alençon^ quant
l'arest de la confiscacion de la duchié de Bretagne
fupronuncié''.
Une Bible en un volume, en françoiz, couverte
de soie à queue ^, à deux fermoers d'argent. En
marge : Portée à S. Germain en Laye l'an lxxvuj,
et mise pour le Roy en son estude.
Une Bible en un volume, en françois, couverte
de cuir rouge à empraintes, à mj fermoers. En
1. Christine de Pisan, le Livre des fais et bonnes meurs du
sage roy Charles, chap. zn.
2. Enrichie de miniatnres.
8. Blanche, femme de Pierre le Crnel, roi d'Espagne.
4. Ornements frappés & froid sur lo cuir.
6. Charles VI.
6. Pierre II, troisième fils do Charles II, comte d'AlençoQ.
7. Le 18 décembre 1878.
8. Lanière attachée & la couverture pour la lier.
22 OHAPITBE I. — 750 à 1380.
marge : Bailliée au comte de Flandre i, xxviij« de
j envier nu^ et i.
La Bible historiée toute à ymages, qui fu de
la royne Jehanne d'Evreux 2, historiée toute à
ymages et toute figurée.
Le premier livre de Tristan de Léonnoys et du
roy Marc de Cornouaille, en un estuy de cuir
blanc.
L'original de Titus Livius, en françois, la pre-
mière translacion qui en fu faite s, escript de
mauvèse lettre, mal enluminé et point ystorié, En
marge : A Monss. de Bourbon, xiij® d'ottdbre iw^
et xiJ.
Les Gestes du roy Peppin et de sa femme Berte
au grant pié, et les Gestes de Charlemaine, rymés,
bien escript, en iij coulombez *, bien ystorié, et
en très grant volume. En marge : A la Royne,
xxixe d'aoust raj» et x. — Le Roy les lui a ostées,
et données à Monss. de Coucy.
Le Livre du Trésor 6, le Bestiaire ^, ITmage du
monde 7, tout figuré et historié.
1. Lonîs de Maie.
2. Troisième femme de Charles le Bel.
8. Far Pierre de Bersnire. Voyez ci-dessus, p. 9 et 10.
4. Oolonnes.
5. Far Bmnetio Latini.
6. Far Bichard de Foumival.
7. Par Gautier de Metz.
LE CATALOGUE DE GILLES MALET. 23
Code en françois, couvert de soie yndei et
vermeille, et fermo ers d'argent.
Décrettalez en plus petit volume, et fermoers
d'argent.
Unez Croniques de France, en françois, cou-
vertes de veluyau^ à fleurs de liz et bouillons 3
d'argent, bien escriptes. En marge : Le Roy les
prinst xvj® de décembre mj^, il les a rendus.
Les Espibez Sénèque à son amy Lucile ; et en
la fin du livre est la table de ce qui contenu y est,
escripte de plus menue lettre. En marge : A
Monss. d'Anjou,... vje de mars iiij^^.
Les Espistres et Evangiles, couvertes de veluyau
ynde, lesquellez furent translatez par maistre
Jehan de Vignay; [et ne sont pas enluminez]*,
mais ellez sont bien escriptes.
Un Livre faisant mencion de Dieu, des Angelz ^
et du Ciel, des Élémens , des vij Sages , des Mé-
taulx, des Bestes, de Paradis, d'Enffer, et autres
choses, couvert de cuir à queue.
Le Governement des Roys et des Princes, selon
1. Soie aznr.
2. Velours.
3. Ornements façonnés avec des fils d'or et d'argent.
4. Ces mots ont été rayés sur l'original, mais il faut les ré-
tablir pour l'intoUigence du mombro do phrase suivant.
5. Par Fr. Ximenès, évêque d'Elvas.
24 GHAPITBE I. — 750 à 1880.
Gile TAugustini En marge : Le Roy le print 3diije
d'ottobre mj" et i.
Girurgie de maistre Guigo 2, en un très gros
livre bien escript, que donna au Roy Monss*
d'Angiou.
Regnart, rymé et historyé^, couvert de cuir
rouge à empraintes.
Le Governement des Roys et des Princes, avçc-
ques plussieurs autres choses de médecine, à
savoir son corps garder en santé ; escript de lettre
boulenoise*.
Un Psautier en françoîs et en latin , couvert de
veluyau sanguin fourré de cendal jaune.
Le Livre du Trésor, appelle maiçtre Brunnet
Latin ^ .
Le Procès messire Robert d'Artoiz^, en. lettre
de note, couvert de drap de soie.
La Vie S. Loys, roy de France, et les Faiz de
son Voyage d'oultremer. En marge : Le Roy l'a
devers soy.
1. G'est le De regimine principum do Gilles Goloxma » dit
Gilles de Borne (JEgidiua Bomanus), général de Tordre des
Angnstins.
2. Guy de Chanliao, chirurgien contemporain.
8* Le roman du Benard.
4. Ecriture lourde etiarrondie.
5. Brunetto Latini.
6. Condamné 1 le 19 mars 1382» an bannissement perpétnel.
L£ GATALOOmS DE GIl4i$B MALET. 35
Les Fables Ysopet ^ , le Bestiaire maistre Rich^rt
de Furnival d'Amiens, ystorié et rymé.
Le Jeu des Eschez moralisé, qui s'appelle Mora-
lité des noblez hommes^ , em prose.
La Vie S. Loys et ses Mir£^cles, couvert de drap
d'or marramas, à fermoers d'argent, et em prose.
Messire Guillaume de Maureyille, qui parle
d'une partie des mprvçilles du monde et des pays,
couvert de veluyau ynde; et le donna au Roy
maistre Geryaise Chrestien^, son premier phisi-
çien. lin marge : Le Roy l'aprinsxx^ de novembrçi
mj^ et 3aj.
Végesse : deCheyallerye*, couvert ^e drap d'or,
^ fermoers d'argent.
La misérable Condicipn humaine 5, couverte^
de veluyau vert, en un petit livret.
De l'Angnelet qui pour Dieu fu rosty; où spnt
croisons et dévocions em prose, couvert de veluyau
vermeil à fermoers d'argent.
Le Livre des Eschez moralisé, couvert de ve-
luyau vermeil à queue, à fermoers d'argent à
1. Les fables d'Ésope.
2. Voyez ci-dessos, p. 6 et 9.
8. Mûire Gervals Chrétien, fondateur d'an collège devenu
célèbre.
4. Végèce, Epitome rei milUaria,
6. Liber tniseriœ condUionis humanœ, par le papo Inno-
cent m.
26 CHAPITBE 1. — 750 à 1380.
cignez blanz ; et le donna au Roy monss. de Berry,
son frère.
Le Livre du sacre des Roys, en latin et en fran-
çois, tous les mistèrez, vestures et officiers figurez
et historiez, couvert d'un drap d'or, et ferjnoers
d'argent. En marge : Le Roy l'a prins pour son
sacre, v^ d'otobre iiij» i .
Le Miroer de TÉglise, translaté par frère Jehan
de Vignay.
La Vie S. Martin de Tours, très parfaitement
bien escripte et ystorié, em prose, à fermoers d'ar-
gent esmaillé de France et de Bourgongne.
Un livre appelé les Voiez de Dieu, que traii;islata
un sergent d'armes du Roy, nommé Jacques Bau-
chant de S. Quentin, et est couvert de veluyau
ynde.
Végesse : de Chevallerye, em prose, très bien
escript et ystorié, couvert de veluyau célestin^ , et
fermoers d'argent des armes d'Auceirre.
Chançons, Pastourelles, Courronnéez, Demandes
d'amours, Serventois de Nostre Dame, en un livre
couvert de parchemin.
Motès et Gonduiz^, en tin cayer couvert de par-
chemin.
1. Charles VI fdt sacré le 4 novembre 1880.
2. Jaune.
3. Cantiques.
LE CATALOGUE DE GILLES MALET. 27
Avaluement^ des Monnoyes, en un cayer très
petit.
Un livre de la Cité de Dieu 2 , en deux volumes
très grans, couvert de soie â queue, à iiij fermoers
d'ai^ent chascun. En marge : A monss. d'Anjou,
xvije de novembre iiij^.
Le Romant de la Rose, le Testament maistre
Jehan de Meung, rymé, très bien escript et ystorié.
Un livre à une chemise de soie longue, nommé
le Racional de l'Église s, à fermoers d'argent
esmaillez, et le translata maistre Jehan Goulain.
En marge : A monss. d'Anjou, viij® d'ottobre iiij^.
Un livre nommé Polithiques et Yconomiques * ,
couvert de soie à queue, à ij fermoers d'argent
haschiez des armes de France. En marge : A
monss. d'Anjou, vij^ d'ottob. mj^^.
Un livre dont les aiz sont couvers de brodeure
à fleurs de liz et deux fermoers d'or : de la Per-
fection S. Jeh. rÉvengéliste. En marge : Donné au
Roy par mad. d'Orléenz^.
Un Messel en françois, couvert de brodeure à
aigles, à deux fermoers d'or aus armes de la
1. Evaluation.
2. Traduit par Baoul de Presles. Voyez ci-dessus, p. 14.
3. Le national des divins officest par Duranti, évêqua de
Kende. Voyez ci-dessus, p. 12.
4. Traités d'Aristote, traduits en français par Nicolas Orcsme.
Voyez ci-dessus, p. 11.
5. Valentine de Milan, morte h Blois, en 1408.
23 CHAFITBË ;. - 750 2^ 138Q.
Iloyne. JEn marge : A mons&deBoip^ongnei,
M.CGGG. et iij, xviijo d'avril, par commandement du
Roy.
Policratîcon^, tra^slaté en françoîs par frère
Denys Foulechat, couvert de belle soie à queue,
et fermoers d'argent.
De Cela et Mundo, en français, translaté par
maistre JJicole Oresme, éyesque de Lixiex^; cou-
vert de sQÎe vermeille à queue, à ij fermoers
d'argent dorés, baschiés a^is armes de France!
En marge : A mojiss. d'Anjou*.
Valerius Maximus*, pouvert de soie vermeille
à queue, très bien escript et ystorié. JEn marge :
A monss. d'Anjou, vj® de mars iiij^.
Un Uvre de Code en françois, couvert de cuir
rouge à iiij fermoers ; du conte de Saint Pçl. JEn
marge : Rendu par le Roy au conte de Saint Pol.
Du roy Artus, de la Table Ronde, et de la Mort
dudit roy, très bien escript et enluminé, et de
grant volume, à iij coulombes. En marge : Le
lioy l'a fait baillier à la Royne®, iiij^^et iiij,
^0 d'avril.
1. Philippe le Hardi.
2. Poliçraticonf seu de ni*gis <H«rta7iifm, par Jean de Salisbary .
Sur I^eiiis Fonlechai, voyez ci-déBsus, p. 15.
8. Voyez ci-desBus p. 11.
4. T^fkdnçtion çopamencée par Simon de HesdiQi et achevée
par Nicolas de Gonesse, voyez ci-desBus p. 14.
5* Isabelle d$ Bavière.
LE CATÀXiOaUE DE GILLES MALET. 29
Les Croniqùes d'Outremer, et comment Ma-
hommet conquist presque toute la terre de Surye,
et Godeflfroy de Billon.
Croniqùes assembléez de Julîus Cessar et de
Coddefifroy de Billion, en pappier, en prose.
Le livre de Proprietatibus rerum, de frère Bar-
thélémy, Angloiz, de Tordre des Frères Meneurs,
couvert de cuir noir, a iiij f ermoers i .
La Passion et Résurrection de Jhésuchrîst, Viez
de plusieurs Sains, em prose, très bien escrîpt, et
es marges les armes de Ghambly^. En marge : A
mad. de Bar, xxvjo de février iiîj« et xij.
Digeste vielle, en françois.
EnforçadeS, sans aiz, couvert d'une pel* de
parchemin.
Alixandre^, rymé, et ystorié d'encre sans cou-
leurs s.
La Guerre du roy de France et du roy d'An-
gleterre 7, et les Faiz du roy de Navarre^, et de
ceulx de Paria quant ils furent contre le Roy,
1. Voyez ci-dessus, p. 13 et 14.
2. Famille de la femme de Gilles Malet.
8. Lufortiat.
4. Peau.
5. Boman en vers de Lambert le Court.
6. Dessins à Toncre et non enluminés.
7. Jean II et Edouard m.
8. Charles le MauTais.
i
30 CHAPITRE I. — 750 à 1380.
escript en un pappier, sans aiz, couvert de
parchemin.
Le Jeu qui se fait par le Jeu des Dez, bien
ystorié et bien escript.
Guillaume d'Orenge i , rymé.
Le Reclus de Morléenz, en un caier, rymé.
La Vie et les Faiz de César, em prose, en deux
coulombez, bien escript. En marge : Le Roy l'a à
Beauté 2 , xije de septembre iiij^ et xiij.
Un livre du Sacre des roys de France, en fran-
çois et latin, couvert de drap d'or.
Des vij Péchiez mortelz, en un petit livre, em
prose, et Comment on se doit confesser.
Un livre de Chant, bien noté, bien escript et
enluminé, en latin, et à point d'orgue.
Médecine et Cirrurgie pour oyseaux de proie.
Le Coustumier de Norjnandie. En marge : Baillé
par le Roy au bailli de Rouen ^ .
Un livret des Monnoyes* , bien escript.
Solinus : des Merveilles du monde.
Un livre nommé Institude^ .
Un Messel grant, noté, en un volume, à l'usage
de Rouen, couvert d'une chemise de soie à queue ;
1. Gnillanme de Bapaume.
2. Un des châteaux de Charles V, près du bois de Vînceimes.
8. Oudard d'Otteville, ou Guy Chrétien.
4. Par Nicolas Oresme.
5. Les Jnstitutes de Justinien.
LE CATALOGUE DE GILLES MALET. 31
que donna au Roy le cardinal de Beauvaiz ^ . En
marge : Baillé par le Roy à monss. de Guîenne, son
ainsné fîlz, le viij® d'avril mil iiij^^ et x, pour sa
chappelle.
Ethiques glozéez, couvert, et à ij fermoers. En
marge : Donné aus escolles maistre Gervèse.
Ethiques, couvert de cuir noir, à iiij fermoers.
En marge : Donné par le Roy à maistre Gervèse 2 .
Hypocras^, couvert de cuir blanc, à i fermoer.
Un petit livret couvert de cendal vermeil à
queue, où sont les Heurez Nostre Dame et autres
choses, à ij fermoers d'argent. En marge : Baillé à
mad. Katerine*, iiîje de février iiij^^ et iiij.
Les Heurez de Chevalelrye, couvert de soie à
queue, en un petit volume. En marge : A monss.
le Dauphin ^ .
Introductoire Alkabice^, interprète de Jehan
d'Yspalence "^ , en un caier, sans aiz, couvert de
cuir vert, fermé à ij lasnières.
Arishmétique, couvert d'une pel velue dont le
poil est cheu.
1. Le cardinal Dormans, fondateur du collège dit do Beauvais,
h Paris.
2. Au collège fondé à Paris par maître Gervais Chrétien.
3. Hippocrate.
4. Catherine, fille de Charles V, morte en 1388.
5. Depuis Charles VI.
6. L'astrologue arabe Abd-el-Azyz, dit Alchabitius.
7. Jean deSéville.
32 C5HÀPITRE I. — 750 à 1880.
Un petit livret en françois : de la nature du Zo-
diaque, couvert de parchemin.
La Vie S^ Bautheult^ , jadîz royne de France,
très bien escripte, en un caier couvert de par-
chemin.
Un petit livret plat, en latin, nommé Beètiaîré,
figuré, que Gilet 2 a donné au Roy.
Un très viez caier intitulé : Incipît préefacîo Pétri
AbaelardiS.
La vie S^ Crolilde*, en latin, couvert de soie,
à ij fermoérs d'argent.
Un très bel Psaultîer, en grant volume, escript
de grosse lettre ef ancienne, que on a donné au
Roy à Nogent le Roy, à une chemise blanche à
queue, à ij fermoérs d'argent. En marge : Preste
par le Roy à messire Philippe de Màisièr es, sa vie
durant.
Un Psaultier à mendre^ volume, à une chemise
pertuisée^, très bien ystorié et très bien escript.
Géomencie, en un viex livre dont les aiz ne sont
point couvers, à ij fermoérs.
1. Sainte Bathilde, femme de CloTis II.
2. Gilles Malet.
8. Pierre Abélard.
4. Sainte Clotilde.
6. Moindre.
6. Trouée.
LE CATALOGUE DE GILLES MALET, 33
Un livre couvert de veluyau ynde, très plat,
ijù Se nwmne Lameniacio guper Jherusalem, de
Kegl^encia christianorum, qui vint de raessire
Philippe de Maizièrez ^ .
La moitié d'un Bréviaire, dont les aiz sont
couvers de biwdeure de France et de Bourgongne
ffldentées, à ij fermoers d'or esmaillez de France.
Le Psaultier pappe Urbain^, en un quaier de
pappier couvert de parchemin.
Ars notarial , dont les aiz ne sont point couvers
de cuir, mais est lié de cordez.
Autres plussieurs caiers touchans Astronomie,
liez en un troussel de nulle value * .
Une piau de parchemin, où sont plussieurs
ystoires que fist maistre Jehan de Lignan ^.
1. Philippe de Uézières, uni et chancelier de Cbttrlsa V.
2. TJrbttin V.
8. Traetatua de arte nolaria, par Bolandino.
4. Valenr.
5. lie jurisconsulte Jean de Lignsno.
CHAPITRE II.
(1380 à 1515)
Inventaire de 1380. — Don du duc de Guyenne. — Mort de
Gilles Malet. — Inventaire de 1410. — Antoine des Essars,
Garnier de Saint-Yon et Jean Maulin. — Inventaires de 1413
et de 1423. — La reliure sous Charles V et Charles VI. — Le
duc do Bedford s'empare de la bibliothèque. — Les livres de
Charles, duc de Berry, et ceux des ducs de Bourgogne. —
liouis XI et Charles Vm. — La bibliothèque de Naples. —
Les livres de Charles d'Orléans. — Louis XII transporte la
Bibliothèque du roi à Blois. — H y réunit la collection de
Pavie, celle de Pétrarque et celle de Louis de Bruges.
barles V mourut au château de Beauté
le 16 septembre 1380. Presque aussitôt,
Philippe le Hardi , due de Bourgogne , as-
socié à la régence, chargea le secrétaire du
î'oi, Jean Blanchet, de faire un récolement de
l'inventaire dressé par Gilles Malet. Celui-ci se
transporta au Louvre le 6 novembre, et constata
îne tous les volumes portés sur l'inventaire étaient
encore en place, h l'exception de ceux qui avaient
été donnés ou prêtés par le feu roi^. Il fit en
1- On lit page XL, v®, du catalogue de Malet : « Item,
comme après le trespassement dudit feu roy Charles, qui fut
36 CHAPITBE II. — 1380 à 1515. ^
même temps exécuter mie copie du catalogue et
la remît au roi avec la clef des trois chambres.
Cette copie, en forme de rouleau, existe à la
Bibliothèque nationale i ; elle se compose de dix-
neuf feuilles de parchemin cousues ensemble, et
chaque feuille a environ soixante-dix centimètres
de longueur. Sur le premier feuillet, on lit ces
mots à demi effacés :
Lwentoire des livres du Roy Charles le Quint.
Le titre est à peu près le même que celui de
l'inventaire de 1373 :
Cy après en ces roillez sunt escrips les livres de
très souverain et excMent prince Charles, le quint
de son nom, par la grâce de Dieu roy de France^
lesquidz estoient en son chastd du Louvre^ en trais
chambres Vune sus Vautre^ Van de grâce mil ccc
soissante et trezé, enregistrés de son commandement
par moy Guet Malet.
» en septembre mil ccc iiij^^, ledit inventoire, ainsy fidt et
• escript par ledit messire Giles, fdt récolé le vi« Jour de
» novembre oudit an iiij^^ par fen maistre Jehan Blanchet,
9 secrétaire du roy nostre dit seigneur , du commandement de
• feu monsseigneor le duc de Bonrgoigne derrenièrement très-
» passé , et y furent touz iceulx livres trouvez , exceptez ceulx
» qui estoient signez, sur les marges dudit inventoire, avoir
» esté baillez k diverses personnes, par ledit feu roy Charles on
• de son ordonnance , comme il est escript ou ij« fiieillet dudit
» présent livre ou inventoire. »
1. Manuscrits, fonds de Baluze, n« 397.
INVENTAIBE DE 1880. 37
Le duc de Bourgogne approuva la gestion de
Malet et le confirma dans ses fonctions de biblio-
thécaire 1 . Malheureusement on continua à prêter
des volumes aux seigneurs de la Cour, qui ne se
firent aucun scrupule de les garder ; la plupart
des ouvrages que prit le duc d-Anjou, à son départ
pour l'Italie en 1380, ne repassèrent point les
Alpes. En revanche, lorsque les Juifs furent
chassés de Paris en 1395, on découvrit au fau-
ioiirg Saint-Denis, dans une maison qui leur
appartenait, cent quatorze volumes et une quan-
tité d'extraits de la Bible et du Talmud; tous
forent, par ordre du trésorier de France, trans-
portés au Louvre et délivrés à G. Malet 2.
1 « ... Item, qne assez iosi après, c'est assavoir le cîn-
quiesme jour du mois de novembre Tan mil cco iiij^^, et fat
à Beins le Boy nostre sire qui à présent est, bien acertené
par mess, ses oncles et antres de son conseil de la bonne
galrde qne avoit tsâcte ledit fen messire Giles des livres des-
sos; et oy le rapport dudit maistre Loys Blanchet, vonlt et
ordonna , par ses lettres données ledit Jour , transcriptes en
la fin de ce présent compte, que icellui messire Giles feust
tenu pour quitte et deschargié de touz les livres qui par
l'ordonnance dudit feu roy Charles avoient été baillez , sanz
en demander autre quictance ou enseignement que lesdictes
lettres, desquelles lettres ladicte vefve et enfans ont enten-
don de eulz aidier en plusieurs parties de ce présent
compte. » Inventaire de G. Malet, p. xl, yo.
2. Ce £ût est contesté par Jourdain , Mémoire historique sur
la Bibliothèque du roy, p. v. Mais Sauvai a extrait des Comptes
de la Prévôté de Paris, chapitre des Forfaitures, les lignes
SBivantes :
« De l'inventaire de plusieurs Livres et cahiers de Livres de
w Juifii , trouvés à Paris en l'Hostel du Pourcelet, outre la porte
• Saint-Denys, InTentoriés par M« Bobert Petit, Clerc, Exami-
38 CHAPITRE IL — 1880 à 1515.
Quelques années après, vingt volumes furent
donnés à la bibliothèque par le duc de Guyenne,
fils aîné du roi, et alors chef du conseil de régence.
G. Malet les catalogua à la suite de Tinventaire
général , mais il eut soin de placer en tête de la
liste l'avertissement suivant :
« Ce sont les livres que noble et puissant
;; prince monss^ le duc de Guyenne, ainsné fils
n du roy Charles, le vj® de ce nom, roy de France,
n a envolez en la librarye du roy mondit seigneur
7» au Louvre, par maistre lehan Daussonvalj con-
n fesseur et maistre d'escoUe de mondit seigneur
n de Guienne , et les quelz ont esté receuz et mis
n en la dicte librarye par moy Gilet Malet, maistre
» d'ostel du roy mon dit seigneur, et garde de
» nateur au Ohastelet de Paris, le seizième jour de Février 1894,
n et prisés par Jaquet Gervais et Gaultier Aubertin, Convers,
» à la somme de quarante-six &ancs, si comme il appert par
» ledit inventaire signé du seing manuel dudit Examinateur,
» rendue cy-dessous en dépense en l'Extrait de ce Compte, entre
» deniers payés pour ce : trente six livres seize sols parisis
» A M>^e GiUes MaUet , Chevalier, Maistre-d'Hostel du Bol nostre
». Sire, pour plusieurs Livres et cahiers de Livres de Jui& trou-
» vés ©n trois poinçons à Paris, en l'Hostel du Pourcelet, outre
» la porte Saint-Denys, inventoriés par M« Robert Petit, Clerc,
» Examinateur au Chastelet de Paris, desquels livres il est
» rendu cy-dessus en recepte au chapitre des Forfaitures
» trente-six livres seize sols parisis b^és audit M>^o Gilles
» pour mettre en la Librairie dii Boi notre Sire au Louvre, par
» vertu des lettres dudit Seigneur données le vingt-sixième
» jour de Février 1394. Ainsi signé : par le Roi, M*^® Hervé le
» Couls, Montagu présens... » Sauvai} Histoire de Paris, t. m,
preuves, p. 665.
Voyez le même ouvrage , t. n , p. 250 , et Volly , Histoire de
France, t. XII, p. 191.
DON DU DUC DE GUYENNE. 39
9- ladicte librarye, le vij« de jenvier mil iiijc et
rf nuefi. „
Gilles Malet mourut en janvier 14102, et
!• Inventaire de Gilles Malet, p. xxxyij.
Voici rénumération des premiers ouvrages cités dans cette
liste:
• Une Bible en françois. en très grant volume, couverte
' d'une chemise de soie à queue, à ij fermoers d'argent à testes
■ dorées.
• Josephus, escript en firançois, en lettre de note, couvert de
" veluyau azuré, à ij fermoers de cuivre dorez, à tissuz de soie.
• Titus Livius, enfirançois, en très grant volume, couvert do
• cuir, qui autres feiz fu au Roy, à ij fermoers d'argent esmaillô
• à fleurs de liz, très bien ystorié et escript.
• La première partie de la Cité de Dieu, en françois et lettre
» de note, couvert de cuir à empraintes, k ij fermoers de latton
" dorez.
« L'autre partie, pareillement escripte en françois, et aussi
■ couvert, et ij telz fermoers.
• Lé livre des Propriétés des choses, en françois, escript do
" lettre de note, couvert de cuir à empraintes, à ij fermoers
■ d'argent des armez de Montagu, par avant grant maistre
■ d'ostel du Roy.
• Ovide Methamorphoseos , ne françois, de lettre de note,
■ couvert de cuir à empraintes, et ij fermoers de laton.
« Un Greel (Gradud) pour une église, noté, et couvert de
" cuir à queue, à ij fermoers de laton.
• Btliiques, en françois, et lettre de note, couvert de cuir à
" empraintes, et ij fermoers de laton. »
, 2. On a découvert, vers 1854, dans l'église de Soisy-sous-
Etioles (8eine-et-0ise) , une pierre consacrée à rappeler le sou-
venir de Q-. Malet. Cette pierre est gravée en creux et rehaussée
de couleurs dont le dessin enluminé forme tableau. Un Christ
en croix occupe le centre, et autour de lui sont rangés divers
personnages, parmi lesquels figurent Gilles Malet, recouvert
d'une armure, et sa femme en jupe et riche corsage. L'ins-
Jription suivante est gravée sur l'encadrement de la pierre :
*0K8EIGNIEXJB OlLES MaLET, CHEUALIEE, SEIGNIEUB DE VlLLE-
fBaCLE, CONSEILLIEB ET MAISTBE DOSTEL DU ROY , ChASTELLAIN
DE Pont Sainte Maxance , vibconte de Cobbeil et seignieub
DE SoisY. Madame Nicole de Chambly sa feme. Cette pierre,
dit M. de Guilhermy, est peut-être aujourd'hui le seul monu-
ment où Gilles Malet soit représenté. Voyez L. La,cour, An-
40 CHAPITRE n. — 13é0 à 1515.
Antoine des Essars, « escuyer, varlet tranchant
du Roy », lui succéda. Malet laissait deux fils :
Jean, « chevalier et maistre d'ostel du Roy », et
Charles, « licencié en lois » ; conjointement avec
leur mère Nicole de Chambly, ils remirent tous les
volumes au nouveau bibliothécaire i .
Un autre inventaire fut aussitôt dressé par trois
ofi&ciers de la chambre des comptes, et transcrit à
la suite du catalogue de Malet, sous ce titre :
« Inventoire des livres du roy Charles nostre
nuaire du hibliophUe, année 1862, p. 142, et le Metgasin
pittoresque, année 1861, p. 170 et 236 , où la pierre a été
reproduite.
1. a . . . C'est le compte de madame Nicole de Chambly,
» vefve de feu messire Giles Malet, à son vivant chevalier et
» maistre d'ostel du Boy nostre sire , de messire Jehan Malet,
» chevalier et maistre d'ostel dudit seigneur, et d^ maistre
» Charles Malet, licencié en lois, enfans dudit feu messire Giles
» et de ladicte dame , des livres estans ou chastel du Louvre ,
f> en trois chambres l'une sur l'autre, dont ledit messire Giles
» a eu la garde : c'est assavoir depuis l'an mil ccîo Lxxiij
n jusques ou mois de janvier mil cccc et dix, qu'il est aie de
» vie à trespassement ; après lequel trespassement ladicte vefv^e
t> et enfans ont rendu lesdiz livres à Anthoine des Essars,
» escuier, commis de par le Boy nostre dit seigneur à la garde
» d'iceuz , par inventoire nouvellement fait , et commencé par
» messeigneurs sire Michiel de Laillier , conseillier et maistre
« des comptes dudit seigneur, maistre Nicolas des Prez, con-
» seiller et correcteur desdiz comptes , et Jehan Le Bègue ,
n greffier de la Chambre d'iceulz comptes , et achevé par ledit
» Le Bègue... ; lequel inventoire nouvel commence ou Liij®
r> fueillet de ce présent volume ou livre. Tous lesquelz livres
» estans en l'ancien inventoire... ont esté trouvez esdictes
a chambres , exceptez toutesvoyes ceulz qui sont escripz en ce
» présent compte, lesquelz ont esté baillez et délivrez tant par
» feu le roy Charles le Quint, dont Dieux ait l'âme, comme par
» le roy notre sire qui à présent est... » Inventaire de GiUes
Malet, p. XL.
INVENTAIBE DE 1410. 41
» sire, yj® de ce nom, estans en une tour de son
» chastel du Louvre, en trois chambres ou
9 estaiges Tune sur Tautre. Commencé à faire
» le xxiiijô jour de janvier Pan mil cccc et dix
n et autres jours ensuivans, par sire Michiel
» de Laillier et maistre Nicolas des Prés , con-
» sellier maistre, et Jehan Lehègue, clerc, no-
n taire, et secrétaire et greffier en la chambre
» des comptes du Roy, nostre dit seigneur, à
Paris : à ce commis par le commandement de
» boache de nosseigneurs desdiz comptes. En la
» présence de messires Guillaume de Senliz^
» seigneur de Praelles, exécuteur, et Jehan Malet,
» héritier en partie de feu messire Gilles Malet,
» qui, par l'ordonnance de feu le roy Charles,
9 derrenièrement trespassé, en avoit eu la garde:
» après ce, toutes voyes, que lesdiz exécuteur et
» héritier orent premièrement juré et affermé
» ausdiz commissaires qu'ilz n'avoient onques veu
» ne sceu que ledit deffunct eust eu aucun inven-
» toire desdiz livres devers lui, et que s'aucun
» inventoire en y avoit, on le devroit trouver en
f l'une desdictes trois chambres. En la présence
« aussy de Anthoine des Essars, escuier, varlet
» tranchant du Roy nostredit seigneur, et com-
» mis de nouvel par lui à la garde d'iceulz
» livres, et de sire Bureau de Dampmartin^,
1. Dans on extrait des comptes de deft Essars qiû a été pnUié
42 CHAPITRE U. — 1880 h 1515.
jf bourgoys de Paris, qui le plus du tems y
n vacqua à reprendre lesdiz livres, pour et ou
tf nom et du consentement dudit Anthoine, et
» lequel les reprint au plus près que faire ce
9 pot, et non mie au juste selon l'ordre de
ff l'ancien inventoire fait par ledit feu messire
n Giles, commençant ou Uj® fueillet de ce présent
ff livre; lequel livre fut lors trouvé en la basse
ff desdictes chambres, en la présenoe des susdiz ;
» et ne porent lesdiz commis en tout garder
tt l'ordre dudit ancien inventoire pour la grant
» multitude de livres et difi&cuJté qui y estoit,
ff mesmement que lesdiz livres n'estoient mie de
ff renc et en ordre ésdiz trois estages, et que
ff plusieurs d'iceuz livres, qui dévoient estre ou
ff bas estages ou chambre d'icelle tour, estoient
tt en l'un des deux autres, et semblablement des
ff. autres qui dévoient estre es autres deux estages.
tt Ce présent inventoire parfait et achevé par
tt ledit Bègue, par l'ordonnance de nosdiz sei-
jf gneurs des comptes^ pour les grandes bccu-
tt pations desdiz sire Michiel et des Prez, en la
tt présence toutesvoyes et du consentement dudit
» messire Jehan Malet, et dudit Anthoine des
par 0. Leber, on lit : a A Bureau de Dampmartin, général con-
ta seiller, pour ses peines en faisant l'inventaire de la librairie
I» d'iceluy seigneur,, où il a vaqué plusieurs jours, cent livres. »
JHaéertations sur VÈistoire de Frattce, t. x, p. 193.
ANTOINE DES E8SAR8. 43
« Essars ou Bureau. Après la parfection duquel
» inventoire, en fut le double baillé audit An-
n thoinc, comme il est escript et signé de sa main
n en la fin de ce présent inventoire, ou vj^xiije
ji fiieillct de ce livre ^ . »
Au revers du dernier feuillet du nouvel inven-
taire, Antoine des Essars écrivit en effet ce
récépissé :
« Je Anthoine des Essars, escuier, varlet tren-
» chant, conseiller et garde des deniers de
» Pespargne et de la libraierie du Roy nostre
» seigneur, confesse avoir eu et receu de Mes-
» sieurs des comptes du Roy, nostredit seigneur,
» m six cayers de parchemin contenans lxxij foil-
n lez, le double de ce présent inventoire, deuement
» coUationné par maistre Jehan Le Bègue, notaire
» et secrétaire du Roy, nostredit seigneur, et
n greffier en ladicte. chambre, avec les livres
» contenuz et déclairez en icellui, depuis le Liij®
» fiieillet dudit présent inventoire jusques cy,
» Lesquelz livres sont en une tour du chastel
» du Louvre, en trois chambres ou estaiges l'une
9 SUT l'autre, desquelles chambres ou estaiges les
» clefe me furent baillées par l'ordonnance des-
» dictes gens des comptes dès le vij® jour de
n juillet derrenier passé. Tesmoing mon saing
1. Inventaire de Gilles Malet, p. Liij.
44 châpitbe n. - 1880 ft uis.
9 manuel cy mis le xj^ jour de mars^ Pan mil cccc
» et unze«
n AnTHOINE DES ESSARS. »
f
Deux cent sept volumes étaient absents, et l'on
comptait environ deux cents acquisitions nou-
velles, ce qui plaçait la bibliothèque dans le même
état que quarante ans auparavant.
Un extrait des Mémoriaux de la chambre des
comptes^ qui nous a été conservé par J. Dubreul^ ,
nous apprend que, le 12 mai 1412, Charles VI
remplaça des Essars par Garnier de Saint-Yon ;
celui-ci est qualifié de « commissus ad custodiam
n librariae Régis in Lupara, et aliorum etiam
n Hbrorum, quocumque loco^fuerint », ce qui
prouve bien que le roi possédait encore des livres
ailleurs qu'au Louvre ^ ,
Moins d'un an après, Jean Maulin, clerc du roi,
1. • Garnerinfl de S. Yon, scabinas villsB PariBiensis, commis-
■ BUS ad custodiam librariœ Begis in Lnpara, et aliortun etiam
• Hbrorom» quocumque loco fuerint, loco Antonij de Essartis.
• causiB certis ad hoc ipsum regem moventibus exonerati, per
• eius Uteras datas ootavo maij 1412, sic Bignatas : Par le Boy,
• préseiiB messire Philippe de Poictiers, messire Girard de
• Graneual, et autres. CALOT. Duodecimoque mensis eiusdem
■ prœstitit soiitum iuramentum. • Bubreul, Théâtre des antû
quttez de Paria, p. 781.
2. Voyez d'ailleurs Van Praet, Inventaire des joyauUc, re-
liques et autres choses estant en VEsiude du Boy, en la tour du
boys de Vineennes, etnpre la haulte chambre, en la présence de
monss. de la Bivière, Giles MaHet et Hennequin JDuvivier, orfèvre
et varUt de chambre du JB»y, F(»ki le i^jmur d^amit OQO xpj^^.
nmCNTAIBB DB 1418. 45
succéda à Gamîer de Saint- Yon, destitué, comme
son prédécesseur, pour avoir pris parti, contre la
maison d^Orléansi • On dut dresser un autre in-
ventaire, qui, cette fois, ne fut pas inscrit à la suite
de celui de Gilles Malet ; il forme un petit in-folio,
écrit sur vélin en lettres de note et à longues li*-
gnes 2. n commence ainsi :
« Inventoire des livres du roy Charles ttostre
jf sire qui à présent est, estàns en sa librarie du
» Louvre. C'est assavoir en une tour, en trois
fi chambres l'une sur l'autre, Commencié le mer-
n credy xviij® jour d'octobre l'an mil cccc et xiij
• par maistres Thomas Daunoy et Jehan Déla-
is croix, conseilliers et maistres des comptes d'icel-
n lui seigneur, et Jehan Le Bègue, notaire et
n secrétaire dudit seigneur, et greffier en la cham-
» bre desdiz comptes, à ce commiz par les gens
» des comptes d'icellui seigneur. En la présence
n de Guillaume des Molins, frère de la femme
» Garnier de Sahat Yon, qui derrenièrement en
» avoît la garde, et de maistre Jehan Maulin, clerc
» d'icellui seigneur en laditte chambre des comp-
n tes, auquel Maulin ledit seigneur en avoit de
» nouvel baillé la garde. Toutesvoyes n'y fii mie
1. Pierre des Essars, frère d'Anioine, Ait condamné à mort et
exécuté le 1er juiUet 1413.
2. Bibliothèque nationale, manuscrits, autrefois Supplément
français, n» 178^^. aujourd'hui Fonds français, no 9480.
46 CHAPITRE IL — 1880 à 1515.
» ledit Guillaume présent tout au long, ainçoîs
» quant esté y ot par aucuns jours se excusa de
ft plus y venir, disant qu'il se attendoit à ce que
ft fait en seroit par lesdiz commiz, et semblable-
» ment lesdiz maistres Thomas et Delacroix, pour
» autres charges et occupacions qu.'ils orent es
n affaires du Roy et autrement, n'y porent mie
» longuement vaquer. Si fu ledit inventoire achevé
» par- ledit Bègue, présent ledit Maùlin, et y furent
ft trouvez les livres qui ensuivent, n
Jean Maulin écrivit à la fin la déclaration sui-
vante :
tf Je Jehan Maulin , clerc du Roy nostre sire en
ff sa chambre des comptes à Paris, et garde de sa
» librarie estant au Louvre, congnois et confesse
n avoir eu et receu en ma garde touz les livres et
» autres choses contenuez et déclairéez en ce pré-
tf sent inventoire, contenant soixante neuf fueillez
» escripz, exceptez ceulz qui sont contenuz et dé-
ff clairez cy dessoubz es cinq prouchains fueillez
» ensuivans. Duquel inventoire le double conte-
p nant quatre vins dix huit fueillez en papier,
» avecques les clefz d'icelle librarie, m'ont esté
ff baillez par maistre Jehan Le Bègue, clerc, no-
ir taire et secrétaire d'ioellui seigneur, et greffier
» en ladicte chambre des comptes, qui par messei-
» gneurs desdiz comptes avoit esté commis audit
n inventoire faire, moy présent. Tesmoing mon
INVENTAIRE DE 1428. 47
r> saing manuel cy mis, le x^ jour de janvier, Tan
» milcccc et quinze.
n MaULIN^. n
Un nouvel inventaire fut rédigé à Tavénement
de Charles VII, en 1423, par trois commissaires
de la chambre des comptes. En présence de Gamier
de Saint- Yon, redevenu bibliothécaire au mois de
juillet 1418, ils passèrent cinq jours à ce travail.
La collection ne renfermait plus que huit cent
cinquante-trois volumes, et trois libraires experts
jurés les estimèrent deux mille trois cent vingt-trois
livres quktre sols 2 .
1* Inventaire de 1413, p. Lxiiij.
2. En 1830, J, Barrois calculait qne cette somme pouvait
représenter 241,592 francs de notre monnaie (Voyez BUHiO'
thèque protypographique t p. xij), Voici comment débute cet
inventaire : « Ii'an de grâce mil coco vint et trois, les xje,xij«,
» liije xiv« et xv® jours du mois d'avril avant Pasques, par
« Tordonnance de messieurs les Commissaires ordonnez par le
• Boy nostre sire sur le fait des obsecques, funérailles et inven-
• toire de leû nostre sire le roy Charles, VI» de ce nom, dernier
• trépassé, et en la présence de messieurs maîtres Philippes
f» de Ruilly, conseiller du Roy nostre sire en sa cour de Parle-
m ment et thrésorier de la Saincte-Ghapelle du Palais royal à
» Paris, Jacques Branlart, aussy conseiller dudit seigneur en
sa cour de Parlement, de sire Michel de Cailler, conseiller et
maitre des comptes d'iceluy seigneur, et de M® Andry Cour-
» tevache, clerc desdits comptes, commissaires, avec autres,
w sur le £a,it desdits obsecques ; par Girard Maucler et Adam
w Deschamps, clers notaires jurez d'iceluy seigneur en son
• Châtelet de Paris, fut fait inventoire des livres appartenans
audit feu seigneur, est ans et trouvez en sa librairie du
w chastel du Louvre à Paris, et montrez par Garnier de Saint-
» Yon, garde de ladite librairie. Et les livres qui trouvez ont
» esté, prisez par maitres Jean Merles, Denis Coutillier et
» Jean de Sautigny, libraires jurez en TUniveraité do Paris,
» après qu'ils ont juré de les priser bien et justement. »
48 CHAPITRE n. — 1380 à 1515.
L'original de cet inventaire semble aujourd'hui
perdu : mais la bibliothèque Sainte-Geneviève en
possède une copie ^ , faite au xvii^ siècle. On lit à la
fin :
« Le deuxiesrae jour de mars 1636, un certain
B escrivain me vint apporter un gros cahier de
» papier contenant soixante huict feullets, pour
» le voir et en prendre copie Je trouvay que
ff c'estoit l'inventaire original fait par trois com-
n missaires députez Tan 1423, les 11, 12, 13, 14
n et 15 d'avril,, des livres de la bibliothèque du
» Roy estant au chasteau du Louvre en trois
o chambres, après le décez du roi Charles sixies-
» me, avec la prisée qui en fut faite par trois
» libraires, Garnier de Saint Yon estant garde de
p ladite bibliothèque ou librairie. Le nombre des
n volumes desdits livres, tous manuscrits , la plus
» part en parchemin , se monte à huit cent cin-
» quante trois, et l'évaluation de la prisée à deux
V mil trois cent vingt trois livres quatre solz. »
1. Bibliothèque Sainte-Geneviève, manuscrits, n» Q, f. 5. —
Une autre copie, également du xvii« siècle , existe à la biblio-
thèque Mazarine, manuscrits, no H. 1934. Dans toutes les deux,
chaque article est accompagné d'une estimation indiquant le
prix de Touvrage. Ce catalogue a été publié par M. Douêt-
d'Arcq, sous ce titre : Inventaire de la bibliothèque du roy
Charles VI, fait au Louvre en 1423 , par ordre du Régent , duc
de Bedford. H. Douët-d'Arcq a emprunté au manuscrit de la
bibliothèque Mazarine la désignation des volumes et leur prix
d'estimation , et en même temps il a relevé leur titre exact sur
rinventaire de Gilles Malet.
LA RELIUBE SOUS CHARLES V. 49
On a pu voir, dans l'extrait que nous avons
donné du catalogue dressé par Malet, quelles
riches reliures portaient presque tous les volumes
de cette collection. On employait surtout alors,
pour recouvrir les livres, le cuir blanc ou vermeil,
le velours, les draps de soie et de satin. Une belle
reliure empruntait à la fois l'art de l'orfèvre, de
l'émailleur et de l'imagier. De forts clous de cuivre
préservaient du frottement les étoffes qui garnis-
saient les plats et les pierres précieuses qui y
étaient parfois enchâssées. Les fermoirs en or, en
vermeil , en argent , en cuivre , ou même en fer,
avait surtout pour objet de tenir sans cesse en
presse le velin , qui se dilate au contact de l'air
chaud; ces fermoirs étaient presque toujours
émaillés et ornés soit de figures finement gravées,
soit des armes du seigneur auquel le livre appar-
tenait.
La précieuse collection rassemblée par Charles V
allait disparaître au milieu des orages qui boule-
versèrent la France au commencement du règne
de Charles VIL Le duc de Bedford, régent du
royaume au nom de Henri VI, fut plus qu'un
général habile, il aima les lettres et sut les proté-
ger; de superbe manuscrits exécutés par ses
ordres existent encore i. Les livres du Louvre
1' Voyez le Magasin pittoresque, année 1889, p. 300, et
4
50 CHAPITRE II. — 1380 à 1515.
devaient naturellement exciter sa convoitise; il
vint les visiter dès 1425, s'en fit présenter l'inven-
taire, mais n'osa pas encore s'en emparer. Il fallut
quatre années pour dissiper ses scrupules : en
1429, il donna une décharge complète à Garnier
de Saint- Yon , compta douze cents livres à Pierre
Thiéry, entrepreneur du mausolée de Charles VI i,
et fit passer en Angleterre les ouvrages que con-
tenait la tour du Louvre. Ces faits étaient attestés
par des notes écrites à la fin de l'inventaire de
1423.
On y lit :
• « Le vendredy xxij jour de juin mil cccc xxv,
;; très haut prince et mon très redouté seigneur
w mons; Jehan, régent du Royaume de France,
n duc de Bedford, demoure co'htent de tous les
n livres cy dessus désignez et spécifiez, montans
;; par prisée à la somme de deux mil trois cent
;; vingt et trois livres quatre sols parisis , lesquels
;j il a receus de Garnier de Saint Yon, jadis garde
n desdits livres , et en acquitte et décharge ledit
Vallet de Viri ville, Notice de quelques manuscrits précieux sous
le rappoH de l'art, écrits et peints en France durant Vépoque de
la domination anglaise.
1. Boivin, Dissertation sur la bibliothèque du Louvre y dans les
Mémoires de V Académie des inscriptions y tril, p. 7B0. Boivin re-
produit là une circonstance également affirmée par Sauvai et par
Félibien, et dont l'authenticité nous semble contestable. Nous
n'en avons pas trouvé trace d'ailleurs dans les documents
manuscrits.
LE DUC DE BEDFORD. 51
» Garnier. Et en témoin de ce , j'ay, par son or-
» donnance et commandement , escrîpt de ma
» main cest présent article, et signé de mon seing
n manuel , l'an et jour dessusdits.
77 Petmel. »
« Depuis la quittance et décharge desusdites,
» mondit sieur le Régent a baillé en garde tous
» les livres en ce présent papier escriptz et dési-
» gnez, lequel Garnier l'a tenu et obligé de luy en
» rendre compte bon et loyal. Escript de ma main
» ledit xxije jour de juin mil cccc xxv, sous mon
» seing manuel.
n Petmel. »
"" Le samedy xv^ jour d'octobre, Tan mil cccc
» XXIX, très hault et puissant prince mons^ le Ré-
» gent du royaume de France, duc de Bedford, se
» tient comptant de tous les livres désignez et
» déclarez cy devant en cest présent inventoire,
» et en quitta en ma présence Garnier de Saint-
» Yon, et veut qu'il en fut et demourât quitte et
» deschargé. En tesmoing de laquelle chose j'ay,
» par l'ordonnance et mandement de monseigneur
» le Régent, escript cest présent article de ma
» main et signé de mon seing manuel, l'an et jour
» dessusdit.
;; J. SaLVAIN^. ff
l. L'auteur anonyme de l'histoire manuscrite de la Biblio
/ •
l
52 CHAPITRE II. — 1380 à 1515.
Charles VII ne songea point à réparer cette
perte. Mais Louis XI, qui, suivant les expressions
mêmes de Robert Gaguin , « callebat litteras , et
7i supra quam regibus mos est, erat eruditus i, n
s'efforça de rétablir la bibliothèque du Louvre. Il
y plaça d'abord quelques volumes épars , depuis
Charles V, dans différentes maisons royales. Ce
premier fonds reçut, en mai 1472, un accroisse-
sement assez considérable par la mort de Charles,
duc de Berry, qui avait institué pour héritier
Louis XI, son frère 2; Charles aimait les lettres, et
il avait été un des premiers à former une collée-
tion de livres imprimés 3. A ces volumes , le roi
réunit presque aussitôt la bibliothèque des ducs
de Bourgogne, dont les Etats furent alors réunis à
la France; cette bibliothèque, commencée par
Philippe le Hardi ^, était devenue rapidement,
thèque du roi dit : « J'ay veu un Tite Live, à la fin duquel ces
» mots estoient escritz : Ce livre a esté envoyé des parties de
» France par le duc de Betfort, régent, au duc de Glocestre,
» son beau frère , en Angleterre , l'an 1424: ; il a esté rapporté
p depuis en France par hazard. » Bibliothèque Sainte-Gene-
viève, manuscrits, n® Z. f. 1.
1. Kob. Gaguin, Compendium super Francorum gestis, lib.
Xy p. CXLI.
2. Voyez le Catalogue des livres qui paraissent avoir composé
la bibliothèque de Louis XI. Bibliothèque nationale, manus-
crits , fonds français , n» 2912. Cet inventaire est ainsi intitulé :
Livres en françois escriptz à la main à Tours devant Vhostél
monseigneur de Dunois.
3. Vallet de Viri ville, Histoire de l'instruction publique en
France, p. 207.
4. Voyez, dans la Bibliothèque protypographique de J. Bar-
LOUIS XI. 53
grâce à la prodigalité de ses possesseurs, l'une des
plus belles et des plus considérables de l'Europe.
Elle s'augmenta d'abord, sous son fondateur,
d'une collection rassemblée par son beau-père
Louis de Maie 1, comte de Flandre; les immenses
richesses et les goûts littéraires du roi Philippe le
Bon contribuèrent encore à l'enrichir 2; Charles
le téméraire avait fait aussi d'importantes acquisi-
tions 3.
Louis XI eut pour sa bibliothèque un enlumi-
neur en titre, Jean Fouquet , et successivement
deux bibliothécaires , Laurent Palmier et Robert
Gaguin K L'emprunt qu'il fit à la Faculté de méde-
cine des œuvres de Rhasés , dont il voulait avoir
une copie , et les diflScultés que rencontra cette
rois, p. 105, V Inventaire des livres roumans de feu monseigneur
PhUippe le Hardi , que niaistre Richart le Conte , son barbier, a
fuz en garde à Paris.
!• Voyez, dans Barrois , p. 110 : Inventaire de Marguerite de
^«fe, héritière de Flandre, veuve de Philippe le Hardi,
2« Voyez A. Pinchart, Miniaturistes, enlumineurs et ealli'
graphes employés par Philippe le Bon et Charles le Téméraire,
1865, in-8.
3. Voyez Gabriel Peignot, Catalogue d*une partie des livres
<^^^p08ant la bibliothèque des ducs de Bourgogne au xv« siècle,
et J. Barrois, Bibliothèque protypographique, p. 117.
*• L. Jacob , Traicté des plus belles bibliothèques de VEurope,
p. 448. — On a contesté ce titre à Kobert Gaguin. Cependant
8p son épitaphe , longtemps conservée au couvent des Mathu-
"û8 de Paris, il était qualifié de Selectœ Ludovici XI bibliothecœ
attthoris et praefecti.^ Y oyez Piganiol de ]a Force, Description his-
ioriquede Paris, t. VI, p. 293.
54 CHAPITRE II. — 1380 à 1515.
demande , sont restés célèbres dans l'histoire de
la bibliographie i.
1. Louis XI, qui, toujours tremblant pour sa vie, s'intéressait
fort à la médecine, désira avoir dans sa bibliothèque les œuvres
de Bhasès. On ne connaissait alors à Paris d'autre manuscrit
complet de cet ouvrage que celui qui était conservé à la biblio-
thèque de la Faculté de médecine. Jean de la Driesche, président
de la chambre des comptes et trésorier de France, alla donc, au
nom du roi, trouver le doyen Jean Loiseau (Joannes Avis) , et le
pria de confier à Sa Majesté les deux petits volumes formant le
Totum Continens Bhasis ; Louis XI s'engageait à ne les conser-
ver que pendant le temps strictement nécessaire pour « en tirer
copie ». Cette demande émut beaucoup la Faculté. Elle prêtait
volontiers ses livres aux professeurs de l'école; mais elle
comprenait qu'un volume, une fois entre les mains du roi, serait
bien difficile à recouvrer. Les docteurs tinrent de nombreuses
réunions, et finirent par décider qu'ils ne se dessaisiraient de
leur cher Bhasès que sous bonne caution, savoir : douze marcs
de vaisselle d'argent et un billet de cent écus d'or qu'un riche
bourgeois, nommé Malingre, consentait à souscrire pour le roi.
Une fois ces gages fournis, le volume fut remis au président de
la Driesche avec la lettre suivante :
« Nostre souverain seigneur, tant et si treshumblement que
» plus povons, nous nous recommandons a vostre bonne grâce.
» Et vous plaise scavoir, nostre souverain seigneur, que le prési-
»» dent des comptes maistre Jehan de la Driesche nous a dit que
» luy avez rescript quil vous envoyast Totum Continens Rasis
» pour le faire escrire ; et pour ce quil nen a point, sachant que
» nous en avons ung , nous a requis que luy voulsissons baillier.
« Sire, combien que tous jours avons gardé tresprecieusement
» ledit livre, car cest le plus beau et le plus singulier joyau de
» nostre faculté, et ne treuve len guerez de tel : neantmoins
» nous qui de tout nostre cueur desirons Vous complaire et
» acomplir ce quil vous est agréable, comme tenuz sommes,
» avons délivré audit président ledit livre pour le faire escrire ;
» moyennant certain gaige de vaisselle dargent et autre caution
» quil nous a baiUée en seureté de le nous rendre, ainsy que
» selon les estatuz de nostre dite faculté faire se doit , les quelz
» avons tous jurez anx sainctes euvangiles de Dieu garder et
» observer, ne autrement ne les povons avoir pour noz propres
» affaires.
« Sire, a lonneur et louenge de vous, et a lacroissement de
» laditte faculté do medicine, nous avons grant désir faire unes
» escolles et une tresbelle librairie, pour exaulser et eslever la
CHABLES VIII. 55
Charles VIII, malgré les guerres continuelles
qui remplirent son règne, contribua à augmenter
le dépôt du Louvre. Depuis Robert d'Anjou, le
protecteur de Pétrarque et de Boccace, Naples
possédait* une bibliothèque qui, sous Alphonse l^r
et Ferdinand d'Aragon, princes aussi éclairés que
cruels, était devenue réellement précieuse. Charles
Vni, pendant sa rapide expédition en Italie, put
s'emparer d'une partie de cette collection; il la
rapporta en France , où Robert Gaguin i l'ajouta
aux livres rassemblés par Louis XI.
- Mais déjà la maison d'Orléans possédait à Blois
» science de medicine en ceste vostre ville de Paris plus que
» onques mais; comme par ledit président, auquel avons com-
» muniqué ceste matière, se votre plaisir est, serez adverti plus
» an long. A quoy et pour les accomplir, avons besoing et mes-
n tier de votre tresbenigne grâce; si vous suplions, sire, que
n icelle vous plaise nous impartir. Et à tous jours nous conti-
» nuerons prier Dieu pour vous et la Vierge Marie , afin quelle
» vous doint santé, bonne vie et longue, avec vray accomplisse-
» ment de voz treshaulx et tresnobles désirs.
»» Escript en vostre bonne ville de Paris, le xxix^ jour de
novembre.
« Vos treshumbles et tresobeissans subiectz et serviteurs,
» les doyen, docteurs et maistros regens de la faculté de medi-
r» cine en luniversité de Paris.
« Au Boy nostre souverain seigneur. »
A la date de cette lettre, Jean Loiseau écrivait encore sur le
registre contenant les actes de son décanat : « Placuit pignus
» 12 marcarum argenti cum 14 sterlinis, una cum obligatione
» Malingre qui constituit se fidejussorem pro 100 sentis auri,
f> ultra pignus traditum. » Voyez A.-F., Recherches sur la
bibliothèqtie de la Faculté de médecine de Paris, p. 21 et suiv.
1. Gaguin mourut le 22 mai 1501, et non en 1502, comme le
disent toutes les biographies. Voyez un extrait do son épitaphe
reproduit dans G. Brice, Nouvelle description de Paris t. 111,
p. 32.
56 CHAPITRE II. — 1380 à 1615.
une bibliothèque, remarquable surtout par la
beauté des volumes que le duc Louis, fils de
Charles V, avait fait exécuter à ses frais. Charles
d'Orléans eut pour les livres le même goût que son
père, et s'efforça d'augmenter la collection que
celui-ci avait laissée. Un premier inventaire en fut
rédigé au mois de mai 1417, par P. Rcnoul, secré-
taire du prince i. Dix ans après, on songea à l'alié-
ner pour payer la rançon de Charles d'Orléans; un
nouvel inventaire fut alors dressé (31 mai 1427)
par maître Jehan de Tuillières, « licencié en lois »2.
Cet inventaire comprend quatre-vingts volumes,
parmi lesquels figurent des Bibles, des évangiles,
des missels, des ouvrages théologiques, des ro-
mans, et quelques poètes latins, mais pas un livre
,grec. L'année suivante, le duc d'Orléans, ayant
appris que les Anglais préparaient une expédition
sur les bords de la Loire, craignit que sa collection
1. Archives nationales, série K, n» 534.
2. n a été publié, avec des notes intéressantes, par M. Le
Boux de Lincy dans la Bibliothèque de VÉcole des chartes (1"
série, t. V, 1843, p. 59). Voici le titre de ce précieux document :
« S'ensuient les livres de monseigneur le duc d'Orliens, par
n maistre Jehan de Tuilies, licencié en lois et lieutenant de
» monsieur le gouverneur de Blois, devers lequel ilz ont esté
» en garde baiUiés et délivrés le dernier jour de may l'an mil
» quatre cens vingt sept, à messire Jehan de Rochechouart ,
» chevalier, seigneur de Mortemar, chambellan, et maistre
» Pierre Sauvage, secrétaire et conseiller de mon dit seigneur
» le duc, par lui ordonnés et commis à yceulx livres retraire
» et rassambler, pour en faire et disposer par le dit seigneur
» de Mortemar, selon ce que mon dit seigneur le duc lui doit
» avoir naguères ordonné et commandé. »
LES PRINCES D'ORLÉANS. 57
délivres ot d'objets d'art ne tombât au pouvoir de
l'ennemi ; il la fit transporter d'abord à Saumur,
puis à la Rochelle , où on l'installa dans l'hôtel de
Jean de Rochechouart , sire de Mortemart,
Charlos d'Orléans et son frère Jean, comte
d'Angoulême, retenus captifs pendant vingt-cinq
ans, cherchèrent dans les lettres une consolation
aux peines de l'exil. Tous deux, instruits pour leur
époque, s'efforcèrent de racheter quelques-uns
des manuscrits que le duc de Bedford avait enlevés
delà tour du Louvre ^ ; et , quand ils revinrent en
France (1441), ils rapportèrent une soixantaine
de volumes que Charles d'Orléans expédia à Blois,
où les livres de son père avaient été replacés en
1436. On conserve à la Bibliothèque nationale
quelques manuscrits provenant de la bibliothèque .
de Charles V, et qui , après avoir été emportés à
Londres par Bedford , y furent rachetés soit par
Charles d'Orléans , soit par Jean d'Angoulême , et
revinrent avec eux en France. Le plus curieux
peut-être de ces précieux monuments de notre
ûistoire littéraire est le Eational des divins offices,
exécuté en 1374 pour Charles V 2. Il porte Vcx
ç^\ Quatre siècles plus tard, un prince do la maison de Bourbon-
^^eans, forcé de fuir la France, se réfugiait en Angleterre, et
y jaunissait, pendant ses vingt-deux ans d'exil, la plus riche
»^iDUothèque qu'un particulier ait jamais possédée.
^' Bibliothèque nationale, manuscrits, fonds français, no 4.37.
[
I tt
5g CHAPITRE II. — 1380 à 1515.
libris et la signature de ce prince i,
et on lit en outre sur la couverture
ces mots : « Cest livre est à Jehan,
n conte dengolesme, le quel lacheta
n à londres en engleterre , lan do
» grâce 144L »
Charles, comte d'Angoulême, fils
et successeur de Jean, partagea son
amour pour les manuscrits, et forma
au château de Obgnac une biblio-
thèque , dont Louise de Savoie , sa
veuve, fit dresser l'inventaire en
1496 2.
Revenons aux rois de France,
Louis XII, fils de Charles d'Or-
léans, avait conservé pour Bloîs, sa
ville natale , une prédilection très-
marquée ; il y transporta tous les
ouvrages que renfermait encore la
Tour du Louvre 3, et les réunit à la
bibliothèque de son père. La garde
de ce précieux dépôt fut confiée
1. Voyez ci-dessus, p. 12 et 13.
2. Le Boux de Lincy, la Bibliothèque de
Charles d* Orléans, comte d'Angotdême, au châ'
teau de Cognac. Paris, 1861, in-S».
3. Gabriel Nandé , Additions à Vhistoire de
Louis XIj p. 37. — Jourdain, Mémoire histo-
rique sur la bibliothèque du Boy y p. viij.
LOmS DE LA GRUTHUISE. 59
d'abord à François du Refuge , aumônier du roi,
puis à Guillaume de Sanzay,
Pendant son éphémère conquête du Milanais,
Louis XII trouva le temps d'envoyer à Blois (1499)
l'admirable bibliothèque que les Visconti et les
Sforzo^ avaient formée à Pavie, et qui ne comp-
tait pas moins de mille manuscrits grecs, latins,
italiens et français 2. Sa campagne contre les États
vénitiens lui permit de s'emparer d'une partie de
la précieuse collection qui avait fait les délices de
François Pétrarque, L'infatigable érudit l'avait
rassemblée avec des peines extrêmes; il la traînait
avec lui dans tous ses voyages , et il avait fini par
•adonner, en 1362, à la république de Venise.
Louis XII enrichit encore sa bibliothèque d'une
collection appartenant à Louis de Bruges, sei-
gneur de la Gruthuyse. Le cabinet de ce savant
bibliophile était, après celui des ducs de Bour-
gogne, le plus beau et le mieux fourni de toute la
Flandre. Louis de la Gruthuyse avait fait exécuter
lui-même, à Bruges et à Gand, la plupart des
manuscrits qu'il possédait. Le format des volumes,
la beauté du vélin et de l'écriture, la richesse et la
}' Elle avait été oommenoée, vers 1330, par Azon Visoonti,
seigneur de MUan.
2. Sur presque tous les volumes provenant de cette collection,
^^ qui sont aujourd'hui à la Bibliothèque nationale, on lit ces
*^ot8 , que nous empruntons au volume coté : fonds français,
n° 765 : a Pavye au Roy Loys XII*. »
60 CHAPITRE n. — 1880 à 1515.
quantité des miniatures, le luxe des reliures en
velours garnies de coins, de clous et de fermoirs
dorés, attestent que rien de ce qui peut rendre un
livre précieux n'avait été épargné par leur opulent
possesseur. Après sa mort (1492), cette collection,
composée d'environ cent cinquante volumes, passa
à son fils Jean de Bruges, qui la donna ou la
vendit à Louis XII; on ne sait rien de précis à
cet égard, mais la dernière supposition est la plus
vraisemblable. En effet, afin de laisser à la posté-
rité un monument de sa passion pour les livres, le
seigneur de la Gruthuyse avait multiplié dans les
siens ses armes et sa bannière , avec son chiffre et
sa devise ^ ; or tous ces emblèmes furent , lors de
la réunion des deux bibliothèques, effacés, mutilés,
ou recouverts par les armes du roi , des fleurs de
lys et des porcs-épics 2.
Nous avons une preuve certaine de l'importance
que ces acquisitions avaient donnée au dépôt de
Blois ; car le monarque l'ayant montré à L. Bolo-
gnini, qu'Alexandre VI venait de lui envoyer
1. Gruthuyse portait : au 1 et 4 d'or, à la croix de sable,
qui est Gruthuyse ; au 2 et 8 de gueules, au sautoir d'argent,
qui est Van der Aa. Son cimier était un bouc ou capricorne
issant de sable, accolé d'azur et accorné d'or dans un vol d'her-
mine de trois rangs. Pour supports, deux licornes,^ et au-dessus
la devise : Plus est en vous; en flamand ; Meer es m u,
2. Voyez Van Praet, Recherches sur Louis de Bruges t sei-
gneur de la Gruthuyse ; suivies de la notice des manuscrits qui
lui ont appartenu, et dont la plus grande partie se conserve à la
bibliothèque du Roi, Paris, 1831, iu-S^.
LA BIBLIOTHÈQUE DE BLOIS fil
comme ambassadeur, celui-ci le fit figurer dans
J'ouFTage qu'il consacra, quelques années après,
aux Quatre inersedles de la France •-
1 . L'onvrage est intitolé : De guator »itigularitalibiis tn GaUla
reptylis; il fOt «dresBo par l'anteor b Bjmphorien ChBlQpier,
]ni rinso» dans Bon lirro De Iripiici disciplina, Lyon, ISOB,
n-8. — Bolognini y adregee an roi lea rera snivuita (page eeeij) :
ÂntiquiB ego sam Ludovic] eplendida rcgia
Bibtiotbeca novie plenaiine dogmatibnB.
Intrabia bene cunctalegca : letaberi», inqttam,
Qqo magie iiitalcgeB, pins ero claratibi.
Htmc om&re tocnm voluit lex mtmeFe tanto,
Hoc etcnim aatuB rex fuit ipBO loco.
Hic est iUe eacris natna dô regibua, quiiH
Qui belli et paoia tempos ntmmqtio régit.
Hnnc igituT regem felicem uamina rcddant
Scmper, et (ut cepil) augeat imporinm.
CHAPITBE III.
(1515 à 1560)
François ler. — La bibliothèque de Blois. — La bibliothèque
de Fontainebleau. — Création de la charge de maître de la
librairie. — Recherches de manuscrits à Tét ranger. — Guill.
Budé et P. Duchâtel. — Lefèvro d'Etaples et Mellin de Saint-
Gelais. — La bibliothèque de Blois réunie à celle de Fon-
tainebleau. — La reliure au geizième siècle. — Caractère des
reliures exécutées pour Louis XII , pour François I»' et pour
Henri II. — Les ordonnances de R. Spifame. — La biblio-
thèque d'Aimar de Ranconet. — La reliure sous François II.
rançois I^^, sous qui les arts allaient briller
d'un si vif éclat, portait aux lettres un réel
intérêt, que la création du Collège de
France sufBrait à prouver. La Bibliothèque du
roi prR pendant son règne, un rapide essor.
Au' moment où François I^i' monta sur le trône,
la collection de Blois avait pour bibliothécaire
l'aumônier de la reine, Aàam Laigre, qui touchait
par an soixante livres tournois i. Il fut remplacé
1. La pièce suivante a été publiée dans le Bulletin du BibliO'
phile du mois d'août 1868, p. 445 : « Je Adam Laigre, prebstre,
*> anmonnier de la Royne et garde de la librayrie du Boy
» nostrc sire , estant en son chasteau de Bloys , confesse avoir
»• eu et receu de maistre Jacques Viart , recepveur du dommaine
(54 CHAPITRE III. — 1515 à 1560.
vers 1518 par le dominicain Guillaume Petit, qui
fut successivement évêque de Troyes et de Senlis,
et qui dressa un inventaire de la bibliothèque. Ce
travail, transporté on ne sait comment à la Biblio-
thèque impériale de Vienne, a été récemment
publié par M. H. Michelant ; il porte pour titre :
S'ensuit le répertoire , selon l'ordre de Valphahete,
de tous les livres , volumes et traictez en françoys^
italien et espaignol^ couvers de vdoux et non couvers^
de la librairie du très chrcstien roy de France
Françoys , premier de ce nom , estant potir le présent
à Blois; lequel répertoire a esté commencé , moyen-
nant la grâce de Nostre Seigneur, par faid et accom-
pHypar frère Guiliehne Pei'vy ^, de l'ordre des frères
Presmeurs^ indigne chapelain^ très obéissant subject
et immérité confesseur duâict seigneur, l'an de grâce
mil cinq cens et xviii, et de son règne le quatriesme ^.
Mais, bientôt , trouvant la bibliothèque de Blois
trop éloignée, François I®^ en commença une nou-
n do la conté du dit Bloys, la sommo de quinze livres tonmois
»» à moy ordonnée pour la garde de la dicte librayrie pour les
» moys d'octobre, novembre et descembre icelluy inclus. De
» laquelle somme de XV L. t» me tiens pour content et bien
n paie, et en quicte le dit seigneur, recepveur et tous autres,
» tesmoing mon seing manuel cy mys, le xxix» jour de^ des-
» cembre l'an mil cinq cens et seze.
Adam Laiose. »
1. Parvi (Petit).
2. Catalogue de la bibliothèque de François P^, à Blois, en
1518, publié diaprés le manuscrit de la Bibliothèque impériale
de Vienne, par H. Michelant. Paris, 18C3, in-8.
GUILLAUME BUDÉ. 65
velle à Fontainebleau, et, s'il faut en croire le
P. Dan, la confia d'abord au savant Pierre Gilles i.
Le personnel de la bibliothèque du Roi s'était
composé jusque-là d'un bibliothécaire en titre et
de quelques copistes. François I^i' créa en 1522
une place supérieure à celles-ci, celle dô maître de
LA LIBRAIRIE DU ROL Cette Charge , destinée surtout
à récompenser le mérite littéraire, fut aussitôt
considérée comme une Ses plus honorables et des
plus élevées de l'Etat. Le docte Guillaume Budé^
en fut pourvu le premier, et le roi ne pouvait, sous
tous les rapports, faire un meilleur choix. Le goût
des livres était héréditaire dans la famille de
Budé : son père était, dit un biographe, lihrorum
emacissimus; lui-même ne voulut pas regarder
comme une sinécure la plus haute position qui
venait de lui être accordée. Passionné , ainsi que
le roi, pour la littérature grecque, il mit tout en
œuvre pour se procurer des manuscrits en cette
1. M Après la description de ces bains et de ces estnves,
» le viens an dernier est âge de ce département, qui est la
» gallerie où a esté autrefois la librairie que 'le grand roy
■ François avoit dressé en cette maison royale avec un grand
• soin et curiosité, dont il donna la charge au docte Pierre
» Gillius.... O'estoit bien une des choses les plus considérables
» de ce lieu , où ce Prince n'avoit rien épargné pour recouvrer
» tous les livres et tous les manuscrits les plus rares et les plus
» curieux qui fussent point ailleurs, ayant pour cet effet envoyé
» ledit Gillius et plusieurs autres personnages en Asie, en Grèce
» et en diverses parties du monde. » P. Dan, le Trésor des mer-
veiUes de la maison royàU de Fontainebleau , p. 98.
2. Génébrard, Chronoffraphiœ lihri TVy p. 718.
66 CHAPITRE in. — 1515 à 1560.
langue, et obtint à cet égard de François I^r l'appui
le plus complet ^.
Jean de Pins, évêque deRieux, et Guillaume
Pellicier, évêque de Montpellier, successivement
ambassadeurs de France à Venise, emportèrent,
avec leurs instructions diplomatiques. Tordre d'a-
cheter tous les manuscrits grecs qu'ils pourraient
trouver, et de faire copier ceux qu'on refuserait
de leur vendre 2. Jérôme Fondule, envoyé à la re-
cherche de documents du même genre, rassemble
soixante volumes qu'il paye douze cents écus, et
François I^r lui compte quatre mille écus d'or pour
ses dépenses de voyage.
Le roi, d'ailleurs, contre l'avis de son bibliothé-
caire, préférait encore les manuscrits orientaux aux
manuscrits grecs. Guillaume Postel, Juste Tenelle
et Pierre Gilles partirent pour le Levant, munis de
sommes importantes, de puissantes recommanda-
1. « M. Budé, l'un des doctes personnages de la chrestianté,
» en fut quelque temps le premier gardien et recherclieur, pour
» de jour en jour l'embellir de nouveaux volumes. » Brantôme,
Vies des grands capitaines, édit. Jannet, t. m, p. 247.
2. Charron, Mémoires pour servir à Vhistoire de Jean de Pins. ,
— D'Aigrefeuille, Histoire ecclésiastique de Montpellier. — Pel-
licier, dans une lettre qui nous a été conservée, écrivait au roi,
le 29 août 1540, qu'il avait k grands frais réuni un nombre
considérable d'ouvrages syriaques, hébreux et grecs, et qu'il
occupait huit écrivains pour faire copier les manuscrits qu'Ù ne
pouvait se procurer à prix d'argent. De retour en France, Pel-
licier quitta la Cour et se retira à Montpellier, où il forma une
bibliothèque très-précieuse. Voy. Ant. Teissier, Vies des hommes
illustres tirées de M. de ThoUf t. I®»", p. 200.
ACHATS A L'ETRANGER. 67
tions , et pleins d'ardeur pour la mission qui leur
était confiée i. Pierre Gilles , oublié en Asie Mi-
neure, voit ses ressources épuisées ; la misère le
force à vendre les manuscrits qu'il avait réunis ; il
est mis en prison 2, doit s'engager dans les troupes
de Soliman H et faire avec lui une campagne
contre les Perses 3. Des secours arrivent enfin, et
lui permettent de racheter sa liberté. Quoique
malade déjà, il recommence ses recherches;
arrêté de nouveau par le manque d'argent, il
sollicite sans relâche l'intercession de puissants
protecteurs *, et ne peut revoir la France que sous
1. A. Ohevillier, De Vorigine de Vimprimerie de Paris, p. 296.
— G. Naudé, Additions à V histoire du roy Louis XI, p. 165. —
Maichelius, Introductio ad historiam Uterariam de prœcipuis
bibliotheciSf p. 10. — B. G. Stmvius, Introductio ad notitiam rei
litterariœ et usum bibliothecaruni, p. 87. — Histoire manuscrite
de la bibliothèque du Roy.
2. Se. do Sainte-Marthe, Gallorum doctrina illustrium qui
nostra memoria floruerunt elogia, lib. I, p. 13.
3. Ant. Teissier, Vies des hommes illustres tirées de M, de Thou,
t. I« p. 249.
4. • Sire, il y a environ huit ans qu'il pleut au feu Roy, de
» saine te mémoire, envoyer un des miens à Constantinople et
» autres lieux de Grèce, ehereher et amasser des livres aneiens,
» pour Taccomplissement de sa librairie. B y a mis si grande
n diligenee qu'Û en a arresté un grand nombre, et l'eust envoyé
n par delà si" les deniers que ledit Seigneur avoit ordonné, luy
» eussent esté délivrez. Pareo, Sire, que ce seroit dommage de
■ perdre un si grand thrésor, à faute de si petite somme, i*en
» ay bien voulu donner cet advertissement à vostre Majesté,
» pour entendre son bon plaisir, et suivre son saint vouloir.
» Monsieur de Mascon, qui est auprès de vous, a conduit cet
• affaire ; il vous en poura donner plus certain advis, et à moy
• déclaration de vos commandemens, lesquels attendant, ie vais
• continuer mes prières à Dieu pour vostre santé et prospérité.
gg CHAPITRE III. — 1515 à 1560.
Henri IL A la même époque, les savants étrangers
payaient l'accueil qu'ils recevaient à la Cour, en
enrichissant la bibliothèque du Roi; parmi les
plus célèbres ou du moins les plus généreux, on
cite : Antoine Éparque , le poète de Gorfou i, et
Jean Manuce 2. La collection de Fontainebleau fut
encore augmentée des volumes appartenant au
connétable de Bourbon 3, dont tous les biens furent
confisqués en 1523; le catalogue des livres fut
dressé, le 19 septembre, par un commissaire du
roi nommé Pierre Antoine ; il a été publié par
M. Le Roux de Lincy K
Budé mourut en 1540, après avoir pleinement
justifié ces deux vers du vieux Lascaris :
Augusti ut Varro , Francisci bibliopolam
Auget Budaeus , Palladîs ausplciis.
Il eut pour successeur Pierre Duchâtel, alors
évêque de Tulle, et l'un des plus nobles caractères
de cette époque. Le cardinal du Bellay l'avait re-
» De Borne, ce 11 janvier 1547. Signé le cardinal d'Abmaonac. »
G. Bibier, Lettres et mémoires d^Estat des roys, princes, ambas-
sadeurs et autres ministres s<ms les règnes de François /•', Henri
Il et François II, t. II, p. 99.
1. Voyez Fabricius, Bihliotheca grœca, t. X, p. 470.
2. Benouard, Annales de V imprimerie des Aides, t. HE, p. 85.
3. Jourdain, Mémoire historique sur la bibliothèque du Moy,
p. XI.
4. Catalogue de la bibliothèque des ducs de Bourgogne, 1850,
in-8.
LES BIBLIOTHÉCAIRES DE BLOIS. 69
commandé à François I^^, qui se l'attacha , et le
chargea, dit-On , de l'endormir chaque soir par la
lecture de quelque auteur i ; il ne tarda pas à re-
connaître son mérite , et sut le récompenser.
Une mesure importante marqua le début do
Tadministration de Duchâtel;il décida François I^r
à réunir à sa collection de Fontainebleau la bi-
bliothèque qui était restée à Blois, et que, comme
on le verra tout à fheure, François 1er n'avait pas
perdue de vue. Lefèvre d'Étaples, le célèbre hellé-
niste , en était bibliothécaire à la fin de mai 1530,
et venait de rédiger l'inventaire des volumes
qu'elle renfermait ; c'est du moins ce qui résulte
de la lettre que Marguerite de Navarre écrivait
alors au connétable Anne de Montmorency : « Le
ff bon homme Fabri m'a escript qu'il s'est trouvé
n ung peu mal à Bloys , et pour changer d'air
» yroit voulentiers veoir ung amy sien pour ung
n temps, si le plaisir du Roy estoit luy vouloir
n donner congié. 11 a mis ordre en sa librairie,
» cotté les livres et mis tous par inventaire, lequel
» il baillera à qui il plaira au Roy 2. „ La démis-
sion de Lefèvre d'Étaples fut acceptée, et on le
remplaça par Jean de la Barre, qui avait été atta-
1. Bayle, Dictionnaire historique , article Chastel (du).
2. Bibliothèque nationale, manuscrits, fonds français, n» 2989
(ancien fonds de Béthune, n<» 8614), p. 79.
70 CHAPITRE in. — 1515 à 1660.
ché à la maison de François , comte d'Angoulême.
Jean de la Barre eut lui-même pour successeur
Mellin de Saint-Gelais, abbé de Reclus. Ce fut sans
doute à la sollicitation de ce dernier que Franr
çois lef rendit l'ordonnance du 8 décembre 1 538,
dont les sages dispositions sont encore en vigueur.
Par cette ordonnance , le roi prescrivait aux li-
braires de remettre un exemplaire de toutes leurs
publications « en grand ou poiit livre , es mains,
)) disait-il , de nostre amé et féal conseiller et au-
n mosnier ordinaire Tabbé de Reclus, Mellin de
n Saint-Gelais, ayant la charge de nostre dicte
;; librairie estant en nostre château de Blois, ou
n aultre personnage qui par ci-après pourra avoir
V en son lieu ladicte charge et garde... le tout à
;; peine de confiscation i. »
Mellin de Saint-Gelais fut le dernier garde de la
librairie de Blois ; des lettres patentes du 22 mai
1544 ordonnèrent que la collection tout entière
serait transportée à Fontainebleau. Deux maîtres
des comptes, Jean Greuaisie et Nicolas Dux, al-
lèrent dresser l'inventaire des « livres, sphères,
n globes et autres choses n conservés à Blois ; le
tout fut mis en ballots, et, par les soins de Mellin
de Saint-Gelais , transporté à Fontainebleau. Ma-
thieu La Bisse, chargé, avec Mellin de Saint-Gelais,
1. Benouard, Annales de Vlmpritnerie des Aides, 1. 1, p. 43.
LA BIBLIOTHEQUE DE BLOIS. J [
de veiller sur la nouvelle collection , prit posses-
sion, le 22 juin 1545, des livres provenant de la
bibliothèque de Blois. Ceux-ci d^ailleurs restèrent
Méconnaissables. Les bibliothécaires de Blois, Jean
de la Barre surtout, avaient été très-prodigues
d'inscriptions sur les volumes ; on y trouve encore
aujourd'hui mentionnées, tantôt la date de leur
acquisition, tantôt diverses circonstances impor-
tantes, telles que la demande que le roi en avait
faite , tantôt même des indications assez naïves,
celle-ci par exemple : ^ Des histoires et livres en
n françoys. Pulpito 3° , à la cheminée. Bloys i, »
destinées à faire connaître la place qu'ils occu-
paient dans la bibliothèque.
L'inventaire rédigé à l'occasion de ce transport
a maintenant pour titre : Inventaire original de la
bibliothèqîie de Blois lors du transport à Fontaine-
bleau 2. Il commence ainsi :
« Inventaire fait par nous Jehan Grenaisie, li-
>f cencié en loix, et Nicollas Dux , conseillers du
» Roy et maistres ordinaires de ses comptes à
n Blois, à ce commis par la chambre, en vertu des
fy lectres patentes dudit seigneur, données à
n Sainct Germain en Laye le vingt-deux™® jour
1. Voyez, à la Bibliothèque nationale, le manuscrit coté : fonds
trançais, n» 970.
2. Bibliothèque nationale, manuscrits, fonds français, n» 6G60.
XJn double de cet inventaire existe dans le môme fonds, n» 12999.
72 CHAPITRE ra. — 1515 k 1660.
n demay dernier passé, signées François, et au
n dessoubz : par le Roy, de Laubespine , seellées
» de cyre jaune du grant seel dudit seigneur, de
n tous les livres estans en la librarye de BloiSf
n tant en langue latine , grecque , hébraïque que
» vulguaires , ensemble des sphères théoriques et
;; autres corps d'astrologie, pour iceulxtranspor-
n ter dudit Blois à Fontainebleau , selon qu'il est
p mandé par ledit seigneur par ses dictes lectres.
n A veoir faire lequel inventaire ont assisté véné-
jf rable maistre Mellin de Sainct Gelaiz, conseiller
n dudit seigneur, abbé commandataire de Reclus,
tt Jehan de la Bart:e, commis à la garde de la
» librairie dudit Bloys. n
On lit sur le dernier feuillet :
«f Le quatriesme jour de l'an mil cinq cens qua-
» rante et quatre, noble et discrète personne
n maistre Melin de San Gelais, conseiller du Roy
n nostre sire, son aulmosnier ordinaire, abbé
» commendataire de Reclus en Brye, a confessé
n avoir receu de nobles hommes maistres Jehan
n Grenaisie et Nicolas Dux, aussi conseillers dudit
» seigneur... les livres , sphères, globbes et autres
» choses contenues et déclairées par les inven-
, taires cy dessus escriptz... .
Cet inventaire se compose de 128 feuillets, et
nous y voyons que la bibliothèque de Blois ren-
fermait alors 1 ,890 volumes , dont 109 imprimés
seulement. Il faut y ajouter une quarantaine de
CATALOGUE DE VEBGÈCE. 73
manuscrits grecs que le vieux Constantin Lascaris
venait d'apporter de Naples i.
Nous ne pouvons déterminer aussi exactement
le nombre de volumes que possédait à ce moment
la bibliothèque de Fontainebleau. Un catalogue
des manuscrits grecs fut dressé , sous François-I«r,
par le célèbre calligraphe Ange Vergèce, dont
récriture était si belle qu'elle servit de modèle
pour la fonte des magnifiques caractères grecs de
Robert Estienne :
Ange Vergèce grec, à la gentile main,
Pour l'écriture grecque écrivain ordinaire
De vos granpère et père et le vostre . . .
dit Baïf dans une épître dédicatoire à François !«'.
Le catalogue dressé par Vergèce 2 contient la
liste de 260 manuscrits. Quelques volumes dédiés
au roi, d'autres qui lui furent donnés par Louise
1. On sait que ce savant rassembla une très-précionse biblio-
thèque , qu'il légua au sénat de Messine. Elle a été depuis
transportée en Espagne, et elle fait aujourd'hui partie de la
bibliothèque de rÉscurial. (Voyez Villemain, Lascaris, note C,
et les Elogia de Paul Jove.) « Il faut remarquer, dit G. Naudé,
• que Janus Lascaris Bhyndacenus. exilé de Constantinople, a le
» premier trouvé , ou au moins restably et remis en usage les
• grandes lettres, ou pour mieux dire majuscule^ et capitales de
■ Talphabet grec, esquelles il ât imprimer l'an 1494 des sentences
• morales et autres vers qu'il dédia à Pierre de Médicis , avec
» une fort longue épître liminaire, où il l'informe de son dessein
» et de la peine qu'il avait eue à rechercher la vraye figure de
• ces grandes lettres parmy les plus vieilles médailles et monu-
• mens de l'antiquité. » G. Naudé, Additions à Vhistoire du roy
Louis XI, p. 186.
2. Bibliothèque nationale, manuscrits, fonds grec, no 8064.
74 CHAPITRE m. — 1516 à 1560.
de Savoie sa mère et Marguerite de Valois sa
sœur, augmentèrent encore la bibliothèque de
Fontainebleau, qui ne renferma cependant jamais
plus de 200 volumes imprimés, en y comprenant
ceux qui avaient été apportés de Blois.
Nous avons dit déjà que la bibliothèque de
Fontainebleau était installée au « dernier estage »
du château. Les écrivains de l'époque ont célébré
sa magnificence et l'affable hospitalité qu'y rece-
vaient les savants de tous les pays. C'est là que
Ramus persécuté allait chercher un studieux asile,
tandis que ses ennemis pillaient à Paris sa propre
bibliothèque, déposée au collège de Presles i. Fran-
çois de Belleforest , qui écrivait au milieu du sei-
zième siècle, décrit ainsi les magnificences de la
collection de Fontainebleau : « Celle librairie et
n superbe bibliothèque, dressée iadis par les roys
fj Égjrptiens en Alexandrie, ne fut onc plus belle
n ny plus riche que celle que Françoys, premier
n du nom, a ordonné en ceste sienne maison;
» n'ayant espargné frais aucun ny la peine d'un
T> grand nombre d'hommes de grand sçavoir, qu'il
» a envoyez par toute la Grèce et Asie pour re-
1. « Post eius obitum, direpta est a sicariis bonorum omnium,
» prsdsertim librornm, supellex exquisitissima. Perierunt etiam
» milita Bami egregiadoctrinsB monnmenta.... » Th. Banosius,
VUa Pétri Bami, p. 35. Voyez encore : J. E. Freigius, Vita Pétri
Bami, et Antoine Teissier, Éloges des hommes sçavans tirez de
Vhistoire de M, de Thou, t. II, p. 409.
LA BIBLIOTHÈQUE DE FONTAINEBLEAU. 75
n couvrer les meilleurs livres qu'on pourroit trou-
n ver pour l'enrichissement de ceste bibliothèque,
n que les Princes estrangers ont souhaité de voir,
n venans en France , plutost que les plus exquis
» thrésors et plus riches loyaux qui soyent en ce
n royaume. Quoy plus ? Ce grand Roy , sçachant
n que les Muses ayment les solitudes, et Pallas les
n lieux de repos , et que la laborieuse Dyane fuit
n les villes oiseuses, a aussi fait dresser icy le
n temple des Muses et la retraite de Pallas , et les
n courses boscagères de Diane la chasseuse. Et au
» reste si i'estoy quelque grand poëte ou disert,
n orateur, ie bastiroy aussi quelque belle œuvre
n sur le los tant du Roy qui a fondé ce temple
n Palladien, que de la magnificence du bastiment
n et richesse des livres, tableaux, efiSgies et choses
^ rares qui sont en ceste bibliothecque, mais
>} ayant défaut de ce, et laissant ceste charge à
yj ceux qui ont gpusté l'eau caballine et aux bons
py livres, et en la faveur des Roys, et qui ont le
^ cœur haucé et hardy pour se voir récompensez
7j de leurs peines, je passeray outi-e i. »
Duchâtel survécut cinq ans à François I^^. Ne
trouvant pas chez Henri II des dispositions aussi
généreuses que chez son père 2 , il renonça à aug-
1. Séb. Monster, la Cosmographie universelle de tout le monde ,
édition revue et complétée par Fr. de Belleforest, 1. 1, p. 333.
2. > Henry II , quoy que bien instruit en sa jeunesse , fut
7 6 CHAPITRE m. — 1515 U 1560.
menter le nombre des volumes de la bibliothèque,
et chercha surtout à assurer la conservation de
ceux qui restaient, en multipliant les reliures.
Celles-ci, d'ailleurs, étaient devenues depuis
longtemps moins riches et moins pesantes y 1 avait
fallu renoncer aux pierres précieuses , au velours,
aux étoffes précieuses, quand on s'était trouvé en
présence de plusieurs centaines de volumes à
pourvoir. Le fer et le cuivre avaient disparu aussi;
le carton remplaça les lourds ais de boîs, et les
armes du souverain en devinrent presque le seul
ornement Un exemplaire des poésies latines de
Fausto Andrelîni, que l'auteur fit relier pour
l'offrir à Louis XII, porte sur sa couverture en veau
fauve estampé un porc-épic avec la devise du roi :
cominus et eminus. On sait que l'ordre du Porc-Epic
avait été institué par Louis d'Orléans, grand'père
de Louis XIL La bibliothèque du Louvre possédait
un volume dont la reliure avait pour seul ornement
au milieu des plats une bande où alternaient les
armes de France et des -porcs-épicfe. Sur un très-
précieux exemplaire qui appartient à la biblio-
thèque Mazarine i, on voit figurer, outre l'écu de
France et les porcs-épics, des hermines, pièce
» tellemenl diverty par les guerres qu'il continua avec Charles
m Quint, qu'il n*eut guères moyen de caresser ou favoriser les
B muses. » G. Naudé, Additions à l'histoire du roy Louis JTi,
p. 167,
1. Imprimés, n» 11578.
LA RELirBE 90DS FRAKÇOIW I
77
principale des armoiries d'Anne de Bretagne. La
plupart des voluaies qui furent reliés ù Elois sous
le règne de Louis XII sont l'œuvre d'un prêtre
nommé Gilles Hanncquin.
L9S reliures exécutées sous François I^r sont en
général très-simples ; le cuir et le maroquin noir
y furent presque seuls employés par Jean le Fauî-
cheur, qui se qualifiait de " libraire et relieur
78 CHAPITRE m. — 1516 à 1560.
ordinaire du roi n. Les F couronnés, parfois suivis
de la lettre R , figurent sur presque toutes ; assez
fréquemment, les plats sont ornés des armes de
France, au-dessous desquelles s'étend une sala-
mandre 1.
Le blason de Claude de France accompagne
quelquefois celui du roi; et les dauphins unis aux
salamandres indiquent que le volume a été relié
sous François I«i*, mais pour le Dauphin.
Avec le règne de Henri II, s'ouvre une des plus
belles époques de la reluire. L'amour du roi pour
Diane de Poitiers vint se manifester jusque sur
les livres de la bibliothèque. Autour des armesde
France , accompagnées d'ornements exécutés avec
un goût exquis, sont semés des H et des D entre-
lacés, des croissants, des arcs, des carquois et
d'autres emblèmes de la chasse. Parfois les armes
de France çont remplacées sur les deux plats par
la devise équivoque que Henri II avait adoptée :
DONEC
TOTVM
IMPLEAT
ORBEM
mais alors les croissants dominent, et sont beau-
1. Voyez, à la Bibliothèque nationale, le manuscrit coté :
fonds français, n» 2261.
HENBI n. 79
coup plus nombreux que les monogrammes. Les
mêmes initiales et les mêmes symboles se rencon-
trent encore sur les volumes, extrêmement rares,
qui furent reliés aux armes de la favorite i.
Pierre Duchâtel mourut le 2 février 1552,
regretté de tous les savants, qui se souvenaient
qu'il avait osé défendre Robert Estienne contre la
Sorbonne, et E. Dolet contre le roi. Pierre de
Mondoré devint maître de la librairie, et la place
de garde fut, peu de temps après, donnée au mathé-
maticien Jean Gosselin.
Leprince 2, tous les historiens qui l'ont précédé
et presque tous ceux qui l'ont suivi, disent que
Henri II, confirmant l'ordonnance rendue en 1538
par François I^r, avait enjoint aux libraires de
fournir à la bibliothèque du Roi un exemplaire
sur vélin et relié de tous les livres qu'ils imprime-
raient par privilège. Or cette ordonnance n'a
jamais été rendue que par Raoul Spifame, un
pauvre diable monomane, qui eut l'étrange idée
<îe composer un recueil de trois cent six arrêts ou
règlements qu'il publia vers 1558, sous le nom de
Henri n et comme ayant été promulgués par lui.
Ces arrêts supposés ont d'ailleurs été pris au
1- Voyez, à la bibliothèque de l'Arsenal, le manuscrit in-lolio
coté : no TF 98.
2- Eesai historique sur la bibliothèque du roi, p. 26.
80 CHAPITRE ra. — 1515 à 1560.
sérieux par de véritables érudits, le président
Bouhier et Abel de Sainte-Marthe entre autres.
Voici le texte de l'ordonnance rédigée par Spifame
en faveur de la bibliothèque du Roi, ordonnance
qui pendant deux cents ans a été regardée comme
parfaitement authentique :
« Le Roy, pour l'amplification des bonnes lettres
n chrestiennes, et toutes choses honnestes et pro-
n fitables, et entretenement de ses librairies et
V bibliotèques, qu'il a establie^ pour exercer et
» employer les bons esperitz de ses subiectz
n sçavans et lettrez, et toutes personnes vertueuses
1» et gens amateurs de bons livres et notables
n élucubrations. A ordonné et ordonne, que dore-
n senavant ne sera baillé aucun privilège d'im-
n primer que ce ne soit à la charge que tous livres qui
n s'imprimeront luy en sera baillé et présenté un,
n imprimé en parchemin de vellin, relié et couvert
n comme il appartient luy estre présenté, pour
» estre mis en sa bibliothèque et librairie de son
n chasteau de Fontainebleau; et après icelle
n bibliothèque de Fontainebleau fournie, estre mis
n en sa librairie de son chasteau de Bloys, et
n conséquemment aux autres, ainsi qu'il sera par
» luy advisé et ordonné i. »
1. R. Spifame, Dicœarchke Henr ici régis christianissimi pro-
ffymncismata, 8* arrêt. Le vokime n'a point de pagination.
FRANÇOIS II. 81
Deux catalogues des manuscrits grecs de la
bibliothèque de Fontainebleau furent dressés
sous Henri II par Constantin Palœocappa, et reco-
piés par Ange Vergèce. L'un est disposé par ordre
alphabétique, l'autre par ordre des matières; tpus
les deux sont conservés aujourd'hui à la Biblio-
thèque nationale i.
François II régna une année à peine, et de cette
époque date le redoublement des persécutions
religieuses qui assombrirent si longtemps notre
. histoire ; la seule acquisition que la bibliothèque ait
faite sous ce prince a précisément cette triste ori-
gine. Le président Aimar de Ranconet, un des
hommes les plus savants du seizième siècle , fut ,
sous prétexte de religion, enfermé à la Bastille par
ordre du cardinal de Lorraine ; il y mourut de
chagrin en 1559 , et ses livres confisqués entrèrent
à la bibliothèque de Fontainebleau 2.
Les reliures au chiffre de François II sont natu-
rellement assez rares. Au milieu des plats un
écusson ovale renferme les armes de France,
au-dessous desquelles sont deux F couronnées et
parfois suivies du nombre IL Sur le dos, entre les
nerfs de la reliure, alternent des jFet des fleurs de
1. Manuscrits, fonds grec, no» 3065 et 3066.
2. Maichclius, Introductio ad historiam Uterariamdeprœcipuis
bibliothecis, p. 12. — Al)el de Sainte-Marthe, Discours au Boy
sur le rétablissement de la bibliothèque royale de Fontainebleau
(sans pagination). ■. -
6
rnAPiTiTE nr. — i"!*; * isbo,
H
FBAKÇOIBn.
83
ils presque toujours surmontées d'une couronne i.
Plusieurs de ces reliures, commencées sous
François II, ne furent achevées que sous le règne
de Charles IX ; celles-ci portent semés sur les plats
isisurs (7 entrelacés et couronnés.
L
l
CHAPITBE IV
(1560 à 1610)
Charles IX. — Translation de la Bibliothèque à Paris. —
Jacques Aymot, maître de la librairie. — Les reliures sous
Charles IX et Henri HI. — Dangers que court la Bibliothèque
pendant la Ligue. — Guillaume Boso, F. Pigenat et le président
Brisson. — Bécit de Gosselin. — Jacques-Auguste de Thou
remplace Amyot. — La Bibliothèque est transportée au
collège Louis-le-Grand. — Les livres de la famille Pithou. —
Les manuscrits de Catherine de Médicis. — Transfert do la
Bibliothèque dans le couvent des Cordeliers. — La reliure
sous Henri lY.
•
ravènement de Charles IX, protecteur de
Ronsard et poëte lui-même, on pouvait
espérer une ère favorable aux lettres;
mais les luttes religieuses en décidèrent autre-
ment. La Bibliothèque du roi n'acquit sous ce règne
aucune collection nouvelle, et elle perdit un de ses
chefs. Pierre de Mondoré, soupçonné d'attache-
ment au calvinisme, dut, en 1567, se retirer à?
Sancerre, où il mourut trois ans après i. ;.,
1. Pierre de Mondoré s'était formé à Orléans une riche biblio-
thèque, où dominaient lep auteurs grecs et les ouvrages de
mathématiques; elle fut pillée pendant la Saint-Barthélémy :
• 6ed ob religionis causam bellis intestinis graviter jactatus,
gg OHAPITBE lY. — 1560 à 1610.
Contrairement à une assertion incontestée jus-
quHci , ce fut vers cette époque , et en tout cas
sous le règne de Charles IX, que la bibliothèque
du Roi fut transportée de Fontainebleau à Paris.
Le fait est établi d'une manière irréfutable par
une lettre très-touchante de Gosselin, adressée
plus tard à tous les amis de la littérature. «^ Il
» y a , dit-il , trente-quatre ans et plus que
n j'ay la charge de garder la librairie du Roy,
» qui est un des plus beaux thrésors de ce royaume ;
m durant lequel temps je Tay gardée plusieurs
n années dedans le chasteaù de Fontainebleau ,
n et puis, par le commandement du roy Charles IX,
n je la feis apporter dans ceste ville de Paris i. ^
Nous ne savons d'ailleurs où la bibliothèque fut
alors installée. Gosselin demeurait près de l'église
Saint - Nicolas - des - Champs , mais il résulte des
termes mêmes de sa Bemonstrance qu'il ne logeait
pas h la bibliothèque.
« qanm Sanceras ad Ligurim confagiseet, contrato ex mœrore
» morbo, animamDeo reddidit. Bibliothecaotiamejus, omniiim
• librorum copia instructa, mathematicis prsesertim et grœcis,
• illisqne majorem partem manuscriptis , atque îpsius studio
• emendatis, barbara ista immanitate direpta est. » Corn.
ToUius, De infelicitaie liUeratorum, appendix^ à la suite de l'ou-
vrage de Joannes Pierius, p. 53. — Voyez aussi, sur ce point,
J.-A. de Thou, Historiée sui iemporis lib. LII.
1* Ensuit une remonstrance touchant la garde de la librairie du
Boy, addressée à toutes personnes qui aymenl les lettres, par Jean
Gosselin, garde d'iceUe librairie ; publiée par Edouard Fournier,
Variétés historiques et littéraires, t. I, p. 1.
CHABLES IX. 37
Pierre de Mondoré eut pour successeur le savant
Jacques Amyot, qui avait été le précepteur du roi
et celui de ses deux frères. Le célèbre helléniste
fut le premier, dit-on, qui songea aux services
que ce précieux dépôt pouvait rendre aux érudits,
et il consontît.à communiquer \ quelques-uns
d'entre eux les manuscrits dont ils avaient besoin
pour leurs travaux i.
On fit relier , sous Charles IX , un assez grand
nombre de volumes, et tous sont faciles à recon-
naître. Quelques-uns portent au milieu des plats
deux G entrelacés, et sur le dos un semis du même
monogramme 2 . Les reliures les plus élégantes
sont ornées des armes de France placées au centre
d'un ovale ; au-dessous de l'écu se trouvent deux
petits C entrelacés et suivis du chiJBTre IX, puis
le titre de l'ouvrage 3. Parfois le chiffre IX
est remplacé par deux C, et alors, sur le dos,
figure, entre chaque nerf, un double C surmonté
d'une couronne.
Quand le titre de l'ouvrage n'existe pas sur les
plats, l'ovale est rempli par plusieurs (7 couronnés,
et au bas figure le chiffre IX.
1. Leprincc, Essai historique sur ïa bibliothèque du Boi, -p. 28.
2. Voyez, à la Bibliothèque nationale, le manuscrit côté : fonds
français, no 868.
3. Voyez, à la Bibliothèque nationale, le manuscrit coté : fonds
français, no 750.^
HENBI m. 89
Enfin, sur quelques reliures, infiniment plus
rares, on rencontre l'emblème que le chancelier de
l'Hôpital avait fourni au roi : deux colonnes sur-
montées d'une couronne et accompagnées de cette
devise : Pietate.et jtistUiaK
Henri III eut pour les belles reliures le même
goût que son père. Son ordonnance somptuaire du
f4 mars 1583, qui défendait aux bourgeoises de
porter des pierreries, les autorisait à en orner leurs
lt#es d'heures. Le roi lui-même n'alla cependant
pas jusque-là. La marque distinctive des reliures
exécutées sous son règne est un double écusson
aux armes de France et de Pologne, entouré du
collier de l'ordre du Saint-Esprit , avec la devise
Spes mea Deus ou Mand ultima cœlo; au-dessous
deTécu se trouve une iT couronnée 2.
On sait dans quel désespoir fut jeté Henri III par
la mort de la princesse de Condé, Marie de Clèves;
c'est alors qu'il institua l'ordre des Pénitents et ses
lugubres processions, en même temps qu'il couvrait
de têtes de morts ses vêtements et jusqu'aux
aiguillettes de ses chaussures. Les reliures faites
pour lui, à cette époque, portent les traces de cette
s^iguliëre monomanie. Les plats sont charges de
i
■
» 1. Un spécimen de cette reliure existe à la bibliothèque de
l'Arsenal.
9. Voyez, à la bibliothèque Mazanine, le volume coté : nouveau
fonds, jurisprudcuoe, in-S", n»» 56.
HENBI m. 91
Sfueleltes, de crânes desséchés, de larmes, de
troix, d'ossements dorés, argentés ou estampés
sur maroquin noir. Parfois, d'un côté du Tolume
se trouve le nom de Jésus et de l'autre celui de
MuoB, puiï la devise M^nento mori. Ces reliures,
où it deui! e&t loin d'exclure le luxe, sont aujour-
(iTiuî très-r^chcrchées. Sur un volume qui appar-
tient à la Iiibilothèque Mazartne, les ornements
funèbres ont été frappés en argent; ils étaient en
or sur un exemplaire, identiquement semblable
pour tout le reste, que possédait la biblioUièque
du Louvre, dans la collection Motteley.
La bibliolhèque du Roi faillit être anéantie pen-
dant la Ligue. Tandis que la collection particulière
de Henri IIE élait rendue à l'encan devant l'Hôtel
devitlei, deux ligueurs forcenés, Guillaume Rose,
évoque de Scnlis, et le curé François Pigenat,
firent plusieurs tentatives pours'emparerdeslivrcs
iluroij un peu plus tard, ce fut le tour de deux
maîtres des comptes, MM. de Joelmy et Dupré.
Gosselin , qui avait alors près de quatre-vingt-dix
ans, semble avoir montré peu d'énergie dans -
cette circonstance. II fit d'abord appel à l'influence
da président Brisson ; mais il craignit sans doute
ensuite de se voir compromis avec les ligueurs,
car, deux mois avant le siège de Paris, il se retira
1. Leprince, Eesai hiitori^ue sur la bibliothèque du Soi, [i. 33.
92 CHAPITRE IV. — 1660 à 1610.
auprès du roi à Saint-Denis, puis à Melun. Avant
son départ , il eut cependant soin de « très bien
» fermer la porte d'ieelle librairie avec une bonne
» serrure et un bon cadenat , et par dedans avec
n une forte barre. » Mais le président de Nully,
peu scrupuleux sur le choix des moyens, ne recula
point devant l'effraction: il fit tout simplement
« rompre la muraille pour entrer en la dicte
n librayrie /y, et, une fois en possession, il la garda
six mois, jusqu'à la fin de mars ; quand il dut la
rendre, il manquait déjà bien des volumes. Tous
ces faits nous sont attestés par le pauvre Gosselin,
qui, réduit à l'impuissance, protesta du moins par
écrit et voulut conserver à la postérité le souvenir
de ces attentats, en même temps que les noms des
misérables qui les avaient commis ; il a raconté
tous ces faits en tête d'un des manuscrits de la
bibliothèque, les Marguerites historiales de Jean
Massue i. Voici cette note, le plus précieux docu-
1. Ce volnme est aujourd'hui à la Bibliothèque nationale.
D'abord coté N» 7292, il porte maintenant le numéro 955 dans le
fonds français; c'est un bel in-quarto sur vélin, qui a pour
titre : La Marguerite des vertus et vices, composé par frère Jean
Massue, Une note de M. PaulinParis ajoute : domestique de Jehan
de Chabannes, comte de Dampmartin, composé en 1497, Sur le
dernier feuillet, on lit : Les margarites hystoriaUes composa
par un ung prieur, contenantes.plusieurs faictz et dictz vertueux ou
vicieux de certaines personnes tant grandz seigneurs que auUres»
La reliure primitive de ce manuscrit a été remplacée, et si
maladroitement, qu'on a alors enlevé le feuillet de vélin qui
contenait la note de Gosselin. Elle aurait donc été perdue pour
jamais si, dix ans auparavant, M. Paulin Paris ne l'eut copiée
LA LIGUE. 93
ment qui existe sur l'histoire de la bibliothèque du
Roi pendant la Ligue :
« Mémoire que le président de Nully, durant la
M Ligue et durant la trêve, s'est saisi de la librairie
» du Roy, environ la fin de septembre, ayant fait
» rompre la muraille pour entrer en ladicte librai-
n rie, laquelle il a possédée jusques environ la fin
py du mois de mars çn l'an 1 594 ^ , qui sont six
» mois ; durant lequel temps on a couppé et em-
»9 porté le premier cayer du présent livre, auquel
f7 cayer estoient contenues choses remarquables 2 .
•9 Item, durant le temps susdict ont esté emportez
*, de ceste dicte librairie plusieurs livres dont le
Xorsqn'il préparait son savant ouvrage sur les manuscrits do la
'fcibUothèqne du Boi; cette copie est aujourd'hui collée avec
quatre pains à cacheter en tête du volume.
1. • Au président de Nully, qui ce jour se présenta pour faire
« la révérence à Sa Majesté, elle fist demander par Sanssi
» (Nicolas Harlay de Sancy) en quelle qualité il la lui vouloit faire,
» auquel ledit président ayant respondu que c'estoit en qualité
» de son très-humble et très-obéissant sujet et serviteur, le Boy
• l'ayant entendu , lui renvoya dire par Sanssi qu'il ne tenoit
• point pour ses sujets ni pour ses serviteurs ceux qui l' estoient
• de l'Espagnol, et qu'il ne laissast pas, si bon lui sembloit,
• de s'en aller avec eux. » Ijesioïle, Journal du règne de HenrilV,
22 mars 1594.
• Ce jour on escrivit en grosses lettres sur la porte du présî-
• dent de Nulli : • François , pendes cest homme meschant. •
• n avoit eu un billet deux jours auparavant, ayant esté escon-
•m dmtdela requeste qu'il avoit présentée, qui portoit qu'attendu
• son âge et sa qualité, il lui fast permis de se retirer en
m l'abbaye Saint- Victor-lez-Paris ou en quelqu'autre Moinerie
• des Fauxbonrgs. » Lestoile , Journal du règne de Henri IV,
27 mars 1594.
2. n contenait une généalogie de la Maison de Chabannes
dont il ne reste plus, en effet, que les deux derniers feuillets.
94 CHAPITBE nr. — ISCO k 1610.
n commissaire Ghenault feist enqueste, bientost
» aprez que ledit président eut rôndu icelle librai-
n rie. GossELiN, ita est.
n Item, ung docteur de Sorbonne et évesque
» de Senlis, nommé monsieur Rose, familier amy
ty du président susdict, a faict amende honorable
n en la cour du parlement, par arrest de la dicte
n cour, pour avoir prononcé... durant la Ligue, et
n encores depuis, paroles indignes d'ung homme
n de sa qualité ; il feist celle amende le v® jour de
n septembre 1598.
« Davantage ledict évesque et ung docteur de
n Sorbonne, nommé Pégenac^, ont faict ce qu'ilz
ij ont peu pour posséder ladicte librairie; mais
n feu de bonne mémoire le président Brisson , à
•» ma requeste et solicitation , a empesché leur
;; intention. Lesquelz, par après, sont allez ins-
n siter la chambre des comptes pour venir mettre
n les (?) en ladicte librairie. Monsieur de Joelmy
yj et Monsieur Dupré, maistres des comptes en
» ladite chambre, ont vouleu entreprendre ce
yy que lesdits docteurs n'avoient peu faire;
n mais mondict seigneur président leur a encores
» rompu leur desseing , comme il avoit faict
n auparavant, n
Dans une lettre publiée plus tard, Gosselin
1. François Pigenat.
LA LIGUE. 95
raconte les mêmes faits, mais avec quelques
variantes qui ne manquent pas d'importance.
** Dieu m'a faict la grâce d'avoir fidellement gardé
» icelle librairie, et d'avoir empesché plusieurs
» fois qu'elle n'ayt esté dissipée ou ruynée, et
» signamment depuis le com nencement des der-
» niers troubles, que quelques-uns des supposts
» de la Ligue ont voulu s'ingérer d'entrer en icelle,
» souz couleur d'y vouloir donner ordre selon
» leur façon, lesquels j'ay empesché, par la grâce
» de Dieu et par Tayde de Messeigneurs et amys ;
» et, voyant que je no pourois plus résister contre
» la force de tels supposts, estimant aussi qu'ils
» fiuroiont plus de hardiesse d'entrer en la dicte
•» librairie on ma présence , mo contraignant, par
» emprisonnement de ma personne, leur en faire
« ouverture, qu'ils n'auroientpas en mon absence,
» j'ay très bien fermé la porte d'icelle librairie
« avec une bonne serrure et un bon cadenat, et
» par dedans avec une forte barre, et mo suis
» absenté de ceste ville de Paris doux mois devant
n qu'elle ait esté assiégée, et me suis retiré à
n Saint-Denis où estoit Sa Majesté, et par après
n me suis réfugié en la ville de Meleun, qui estoit
n en l'obéissance du roy, lA où j'ay esté jusquesà
t) la dernière trêve, durant laquelle le président
tf de Nully, qui pour lors avoir moult d'autorité en
M ceste ville de Paris, meu d'une particulière
ft affection, s'est adressé à la dicte librairie, a fait
96 CHAPITRE IT. — 1660 à 1610.
n crocheter la serrure et le cadenat dont la porte
n d'icelle estolt fermée; et ne pouvant ouvrir
n îcelle porte, à cause qu'elle estoît fermée par
7> derrière avec une forte barre, il a fait rompre
n la muraille afin d'ouvrir la dicte porte, est entré
n en icelle librairie avec telle compagnie qu'il luy
n a pieu, et y est allé plusieurs fois avec ses gens,
n qu'on a veu s'en aller avecques luy portans
» d'assez gros pacquets soubs leurs manteaux, et
n a possédé la dicte librairie, ainsi qu'il l'a voulu,
» jusques au temps que ceste ville a esté réduite
n en l'obéissance du roy, et que Sa Majesté lui a
n mandé de me rendre les clefs d'icelle librairie,
n et remettre en la dicte librairie les livres d'icelle
n si aucuns en avoit pris, et le dict président m'a
M seulement rendu les clefs, disant qu'il n'avoit
» pris aucune chose dedans la dicte librairie i. n
On voit que, dans cette nouvelle rédaction, Gos-
selin passe sous silence le rôle si honorable qu'il
avait auparavant attribué à Barnabe Brisson.
Gosselin avait sans doute été trompé, comme
bien d'autres, par la conduite dissimulée du savant
président qui, au dire de Mézeray, s'efforça pendant
la Ligue de « nager entre deux eaux », soutenant
tout haut les Seize et protestant en secret de son
1. Ih%8uit une remonstrance touchant la garde de la librairie
du Roy, addressée à toutes personnes qui ayment les lettres, par
Jean Gosselin, garde d'iceUe librairie.
LA LIGUE. 97
attachement au roi ; on sait d'ailleurs que cette
politique ne hil réussit guère. S'il faut en croire
quelques écrivains, pas plus que le président de
Neuilly, il ne respecta la Bibliothèque, mais il mit
moins de franchise dans ses vols et se garda bien
de renverser aucune muraille. Suivant l'abbé
Tricaud, Brisson alla prendre des livres à la
Bibliothèque, et " les ayant portez chez lui, suivant
» sa coutume, pour les examiner plus à loisir, et
» dans le dessein de les remettre ensuite à leur
» rang, fut prévenu par la mort... ; et sa veuve ,
» qui trouva ces livres parmi ceux de son mari,
» sans démêler s'ils estoient de la bibliothèque
» Royale ou non, les vendit avec les autres i. »
Scaliger dit tout crûment que Brisson emporta
chez lui une bonne partie de la bibliothèque du
Roi, et que sa veuve les vendit ensuite pour presque
rien, pour un morceau de pain 2.
Amyot était mort pendant l'année qui précéda
ces événements, et Jacques- Auguste de ïhou, un
des hommes les plus instruits et un des caractères
les plus respectés du seizième siècle , venait de lui
succéder. Les dangers qu'avait courus la Biblio-
1. Essais de UHérature pour la eontwissanee des livres, t. I,
p. 15.
2. • BftrnabftB Brissonîus bonam partcm librorum regîorum
• in domtimBtuuu transtulit. Post casum ejus, Tidua avara frusto
• panis, si ita loqui fas est, divendidit. • Joseph Scaliger,
EpistoUst liber I, epist. lxiii.
7
98 CHAPITRE IV. -- 1560 h 1610.
thèque au milieu des derniers troubles détermi-
nèrent Henri IV à la transporter en un lieu plus
sûr. Des lettres patentes du 14 mai 1594, qui ne
purent d'ailleurs recevoir leur exécution qu'en mai
1695, ordonnèrent qu'elle serait installée rue
Saint-Jacques, dans les bâtiments du collège de
Glermont, aujourd'hui lycée Louis-le-Grand^. Il
appartenait aux jésuites, qui, chassés de France à
la suite de l'attentat de Jean Chastel, venaient de
l'abandonner; eux-mêmes avaient réuni dans cette
maison une bibliothèque composée d'au moins
vingt mille volumes 2, qui furent en grande partie
dispersés.
1. « Du mèrcredy rv octobre. La Cour, après avoir oy les
m commissaires commis par icello, qui ont faict procéder aux
» réparations de ce qui es toit nécessaire au collège de Clermont,
■ pour y mettre la bibliothèque du Boy, a ordonné et ordonne
• ^ue des deniers procédans delà vente des meubles des Jésuistes
» et revenus des immeubles, les massons, menuisiers, charpen-
• tiers, serruriers et autres manœuvres qui ont travaillé ausdits
• ouvrages, réparations, et ce qui a esté faict de l'ordonnance
» desdicts commissaires, seront les premiers et avant tous autres
» payez de leurs ouvrages, salaires, etc » Destination du
coUége de Clermont pour la bibliothèque du Roy, dans Félibien,
Histoire de Paris 1 1. V, p. 28.
2. La bibliothèque du collège Louis-le-Grand fut commencée
vers 1565. Trois ans après, le médecin Jérôme Varade, échevin
de Paris, lui légua la sienne; et les jésuites, en retour de cette
libéralité, donnèrent à son fils Claude la place de recteur. Mais
celui-ci, compromis plus tard dans le procès de J. Chastel , fut
brûlé en efBgie le 25 janvier 1595. A la fin de l'année 1571 ,
Pierre de Saint- André, président au Parlement, abandonna au
collège sa bibliothèque, dans laquelle avait été fondue celle du
Bavant Guillaume Budé. Dès 1580, les jésuites avaient rédigé
pour leur collection un règlement très-sage et très-complet qui
nous a| été conservé dans les plus anciennes éditions des Règles
de la compagnie de Jésus.
LE OOLLÉaE LOUIS-LE-QRAND. 99
La seule acquisition importante que fit la
L'attentat de Jean Chastel contre Henri lY vint tout à coup
urêter les progrès de cette collection. J. Chastel avai^ait ses
études an collège de Clermont, et les jésuites , complice de son
crime, se virent condamnés avec lui. Une henre après l'attentat,
ia maison fat occupée militairement ; on mit les scellés sur toutes
les pièces, et elles furent le lendemain visitées par des conseillers
dn Parlement. Dans la chambre du P. Guignard , qui était alors
bibliothécaire, on trouva plusieurs livres défendus, entre autres
tuie apologie de Jacqifès Clément, dont il avoua être Tauteur.
I<e Parlement, par arrêt du 29 décembre 1594, ordonna • que les
• prestres et escholiers du collège de Clermont et tous autres
• soy-disantde ladicte Société, commecorrupteurs de la jeunesse,
• perturbateurs du repos public, ennemis du roi et de TEtat,
• Tideroient dedans trois jours hors de Paris et autres villes et
• lieux où sont leurs collèges Seront les biens, tant meubles
• qu'immeubles à eux appartenants, employez en œuvres pitoya-
• blos. ■
Les jésuites , forcés de quitter la France , abandonnèrent
donc leur collège et leur bibliothèque. Le gouvernement la fit
saisir, et résolut de la vendre aux enchères. Mais les choses se
passèrent autrement. Suivant Lestoile, ■ elle fut exposée au
" pillage, jusques aux revendeus et plus piestres frippiers de
■ l'Université. On disoit qu'on y avoit trouvé plusieurs papiers
• escrits contre le Roy , desquels messieurs les revisiteurs ne
■ firent si bien leur proufit que des bons livres grœqs et latins,
■ quiftirent jugés de bonne piise, à la requeste de messieurs les
■ gens du Roy, qui s'en accomodèrent les premiers, selon leurs
■ conclusioUs ; et après, les autres, chacun selon son mérite et
■ qualité. * Quant au bibliothécaire, il fut étranglé et pendu en
place de Grève, ce qui, du reste , lui valut l'honneur d'être placé
par ses confrères au rang des martyrs.
Les jésuites, une fois rétablis en France, en 1604, auraient fort
désiré garder la belle collection qu'ils trouvaient installée dans
le collège h la place de la leur ; ils le laissèrent entendre assez
clairement dans une Très-humble requeste qu'ils présentèrent
alors au roi : ■ Nous confessons néantmoins, disaient-ils, que
» nous avions deux grands thrèsors , et aussi opulents et riches
» qui fussent non-seulement en vostre royaume , mais encor en
• toute l'Europe ; c'cstoyent deux bibliothèques. L'une estoit
• en la maison deS. Louys (la Maison professe des jésuites, rue
• Saint-Antoine); l'autre estoit au collège, bibliothèque remplie
• des plus rares volumes et plus doctes qui fussent au monde.
■ Ces toit nostre arsenal, nostre munition, nostre grand magasin,
m nostre grand thré^or et richesse. Ces deux thrèsors, Sire, nous
100 CHAPITRE IV. — 1560 k 1610.
Bibliothèque du roi pendant son séjour dans ce
local eut pour objet les manuscrits provenant de
la succession de Catherine de Médicis.
Le cardinal Ridolfi, neveu de Léon X, avait
possédé une riche bibliothèque, presque exclusive-
ment composée de manuscrits ; après sa mort, elle
fut achetée par le maréchal Strozzi ^ . Gelui-cîpérit
• avoua perdu avec un extrême regret. • A cet égard, le vœu.
des jésuites ne fut pas exaucé ; mais de généreuses donations
leur ];>ermiront presque aussitôt d'aooroitre considérablement
retendue de leur collège, et d'y former une nouvelle biblio-
thèquo, qui fat alorA placéo sous la direction du savant Pronton
du Duc. .On peut citer, à partir de cette époque, parmi les
bienfaiteurs de cotte collection, le cardinalFrançois de Joyeuse, le
libraire Oramoisy, le poëtc Philippe Desportos, Gabriel Lalle-
mant, Jacques Sirmond, confesseur de Louis XIII, le surin-
tendant Fouquct , et surtout Achille de Harlay, arrière petit-
fils de l'illustre premier président, qui légua au collège plus
de vingt mille volumes.
Les jésuites furent de nouveau chassé» de France en 1763 ;
ils durent donc abandonner encore une fois leur bibliothèque,
qui renfermait à cette époque environ cinquante mille volumes
imprimés , des médailles , des pierres gravées, des antiquités
égyptiennes, grecques, étrusques et romaines, des poids, dM
sceaux, six cents manuscrits, etc.
Des lettres patentes du 31 novembre 1763 accordèrent lea
bâtiments du collège de Louis-le-Grand à l'Université ; U foi
décidé en même temps qu'on établirait dans la vaste maison des
jésuites un collège général dans lequel seraient réunis les
boursiers de tous les petits collèges de Paris, où il n'y avait
pas plein exercice. La bibliothèque fut vendue, mais beaucoup
moins arbitrairement qu'en 1595, et une grande quantité de
livres, achetés par l'administration du nouveau collège, ref-
tarent en place ; ils finirent , après de longs débats , "pta se
confondre avec ceux qui composaient la bibUothèque de l'Uni-
versité.
Sur l'histoire de la bibliothèque du collège Louis-le-Orand
et les ouvrages à consulter, voyez A.-F., les anciennes bibUMè»
ques de Paris, t. II, p. 245.
(1) « 11 paroissoit bien aussy que ce grand capitaine estoit
• bien amateur des lettres, car il a voit une très belle bibliothèque
CATREBUm DE ICÉDICIB. { Q {
au siège de Thionville en juin 1658; il laissait un
fils à qui Catherine de Médicis,sa parente éloignée,
enleva la collection, en donnant pour prétexte que
celle-ci provenait de la bibliothèque dts Médicis ^ ,
et en promettant de la payer un jour, ce qu'elle se
garda bien de faire *. Catherine mourut perrfue dé
dette ; on ne trouva rien chez elle, dît Brantôme,
' rien, pas mesme un seul sol... elle esloît endebtée
» de huit cent mille escus*. » A cette époque , la
collection se composait de huit cents volumes en-
viron* ; Jean-Baptiste Benciveni*, abbé de Belle-
■ de liyres. Je ne diray pas de luy comme le bon rompu le roy
• LonÎB XI disoit d'tin prélat de son royaume, qui avoit une
• très belle librairie et ne la voyoit jamais, qu'il ressembloit
■ un bossu qui avoit rme belle grosse bosse sur son dos et ne
■ U Yoyoit pas. Mais M. le mareschal visitoit, voyoit et lisoit
• Boayent sa belle librairie ; elle estoit venue du cardinal
■ Ridolphe , et acheptée après sa mort, qui estoit un très
■ Bçftvant prélat. Elle estoit estimée plus de quinze mille escus
• pour la rareté des beaux et grands livres qui y estoient. •
Brantôme , Vies des grands capitaines , édition Jannet , t. II,
p. 249.
(1) L. Jticob, Traicté des plus bettes bibliothèques t p. 458. —
Catherine était fille de Laurent de Médicis, qui avait, en effet,
acheté plusieurs de ces manuscrits après la prise de Ck)n8tan-
tinople par Mahomet H.
(2) • Bu despuis la mort dudict mareschal, la roine mère la
• retira, avecque promesse d.'en rescompanser son fils, et la luy
• payer un jour ; mais jamais il n'en a eu un seul sol. Je sçay
• bien qu'il m'en a dict d'autres fois, en estant mal contant. •
Brantôme, Vies des grands capitaines, t. II, p. 249.
(S) Brantôme, Vies des dames illustres, t. I, p. 85. — Voyez
Dates et créanciers de la royne mère Catherine de Médicis,
documents publiés, d'après les archives de Chenonceau, par
l'abbé C. Chevalier, 1862, in-8o.
(4) Bonsard écrivait en 1564 :
Geste royne d'honneur de telle race issue,
Ainçois que Oalliope en son ventre a conceuc,
102 CHAPITBE IV. — 1560 à 1610.
branche, aumônier et bibliothécaire de Catherine,
les avait apportés du château de Saint-Maur, et
les gardait chez lui, rue Plâtrière i. Jacques de
Pleurs et Barnabe de Ceriziers, maîtres de la
chambre des comptes, chargés de faire l'inventaire
de tous les biens meubles laissés par la reine,
dressèrent aussitôt (19 août 1589) la liste de ces
manuscrits, qui furent laissés à la garde de l'abbé
de Bellebranche. Mais les nombreux créanciers de
la reine ne voulaient pas laisser échapper ce gage
. précieux; ils firent mettre les scellés sur les
manuscrits, et ceux-ci allaient être vendus 2,
quand le président de Thou intervint, déclarant
qu'ils devaient faire retour à la couronne. Pierre
Pithou 3 rédigea une déclaration ajix termes de
Pour ne dégénérer de ses premiers ayeux,
Soigneuse, a fait chercher les livres les plus vieux,
Hébreux, Grecs et latins, traduits et à traduire,
Et par noble despense elle en a fait reluire
Son chasteau do Saint-Maur, à fin que sans danger
Le François fust vainqueur du sçavoir estranger.
Œuvres complètes de Ronsard, édition Blanchemain, t. III,
p. 379. — Voyez<iussi Hilarion de Coste, les Eloges et vies des
reynes, princesses, dames et damoiséUes illustres, p. 106.
(5) Le nom do ce personnage a été fort défiguré : le Parlement
l'appelle Benchemny, Félibien Benemouy, L. Jacob Beticivignif
Maichclius Beneiregnius, et M. B. Hauréau Bencivenny. .
(1) Histoire de la hibliothèqtie du Boy, manuscrit de la biblio-
thèque Sainte-Geneviève.
(2) Grosley, Vie de P. Pithou, t. I, p. 324.
(3) Les Pithou appartenaient à une de ces vieilles familles de
robe, comme on on comptait tant au dix-septième siècle, qui se
léguaient dopera en fils une réputation de science, de dévouement
LES FBÈBES PITHOU. 103
laquelle le roi ordonnait « que tous les anciens
» exemplaires hébreux, grecqs, en latin et en fran-
ftn trayftil et de probité. Oelle-ci, par allnsion à son nom, avait
pris pour devise ces trois mots : roXç v^/aois TttiBoo$ obéissez aux
tow, et certes nulle n'avait pins qu'elle le droit de la porter.
Pierre Pithon, savant et vertueux magistrat de Troyes, laissa
enmonrant quatre enfants, fermement attachés comme lui aux
doctrines de la Béforme, pleins d'ardeur pour l'étude, et dont
Scaliger a pu dire : « Messieurs Pithou sentoient les bons livres
> de loin, comme un chat une souris.* Leur père avait réuni une
MSéz beûe bibliothèque, composée surtout de jurisprudence, de
littérature et d'histoire ; elle échut par succession i Jean, le fils
aîné. On était à la veille de la Saint-Barthélémy ; Jean et Nicole
son frère, obligés de fuir devant la persécution, n'ayant pas
même nne demeure fixe, réussirent cependant, à force de peine
et de courage, à sauver du naufrage général de leur fortune les
livres et les collections de leur père. Revenus à des temps
meilleurs, tous deux purent se constituer une bibliothèque
nombreuse et bien choisie , qui , à la mort de Nicole , passa k
François, son frère, quatrième enfant do Pierre Pithou.
Le troisième, qui portait le même prénom que son père, décida
de l'illustration de la famille. Passionné pour le travail, il avait
commencé, dès sa jeunesse, à réunir, soit par extraits, soit au
moyen de copies textuelles, tout ce que renfermaient de curieux
les livres les plus rares , le Trésor des chartes , les registres du
Parlement, le dépôt do la Chambre des comptes, les archives
des grandes villes et des principaux monastères. Ces extraits
entrèrent plus tard dans la composition du célèbre recueil do
dej)ièce8 que P. Dupuy forma pour M. de Loménie. Repoussé
du barreau de Troyes à cause de ses opinions religieuses, P. Pithou
alla chercher un asile dans les États du duc do Bouillon ; il faillit
ensuite être victime de la Saint-Barthélémy , et vécut dans la
retraite jusqu'au jour oùHenri IV le força d'accepter les fonctions
do jprocureur général du Parlement. Au milieu de la tourmente
politique, il avait rassemblé une assez riche collection de livres
imprimés ; vraie bibliothèque de travailleur au reste , car elle
laissait beaucoup à désirer sous le rapport de l'élégance , et les
volumes étaient, paraît-il, assez mal reliés ; « mais c'étoit un
» amas de tous livres rares, excellons et singuliers, choisis et
■ triés en toutes sortes de langues et disciplines. »
Comme presque tous les savants de cette époque , P. Pithou
tenait à la disposition do ses amis ses livres, ses notes, ses extraits,
ses recueils ; « il menoit , dit Scaliger , tout le monde dans sa
m bibliothèque , prétoit volontiers , et présentoit tout ce qu'il
• avoit, si l'on vouloit s'en servir. » Ba mort , arrivée le l»'
104 GHÂFITBE IV. — 1560 à 1610.
t, çois, italiens et autres, trouvez entre les meubles
J9 de la deffuncte royne, mère des roys ses prédé-
novembre 1596» Jour annivôrBaire de BanAissance, canaa nndenil
général parmi les Bavanis et les bibliophiles : l'illastre de ^thou,
A. de Harlay, Gillot, Casaubon, Scévole de Sainte-Marthe, s'é-
crivirent mutuellement à cette occasion des lettres de condo-
léances qui nous ont été conservées*
Pierre Pithou ne laissait que des filles, n comprit que i& chère
bibliothèque serait dissipée» et il rédigea minutiensemenit, peu
de temps avant sa mort, ses volontés i cçt égard, n léguait au
roi , pour en enrichir le Trésor de chartes , une collection, de
pièces rares qu'il avait achetées pendant la Ligue ; il ordonnait
qu'un certain nombre de volumes auxquels il était plus partîca-
lièrement attaché, et qui portaient des notes de sa main, seraient
conservés par sa famille ; ce qui restait devait être réuni en un
seul lot et vendu à une seule personne. Oes prescriptions ne furent
observées qu'à moitié. François Pithou garda les livres qui
devaient demeurer dans la famille , mais il conserva aussi ceux
qui étaient destinés au roi ; il est vrai qu'après sa mort Pierre
Dupuy se rendit à Troyes, les reprit et les fit déposer au Trésor
des chartes. Los autres volumes furent divisés : le président do
Thou acheta les manuscrits anciens ; le reste , ainsi que les
imprimés , fut partagé entre le duc de Joyeuse et François
Pithou.
Le catalogue de la bibliothèque de Pierre Pithou n'a point été
drossé ; on en possède seulement trois inventaires partiels. Le
premier, intitulé Bihlioteca eccîesiastica PUhœana, est le dénom-
brement dos livres de théologie ; le second contiant une liste des
manuscrits qui passèrent à François Pithou, et dont il disposa
après sa mort. Le troisième, écrit tout entier do la main do Pierre,
a pour titre : Mémoires des livres que je désire estre gardez , qui
sont hrouUlez de ma main pour la pli4part. Il y mentionne 65
volumes in-folio, 48 volumes in-quarto, 74 volumes in-octavo et
17 in-douze.
François Pithou, frère puîné de Pierre, habitait Troyes, sa
ville natale , où il devint procureur général. Constamment
occupé de l'étude do l'antiquité, c'est par lui que fut découvert
le précieux manuscrit qui révéla les fables de Phèdre au monde
moderne. Obligé, comme protestant, de fuir un moment la France,
il avait visité et étudié toutes les bibliothèques de l'Allemagne,
de l'Angleterre et de l'Italie ; et, dès son retour, il s'était occupé
d'en former une pour lui-même. Son testament fut digne du nom
qu'il portait. Il légua à la ville la maison qu'il habitait, k charge
par eue d'y faire ■ dresser un collège pour enseigner la jeunesse... .
» sans que les jésuites y soient aucunement reçus ; aultrement.
CATEBBIVB DB MÉDICIB. 105
j» cesseurs. . . . • seroieni mis es mains du sieur
» â*Emery, conseiller d'Estat, que le dit seigneur a
» choisy et nommé pour maistre de sa librairie,
» qui les prendra par inventaire, pour demeurer
» le trésor uny aux meubles de la couronne de
». France K » Ces lettres patentes sont du 14 juin
1594; le 17 août suivant, elles furent enregistrées
au Parlement, qui arrêta que « la dicte bibliolhè-
w. que seroit transportée avec celle du deJBfunct
9- roy» sans aucune innovation ou dérogation des
9 droits et hypotèques des créanciers, lesquels,
• nonobstant ledict transport, demeureront en
« leur force et vertu 2. 9 Malgré cette assurance
• ajoute-t-il , je désire que le teut soit vendu pour estre em-
•» ployé aux pauvres... Je lègue audit collège toute ma biblio-
» thèque et tous les livres qui se trouveront en ma maison;
•» en oultre tous mes meubles et argent pour faire bâtir le
• collège, avec mes rentes, si peu que j'en ay. « Ce collège
fat établi en 1630 seulement , neuf ans après la mort du fon-
dateur, par les Pères de l'Oratoire .
On x>^ut consulter sur l'histoire de cette bibliothèque :
Oroflley, Vie de Pierre Pithou. — Scaligerana, p. 815. — P.
Pithou, Épître dédicatoire des Novelles de Théodose. — Boivin,
P. PitcBi vita, — Taisand , Vies des jurisconsultes , p. 440. —
liOisel, Vie de Pierre Pithou, — Ji-A. do Thou , Historiœ sui
temporis, lib. cxvii, p. 704. — Se. do Sainte-Marthe, GaUorum
doctrina Ulustrium qui nosfra wemoria florueruut elogia, lib. iv,
p. 127* — Niceron , Mémoires pour servir à Vhistoire des
hommes illustres , t. V, p. 49. — L. Jacob, Traicté des plus
belles billiothèques f p. 521. — P. Piihœi uita, elogia i opéra,
ete,, p. 91. — Mémoires sur quelques bihliothèquee de Paris,
rassemblés par le P. Léonard de Sainte-Catherine ; bibliothèque
nationale, manuscrits, fonds français, n^ 22,592 (ancien fonds
des Petits-Pères, no 17), p. 12.
(1) Félibicn, Histoire de Paris, t. II, p. 1239, et t. V, p. 25.
(2) Félibicn, Histoire de Paris, t. II p. !«39, et t. V, p. 25.
106 CHAPITRE IV. — 1560 à 1610.
les créanciers formèrent opposition. Les choses
traînèrent fort en longeur, mais de Thou ne se
décourageait point ; en mars 1 597, il fit nommer
trois commissaires : Pellerin, Lassilé et François
Pithou, qui furent chargés de dresser un autre
inventaire i et de faire l'estimation de la collection.
Ils déclarèrent qu'elle valait cinq mille quatre
cents écus, « encores, ajoutaient-ils, qu'elle ne se
n puisse assez estimer, tant pour la rareté et bonté
n des ditz livres, qui ne se pourroient trouver
n ailleurs, que pour estre une bonne partie d'iceulz
n non imprimez 2, et les ditz livres originaux et
n non copies, dignes d'estre reservez en France
tf pour la postérité, conservation des bonnes let-
n très, et pour l'honneur du royaulme, et impossi-
» bilité de pouvoir colliger et assembler à présent
» une tplle bibliothèque pour quelque prix et en
» quelque pays que ce soit 3. ;, L'estimation avait
(1) Un extrait do cet inventaire a été publié par M. Le Roux
do Lincy dans le Bulletin du bibli&phile, année 1858, p. 926.
(2) Publiés.
(8) m Nous Roubzsignez, commis et nommez pour la prisée et
» évaluation de la bibliothèque et livres hébreux, arabes, grecs,
' latins, françois et italiens qui ont appartenu à la reine mère,
■ deffuncto Catherine de Médicis, certifions à tous ceux qu'il
■ appartiendra avoir vou , visité , feuilleté ensemblement , au
• logis du fiieur abbé de Bellebranche , tous et ung chascnn
» les volumes, livres, papiers desquelz le catalogue et indice est
• cy dessus transcript, qui sont pour la pluspart grecz , escriptz
» à la main , antiens ; et nous ont estez représentez par ledict
• sieur abbé , et que tous les dictz livres , volumes , papiers à
» nous représentez vallent bien, argent contant, cinq mil quatre
«» cens escus. . . . Faict ce xx^ jour de[mars mil cinq cens quatre
m vingtz dix sept. »
CATHERINE DE MÉDICIS. 107
donc été fixée surtout en vue de l'acquisition que
méditait le roi. Aussi, de nouvelles dijBScultés sur-
girent, et, le 4 novembre 1598, Henri IV mandait
à de Thou : « Je vous ay cy devant escrîpt pour
n retirer des mains du nepveu du feu S^ abbé do
» Bellebranche la librairie de la feue Roine, mère
n du Roy, mon seigneur; ce que je vous prie et
n commande encores un coup de faire, si jà ne
» l'aviés faict, comme estant chose que je désire,
» affectionne et veulx , aflSn que rien ne s'en
n esgare, et que vous la faciès mettre avec la
» mienne. Adieu i. n Benciveni venait en effet de
mourir ; le procureur général en donna avis au
Parlement, qui déclara qu'il ne regardait plus les
volumes comme en sûreté, et rendit (25 janvier
1599) un arrêt ordonnnant que pour la conserva-
tion des droits de qui il appartiendrait , la biblio-
thèque de Catherine serait déposée au collège de
Glermont ; mais à part, afin d e ne pas être confondue
avec celle du roi, et confiée à Gosselin, garde de
la librairie, qui s'en chargerait « sur l'inventaire
n cy-devant faict 2. ,, Pierre-Dominique Benciveni,
(1) Bibliothèque nationale , manuscrits, fonds de Dupuy ,
no 407. — Berger de Xivrey , Recueil des lettres missives de
Henri IV, t. V, p. 62. — De Thou, Historiœ sut temporis,
lib. XCrV, p. 387.
2.^ «^ Du Lundy xxv janvier m.d.zciz. Sur ce que le procureur
■ général du royaromonstré à la courledéccz n'aguères advenu
» de l'abbé do Bellebranche, au logis duquel avoit esté mis en
» dépost la bibliothèque de la feue roync, mère du deffunct roy,
108
CHàPITB& IV. — 1560 à 1610.
neveu d6rabbédeBeIIebranche,fit encore quelque
résistance, et il fallut un nouvel arrôt pour le
déterminer à céder. Le 30 avril , le conseiller
Denis de Hère, délégué k cet effet, se fit repré-
senter tous les volumes provenant de la succession
de Catherine de Médicis i , et surveilla leur trans-
port au collège de Glermont, où ils furent installés
dans une salle contiguë à celle qui renfermait la
Bibliothèque du roi 2.
Maichelius se trompe quand il avance que
" multi ex ilKs libris in pulcherrimo maroquino
ordonnée par le roy régnant estre mise es mains de messire
Jacques-Auguste de Thou, conseiller au Conseil d'Estat et
président en ladicte cour, non encore exécutées, au moyen de
l'opposition des créanciers d'icelle deffancte dame royne, pré-
tendans que icelle bibliothèque doit estre vendue à leur proffict;
requérant, attendu que le logis où est de présent icelle biblio-
thèque, est loué à personnes estranges, n'y seroit seurement,
qu*il y fîist pourveu par la cour. ... A ordonné et ordonne que
à la conseryation des droicts de qui il appartiendra, ladicte
bibliothèque sera transportée au collège de Glermont, proche
et séparé la bibliothèque du Boy, et mise en la garde de H.
Gosselin, garde la librairie dudict seigneur, qui s'en chargera
sur l'inventaire cy-devant faict, lequel à cette fin sera repré-
senté et receu en présence dudict procureur général du roy
ou de l'un do ses substituts, le syndic des créanciers appelle,
pour, y demeurer jusques à ce que, lesdicts créanciers oys sur
leur dicte opposition, en soit ordonné. Et pour l'exécution du
présent arrest a commis maistre Denis de Hère, conseiller du
roy. • Félibien, Histoire de Paria, t. V, p. 88. Voyez aussi
le même ouvrage, t. II, p. 1252.
1. Voyez Inventaire de la bibliothèque de Catherine de Médicis,
fait en 1599» Bibliothèque nationale, manuscrits, fonds de
Baluze, n» 10106.
â. Leprince, Essai historique sur la bibliothèque du Roy ,
p. 88.
OATHEBINB DB MÉDKm. iQQ
n ligati erant i; • ils farent, en effet, reliés
magnifiquement, mais un peu plus tard, et même,
dit-on , du produit d'une rente qui appartenait
aux Jésuites, et que le roi toucha pendant tout
le temps que dura leur expulsion K A Tépoque
de la mort de Catherine, très-peu de volumes
étaient reliés. Parmi ceux-ci, les uns portaient un
semis de ^ et de C entrelacés et couronnés ; le s
autres montraient sur leurs plats le curieux em-
blème que la reine avait adopté depuis la mort de
Henri II, une montagne de chaux vive sur laquelle
tombent des larmes, et comme devise ces mots ;
Ardorem extinda testanttir vivere flamma. Cet
ornement n'était, au reste, point frappé en or par
le relieur, mais peint en miniature, et placé soit
aux quatre coins de la reliure, ainsi qu'on le voit
sur un précieux manuscrit de la bibliothèque de
l'Arsenal, soit au milieu de la couverture, comme
le prouvait un splendide exemplaire qui était
conservé à la bibliothèque du Louvre, dans la
collection Motteley.
Les Jésuites ayant obtenu leur rappel en 1 604,
la Bibliothèque du roi dut abandonner la rue
Saint-Jacques. Elle fut transportée dans une salle
du cloître du grand couvent des Cordeliers s, situé
1. Maichelius, Introductio ad hittoriam Uterariam de prœ-
eipuia hibliothecia, p. 13.
3. L. Jaoobi Traicti des plus hellea bibliothèques, p. é62.
8. Plg&niol de la Force, Description historique de Paris, t. m,
110 CHAPITRE IV. — 1660 à 1610.
sur Pemplacement occupé aujourd'hui par les
cliniques de l'Ecole de médecine. Lestoile, qui
visita alors cette collection, nous dit que l'on y
voyait « force manuscripts de la main de messire
7» Angelot 1 (la première du monde en matière de
n graecq 2), et des reliures magnifiques et exquises
» de toutes sortes, dont y en a beaucoup qui
n valent mieux que le dedans s. „ Ce n'était,
d'ailleurs, là, aux yeux de Henri IV, qu'une instal-
lation provisoire. Par son ordre, le cardinal du
Perron, le duc de Sully, le président de Thou et
un conseiller du Parlement allèrent, le 23 décem-
bre 1609, visiter les collèges de Tréguier et de
Cambray, qu'il était question de supprimer, « et
}7 à la place d'iceux collèges, dit Lestoile, Sa
» Majesté veut faire édifier un autre plus magni-
» fique, qui sera appelé Collège royal, dans lequel
n sera mise la bibliotèque du Roy ^. » Mais la
p. 142. — « Mesmo il avoit des-ja fait un grand amas de bons
» livres, dont il avoit fait dresser une Bibliothèque au couvent
» des Cordclicrs, soubs la charge et manimont du sieur de Ca-
r> saubon, homme digne d'une telle charge pour son grand
» sçavoir et cogiioissance des langues et de l'antiquité.» B. Lc-
grain, Décade contenant la vie et gestes de Henry-le-Grand,
p. 429. — Le couvent des Cordeliers possédait déjà une biblio-
thèque, dont on trouve l'histoire dans A.-F., les anciennes bi-
bliothèques de Paris 1 1. 1, p. 203.
1. Ange Vergèce.
2. Voyez ci-dessus, p. 73.
8. Journal du règne de Henri IV, 17 octobre 1607.
4. Lestoile, Journal du règne de Henri IV, 23 décembre
LA RELIURE SOUS HENRI IV. 1 1 1
mort de Henri IV vint interrompre tous ces
projets.
Un grand nombre de volumes avaient été reliés
sous ce règne, et presque tous en maroquin rouge.
Les ornements qui les couvrent sont très- variés.
Tantôt les armes de France et de Navarre, accom-
pagnées d'une jffcouronnée, figurent des deux côtés
^^ la couverture ; tantôt elles ne se trouvent que
^Ur l'un des plats, et sur l'autre on lit cette inscrip-
tion ainsi disposée :
- H , un -
PATRIS PA
m
TRIuE VIRTV
TVM RES
TITVTO
RIS.
Le dos porte, en général, des JET surmontées et
entourées d'une couronne.
^609. — « Le vingt-troisicsme Décembre, le cardinal du Perron,
*» le duc de Sully, le président do Thou et le conseiller Gillot,
» par le commandement de Sa Majesté, vindrcnt rccognoistro
« les lieux des anciens collèges do Triqùet et de Cambray, pour
» y faire édifier de nouveau un collège Royal do trente toises do
» long et vingt de large, où aux deux bouts de la longueur on
• devoit bastir quatre grandes sales pour faire les leçons pu-
» bliques ; et au dessus do ces sales on devoit mettre la Biblio-
» thèquo de Sa Majesté, la plus belle qui soit au monde pour
» les manuscripts.Laface de ce collège devoit estre sans aucune
• demeure; et sur le derrière, on devoit faire des logements
» pour les lecteurs, le tout regardant sur une court de dix-huict
» toises de long et douze de large, avec une belle fontaine au
CHAPITRE IT. - laao k 1010,
■ iuiliou. Bref, ce duvoit ostro un bosu b&stimont, et timié âl
• dïl mille eSDl» ponr l'entreteneinent ds8 leotenn. Mûb, UbI
> la mort Dune u ravy ou Eoy au meamo temps qno l'on le davoll
■ oommencer. • Lt M^erciire fi-ançoU, ou suite de l'hielolrt ^ U
paix, uinéB 1SD9, p. 407. ~ Voyez sncore: Hietuire da It
bihliothèqut du Boy, maaiiscrit do U bibliothèque Sainte-Q-on»
yiivo. — 01. TSalingrc, Antiquit/'e de Paris, p. 383. — Pîganiol
de la Porcp, Xifurripti.in l-istoyiq-p de Pari', t. V, p. SS6.
. LA BELIDBE SOUB HENEI IV. 1 1 3
La m^me lettre, parfois-suivie du nombre IIII,
se rencontre assez fréquemment aux coins de la
couverture.
Le relieur du roi sous Henri IV était soit Nicolas
soit ClovisEve. Pendant près d'un siècle, la famille
Eve a brillé dans la reliure et la typographie,
devis I", fut, croit-on, relieur seulement, Nicolas
se fit de plus imprimeur, et sa marque typogra-
phique représente le groupe d'Adam et Eve 1 . On
suppose que Nicolas mourut vers 1610. Clovis II,
son flls, lui succéda et exerça jusque vers 1620.
Les reliures aux armes de Marie de Médicis
praient son chiffre sur le dos et son blasoA sur les
plats* ; on ne le brouve guère, au reste, que sur
les ouvrages qui lui furent offerts, et sur un très-
petit nombre de ceux qui furent reliés pendant les
quatre années de sa régence.
1. Voyez L. C. SUveslre, Marque» fgpographiqiiu, 1" partie,
CHAPITRE V
(1610àlG57)
Mort tragique de Gosselin. — la. Casanbon. — Louis Xni visite
la Bibliothèque. — Les manuscrits du marquis de Brèves. —
Projet de rétablir une bibliothèque royale à Fontainebleau. —
La collection de Phil. Hurault. — La Bibliothèque transportée
ne de la Harpe. — Nie. Bigault. — Les catalogues de 1622.
— Premières estampilles. — La bibliothèque des frères
Dupuy.
u moment où la Bibliothèque du roi fut
transportée rue des Gordeliers, elle était
sous*la garde dlsaac Gasaubon, désigné,
dès 1601, pour remplacer Gosselin, qui mourut
presque centenaire en 1604. Les dernières années
de ce vieux serviteur, successivement bibliothécaire
sous quatre rois, furent abreuvées d'amertumes.
Ainsi que nous l'avons dit, il avait fui Paris
à l'époque de la Ligue, et pendant son absence,
« aucuns de ceux qui estoient en ceste ville
fj vinrent en son logis, auprès de Sàinct Nicolas
9 des Champs, où il avoit laissé sa femme, et
, ravirent tout son bien, tellement qu'il ne luy
, demeura rien. » Il réclama auprès d'Henri IV.
116 CHAPITBE V. — 1610 à 1667.
Celui-ci finit par écouter ses doléances, et ordonna
au trésorier de l'épargne de lui payer seize cent
soixante six écus deux tiers i, que Grosselin eut
encore bien de la peine à obtenir, si toutefois il
les obtint 2.
Sa mort fut, selon toute apparence, le résultat
d'un accident; il mourut « toutbruslé, dit Scaligér,
ff estant tombé dans son feu, et à cause de son
n âge, estant seul, ne s'est pu relever s. » On
soupçonna d'abord son domestique, mais il fut
relâché faute de preuves ; voici, au reste, le récit
très-complet que Lestoile donne de cet évé-
nement: « Gosselin, gardien de la librairie du
n Roy, âgé de près de cent ans, homme de
7) bien et grand mathématicien , fust en ce
» temps trouvé mort dans une chaise près de
n son feu, tout havi et bruslé et déjà vert, ayant
n esté laissé seul par son homme, qui gagna tout
n aussitost le haut et s'enfuist, ayant veu ce pro-
» digieux accident, et craignant qu'on ne luy
1. Ensuit la copie du mandement par lequel le Roy mande
très expressément à maistre Balthasar Gohélin, thrésorier de
Vespargne, quHl paye à Jean Gosselin, garde de la librairie
royale, les gages qui lui sont deuz et les deniers qu*U a desboursez
mur l'entretenement de la dicte librairie. Pièce publiée par M.
Edouard Fournier, dans sos Variétés historiques et littéraires,
t. I, p. 7.
2. Ensuit une rewonstrance touchant la garde de la librairie
du Roy addressée à toutes personnes qui ayment les lettres, par
Jean Gosselin, garde d'iceUe librairie.
3. Scaligerana, p. 173.
MORT DE GOSSELIN. 1 1 7
» voulust imputer. De fait, son corps, porté au
9 Ghastelet, fust visité des chirurgiens qui lui
î> trouvèrent un coup à la teste, mais ne vouloient
•» asseurer que ledit coup fust de cheute ou d'efifort
■9 qu'on lui eust fait. Ce qui rendist le valet plus
ra soubçonné, estoit qu'il sembloit malaisé qu'un
93 homme de son âge tombé dans le feu, se peust,
m tout bruslé qu'il estoit, relever et asseoir dans
^ une chaise, comme il avoit fait. A quoi on
-w respondoit que le serviteur, qui avoit toujours
3i esté tenu pour fidèle, et esprouvé tel de son
n maistre, avant que s'en aller le voulust, tout
n mort possible, l'asseoir dans sa chaise, pour lui
n rendre ce dernier service. Mais la descharge
n principale du valet fust qu'on ne trouva faute
n aucune, ni à son argent, ni à autre chose
n quelconque qui lui appartinst ^. n
Après l'assassinat de Henri IV, Casaubon qui
était protestant, ne se crut pas en sûreté à Paris ;
il gagna l'Angleterre, où il conserva, jusqu'à sa
mort, arrivée en 1614, ses pensions, ses appoin-
tements de trois mille livres 2 , et son titre de
1. Lestoile, Journal du règne de Henri IV, 20 novembre 1604.
— « Interea Gosselini tristissimo obitu [relictus enim afamulo
» deorepitus senex ante focnm, semiustulatuB et vitœ expers
• postridie est inventus] redit ad nos curabibliothecœ.» Is. Ca-
saubon, epistolœ, epist. 428, à Scaliger, t. II, p. 229.
2. Michel de MaroUes, dit • cinq à six mille livres : »
Casaubon et Bigault eurent le soin des livres
Bous les deux derniers rois, qui les traitèrent bien,
118 CHAPITRE V. — 1610 à 1657.
garde de la bibliothèque du Roi. On voit dans
son Journal qu'il n'avait pas encore quitté la
France à la fin de septembre 1610, car, le 29 de
ce mois, il fit les honneurs, de la bibliothèque
au jeune Louis XIII qui, dit-il, parut voir avec
un très-vif intérêt les trésors bibliographiques
qu'on lui montra i.
Nicolas Rigault, qui remplit les fonctions de
garde de la bibliothèque pendant l'absence de
Casaubon, fut nommé à sa place en 1615. C'est
certainement sur ses instances que fut rendue,
au mois d'Août 1617, une Déclaration qui
ordonnait le dépôt à la bibliothèque du Roi de
deux exemplaires de tous les ouvrages qui seraient
désormais imprimés. Les considérants de cette
Déclaration méritent d'être reproduits : « Le soing
Ordonnant à tous deux un honnête entretien,
A chacun tous les ans cinq à six mille livres.
(Paris ou description succincte et néantmoins assez
ample de cette grande ville, p. 42).
Marolles exagère certainement, et il n'a pas ici son excuse
ordinaire, car le vers eût été aussi mauvais, mais aussi juste, s'il
eût dit : « deux ou trois mille livres. »
1. « Jussus sum a Rege bibliothecam ipsi ostendere. Vidit
• optimus rex illos thesauros, et sibi id gratissimum esse spec-
» taculum ostendit. » Casaubon, ÉphétnérideSf IV kalend. Sep-
tembris 1610. — Lestoile raconte ainsi le même fait : « Le
m dimanche 29, le Boy alla aux Cordeliers, où, estant entré
» dans le réfectoire, prist plaisir à voir disner les moines
m II alla après voir la bibliothèque, où il fut conduit par le père
» Cotton et Casaubon, qui entrèrent en dispute et conférence
» ensemble de la religion. » Journal du règne de Henri IV,
août 1610.
DEPOT LÉG^L. Hg
» qu'ont eu nos prédécesseurs roys de rendre leur
» règne florissant en toutes sortes de science et
n bonnes lettres paroist en la bibliothèque qu'ils
» nous ont laissée de plusieurs livres anciens, escrits
;f à la main en diverses langues et professions,
» qui sont comme originaux, auxquels on peut
r> avoir recours selon les doubtes et diflScuItés qui
n se présentent ; ce qu'estant reconnu pour l'un
» des principaux ornemens de l'université fondée
n en la ville capitale de nostre royaume et très
n utile à toutes personnes qui font profession des
» lettres, nous désirons non seulement le conserver
» et entretenir, mais aussi l'augmenter, adjoutant
» en nostredicte bibliothèque quantité de bons
n livres imprimés, pour y estre gardés avec pareil
rf soin que les manuscrits, afin que les meilleures
n éditions qui, par succession de temps et par
n divers accidens deviennent rares se puissent
17 promptement recouvrer et servir au public.
n A ces causes.... i »
L'année même où fut rendue cette ordonnance,
mourut le président de Thou, et le titre de maître
de la librairie échut à son fils François de Thou,
qui n'avait encore que neuf ans. La direction ab-
solue de l'établissement se trouva donc concentrée
entre les mains de Rigault.
1. Isftxubert, Anciennes lois françaises ^ t. XVI, p. 106.
120 CHAPITRE V. — 1610 à 1657.
Le moment était, d'ailleurs, pou favorable.
La régente ne se préoccupait guère tle biblio-
graphie , et quant au roi , dépourvu de toute
initiative, il comprit bientôt que, sous ce rapport
encore, il devait laisser l'autorité au cardinal de
Richelieu.
Le marquis de Brèves, qui avait été pendant
vingt-deux ans ambassadeur à Constantinople ,
en avait rapporté de beaux manuscrits syriaques,
arabes, persans et turcs, ainsi que d'admirables
caractères typographiques pour l'impression de ces
différentes langues. Antoine Vitré, alors directeur
de l'imprimerie royale, fit l'estimation de toutes
ces richesses, et sur l'ordre de Richelieu les acheta
au nom du roi i. Mais le cardinal commençait
à réunir pour lui même une bibliothèque, et il ne
laissa entrer ni caractères ni manuscrits dans celle
du roi ; il s'empara de tout , et refusa de rien
payer 2. Plus tard, après la prise de La Rochelle,
il ajouta encore à sa collection personnelle tous
1. L. Jacob, Traicté des 2)lus belles bibliothèques publiques et
particulières, p. 480.
2. Sur cette affaire, qui donna lieu à de longues contestations,
consulter une brochure anonyme intitulée : Histoire du procès
que Von renouvelle de temps en temps à Vitré, à cause de l'achat
que le roi Va obligé de faire des poinçons, des matrices et des
manuscrits turcs, arabes et persans qtie M. de Brèves avoit
apportés du Levant. — De Guignes, Essai historique sur l'ori-
gine des caractères orientaux de Vimprimerie royale, dans les
Notices et extraits des manuscrits de la bibliothèque du Roi,
t. I, p. IX.
LES SAINTE-MARTHE. 121
les livres provenant de la bibliothèque publique
de cette ville.
Louis XIII eut cependant l'idée assez étrange de
rétablir une bibliothèque royale à Fontainebleau.
Est-ce encore Richelieu qui s'y opposa? on ne
sait. Ce qu'il y a de sûr, c'est que le roi se contenta
de faire revivre le titre de garde de cette biblio-
thèque. Il fut donné en 1627 à Abel de Sainte-
Marthe 1, qui, le 2 mars, prêta serment en cette
qualité 2. Au mois d'août 1 646 , Abel donna sa
1. « Anjourd'hiiy huitième Février mil six cens vingt sept, le
» Roy estant à Paris, et ayant mis en considération les services
» que le siem* de Sainte-Marthe l'aisué luy a faits en plusieurs
»» occasions, pour le mérite desquels Sa Majesté luy auroit
» cy-devant fait expédier un Brevet de Conseiller en son Conseil
" d'Est at : désirant en outre le gratifier et favorablement trait ter,
» et estant pleinement satisfait de ses écrits faits pour la grandeur
» et gloire de son nom, ensemble de sa suffisance et fidélité.
» Sadite Majesté luy a fait don de la charge et office de Conseiller
» en son Conseil d*Estat et Garde de sa bibliothèque Royale de
» Fontainebleau, à laquelle elle auroit joint et affecté la somme
■ de quinze cens livres de pension ; que Sadite Majesté luy auroit
»» cy-devant accordé pour gages dudit office de Garde de la
• bibliothèque, pour en estrepayé sur les deniers tant ordinaires
» qu'extraordinaires de son espargne, voulant pour cet effet
» que toutes Lettres nécessaires luy en soient expédiées, et ce-
» pendant le présent Brevet qu'elle a voulu signer de sa main,
» et fait contresigner par moy Conseiller en son Conseil d'Estat
» et Secrétaire de ses commandemens et finances. Signç Louis,
» et plus bas Le Beauclebc. »
Brevet d'Abel de Sainte-Marthe de la charge de Garde de la
bibliothèque royale de Fontainebleau ; dans A. de Sainte-Marthe,
Discours au Boy sur le rétablissement de la bibliothèque Boy aie de
Fontainebleau, preuves, p. 19.
2. « Auiourd'huy deuxième jour de Mars mil six cens vingt
• sept, M. Abel de Sainte-Marthe a fait et preste le serment qu'il
f> estoit tenu de Testât et office de Garde de la Bibliothèque
» royale de Fontainebleau, es mains de Monseigneur de Ma-
122 CHAPITRE V. — 1610 à 1657.
démission en faveur de son fils ; mais celui-ci ne
voulut pas se contenter d'une sinécure, et il supplia
le roi de reconstituer la bibliothèque, puisqu'il
avait nommé un bibliothécaire. C'est l'objet d'un
mémoire qu'il publia en 1648 sous ce titre :
Discours au Boy sur le rétablissement de la biblio-
thèque Boy aie de Fontainebleau, ^ On tireroit ,
n dit-il, un avantage très considérable du resta-
n bassement de cette bibliothèque pour l'instruc-
;; tion de Monseigneur le Dauphin pendant son
fy séjour à Fontainebleau. Comme cette instruction
;; est de la dernière importance et pour luy-mesme
f7 et pour l'Estat, et qu'elle demande une infinité
n de connoissances, pour orner et pour enrichir
n avec plus de succez la seconde teste du monde,
n il seroit presque impossible que l'on s'acquitast
n d'un employ si difficile sans le secours d'une
;; ample bibliothèque, puisque les sciences sont
» liées les unes aux autres, et que souvent une
n mesme matière est répandue en plusieurs volumes
n et traitée différemment par différents auteurs.
;; A cet entretien muet on pourroit faire succéder
n l'entretien des doctes, qu'une bibliothèque
« attireroit en cette maison royale, et s'exerçant
» rillac, Garde des sceaux de France, moy Conseiller Secrétaire
» de Sa Majesté et de ses finances présent. Sig^é Le Coq. »
Discours au Roy sur le rétablissement de la bibliothèque Royale
de Fontainebleau i preuves, p. 21.
LES LIVRES DE PH. HUBAULT. 123
n avec eux donner plus d'action à son esprit
n pour agir avec plus d'effet. J'ajoûteray qu'à la
» teuë de tant de livres et de gens qui s'y attache-
n roieni, ce Prince en un âge plus avancé seroit
n encore invité à la lecture, qu'il sôroit à souhaiter
;; qu'il eust moyen à toute heure de s'y divertir et
» d'apprendre; et.qu'enfin il en sera de mesme de
n Messeigneurs les enfans de France qui pourront
j> naître à l'avenir. » Nous avons dit que ce
galimatias obtint tout le succès qu'il méritait : la
bibliothèque de Fontainebleau ne fut point rétablie,
et Abel (Il)de Sainte-Marthe, mort en 1706, n'eut
poii^t de successeur.
La bibliothèque du Roi ne s'enrichit guère, sous
Louis XIII, que des manuscrits de Philippe Hurault,
évêque de Chartres.. 11 les tenait de son père, le
chancelier de Chiverny, qui lui-môme les avait
reçus de Jean Hurault, seigneur de Boistaillé,
conseiller d'Etat et ambassadeur à Gonstantinople
sous Charles IX. Cette collection se composait de
quatre cent dix-huit volumes, dont cent cinquante
en langue grecque. Pierre Dupuy et deux experts
désignés par les héritiers en firent l'estimation
("1622), et Axèrent le prix à douze mille livres i.
Presque' tous portaient sur les plats les armes de
1 . Voyez à la bibliothèque nationale : Procès-verbal de Nicolas
Itigault et Pierre Dupuy, xjortant évaluation, etc.
124 CHAPITRE V. - 1610 ■ I65T,
la famille de Hiirault : d'or à la croix d'azur,
cantonnt'e de quatre ombres de soleil de gueules.
L'on trouve, en outre, au commencement de
plusieurs d'entre eux, le nom de leur premier
possesseur et des renseignements écrits de sa main
sur l'origine "du manuscrit et même sur lep
qu'il l'avait payé ' .
LA BIBLIOTE^im BUE DE U H&BPB. 125
La même annëe, la Bibliothèque du roî changea
eocore une fois de local. Les Cordeliers, qui
tenaient à en débarrasser leur cloître, offrirent au
roi de la faire transporter rue de la Harpe,
an-desauB de l'élise Saint-Cdme, dans unejgaison
qui leor appartenait, et dont, au reste, ils ez^rent
un loyer. '
Dnix des andens plans de Paris indiquent
cette maison et mentionnent la destination qui
venait de lui Être donnée : celui de Gombou^t,
dressé en 1652,
et celui de JouTÏn de Roehefort, qui date do 1 6î)0.
11 y avait cependant alors près de quarante ans
126 CHAPITBB V. — laiO à 1687.
-,*».'1
fc „ Jf jf.i«ff??C
LA BIBLIOTHÈQUE EUE DE LA HARPE. 127
que la bibliothèque du Roi avait abandonné la
maison de la rue de la Harpe ; mais, comme le
dit très-bien M. Bonnardot : « Il faut absolument
Tt s'habituer aux anachronismes de lieux que ren-
n ferment les vieux plans de Paris ; on y voit tou-
X) jours subsister qpielques localités effacées du-
n sol antérieurement à leur date d'exécution et
;; souvent quelques autres tracées par anticipa-
n tion 1. /7
Les livres furent placés dans uneHongue galerie
qpie reproduisent les deux plans ; à son extrémité
était une petite salle destinée aux manuscrits 2.
Un peu plus tard, la Bibliothèque agrandie
occupa le premier et le second étages; de là les
noms de « haute et basse librairies n qui se ren-
contrent dans quelques actes de cette époque.
Nicolas Rigault obtint, près de la Bibliothèque,
un logement qu'il conserva jusqu'en 1635; il fut
alors nommé conseiller au Parlement de Metz, et
les deux frères Pierre et Jacques Dupuy devinrent
gardes de la Bibliothèque 3. Enfin, François de
Thou ayant été décapité en 1642, fut remplacé
1. A. Bonnardot, Etudes archéoîogiqties sur les anciens plans
€le Paris des ZF/e, XVII» et XVIII^ siècles, p. 44.
2. Histoire de la bibliothèque du Eoy, manuRcrit de la biblio-
thèque Sainte-Geneviève.
3. D. Huet, CommentarÎHs de rébus ad eum pertineutibusy 11b.
1, p. ce.
130 CHAPITRE V. — 1610 à 1657.
CATALOGUS
BIBLIOTHEGAE
*
RBOB GHRISTIAmS$.
tncBEomm akno cig idg xxn.
On lit au-dessous :
Pars L Ck)ntinet libros manuscriptos Hebralcos, Grae-
C08» Arabicos et veiosiiores Latinos.
Pars II. Gontinet libros manuscriptos Latinos reeen-
tiores.
Pars IIL Gontinet libros manuscriptos Galiicos, Ital^
Hisp.
Pars UH Gontinet libros impressos typis antiquis He-
bralcos, Graecos, Latinos.
Pars V. Gontinet libros impressos typis antiquis Gal-
Iico5, Ital.
Le catalogue des livres d'impression moderne
forme trois autres volumes in-folio, intitulés :
CATALOGUS
LIBRORUM
TTPIS IMPR£SSORUM
BIBUOTHECAE RE6IAE
Ils sont conservés également à la Bibliothèque
nationale, mais parmi les imprimés.
En tête de chacun de ces cinq volumes se trouve
LES CATALOGUES DE 1622. I3I
l^înscription suivante, qui est imprimée sur une
feuille double, et collée sur onglet :
LVDOVIGVS • REX • CHRISTIANISS.
PIVS • FELIX • SEMPER • AVG.
INTER • GRAVES • BELLI -.dVILIS • GVRAS
SGRIPTORVM • VETERVM • BIBLIOTEGAM
AB • LVDOVIGO • XII • FRANGISGO • I
HENRICO • ïï • G AROLO • ÏX
HENRIGO • MAGNO • GONGESTAM
INSTAVRAVIT
ATQ • AD • VSVS • PVBLIGOS
SEDE • GOMMODISSIMA • GONLOGATAM
GODIGIB • EXQVISITISSIMIS • GOMPLVRIB
AMPLIFIGARI
REGIA • MVNIFIGENTIA • IVSSIT
On se tromperait étrangement, si, aux termes
de cette inscription, on croyait que la bibliothèque^
du Roi fut publique dès 1622. Le projet de pu-
blicité existait sans doute déjà, mais il ne reçut
^on exécution que beaucoup plus tard. Vingt
ans après, dans une lettre datée de Paris, 22
août 1G43, H. Grotius s'engageait encore à em-
ployer le crédit de ses amis pour faire pénétrer
Isaac Vossius dans cette bibliothèque i.
l,Prœslantium ac eruditorutn virorum ep/^^o/fPiepist.DLxxLViii
p. 824.
132
CHAPITRE V. ■
Ce fut, croyons-nous, vers celte époque que
l'on commença à marquer d'une estampille
les livres de la Bibliothèque ; mais les deux
premiers modèles employés laissent fort à désirer
sous le rapport de l'exécution. On peut cependant
y reconnaitre trois fleurs de lys surmontées d'une
couronne et entourées du collier de l'ordre du
Saint-Esprit :
Ces deuxtimbres sont toujours frappés en rouge.
Celui que nous croyons le plus ancien porte en
exergue les mots : b[bliotiiec£ iiegi£, on Ht autour
du second : cisiELH regii
LES FKÈRES DUPUY. I33
De nouveaux mouvements eurent lieu dans le
personnel durant les premières années du règne
de Louis XI V. Bignon obtint en 1651 la survivance
de sa charge en faveur de son fils, nommé Jérôme
comme lui^. En 1645, Rigault avait traité de la
sienne avec les frères Dupuy 2; mais Pierre Dupuy
mourut au mois do décembre 1651, et son frère
Jacques resta seul en possession de la place qu'ils
occupaient ensemble, aux appointements de quatre
cents livres par an ^.
1. « La vue de ses infirmités qui l'avoit déjà engagé k deman-
» der la Hurvivance de sa charge pour son flls aîné, lui fit faire
> alors la même démarche pour sa place de Bibliothéquaire du
n Roi ; il en sollicita la survivance pour ce même aîné, et il Tob-
» tint de la manière du monde la plus satisfaisante. Les provi-
» sions du fils portent que « le sieur Bignon conviant le Boi à
» lui donner en toute occasion des témoignages do sa recennois-
» sance et cfe Testime qu'il £ait de lui, Sa Majesté croit ne pouvoir
« mieux faire qu'en agréant la démission qu'il souhaite de faire
» à condition de survivance. » Pérau, Vie de Jérôme Bignon,
avocat général et conseiller d'Etat, p. 77.
2. Jacques Dupuy écrivait à Saumaise, le 11 février 1645 :
« Nous avons traité avec M. Bigault de sa charge de garde
» de la bibliothèque du Boi, où il y a un logement annexé ;
■ nous l'avons à survivance l'un de l'autre. Le bonhomme a
*> renoncé à Paris, et a fait venir près de lui tous ses livres. »
— Nicolas Bigault se retira à Toul, où il mourut au mois
d'août 1654. Quelques-uns de ses manuscrits entrèrent alors à la
bibliothèque du Boi. — Sur la vie et les ouvrages de Nicolas Bi-
gault, on peut consulter : Michel de Marolles, MétnoireSt t. I,
p. 361. — Moréri, Grand Dictionnaire historique, t. IX, p. 207;
article très-complet. — Niceron, Méf noires pour servir à Vhis"
toire des hommes illustres de la république des lettres, t. XXI, p.
56; etc., etc,
3. L. Jacob, Traicté des plus belhs bibliothèques publiques e(
particulières f p. 472^
134 CHAPITRE V. — 1610 à 1657.
Lui-même étant mort le 17 novembre 1656,
légua au roi la riche bibliothèque qu'il avait ras-
semblée, et qui se composait de neuf mille volumes
imprimés et d'endron trois cents manuscrits i;
il suppliait en même temps Louis XV de vouloir
bien donner une charge militaire à son neveu,
seul héritier du nom de Dupuy^. Le roi, par let-
tres patentes enregistrées au parlement ^ le 7 avril
1. NouveUe biographie généràU, t. XV, p. 877. — Leprincd,
Eseai historique sur la bibliotJièque du Roi, p. 157. — Jourdain,
Mémoire historique sur la bibliothèque du Boy, p. xxiv, dit deux
CENTS manuBcrits seulomeut j et Petit^-Radol, Essai sur les billio'
thèques anciennes et modernes, p. 245, donne lo chiffre de deux
CENT VINGT-TBOIS.
2. Michel de MarollcB, Mémoires, t. II, p. 218.
3. « Veu par la cour les lettres patentée dn Boy» données à
Paris le 20 Mars dernier, par lesquelles ledit seigneur, après
avoir fait voir en son Conseil le testament do feU b(hi amé et
féal conseiller en ses Conseils Jacques du Puy, vivant garde
do la bibliothèque dudit Seigneur Boy, attaché s^ubs lo contre
Bcol dosdites lettres, auroit agréé et confirmé ledit testament,
et accepté le legs fait à son profit par ioeluy ; et en conséquence,
conformément aux clauses et conditions y contenues, veult et
luy plaist que la bibliothèque, ensemble les manuscrits et
autres livres , cartes et tableaux à luy léguêZ par ledit, feu
sieur du Puy, soient et demeurent unis inséparablement à sa
bibliothèque, pour n'en composer à radvcnir qu'uue seule, qui
demeurera soubs la garde do son amé et féal conseiller en ses
Conseils, lo sieur Colbert, prieur do la maison de Sorbonne,
auquel et à ses successeurs en ladite charge, il doffend le
transport desdits livres hors du lieu destiné pour leur conser-
vation, enjoinct à ses amés et féaux conseillers, ses adyocats et
procureur gcuéral, et maistre de sa bibliothèque,' eft èk leurs
successeurs de la visiter deux fois Tannée, et de tenir la main
à la conservation d'icclle, conformément à rintention dudit
sieur du Puy. Ladite coub a ordonné et ordonne que lesdites
lettres seront registrées au greffe d'icollo pour être exécutées
selon leur forme et teneur. ■
LES FBEBES DUPUY. I35
1657, accepta ce legs^. MM. Talon , Fouquet
Bignon se rendirent au domicile de Dupuy
t chargèrent un substitut du procureur général
e faire Tinventaire de la bibliothèque, opé-
r*ation rendue facile par l'existence d'un cata-
logue très-complet que Jacques avait dressé
lui-même^.
Ce tiaviâl tt fut cependsMit achevé que le l^^^
octobre, et les livres furent alors délivrés à Nicolas
Ck)lbert, qui avait remplacé Dupuy comme garde
^e la bibliothèque du Roi. Les volumes provenant
de cette collection sont aisés à reconnaître : ils
1. Les catalognies do cette collection sont très-nombreux;
none citerons seulement : Inventaire des titres et chartes de M.
Dupuy, 2 vol. in-folio. Bibliothèq,ue nationale, manuscrits, fonds
français, H9* 13004 et 13005. — Catalogue des manuscrits de la
bibliothèpie de du Puy, 2 vol. in-folio. Bibliothèque nationale,
manuscrits, fonds français, n^" 24482 et 24488 (anciens fonds des
Missions, H9 205). — Inventaire général des volumes manuscrits
de M* du Puy, 2 vol. in-folio. Bibliothèque nationale, manuscrits,
fonds français, n»" 23426 ot 23427 (ancien fonds de Montemart,
no« 59 (1) et 59 (2). — Inventaire des manuscrits faisant partie
de la coÙection rassemblée par Pierre du Puy, 2 vol. in-folio.
Bibliothèque Mazarine, manuscrits, no 1811 E.-F. — Catalogua
dsê manuscrits de Jf. du Puy, 3 vol. in-folio. Bibliothèque na-
tionale, manuscrits, fonds français, n»* 22577 à 22579 (ancien
fonds de la Sorbonne, n»* 1126 h 1128). — TabU àlphahétique
ds» manmerita de MM, du Jhty, 1 vol. in-folio. Bibliothèque
nationale, manuscrits, ancien fonds des catalogues, n» 220.
— Dans tous ces inventaires figure le précieux recueil do pièces
historiques dont nous parlerons plus loin.
2. n est aujourd'hui h la Bibliothèque nationale, fonds latin,
w^ 10372 et 10373.
,fet sur le i-loi,
LES FRÈIiia DtrpTjï. 137
entre chaque nerf do la reliuro.
furent dcu.
i cntrelacOs; en ouIfl'I, la
1. Peu d'énidits out IsiPsâ un nom plna uniTBrsalloniBnt ostimÉ
pD tea daax fraroa Dapuy. • tiu,)rum certo nomeii von lan» eat.»
■nt Huet. I/ear pcro Cluudu Dupuf, JucieoODiiultu didtiiigué,
teTadoTnrnDboBtdeCnjas, était parent de l'illQstre do ïhou. '
eonmie lui bibliophile, il avait rénni un cortain nombre do ms-
■*willt« BicionB qu'il légua à aes deux flla, Pierre ot Jioquea.
io Tbaa | tons deur fnront gardoB de la bibliothèque du Eol ;
touH deiiï unront pour les livroa ami Tôrltable pnaaioa, et oora-
poeôront le pins riohe recueil de pièooB historiques qui ait ianmla
Qnuid ds Thou sonlit la mort approcher, il Bougea !l DSiinrar
l'nvauir do la rlcha bibliothèqna qu'il avait cénuia avoo tant da
JnsqQ'au Jour oii ullci pourrait èfro roinise entre leu mains de
tOB antalilB. Toraornie n'était pluadigna et plus capable da raui-
- iiHr GBtte lacba qno Piuiro Dupuy ; . (Eins bibliothocœ) . dit de
Piorre Dupny continua d'administrer la eolleclion du prcsidtiit.
-tandis qno MU û«te en drenaait le catalogue.
138 CHAPITRE V. — 1610 à 1667.
signature de Dupuy se trouve très-fréquemment
ns formèrent en même temps une belle bibliothèque destinée
à leur propre usagée, et pour laquelle ils dépensèrent jusqu'à
vingt mille écus. Ajoutons qu'ils communiquaient volontiers les
richesses bibliographiques qu'ils avaient ainsi acquises» et qu'ils
étaient liés avec tous les savants de leur époque ; ce foi Pierre
Dupuy qui mit Gabriel Naudé en relations avec le cardinal Bagni.
Us ne* vinrent habiter la bibliothèque du Roi que vers 1645, et ils
y installeront alors leurs livres. Tous deux tinrent à honneur de
perpétuer les savantes conférences dont le président de Thou
avait pris l'initiative, et qui avaient lieu presque chaque jour
à la Bibliothèque.
Pierre Dupuy en mourant (14 décembre 1651) légua un«
partie do ses manuscrits au fils du président de Thou. Jacques
Dupuy mourut cinq ans après, le 17 novembre 1656, et, nous
l'avons dit, légua au roi toute sa bibliothèque. Il s'exprime ainsi
dans son tostamont : • Me trouvant seul possesseur d'une assés
grando bibliothèque, composée de toutes sortes de bons livres,
curieusomeut reliés, et amassés avocq une recherche et dépense
extraordinaires, tant parM* ClaudoDupuy, mon père, conseil-
ler du Roy en sa Cour de Parlement, de très-glorieuse mé-
moire, que par mes frères Christophe, Augustin, Pierre et
moy, et ayant veu avocq desplaisir depuis plusieurs années
qu'un grand nombre de rares et bonnes librairies, amassées
avecq jugement par des personnes de condition et de grande
érudition, ont esté vendues, et misérablement dispersées, pour
esti'o tombées dans les mains de personnes avares ou qui
n'avoient nulle affection, aux livres, ny aucune cognoissance
des bonnes lettres, il m'a semblé cstro important pour le public
qu'un choix de livres si exquis et si bien ordonné, comme est
celui de ma bibliothèque, ne Boit dissipé, ce que je prévoy in-
failliblement devoir arriver après mon décès, au cas que je n'en
ayo disposé auparavant. Une aultre raison aussy, qui m'a
grandement fortifiié dans cette résolution, est que mon frère
Pierre, conseiller du Roy en ses Conseils, le dernier décédé de
mes frères, tant par son testament que par les discours qu'il
m'a tenus pendant sa maladie et peu de jours avant son décès,
m'a conjuré plusieurs fois de ne souffrir la dissipation d'un
meuble si précieux; de sorte qu'ayant toujours vescu ensemble
dans une parfaite union et amitié très-estroite, et ayant con-
formé mes sentiments, autant que j'aye peu, aux siens, j'aye
jugé à propos, pour conserver ma dicte bibliothèque en son
entier, et en empescher autant qu'il se peut, la dissipation,
d'en tester au profit du Roy.... Je lègue et donne à Sa Majesté
ma bibliothèque, comme aussi mes anciens manuscrits, tant
LES FBÈIt£S D0P0Y. 139
SUT la première page des manuscrits.
■ MU qae mon père m
» idjoastez depûid sa i
» «erips de ma, main contenant l'inTontaire ou catalogu* de
■ mes dita livres imprimez que manasorita. ■
Ou pent oonanlter aar l'histoire de oetie bibliotbèqne : Daniel
Bngt, Commektariui de rfbua ad tum pertiHtnIibut, lib. I, p.
6S. — Leitoile, Journal du règut de Henri IV, 1" octobre
IfiM. — Soérole de Sainte-Marthe, OaUorum dodrina iHusIritim
gfmnortMi memoria florufre elogia, lib. IT, p. 120. — Leprinoe.
JEmihUtoriqutaMr la bibliothèque da Roi, p. 168. — L. Jacob,
Traieié desplus belles bibliothijues, i>. 656. — Illuslriasimi tiH
J.-À. Thuani ieatameittum, it la anits des Commentarii de rila
Sun, p. loi. — a. Naudâ, Bibliographie politique, traduction de
Ch- Challine, p. 6. — Uichel de Harollee, Mémoires, l. I et
H. — Bibliothèqne nationale, manuBErita, fooda latin, n' 10393.
— Taliand, Vicb des juriscomtilies, p. 738, — Vigneul-MarTille,
KSaiaes d'histoire et de littérature, t. II, p, 219. — Stravius,
IilToâuetio ad nciiUaw rei litlerariœ, p. i97. — Nie. Kiganlt,
Vitafitri Paieani, passim, A la auito du Tolume ac trouvent de
aombrf URea piècca relatives i. Pierre , i, Claude et à Clément Du-
pny. — Moréri, Grand di'elloiiHaire hialoriipie, article Puy (du),
~-B. Hedoniua, Exlemporalis oratio i» obilum l'etri Puteatii.
CHAPITRE VI
(1657 à 1670)
J.-B. Golbort. — La Bibliothèque du comte de Béthuno, — Los
manuscrits dits de Brienne, — Modifications dans le person-
nel. — La Bibliothèque transportée rue Vivienne. — Origine
du Cabinet des Médailles. — Le Cabinet des Estampes. —
Bibliothèques de Gaston d'Orléans, du surintendant Fouquet,
de Gilbert Gaulmin et do J.-A. de Thou. — Les manuscrits
de Mazarin. — Achats faits dans le Levant. — Acquisition
des livres de J. Mentel.
e grand Colbcrt, en faisant accorder la place
|de garde à son frère, entendait avoir bien-
*tôt un pouvoir absolu à la bibliothèque du
Roi, et son 'infatigable génie rêvait déjà pour
elle des destinées que le temps s'est chargé d'ac-
complir. En effet, Nicolas Golbert fut nommé
évêque de Luçon en 1G61, et son frère, déjà
surintendant des bâtiments du Roi, eut, sans titre
officiel, la direction de la bibliothèque, qui ne pos-
sédait encore que 16,746 volâmes i.
Sous l'énergique impulsion donné par Golbert,
1. Leprincet Essai historique sur la bibliothèque du roi, p. 46.
142 CHAPITRE VI. — 1657 à 1670.
elle prit un rapide accroissement. Nous allons
voir les dons et les achats se succéder sans
interruption.
En 1 663, Hippoly te, comte de Béthune, chevalier
d'honneur de Marie-Thérèse, offrit au Roi la riche
bibliothèque que son père Philippe de Béthune,
frère du fameux duc de Sully, avait réunie au
prix des plus grands sacrifices pécuniaires, pendant
plusieurs années de missions diplomatiques dans
toute l'Europe i. La collection, dont Christine de
1. Philippe de Béthune, comte do Selles et de Charost, remplit
BOUS Henri IV et sous Louis XIII de nombreuses missions diplo-
matiques. Envoyé successivement en Italie, en Savoie, en Ecosse
et en Allemagne, il put ge livrer à sa passion pour les documents
historiques,, et recueillit toutes les lettres et toutes les pièces
authentiques qu'il put se procurer. Il y ajouta, dans la suite»
des tableaux, des statues, des antiquités de tous les genres, et,
en 1652, Christine de Suède offrit cent mille écus de la collection
complète. Lor&t le constate en ces termes dans sa Gazette du 10
mars :
L'illustre reine de Suède,
Qui, comme chacun sçait, possède
Un esprit haut et généreux,
Des belles-lettres amoureux.
Ayant apris, des fois plus d'une
Que le sieur comte de Béthune
Dans son cabinet de Paris
Avoit d'excellents manuscrits,
Comme aussi pluzieurs antiquailles,
Sçavoir : quantité de médailles,
Reliefs, portraits, crayons, tableaux
Des plus rares et des plus beaux,
A fait proposer audit comte
Une somme d'or qui se monte.
Tant en justes qu'en quart-d'écus,
Justement à cent mille écus.
S'il vouloit vendre sa boutique
A cette reine magnifique.
Hippolyte de Béthune, qui avait hérité dos goûts de son père,
DON DU COMTE DE BÉTHUNE. 143
Suède avait offert cent mille écus, renfermait
alors mille neuf cent vingt-trois manuscrits mo-
dernes, « des tableaux originaux, et crayons aussy
» des plus excellens peintres d'Italie et de France,
» antiens et modernes, et des statues et bustes de
« marbre et de bronze antiques i. » Cette dona-
tion ayant été acceptée par lettres patentes du 21
décembre 1663 2, les ouvrages imprimés furent
Tefùsa cette ofiîre et travailla à augmenter sa précieuse collection.
31 ne se borna pas à rassembler les manuscrits relatifs à la poli-
"tique et à l'histoire, il forma une bibliothèque complète, où
«talent richement représentées la théologie, la jurisprudence, la
philosophie, les sciences et les belles-lettres. Michel de MaroUeR
«'était intéressé à la formation de ce cabinet, et il s'exprime ainsi
dans ses mauvais vers sur les bibliothèques de Paris :
Les recueils à la main du comte de Béthune
Où je pourrois encore prendre quelqu'intéret.
Pour l'avoir augmentée en manière de prêt.
Dont la commodité seconda sa fortune.
On peut consulter sur l'histoire de cette bibliothèque : Michel
de MaroUes, Paris ou description succincte et néantmoins assez
ample de cette grande ville, — Loret, La Muze historique ^ n© du
10 mars 1652. — Félibien, Histoire de Paris, pièces justifica-
tives, t. V, p. 197. — Archives nationales, registre coé P
2689. — J.-F. Jugler, Bihliotheca historiée litterariœ selecta,
t. I, p. 214. — Leprince, Essai historique sur la bibliothèque
du roif p. 161. — Moréri, Grand dictionnaire historiquCf article
Béthune. — Mich. de MaroUes, Mémoires, t. III, p. 239. —
Catalogue des lettres originales contenues dans les manuscrits
de Béthune, 2 vol. in-folio. Bibliothèque nationale, manuscrits,
ancien fonds des catalogues.
1. Lettres patentes du 21 décembre 1663. Bibliothèque natio-
nale, manuscrits, fonds des 500 Colbert, n» 54, feuillets 822 et
823.
2. « Louis, par la grâce de Dieu Roy do France et de Navarre,
» A tous présens et à venir, salut. La mémoire des recomman-
■ dables services qu'a rendus à la France sous les règnes des roys
144 CHAPITRE VI. — 1657 à 1670.
intercalés avec ceux de la bibliothèque du Roi, et
les manuscrits formèrent un fonds spécial, encore
désigné il y a quelques années sous le nom de
Fonds de BetJmne. La plupart dos volumes qui
Henry 3, Honry 4, Bumommé le Grand, et LooIb 18 nostre irèa-
honoré seignenr ot Père, le fou 6^ comte do Béthohe, de Néelles
et do Ghirosts, chevalier de nos Ordresi gouvevtieQr de la per-
sonne de notre très cher ot très amé onele le dno d'ÛrléanB,
second fils du roy Henry le Grand, premier gentilhomme de sa
chambre, et surintendant do sa maison, et lieutenant de sa
compagnie des gous d'armes, lienton»int du Boy en Bretagne,
chef du conseil des despesches estrangères, et plus antieii eon-
sellor d'Estat, l'ayant esté 56 ans; lesquels serriees ont si-
gnalé son zèle, sa prudence et sa capacité, tant par ses diverses
ambassades ordinaires et extraordinaires à Homo, Venise et
Savoy 0, en Alcmagne, Angleterre et Edoosso, et autres tree
grands emplois dont il a esté honoré, notamment cdny qu'il
eut dans.Ic royaume, d'une si particulière confiance, par l'en-
voy vers la reine Marie de Médicis nostre grand mère, s'estant
retirée de -Blois h Angoulcsme en -l'année 1619, lesquels Font
occupé presque toute sa vie, ne nous doit pas moins estre
agréable que ses laborieux et utiles soings, que marque lo
recueil de très grand nombre de manuscrits originaux qu'il a
laissez, montant à 2000 volumes et plus, ot que nostre amé ot
féal chevalier de nos ordres et chevalier d'honneur de la reine
nostre très chère espouse et compagne, le sieur comte de Bé-
thuDO son fils aisné, nous a supplié vouloir accepter. Gomme
c'est une rccharcho et un travail de 70 années, bien avancé par
le père, amplifié et achevé par le fils, et que la dignité et la
rareté des matières dont il est remply, a donné subject aux
princes estrangers de luy en faire proiwser le transport hors le
royaume, avec des avantages qu'un autre moins zélé et fidèle
que luy oust peu n'en estre pas seulement tenté, mais les eust
volontiers acceptez, il a creu aussy qu'un ouvrage de cette na-
ture et de cotte importance dévoit estre conservé en son entier,
et que, pour cmpescher qu'après sa mort il ne fost divisé par
ses héritiers en autant de portions qu'il y aura de testes an par-
tage desdits biens, ces manuscrits devoyent estre nnys et
incorporez aux autres pièces rares de nostre Gonrone...
•• Donné à Paris, au mois de décembre, l'an de grftoe 1668, et
de nostre règne le 21. Signé LOUIS, et sur le reply par le Boy :
de Guénegaud, et scellés sur lacqs de eoye du grand scean de
cire verte. •
DON DC COMTE DE liETHUME- 145
en font partie sont lumousoment retit's en ma-
roquin rouge; ils portent sur les plats lea armes
de la famille de DcLbune,
A sur le dos un double P surmonté d'une cou-
ronne de comte. 10
/ *
146 CHAPITRE VI. — 1657 à 1670.
A la même époque, on obtenait, par les soins
de Colbert, l'incomparable recueil connu sous le
nom de Manuscrits Se Brienne; son histoire,
encore assez obscure, doit trouver place ici.
Il semble ressortir des opinions souvent contra-
dictoires qui ont été émiser à cet égard, que
quatre personnes ont concouru à la création de
ce recueil. Nicolas Lefèvre, précepteur de Louis
XIII, avait rassemblé plusieurs manuscrits curieux,
qu'il légua au président de Thou i. Celui-ci les
prêta à Pierre Dupuy, et les lui abandonna quand
il mourut 2. D'un autre côté, Pierre Pithou avait
commencé un recueil de traités et de pièces rares
relatifs à notre histoire 3. Ce travail fut, après lui,
transmis à Dupuy qui le continua. Enfin, plusieurs
manuscrits peu connus, appartenant à Peîresc,
augmentèrent encore cette collection*, qu'Antoine
de Loménie allait rendre sans rivale. Ce ministre
avait réuni un nombre immense de documents
originaux rares ou uniques ; il les confia à Pierre
Dupuy, afin qu'il les mit en ordre. Celui-ci en fit
faire sous ses yeux une copie par un sieur. Val-
lier; M. de Loménie s'en contenta et laissa les
originaux à Dupuy ^ .
1. Scév. de Sainte-Martho, Gaîlorum doctrina iUustrium qui
nostra memoria floruere elogia, lib. V| p. 161.
2. Leprince, Essai' historique sur la bibliothèque du roi, p. 161.
8. J. Boivin, Vita Pétri PUhœi, P. 22. — Dissertation his-
torique touchant la bibliothèque de P. Pit7i6û, p. 75.
4. LeprincQ» Essai historique sur là bibliothèque du roi, p. 160.
5. Dissertation historique towhant la bibliot, de P. Pithou, p. 78.
XES MANUSCRITS DE BKIENNE. l47
Ces deux recueils eurent chacun une fortune
différente.
Pierre Dupuy, en mourant, légua tous ses manus-
crits .au fils du président de Thou^; les originaux
des pièces historiques en faisaient partie. Ils furent
donc achetés en 1680 par M. de Ménars, avec la
bibliothèque M. de Thou^. Ils passèrent de là
entre les mains du procureur général Joly de
Fleury3 qui, en 1754, les céda au roi, avec les
manuscrits que lui-même avait rassemblés * .
Quant à la copie faite sous les yeux de Dupuy,
elle fut reliée par Le Gascon en trois cent cin-
quante-huit volumes, et Antoine de Loménie la
donna à Henri-Auguste, son fils, qui, dès 1615,
avait la survivance de la charge de secrétaire
d'Etat. Richelieu força ce dernier à lui vendre,
moyennant trente-six mille livres ^, tous ces ma-
nuscrits pour le roi ; ils entrèrent ensuite, on ne
sait comment, dans la bibliothèque de Mazarin,
Mais après l'arrêt de vente de cette bibliothèque,
le 29 décembre 1651 ^, le roi écrivit au pro-
1. Michel de MaroUcs, Mémoires^ t. Il, p. 219. -— Voyez
Catalogue des manuscrits que P, Dupuy a légués au président de
Thou. Bibliothèque Mazarine, manuscrits, n© 3205.
2. Lemaire, Paris ancien et nouveau, t. III. p. 288. — Vignoul-
Marville, Mélanges d'histoire et de littérature, t. I, p. 27.
3. Mich. de MaroUcs, Mémoires, t. II, p. 218.
4. Leprinco, Essai historique sur la bibliothèque du roi, p. 157.
5. Nie. Rigault, Pétri Puteani vita, p. 62.
6. Voyez A. -F., Histoire de la bibliothèque Mazarine t p. 60
et suiv.
148 CHAPITRE VI. — 1657 à 1670.
cureur général Fouquet, pour ordonner que ces
manuscrits fussent déposés chez le comte de
Brienne, à qui il les confiait « comme papiers
concernant l'Etat et les secrets du prince, qu'il
éloit bon de ne pas divulguer. » K Le pro-
cureur général les garda en dépôt et en fit faire
l'inventaire par Denis Godefroy. Mazarin, revenu
au pouvoir, les reprit à Fouquet ; et, quand le
cardinal fui mort, Golbert, nous venons de le voir,
les restitua à la bibliothèque du Roi.
Cet établissement s'enrichit encore, en 16G2,
d'une partie de la collection de Raphaël Trîchet
du Fresne ^ qui, successivement bibliothécaire de
Gaston d'Orléans et de Christine de Suède 8, avait
parcouru l'Europe pour réunir des livres curieux.
Sa bibliothèque particulière était composée d'en-
viron douze cents volumes qui allaient être vendus
par sa veuve*, lorsque Colbert les fit acheter au
nom du roi ^ . Il arriva cependant trop tard, pour
avoir tout ; car Fouquet l'avait devancé.
1. Notice, par Et. Charles de Loménie, archevêque de
Toulouse, dans le Bulletin du Bihliophilef année 1^51, p. 110.
2. J.-F. Juglor, Bihliotheca historiœ ïitterariœ seîecta, p. 214
8. D. Huet, Commentarius de rébus ad eum pertinentibus, lib.
II, p. 111.
4. Le catalogue avait déjà été publié : Catalogua lihrorum
bibliothecœ Raphaelis Trichetl du Fresne; Parisius, apud viduam
et hœredeSf rue du Mail; 1662, in-l®. En tête est un joli portrait
de Trichet.
5. J.-P. Jugler, Bïbliotheca historiœ ïitterariœ selecta, t. I,
p. 214.
LA BIBLIOTHÈQUE RUE VIVIENNE. 149
Golbert, bibliophile passionné, se formait dans
le même temps une bibliothèque qui bientôt égala
presque celle du roi. Le soin en était confié à un
bibliographe très-instruit, M. de Carcavi ; il avait
abandonné une charge de conseiller au grand
conseil pour se livrer exclusivement à la recherche
des ouvrages précieux. Colbert, voulant récom-
penser son zèle, le nomma, en 1663, commis à la
bibliothèque du Roi. Depuis le départ de Nicolas
Colbert, le service avait été fait par l'historien
Antoine Varillas qui, ami des deux frères Dupuy,
leur avait été donné comme adjoint i.
Mais des modifications plus importantes se pré-
paraient Les nouvelles acquisitions dont la Biblio-
thèque venait de s'enrichir, l'avaient tellement
augmentée, que le local de la rue de la Harpe ne
pouvait plus lui suffire. Colbert, qui tenait à l'avoir
sans cesse sous les yeux, la fit, en 1666, trans-
porter rue Vivienne, dans une vaste demeure dont
il était propriétaire, et qui se trouvait presque
coûtiguë à son propre hôtel 2.
1. Congédié en 1663, VarîUas, qui avait toujours ou un
jogement à la Bibliothèque, se retira dans la communauté de
Saint-Cômei avec une pension de 1,200 livres que le roi lui
*ccorda,
2. Voyez G. Brîce, Nouvelle description de Paris, t. I, p.
8J4. — Félibien, Histoire de la ville de Paris, t. II, p. 1493. —
Ihcheene, Recherches sur une ancienne galerie du palais Mazar in,
etc., p. 8, — Noua donnons ci-contre un fac-similo du plan de
Paria de LacaiUe, où l'on trouve indiqués : T • H de Colbert • et
la ■ Bibliotecque du Roy. •
150 CHAPiritK VI. ~ 1G57 ii IB70.
LE CABINET DES MEDAILLES, j[ 5J[
C'est de cette même époque, que date Tins-
tallation à la Bibliothèque de deux spécialités
qui y forment aujourd'hui des départements im-
portants, celui des médailles et celui des estampes.
Rappelons en quelques mots leur origine et leur
histoire.
. Françpîs I^"^ est le premier de nos rois qui ait eu
lïdée de réunir des médailles; il en fit déposer
près de deux cents au garde-meubles, où elles
étaient conservées, dit le P. Dumolinet, dans un
coffret de vermeil « fait en manière de livre i; »
i^autres étaient enchâssées dans des coupes, dans
des salières, dans des aiguières, dans des plats
d'argent ciselé. Henri II ajouta à ce premier fonds
^ïxe assez belle collection provenant des grands
ducs de Toscane, et que Catherine de Médicis, sa
^^xxime, avait apportée d'Italie. On réunit cette col-
l^otion à celle de François I^r, et toutes deux furent
placées à la bibliothèque du Roi, alors installée
d^Xïis le château de Fontainebleau.
Charles IX enrichit ce cabinet par l'achat de
^^lui qu'avait formé à Lyon le célèbre bibliophile
^i*€lier2; en même temps il enleva toutes les mé-
^ - Voyez le Mercure de France, n» de mai 1719, p. 46.
-^- J.-A. de Thou, Historiarum sui temporis lih. xxxviii, p.
^*-^'4''' '■' ^^^ histoire manuscrite du Cabinet des, médailles du Boy
^lXm.x appartient à la bibliothèque Sainte-Geneviève, cite parmi les
Poi-sonnes qui avaient alors à Paris des collections de médailles :
le pjince do Condé, le chancelier de l'Hospital, les cardinaux de
152 CHAPITRE VI. — 1657 h, 1670.
daîlles de Fontainebleau, les ât transporter au
Louvre dans un local spécial, et créa une place
de « maistre des cabinets, médailles et antiquités
de Sa Majesté. » Antoine Itascas dé Bagartis;
gentilhomme provençal, en fut, croit-on, pourvu
d'abord 1. Henri IV Jui acheta les médailles dp'îï
avait rassemblées^ et Tatitorisa à acqilérir tout ce
qui lui serait présenté dans ce ^^enré. Bagarris a
raconté, luî-même lek entretiens pleins d'intérêt
qu'il eut à ce sujet àyeè ïe rdi ^: jl fut moins heu-
reux auprès de j'ihdôlêiït Louis XIIT, et se retira.
Sa place resta vacante pendant irénte-trois ans, et
fut donnée, vers 1644, à un conseiller d'État
nommé Jean de Chaumont^.
En 1657, Gaston d'Orléans légua au roi le riche
cabinet de médailles qu'il possédait à Blois, et
l'abbé Bruneau, son bibliothécaire, fut nommé
intendant du cabinet du Louvre en remplacement
de Chaumont. Mais Bruneau alyant été, doux ans
après, assassiné dans le Louvre même par un vo-
leur, on craignit pour le dépôt qui lui était confié*;
Bourbon, de Lorraine, de Tournon, d'Armagnac, de Châtillon, et
de Givry, les ducs de Nevers, de Lorraine, et de Montmorency, le
président Brisson, la princesse do Condé, Diane de Poitiers,
etc. , etc*
1. Mftrion-Dumersan, Histoire du cabinet des médaUîes, p. 147.
2. Voyez R. de Bagarris, Nécessité de l'usage des médailles,
Paris 1611, in-4o.
3. Niceron, Mémoires pour servir à Vhistoire des hommes illus'
très, etc. t. XL, p. 190.
4. A l'occasion de cet événement, Colbert écrivait )3e sa main
LE CABINET DES KPÎiDAn.TiEH. I53
lei roi réunit alôri^, sur la tête de Nicolas Colbert, la
charg<e d'intendant des médailles à celle de garde
de la Bibliothèque, et^ en 1667, la collection fut
transpcHriée tue Vivienne, dans les bâtiments de
k Bibliothèqae^, où Carcavi se chargea de la
classer.
CEolbert, pour augmenter ce précieux dépôt, en-
voya des savants à l'étranger, avec ordre de
^^hercher des monnaies, des médailles et des
Manuscrits; M. Vaillant parcourut lltalie, la Grèce,
^^Éjrypte et la Perse; tout TOrient fut exploré par
^Af. de Monceaux, Wansleben, Petis de la Croix,
-^x:^!. Galland, de Nomtel et P. Lucas. Le 31 août
chancelier Sëgoier (15 novembre 1666) : • Le Boy m'ordonne
"^e dire à Mgr le chancelier que. entre le Boin qu'il a desja pris
nr Facddent arrivé an Louvre, Sa Majesté estime nécessaire
e faire commencer une procédure criminelle par les officiera
e la prévosté de l'hostel, et aussy, lorsqu'elle sera commen-
ée» sadite Majesté m'a ordonné de commettre M. Carcavi
nr se eharger des clefs de la Bibliothèque et des médailles
u Lonvre, pour remettre tontes choses en bon estât et véri-
^^er les inventaires. Mondit seigneur aura, s'il luy plaist,
^igréable d'ordonner an Hentenant du grand prévost qui sera
'3)rès de sa personne de remettre les clefis es mains dudit sieur
Carcavi, anssytost que la procédure criminelle sera com-
mencée*
• Je viens d'apprendre que le sieur Perceval, lieutenant de
robe longue de la prévosté de l'hostel, est à Paris; en sorte
que s'il plaist à mondit seigneur de l'envoyer quérir, il pourra
* commencer demain matin ladite procédure criminelle. •
P. Clément, Lettres, instructions et Mémoires de Colbert,
^- V, p. 371.
1.*^ Jourdain, Mémoire historique sur la bibliothèque du Boy, p.
lxix.|— E.-J.-B. Bathery, Notice historique sur Vancien cabinet
du roi, p. 6.
154 CHAPITRE VI. — 1657 k 1670.
1674, Colbert écrivait à Tintëndant des galères de
Marseille : « Sur ce que vous m'avez écrit, par
ff vostre lettre du 4 de ce mois, qu'il y a un curieux
V à Aîx qui a quantité de belles médailles, je vous
Tf fais ce mot pour vous dire de m'en envoyer l'in-
V ventaire, afin que s'il s'en trouve qui méritent
n d'avoir place dans le cabinet du roy, je puisse
f> vous donner ordre de les acheter pour Sa
» Majesté. »i On achetait en même temps les
collections réunies par l'abbé Séguin, doyen de
Saint-Germain-l'Auxerrois ; par MM. Tardieu, lieu-
tenant de police; Lauthier, acquéreur de celles de
Peiresc; de Sère, conseiller d'État; le comte de
Brienne ; Charron, auditeur à la Cour des comptes,
et de Trouenne, intendant du duc d'Épernon.
Après la mort de Colbert, Louvois fit transporter
(1684) le cabinet des médailles à Versailles 2 « près
n de l'appartement de Sa Majesté, qui prenoit
» plaisir à y venir presque chaque jour au sortir
a delà messe 3. ;, Après avoir reçu dans l'espace
de soixante-dix ans, des accroissements considé-
rables, ce cabinet fut, en 1741, replacé à la biblio-
thèque du Roi, où on lui avait ménagé un grand
1. p. Clément, Lettres, instructions et mémoires de Colbert, t.
V, p. 368.
2. Maichelius, Introdnctio adhistoriam Uterariam deprœcipuis
hibliothecis, p. 48. — G. Brice, Nouvelle description de Paris, 1. 1,
p. 349.
3. Leprince, Essai historique sur la bihïiofhèque du roi, p. 275.
LE CABINET DES ESTAMPES. 1 55
salon faisant suite à la galerie qui longe la rue
Richelieu 1. '
Le cabinet des estampes eut pour premier fonds
l'admirable collection rassemblée par Michel de
Marolles2, et que Colbert acheta pour le roi en
1667; elle fut payée 30,400 liv., et représente au--
jourdTiui une valeur vénale de plus d'un million.
Deux ans après, les 123,000 pièces qui composaient
cette collection étaient classées, et formaient une
suite de volumes in-folio magnifiquement reliés en
maroquin rouge, qui prirent place sur les rayons
de la Bibliothèque, à côté des livres imprimés. On
y réunit bientôt les nombreux cuivres exécutés
par ordre de Louis XIV, et que l'on connait encore
sous le nom de Cabinet du roi^; en outre, Nicolas
Clément, chargé de la garde de ces planches pré-
cieuses, légua (1712) à la Bibliothèque une collec-
1. ICarion Dumersan, Histoire du cabinet des médailles, p. 158.
■ — Voyez aussi le plan de la bibliothèque du roi en 1754, dans
^* Architecture française de Blondel, t. III, p. 80,
2. On lit dans la préface du catalogue qu'il publia en 1666 :
« ... de toutes lesquelles choses, j'ay recueilly cent vingt trois
•> mille quatre cents pièces, de plus de six mille maistres, en
» quatre cents grands volumes, sans parler des petits qui sont
« au nombre de plus de six vingts, ce qui ne seroit pas indigne
" d'une Bibliothèque royale, où rien ne se doit négliger. » Voyez
<.ncore Michel de Marolles, Mémoires, t. le»", p. 153, 198, 288 et
289.
3. G. Duplcssis, Le cabinet du roi, collection d'estampes com^
mandées par Louis XIV, dans le Bibliophile français, du 1" juin
1860, t. III, p. 87.
I >
146 CHAPITRE VI. ^ 1657 à 1670.
A la môme époque, on obtenait, par les soins
de Colbert, l'incomparable recueil connu sous le
nom de Manuscrits Se Brienne; son histoire,
encore assez obscure, doit trouver place ici.
Il semble ressortir des opinions souvent contra-
dictoires qui ont été émiser à cet égard , que
quatre personnes ont concouru à la création de
ce recueil. Nicolas Lefèvre, précepteur de Louis
XIII, avait rassemblé plusieurs manuscrits curieux,
qu'il légua au président de Thou i. Celui-ci les
prêta à Pierre Dupuy, et les lui abandonna quand
il mourut 2. D'un autre côté, Pierre Pithou avait
commencé un recueil de traités et de pièces rares
relatifs à notre histoire 3. Ce travail fut, après lui,
transmis à Dupuy qui le continua. Enfin, plusieurs
manuscrits peu connus, appartenant à Peîresc,
augmentèrent encore cette collection*, qu'Antoine
de Loménie allait rendre sans rivale. Ce ministre
avait réuni un nombre immense de documents
, originaux rares ou uniques ; il les confia à Pierre
Dupuy, afin qu'il les mit en ordre. Celui-ci en fit
faire sous ses yeux une copie par un sieur. Val-
lier; M. de Loménie s'en contenta et laissa les
originaux à Dupuy ^ .
1. Scév. de Saint e-Martho, GaUorum doctrina iUustrium qui
nostra memoria floruere elogia, lib. V, p. 161.
2. Leprince» Èssavhistorique sxir la bibliothèque du roi, p. 161.
8. J. Boivin, Vita Pétri Fithœi, g. 22. — Dissertation Iiis-
torique touchant la bibliothèque de P. PitJiou, p. 75.
4. Leprincè» JSss.ai historique sur là bibliothèque du roi, p. 160.
5. Dissertation historique touchant la bibliot, de P. Pithou, p. 78.
GASTON D'ORLÉANS. ^ I57
L.^ cabinet des estampes possède aujourd'hui
^XiTiron 2.200.000 pièces, conservées dans 14.500
v^olumes et 4.000 portefeuilles.
Revenons maintenant à Colbert et aux trésors
ïxa'il continuait d'accumuler rue Vivienne.
Dans le Luxembourg, alors palais d*Orléans,
Gr^.ston, frère de Louis XIII, avait réuni une biblio-
tlxèque, dont les contemporains se sont plu à célé-
t>x*cr les merveilles. Elle étiait installée dans le
?ï*an4 pavillon de droite?, à.l'textrémité de la
lc>xigue galerie où Rubens avait peint la vie de
*^cîrie de Médicis. Les boiseries, d'une extrême
^^licatesse de travail, étaient ornées de riches
E^^ntures, et chaque tablette, bordée de crépines
^^cr, était entièrement garnie de velours 2. Enfin,
*^^s volumes, reliés presque tous par Le Gascon 3,
talent couverts, d'une manière uniforme, en veau
.uve, et portaient, tantôt sur le dos, tantôt sur les
t>lats, le chiffre de leur maître, un double G sur-
9alêrie dupàlais Mazarin,etc.t avertiBsement, p. vi, vm et ix. —
^.- Duplessis, Le département des estampes à la Bibliothèque
^tnpériale. — De la Morinière, Michel Bégon^ intendant de la
Jtochelle, 185 'î, in-S». — G. Duplessis, Un curieux du XVIII^
siècle, Michel Bégon, intendant de la BocheUe^ correspondance et
documents inédits, 1874, in-8o. — H. Delaborde, Le cabinet des
tstampes à la bibliothèque nationale, dans la Bévue des deux
mondes deB !«' novembre, 15 novembre et 1" décembre 1872.
1. n porte encore le ^om de Pavillon de la Bibliothèque snr le
plan du Lnxembonrg publié par J. Mariette.
2. L. Jacob, Traicté des plus belles bibliothèqi^es, publiques et
particulières, p. 477.
3. Ed. Fournier, Histoire de la reliure en France, p. 140,
15S CHAPITRE yi. - 1057 à 1670.
monté soit d'une couronne,
soit d'une fleur de lys.
Gaston mourut en février 1660. Il laissa au roi
par testament toute sa collection, dont les manus-
crits étrangers, au nombre de cinquante et un,
faisaient la principale richesseï ; et, dès le 16 mars,
1. Gaston na se canteutuit pis ile eimii dea TolamâS
seB ordres, TH h t da F reane eut epnt plus eurs Toyagea d'otl
il rapporta desmoiIftilloB an qnea deacb efad art etdepréo eux
mantiBorita que Brun u m □ h b h ura da pniioBf
Be oliargeait d Ësam n Ga □ poasedaitr,
b, ce qa'il pa al un d a medml ei
- Je puis dire SHDS H T Ja~ob qne ni
• A-lcxuidre B us icrand ami ds
• OioùroD, n d u e e se ei
Kais le duo d Or eau a an □ am ur pour ea livres I*
même baes sse de «en m n s qui 1 a deahano e ou pol tiqne i
nous avons a on e a U ura a eo quelle m siuin ]a oruq il
H'uflbrça, pendan la F ondB de proaser la Tcute de la bibliof
tbèquo du cardmal Mazarin. ^
Gaaton eut pour bibliothàcairc le malheureux poêle Lasi . __^
ctloi doul Boiloan s'est tant moqué; puiarabbcBruueau, EisTant
LE SURINTENDANT FOUQUET. I59
Golbert écrivait à Mazarin : « L'on m'a donné avis
» que feu Son Altesse royale avait donné ses
n livres au Roy. En ce cas, je supplie votre Émi-
» nence d'ordonner qu'ils soyent mis dans la
n bibliothèque de Sa Majesté, qui est leur véri-
» table place. » ^
L'infortuné Fouquet possédait à Saint-Mandé
trente mille volumes précieux, qui furent mis en
vente après sa disgrâce. Carcavi dressa aussitôt
un inventaire des livres compris dans cette collec-
tion, et qui ne se trouvaient pas à la Bibliothèque
du roi ; celle-ci acquit ainsi plus de onze cents
volumes, dont la plupart étaient reliés aux armes
du malheureux ministre 2 .
^iimismate, qui devint intendant du cabinet des médailles au
^ttvre, et y fut assassiné en 1666.
^armi les ouvrages légués au roi par Gaston se trouvait
^e adniirable collection de planches d'histoire naturelle ; le
Pn»cô les avait fait peindre en miniature et sur vélin par
Nicolaà Bobert, d'après les plantes de son jardin botanique
et les animaux de sa ménagerie à Blois. Golbert ordonna de
poursuivre ce travail ; il fut repris par Jean Joubert qui eut
pour continuateurs Nicolas Aubriet, puis Madeleine de Basse-
porte. Au moment de la Révolution ce précieux recueil com-
prenait près de six mille planches, qui font aujourd'hui
partie de la bibliothèque du Muséum.
1-P. Clément, Lettres, instructions et Mémoires de Coîherf,
1. 1, p. 434.
2. Fouquet avait rassemblé à sa magnifique résidence de
Saint-Mandé, une bibliothèque qui, lors do son arrestation,
renfermait plus de trente mille volumes, y compris environ
mille cinquante manuscrits. D avait successivement acquis les
collections formées par M. le président de Harlay, par Montchal,
archevêque de ToiUouse, par le médecin Bené Moreau et par
fiaphaël Trichet du Fresne, bibliothécaire de la reine Christine.
160 CHAPITRE VI. — 1657 à 1670.
Christine de Suède cherche à acquérir la biblio-
S'il fknt en croire Gui Patin, Fonqnet eut alors une peniée
qni lui fat très-probablement Inspirée par son désir d'égaler
Mazarin^ qu'il s'obstinait à regarder comme un rival plutôt
que comme un maître. La France ne possédait encore qu'une
seule bibliothèque publique, celle que le cardinal avait ouverte
dans son propre palais; Fouquet songeait à faire le même
usage de la sienne, • ce qui aura lieu, ajoute G. Paiin, à
» moins que les Jésuites dont il a été à toute heure entouré,
• ne la lui attrappent pour leur maison, où de tels acquêts
» sont de bonne prise. Vous savez que tous leê moinea sont
» de gros larrons in nomine Dotnini, • Gui Patin ne sa trom-
pait qu'à moitié sous tous les rapports; les Jésuites circon-
venaient Fouquet, à qui pondant le temps de sa prospérité,
ils arrachèrent au moins six cent mille livrep, et, à l'époque
dont nous parlons, le surintendant avait précisément un Jé-
suite pour bibliothécaire, le P. Champsneufs.
Gomme G. Patin l'avait prévu, le surintendant donna aux
Jésuites du collège de Clermont un nombre considérable de vo-
lumeB, il fit, en outre, construire h ses frais le local qui devait
les renfermer, et ajouta une rente de mille livres • mille libras
annuas, • dit Loméir, destinée à régulariser l'aphat de publica-
tions nouvelles pour la bibliothèque du collège. Les Jésuites,
au reste, se montrèrent reconnaissants, ils placèrent dans leur
bibliothèque le portrait du surintendant, et firent frapper en or
sur les plats et sur le dos de la plupart des volumes acquis avec
les revenus laissés ])&r lui, son chiffre et ses armes, « insignia
» hujus Maecenatis • dit Maichelius.
Après la disgrâc<'> de Fouquet, environ deux mille de ses
volumes furent transportés à la bibliothèque du Boi, et les
autres vendus aux enchères à la requête des créandera du
surintendant.
Sur cette bibliothèque, voyez : Inventairtf prisée et estima"
tion des livres trouvés à Saint-Mandé^ appartenant ci-devatU à
M. Fouquet. Bibliothèque nationale, manuscrits, fonds français,
no 9138, p. 246. — Autre inventaire. Bibliothèque nationale,
manuscrits, fonds français, n» 2087, (ancien fonds de Saint-
Victor, no 1096.) — Chéruel, Mémoires sur la vie de Nicolas
Fouquet, t. II, p. 282 et suivantes. — G. Patin, Lettres du 16
février et du 13 mars 1657, et du 22 mars 1668, »*- Leprince, «
Fssai historique sur la Bibliothèque du roi, p. 47, 62, 63. — —
Nieeron, Métuoires pour servir à l'histoire des hommes iUustres, ^
t. XXXIV, p. 297. — Bulletin du Bibliophile^ année 1867, p_
299. — Maichelius, Introductio ad historiam litterariam depr^
cijjuis bihUotheciSf p, 94, — Jugler, Bibliotheca historins liUera"'^
LA BIBLIOTHÈQUE DE G. GAULMIN. 161
Chèque de Gilbert Gaulmin, doyen des maîtres des
requêtes; elle recule devant le prix exorbitant,
"*' immane pretium ^ » qu'on lui en demande. Mais
Golbert n'hésite pas ; il fait donner aux héritiers
do Gaulmin 2.685 livres, en échange desquelles
137 manuscrits hébraïques, 461 manuscrits ara-
^^os, persans ou turcs, deux manuscrits grecs, et
S A 5 volumes imprimés 2 viennent enrichir la bi-
'^liothèque du Roi 3, Celle-ci acquiert encore, dans
'^ courant de la même année 1667, la collection
I^c^rticulière de M. Garcavi*.
€olbert était un des exécuteurs testamentaires
Mazarin. Il abusa de l'influence que lui dou-
ât ce titre pour enrichir, aux dépens de la
^ iï)liothèque de son ancien maître, celle du roi,
^"C:». les acquisitions incessantes avaient multiplié
^^s doubles. Les efforts de la Sorbonne, à qui
-^zarin avait confié la surveillance de sa collec-
** *«B selecta, 1. 1, p. 215 et 22é. — Jourdain, Mémoire historique
^^'»' la bibliothèque dti Boy, p. xxx. — P.Paris, Les manuscrits'
*^^<3nçois de la bibliothèque du Boi, t. I, p. 23. — Loméir, de
^ëtiiotheciê liber» p. 312. — Legalloiti, TraiUé des plus bellea
^^^iothèques de V Europe, p. 131. — D. Huet, Commentarim
^« rehus ad eut» pertinentibust lib. II, p. 111.
1. D. Huet, Commentarius de rébus ad eum pertinentibuit,
**l>. II, p. 106.
2. Jourdain, Mémoire historique sur la bibliothèque du Boy,
3. J.-F. Jugler, Bibliotheca historiœ litterariœ selecta, t ler,
P- 215.
^' lieprince. Basai h i fit or tau e nm' fa bibliothèque dit Boi,
p. ôO. ' '
11
16^ CHAPITRE VI. — 1657 à 1670.
tion ^ furent inutiles 2 : un arrêt du 12 Janvier
IGGS'"^ ordonna que les ouvrages possédés on
1. « Son Émincnce prie encore Meâsieurs de la Maison et
« Société de Sorbonne, que les douze plus anciens Docteurs
r> de ladite Maison et Société, qui y seront actuellement de-
r> meurans, et non d'autres^ ayent la direction générale dudit
» Collège et de la Bibliothèque; et que ces douze nomment,
y^ incontinent après que l'établissement en sera fait, quatre
n Docteurs tels qu'il leur plaira, de ladite Maison et Société de
» Sorbonne, pour estre les Inspecteurs dudit Collège et de Itl
» Bibliothèque : desquels quatre Inspecteurs, il y en aura deux
n qui n'en feront la fonction que pendant deux années après
^ l'établissement ; et que de deux ans en deux an? il y en aura
» deux nommez au lieu des deux qui en devront sortir ; en sorte
» que desdits quatre Inspecteurs, il y en ait toujours deux an-
« ciens et deux nouveaux. », Recueï'l de la fondation du collège
Mazarhn,
2. Regesta priorum Sorhonœ. Archives de l'Empire, série MM,
registre n» 271, p. 86.
3. « Sur ce qui a été représenté au Hoy étant en son conseil,
T' que le feu sieur cnrdinal Mazarini ayant, avec la permission
« de Sa Majesté, fondé en la ville de Paris ]e collège des
r Quatre-Natiens, apelé Mazarini, pour l'instruction des jeunes
w gentilshommes d« la qualité requise par le titre de la fon-
r dation, ledit sieur fondateur auroit légué audit collège sa
r> bibliothèque, composée de quantité de bons livres tant im-
y^ primés que manuscrits, qu'il auroit fait rechercher pendant
r» plusieurs années avec beaucoup de soins et de dépense, et
f> Sa Majesté ayant été informée qu'il se trouve dans la biblio-
» thèque plusieurs manuscrits qui ne peuvent servir que d'or-
y nement, la plupart ayant été imprimés, et que d'ailleurs il
»» manque dans la même bibliothèque quantité de bons livres
n d'autant plus nécessaires qu'ils sont d'un usage ordinaire
«• en toutes sciences, et qui vraisemblablement ont été perdus
1^ dans les désordres des derniers temps; et Sa Majesté ayant
" été pareillement informée que dans la Bibliothèque royale il
- se trouve quantité de bons livres doubles qui en pourroient
" être tirés et portés en celle dudit collège pour suppléer à
n ceux qui s'y trouveront manquer, et de même tirer d'icelle
« les manuscrits qui ont été imprimés ou autres volumes qui
n manquent en ladite Bibliothèque royale. A quoy Sa Majesté
I. voulant pourvoir, et rendre lesdites bibliothèques plus par-
n faites et d'un plus grand usage pour le public, le Roy étant
*> on son conseil a ordonné et ordonne qu'on présence dn prardo
LA BIBLIOTHÈQUE DE MAZARIN. 163
double par la bibliothèque du roi seraient échan-
gés contre des manuscrits et des livres imprimés
provenant de la succession du cardinal Mazarin.
Trois catalogues furent aussitôt dressés. Le pre-
mier comprenait tous les manuscrits de la biblio-
thèque Mazarine ; le second, tous les imprimés de
la même bibliothèque qui n'étaient pas dans celle
du roi, et le troisième, le titre des doubles que le
roi offrait en échange.
Le 14 mars suivant, Frédéric Léonard et Sébas-
tien Mabre Cramoisy, imprimeurs ordinaires de Sa
Majesté, firent leur estimation sur ces trois cata-
logues.
Les manuscrits étaient au nombre de 2,156. Ils
furent estimés à 8 livres « l'un portant l'autre,
attendu qu'il y on a de petits et de peu de considé-
ration ^ ; n soit une somme totale de 17,248 livres.
Les volumes imprimés dont le roi voulait s'em-
• de la Bibliothèque royale et des directeurs dudit collège Maza-
" rini, il sera, par les sieurs d'Aligre, de Sève et de la Margeurie,
» dressé un état des manuscrits et des livres imprimés qui sont,
• tant dans ladite Bibliothèque royale qu'en celle du collège,
» propres à être changés; pour, ce fait, être procédé à Testi-
• mation desdits livres par libraires ou autres experts qui
» seront nommés d'office, et en être fait l'échange ainsi qu'il
» appartiendra; desquels livres eschangés seront dressés deux
» inventaires, pour demeurer l'un d'iceux entre les mains du
•• garde de la Bibliothèque royale, et l'autre à celuy qui sera
» establi garde de la bibliothèque dudit collège Mazarini.
» Fait au Conseil d'Etat du roy, Sa Majesté y étant, tenu à
" Paris le douze janvier 1688, •«
1. Acte flVchanfj/e, p. 2.
j (54 CHAPITRE VI. — 1657 à 1670.
parer se divisaient ainsi : 611 in-folio, 1,595 in-4o,
1,472 in-8o et in-12. Les in-folio furent estimés 5
livres; les in-4o, 20 sols; les in-S^ et leâ in-12, 8
sols; soit 5,238 livres pour la totalité.
Les doubles de la bibliothèque du Roi se com-
posaient de 944 in-folio, 966 in-4o, 431 in-8o et
in-12. Ils furent estimés beaucoup plus cher que
ceux de Mazarin : les in-folio, 8 livres; les in-4o,
:>0 sols; les in-S^ et les in-12, 12 sols. Ce qui don-
nait une somme totale de 9,259 livres 12 sols;
donc 4,020 livres de plus que ne produisaient les
imprimés du cardinal.
Mais le roi, '' voulant donner l'avantage à la
bibliothèque Mazarine, » décida que l'échange au-
rait lieu comme si les deux estimations eussent
fourni une somme égale.
Enfin, un arrêt du 25 juin ordonna que les
17,248 livres, prix fixé pour les manuscrits, se-
raient payées aux exécuteurs testamentaires du
cardinal!'. Cette somme, placée sur la ville de
Paris, donnait à cette époque un revenu de 900
livres, qui, de réduction en réduction, était tombé
en 1751 au chiffre de 433 livres^.
1. Compte que rend M. Jean Rahouyny prestre, docteur de
la maison et société de Sorhonne y procureur du collège Mazarin.
Archives de l'Empire, aérie H, registre n» 2,828.
2. " Tune temporis a3stimatum est illorum pretium summa
♦» octodecim millium libellaru a, qiiœ coUocata super PraBfectutn
n (>\ .E'iilos rlahat Bibliothccap rcditnni nnnuiini nongentaruia
LA BIBLIOTHÈQUE DE MAZARIN. [ (35
i
La bibliothèque Mazarine possède les doubles
de deux des catalogues qui furent dressés à l'occa-
sion de ces échanges.
Le premier ^ a pour titre :
Catalogue des livres manuscrits de la Bibliothèque
de feu Monseigneur le Cardinal Mazarini^ qui ont
esté transportes dans la BiblioUièque du lîoy, con-
formément à VArrest du Con^^ d''Estat, du vingt-
cinq^ jour de Juin mil six cens soixante et huit.
Ce volume, d'une belle écriture, comprend 97
pages; les ouvrages ne sont pas numérotés. A la
/in, on lit : « Le présent estât et cathalogue par
r nous soubsignez certifiSc véritable, fait à Paris
.-. ce douziesme mars 1GG8. Signé : DE GARCAVY
^ et de LA POTÏERIE. .
Les manuscrits cédés se subdivisaient ainsi :
10:2 en langue hébraïque, 343 en arabe, samari-
tain, persan, turc et autres langues orientales, 229
<^n langue grecque, et 1,422 en langues latine, ita-
1 ienne, française, espagnole, etc.
Le second de ces documents porte en tête :
Catalogue des livres imprimez pris et eschangez
joour le Roy dans la Bibliothèque de fcu Monseig^
f e Cardinal Mazarin, fait par nous Tli^ Pierre de
— libella runi ; iiiiiic antem tlat tantuminodo reditum (iniuUiu-
•^ goutarum triginta trium libellarum, propter imniunitioneH
-^ itentidcm fautas. » Prœfulio catalogi alphahetici hibliothecœ
^lazarhieœ,
1. Bibliothèque Mazarine, mannscritH, w 1910 C.
1(50 CHAPITBE VI. — 1657 à 1670.
Carcavy et M^ François de la Poterie, en consé-
quence de VArrest du Con^^ d^Estat du douzième
Janvier mil six cens soixante et huit; et suivant
l'ordre de Messieurs les Commissaires députez par
le Boy pour Vexécution dudit ArresL
Ce catalogue remplit 238 pages et contient 1 ,1 ^0
numéros; il est terminé par la même formule que
le précédent.
La translation de tous ces ouvrages d'une bi-
bliothèque dans l'autre fut d'autant plus facile que
la collection formée par Mazarin était encore dans
son local primitif ^ .
En même temps, MM. de Monceaux et Laisnéi
qui voyageaient dans le Levant, reçurent de Col-
bert des instructions spéciales, et ils envoyèrent à
Paris, non-seulement des manuscrits, mais jusqu'à
des peaux de maroquin destinées aux reliures.
Toutes ces acquisitions avaient presque dou-
blé le nombre des volumes de la Bibliothèque,
et l'espace commençait à manquer. Golbert fit
alors louer un hôtel contigû, qui appartenait à son
second fils, Jacques-Nicolas Golbert. En 1669, une
nouvelle adjonction eut lieu par l'achat d'une mai-
son que les sieur et dame Monceaux vendirent
84,000 livres au roi 2.
1. Voyez A -F., Histoire de la bibliothèque Mazarine, p. liy
et suiv.
2. P. Clément, Lettres, instructions ci mémoires de Colhcyt
t. VII, p. CCIII.
LA HIBLIOTHEQUi: 1)K J.-A DE THOl*. |(;7
Le petiè-fils du président de ïhoii désirait alors
\'eridre l'incomparable bibliothèque de son grand
père 1. Golbert la laissa échapper, et M. de Ménai-s
tirxil par l'emporter sur le roi^; mais une lettre
1 • B. Huet-, Commentai-iits de rébus ad eum pertinentibuHn^ih.
* A, p. 890 à 892.
2. Jacques-Auguste do Thou, le célèbre historien, était k'
^^^isième fils de Christophe de Thou, premier président au Par-
^ïiient de Paris. Destiné d'abord à l'état ecclésiastique, û passa
^s premières années dans le cloître de Notre-Dame, auprès de
^ .^^ï>ias de Thou, son oncle, qui était chanoine do cette église
Ôk ^^'^'*'^^1^®i* ^^ Parlement. Celui-ci, nommé bientôt évêque de
^iartres, laissa le canonicat à son neveu, qui le conserva pcn-
4 ^^t près de quatorze ans. Ce fat là, en 1673, que J.-A. de Thou,
tê^^ <îe vingt ans^ peine, commença à rassembler cette biblio-
^^^Qtie, qui étaiPappelée h devenir un© des plus célèbres du
^Jjf siècle.
^^, "Pès le priacipc, il ne négligea aucune occasion pour l'enri-
«■^^ï* Le savant Pierre Pithou, qui avait lui-même réuni une
j^^^GZ considérable collection de livres, exprima le vœù, on mon-
^r!^*t que sa bibliothèque fut conservée par sa famille ou livrée
^ ^ eiitier à uno seule personne. De Thou s'empressa d'acquérir
^^"Os les manuscrits, et de s'assurer lo concours dévoué de Fran-
J^ï^ et de Jacques Pithou. Peu de temps ai)rè8, Nicolas Lefèvre,
cuvant précepteur de Louis XIII, lui légua ses manuscrits, et
^^Hb savons par Scévole do Sainte-Martho et par L. Jacob, qu'il
^ Jivâit un© magnifique collection.
j^.- -**eiidant qu'il remplissait les fonctions do maître do la Librai-
,. ^» de Thbu s'était réservé à la bibliothèque un cabinet de
j^-^^'^ail, où se réunissaient presque chaque jour les savants le»
^3^s célèbres de l'époque, qui tous s'honoraient d'être ses amis ;
1^^ p*est certainement on souvenir do cette douce et sérieuse
^ ^ïfiai*® qu'il ordonna par testament que sa bibliothèque fat
1 » AJOUTS tenue à la disposition do ceux qui pourraient en désirer
^ï^cès.
1^ • ,^^ Thou a dit avec vérité qu'il avait formé cette « noble *
^ "^Violhèque, comme l'appelle Michel de MaroUes, « magna dili-
v-^^^^iitia ac sumptu. » Ses fréquentes missions auprès des sou-
Vx^ ^'^ins étrangers, ses fonctions' au Parlcmemt, la rédaction
Xx,^^^6 ^^ son admirable histoire, no lui firent point oublier
«-^ "*^,_iiistant sa passion pour les livres. Dès qu'il était informë
XX ^ ^^ s'imprimait un bon ouvrage en Allemagne ou en Hollande,
^ envoyait du grand papier, fabriqué a Paris exprès pour
LA llUttJÛTHÈyUK UK J.-A. DK ÏHOX.. Jtjlj
cari, noua apprend que la bibHot)i<<ifue du Itoi
'iOUm ftTeo le Huïn le plus minntioiix; ïuiviiiit SIrnviuh.
maatcr* pins 1 JO OOU ecu. Presqne totut IcB volamea, i
•nliipar Le boncon u nuroqnin ronge, vert on citron. |
U«nt snr le dos le n DO^nmine de lenr p
IbqhSI V" lliu p'-f de l'utronumi; tlii mOiae nom, ]iaiH lu
mnt.% Pierre U [u ront racueeaivrmcfut In girdo du œtlit
ItlUiothèqiie ja u immeiicemuut du dix-sept ième ïiàole.
tHmrfaut pr s I minoHcritii préciCDi et ptn» de Iinit
mafevotura»! Fil R a dëjk une telle cépntation on 1S08, qu.-
Itpàpc Ldon tl Alojï dre de Mtiiol») qni, «Tont son iiontiB-
m, iiuX venu eji Frauctponr régler U psiï do Vcrvin», Tonliit
h^ter, ot STOUB qu'il n'en existait pan nnc iMreiUu en Itelir.
Cgita msgiiifiqne coUection dt&it ilom inHlïIlée dan» le bel bûtel
Ito la amiUe de Thon; CliriBlophe l'aïsit fcit coniilruiro vera
IWi h l'extremilé de I» mo Sftint-Amlro-dcs-Arts. p-i'B di-
late <te et corn,
Çi«qii'i ea mort, oiTivéo lo 7 mai ISiT, J-A. <le TLou n-iK-
^VBf enrichir su liililiolbèqne et d'iogmcnter une asbez bi'lU'
tffleotfai) de niodailli^a qu'il avait rocemmcnt commeneéi'. U n'a
là fiablU, (!ii ^irivaiit non teBlBmtnt, cbb Hâta objer» qui
»ai«|it ti>tin une t-i Rritnde plaeo daiia sa vin, et la IccliU'u de
MdamiBreB rolonié» ii lenr ëgaril, BuBirail pour iiouR p:-ouvor
ttllt l'aiglon r qu'il Ifui' portait : il ooiilîo provisoiiïmert ïa bi-
litiaQièiiue i P. Du|iuv, qni la lemeltra idan tard aux ât» de ^
di)T%CiD. rinléi-éc do Îa famille comme celui de» letltC!t, cxl-
Hnt qn'ellc iv ao\1 ni dispense, ni vendue : • BiMiotbfiiiim
ofEiaiii. XL ïmplinB annomm Kpatio, magna dili({eiitiï »c
nmpta oongegtam. cjuam intogram conKerrari non Bolnm
oimaiKi mvw. Bcd etiim rei litleniri» inter<tit, dividi, vondi
lo ^HHÏpari Veto; eainqun eommonem. cum numismalibUT'
^Iquis aiu'i'iu. nrgentelH et aimifl, iiiler lilio«, qui Utlerin
tpàrtm aaimbuut. bclo, ita ut etiam eiteri», aliiBquc philo-
ioeU ad UBiini pnbltonm patost. ^jnii enHtmliim Tetro Pu-
teftno. eii^iisto mcD, et mnlti» iiominibUB mihi earo, dunee
âlii a'Iuleïeujit euuimittot qni et libron niaiinticriptOH ils qui
maa habobant atendoB dare potcrit, modo de illls restilnen-
duldonce caveatar. > Lcu i-iuontéa de J.-A. de Thon furent
ITOictuellemeiit exéeutée»; hb bibliolbèquo pbshb k »es duBcen-
inte, et Pierre Dupuy eoQtiiiua fa en avoir 1b dii'ectiou, tandis
lue ion ttère JaeqnoB s'occupait d'en drcseer le catalogntt. Elle
*nt bientôt crilcbro par toute l'Europe. Le cardinal Antonio
1 70 CHAPITltE VI. -- 1057 à 167t).
renfermait alors trente mille volumes : - Je vou:
Barborini, envoyé en France comme légat, ne voulut pas re-
tourner à Bome sans l'avoir visitée. Ce prélat était d'ailleurs
un bibliophile distingué et l'on sait qu'il eut longtemps Gabriel
Naudé pour bibliothécaire.
Peu de temps avant la mort de François-Auguste de Thou,
fils aîné du célèbre premier président, et qui fut décapité à
Lyon en 1642, son beau-frère M. Picardet, procureur général au
Parlement de Dijon, avait laissé une certaine quantité de bouA
livres qui, par les soins de Dupuy, vinrent encore augmenter la
bibliothèque de la rue Saint- André-des- Arts. Enfin Pierre Du-
puy mourut en 1651, et légua tous ses manuscrits à la riche
collection qu'il avait tant contribué à former ; dans le nombre
HO trouvaient toutes le» pièces originales du célèbre recueil
connu sous le nom de Recueil de Loménie,
L'amour des livres fut longtemps héréditaire dans la fiimille
de Thou. En 1649, quand le Parlement, décidé à ne plus
garder aucune mesure contre Mazarin, ordonna la vente de
Hes biens et de sa riche bibliothèque, du sein même de la Cour
de justice irritée, une voix s'éleva pour défendre cette pré-
cieuse collection ; F.-A. de Thou rappela qu'elle « estoit désià
^ destinée au public, que par conséquent il estoit d'avis de la
" conserver; et que les bibliothèques n'estant considérablen
r* qu'entant qu'elles estoient entières, ce seroit un dommage irré-
» parable pour les lettres de la dissiper ou diviser. » On sait
que ces sages paroles ne parvinrent pas à calmer la colère deH
Frondeurs, et que la magnifique collection de Mazarin finit
par être vendue aux enchères.
En 1679 la bibliothèque de de Thou fut mise en vente par
l'abbé de Thou, qui n'avait guère trouvé que des dettes dans
la succession de son père; il avait fallu deux ans à Ismaël
Boulliau et à Joseph Qucsnel pour dresser le catalogue de ce
précieux cabinet. Le président do .Ménars en donna trente
mille livres; et la célèbre Bihliotheca Thuana, qui renfermait
alors mille manuscrits, tous rares, et plus de neuf millo vo-
lumes imprimés, quitta le vieil hôtel de Thou, et ,v sous le nom
de Bihliotheca Menarsiana que lui donne Santeuil, fut installée
chez M. de Ménars, dont l'hôtel touchait & celui de Colbert.
Elle n'y retrouva pas l'affection et les soins que lui avaient
si longtemps prodigués le vieux président de Thou et son ami
P. Dupuy. Son nouveau propriétaire s'occupa peu de l'aug-
menter, et en 1705 il la vendit pour 36,300 livres au cardinai
de Bohan-Soubise, évêque de Strasbourg.
Celui-ci possédait déjà un commencement de bibliothèque;
il habitait rue du Chaume l'admirable hôtel qui porte encore
son nom, et la collection qu'il venait d'acquérir fut placée dans
LA BIBLIOTHEQUE DE J.-A. DE THUV. 171
"* ^>nvoie, écrivait M. de Thou, l'extrait du cata-
. appartements du rez-de-chaussée. Le cardinal en avait coni
IT*^^ toute la valeur : il choisit pour bibliothécaire Tabbé d'Oliva '
y^lien d'une grande érudition, qui rendit à la bibliothèque do
"®. ^ÏTiou une partie de l'éclat dont elle avait joui sous son pre-
."^^^ï nuûtre ; elle devint de nouveau un centre intellectuel, où
^®® savants de toutes les nations étaient sûrs do trouver toujours
•"^ affectueux accueil. L'abbé d'Oliva s'occupa surtout de
^'^^^ïl.pléter cette riche collection, que la négligence de M. de Mé-
n^lrs avait rendne déjà, un peu arriérée ; il mit au courant les
^^"V rages périodiques et fit venir de l'étranger toutes les pro-
J^otions de quelque valeur et des manuscrits très-précieux.
^?^^iite-six années de soins augmentèrent à tel point cette
"*^^liothèque, qu'elle finit par renfermer plus de quinze mille
^'plximes imprimés, dont l'abbé d'Oliva dressa le catalogue en
^"^^ï^^-cinq volumes in-folio.
X^a collection de l'hôtel Soubise, alors « la mieux choisie qu'on
' T^foi voir, » passa, après la mort du cardinal, à son héritier, le
M^ïtaréchal prince de Soubise, que la déroute de Bosbaoh a rendu
'i^ 'tristement célèbre. Par une assez étrange coïncidence, ce
nia.r'échal choisit pour bibliothécaire C.-F. Dupuis, le savant
au."t€)ur de Y Origine des cultes.
Auprès la faillite (jtuomenée, les descendants de la famille
^^ Soubise mirent en vente cette splendide bibliothèque, qui
coBaprenait alors au moins cinquante mille volumes. Les en-
chères durèrent plus de quatre mois, du 12 janvier au 22 mai
17^) faites sur un mauvais catalogue rédigé à la hâte par le
Ubraire Guillaume Lcclerc, elles ne produisirent qu'une somme
A© 260,000 livres.
Nous avons dit que le catalogue primitif de cette collection
ï^'avait été publié qu'en 1679, lors de l'acquisition faite par
H, de Ménars, soixante-deux ans par conséquent après la mort
^e J.-A. de Thou. Mais M. Gustave Brunet a eu la patience
<le relever plume en main, le nombre des ouvrages postérieurs
*1617, et qui n'ont pu dès lors être achetés qu'après le décès
du savant président. Ajoutons que ce catalogue jouit pendant
longtemps d'une telle célébrité que, vingt-cinq ans plus tard,
il fot réimprimé en deux formats, in-folio et in-12.
On peut consulter sur l'histoire de cette admirable collec-
tion : Niceron, Mémoires pour servir à Vhistoire des hommea
ittustres de la républiq^ite des lettresy t. IX, p. 312, et t. V, p.
49. -- Grosley, Vie de Pierre Pithou, t. II, p. 246. — Lomcir,
He bibliothecis liber, p. 307. — Scévole de Sainte-Marthe, Gattorum
docirina Uhistrium qui nostra memorîa floruere elogia, lib. III,
p. 82, et lib. V, p. 161. — L. Jacob, Traicté des plus belles bi-
Uiothèq^ues , p. 570 et suiv.- 3IicheldeMarollee, A/Z/MoeV*^, t. IX,
[■J2 CHAPITRE VI. — 1657 h 1670.
•) logue qu'il vous a plu de me communiquer^ cV
•' suis surpris que dans les trente mille volumes â>
» quoi monte la bibliothèque de Sa Majesté, il en
ff manque encore ce nombre i. . . »
p. 219. — Sauvai, Histoire de Paria, t. III, p. 52. — Piganioldc
la Force, Description historique de Paris, t. IV, p. 339. — Vi-
î<iieul-MaT ville, Mélanges d'histoire et de littérature, t. I«r, p.
26. — G. Naudé, Advis jyour dresser une bibliothèque, p. 139.
— Lemaire, Paris aficien et twuveau, t. III, p. 288. — Le-
prince, Essai historiqtte sur la bibliothèque du roi, p. 56 et Soi.
— Illustrissimi viri J.-A, Thuani testamentum, à la suite des
Commentariormn de vita sua Ubri sex, p. 104. — Dissertation
historique touchant la bibliothèque de Pierre Pithou, p. 71. -
Almanach royal, année 1709, p. 219. — G. Bricc, Nouvelle des-
cription de Paris, t. II, p. 92. — Lerouge, Curiosités de Paris,
t. I«r, p. 584. — Thiéry, Guide des amateurs et des étranger»
ooyageurs à Paris, t. !«', p. 584. — Journal contenant ce qui
s'est fait et passé en la Cour de Parleynent sur le sujet des af-
faires du temps présent, p. 81. — J.-C. Néméitz, Le séjour de
Paris, ou instructions curieuses pour les personnes de condition,
etc., 1. 1", p. 276. — Nouvelle biographie générale, article Oliva.
— El. Fournier, Uart de la reliure en France^ p. 115. — Strn-
vius, Introductio ad notitiam rei litterariœ, p. 93. — P. Lacïoix.
Curiosités de Vhistoire des arts, p. 179. — Journal de d' Ormes-
son, t. I*"", p. 173. — Journal des savants, année 1679, p. 229.
— Santeuil, Opéra, I" partie, p. 150. — D. Hiict, Commentitriu^
de rébus ad eum pertinentibus, lib. VI, p. 390. — Bulletin du
Bouquiniste, n» du 15 octobre 1863. — Mémoires sur quelques
bibliothèques de Paris, rassemblés par le P, Léonard de Sainte-
Catlierine, Bibliothèque nationale, manuscrits, fonds fraiiçci**,
n«> 22592, (ancien fonds des Pctits-Pcrcs, n» 17). — G. Brunet,
Dictionnaire de bibliologie, p. 538. — P. Paris, Les manuserits
françois de la bibliothèque du lioi, t. IV, p. 189 et suiv., 431 et
suiv. — A.-P. Faugèrc, Journal d'un voyage à Paris en 1657 et
1658, p. 86 et 493. — Catalogus bîbliothecœ Thuanœ a clariss.
V, V. Petro et Jacobo Puteanis, ordine alphabetico primum dis-
positus; tum secundum scienttas et artes a clariss. Viro Ismaele
Bullix'ildo digestus. Nunc ver" editus a Josepho Quesnel, Par'tslnv
et bibliothecario, 1679, 2 in-12.
1. Lcprince. Essai historique sur la bibliothèque du roi, p. 5().
— Jourdain, Mémoire historique sur la bibliothèque du Roy, p.
XXXIII.
LA BIBLIOTHEQUE DE J. MENTEL. 1 73
Elnfîn, Tannée suivante, on acheta moyennant
^^^gt-cinq mille livres, la collection tout entière
du ttiédecin J. Mentel, savant bibliophile, « admi-
" ^^blement versé, dit Michel de Marolles, dans la
" ^onnoissance de tous les beaux livres, aussi bien
" ^Ue dans les secrets les plus importants de sa
" profession!. » Sa bibliothèque avait eu pour
P^^mîer fonds une partie de celle de J. Passerat,
^^^ était mort au commencement du siècle; quel-
^^^s années plus tard, il avait acquis encore une
^^"^"taine quantité de livres provenant du cabinet
^ savant professeur J. Grangier, et en 1643, il se
^^Xfvait posséder « quatre à cinq mille volumes
^ ^ien reliés et bien conditionnés 2. n Sa biblio-
, ^((ue s'augmenta rapidement à partir de cette
*^^que; car il recherchait avec une égale ardeur
Vnt ce qui concernait la théologie, la jurispru-
1,^^ *ce,.la philosophie, l'histoire et les belles-lettres;
^ '^^'^ briel Naudé, son ami intime, lui légua plusieurs
^-^"vragcsS. Quand Mentel mourut sa bibliothèque
^fermait dix raille volumes^ et plus do cent
^^^ ^^nuscrits excellents.
^ -*- . Michel de MaroUos, Mémoires^ t. II, p. 217. — Voyez ausBÎ
■^ -J)e8cription succincte et néantmoîns assez ample de Partit, p.
* ^ ^t 44.
^ • L. Jacob, Tr aidé des plus belles bibliothèques, p. 634.
"^^^ Leprince, Essai Iiistorique sur la bibliothèque du roi, p. 57.
-. "^^ Chomel, Essai historique sur la médecine en France, p. 70 et
' •- * — Il en existe un catalogue h la Bibliothôqne nationale,
^^'^«niisorits. fonds latin, n" 0370.
CHAPITBE Vil
(1670 à 17U)
Mî
^3ns de Doat dans le Midi, d'Alland dans le Dauphiué, de
^efroid dans le Nord, de Wansleben en Orient, do PetiH
la Croix et dé Galland à Constantinoplo. — La biblio-
^que des Carmes de la place Haubert. — Modifications dan
^^eraonnel de la bibliothèque du Roi. — Les reliures depuis
'^^lis XIV jusqu'à Louis XVI. — Nouvelles estampilles. —
^bbé de Louvois. — Essai de publicité. — La bibliothèqu(î
^ Julien Brodeau et celle d'E. Bigot. — Catalogues de 1675,
^^^ 1688 et de 1690. — Vols commis par Jean Aymont. —
"^onation de Gaignièrcs. •
epuis longtemps la bibliothèque du Roi
recevait chaque année, par les soins des
ambassadeurs d'Angleterre, de Hollande,
d'Allemagne et d'Italie, presque tout ce qui
^'imprimait dans ces contrées. En 1670, M. de
Verjus, membre de l'Académie française et am-
l)assadeur en Portugal, avait envoyé deux cent
cinquante volumes, tous relatifs à l'histoire do
176 CHAPITRE VII. — 1670 à 1714.
la Péninsule, de l'Asie, de l'Afrique et de FAmé-
rique 1 . Le président Doat avait l'ordre de parcou-
rir le midi de la France et de faire copier dans
les archives des différentes villes, dans les mai-
sons religieuses, les archevêchés, etc, toutes les
pièces relatives soit à la politique, soit ï l'histoire,
« Nous vous commettons, disaient les lettres pa-
tentes, ordonnons et députons) pour vous trans-
porter dans tous les trésors de nos chartes, et
dans toutes les archives des villes et* lieux,
archevêchés, évêchés, abbayes, prieurés, com-
manderies et autres communautés ecclésias-
r tiques et séculières, ... et dans les archives des
r archevêques, évêques, abbés, prieurs, comman-
r deurs qui en pourroient avoir de séparées de
;; celles de leurs Chapitres, vous faire représenter
r et délivrer tous les titres que vous jugerez né-
r cessaires pour la conservation des droits de
r notre couronne et pour servir à l'histoire, poui*
r en ^aire des copies, que vous ferez collationner
;• en votre présence par votre greffier dont vous
r signerez les actes Voulons qu'à cet effet
r les gardes des trésors de nos chartes et des ar-
fj chives de nos provinces de Guyenne, de Lan-
;> gaedoc et pays de Foîx, et tous autres qui seront
1. Jourdain, M/'mnlre hietorlquf sitr fa hthliofh^q^fe au J^oy, p.
Xxxrv.
r
MISSIONS BIBLIOQBAFHIQI7S8. m
chargés desdits tikes, et qulles auroat eiVr leiu;
pou^iir, soient tenus de tous les représenUrf.e|^
vous délivrer ceux qi|i tous aurez choisis ; poui;
êUe le& copies ainsipar to^s axfartûteSt eaToj^éeo.
SL^^g9Fi» deinotceBiiiUpUiique ro^le 1 • # Doat
ejt.dèsr 1667, il enToiaà.Col]^rt quarante-,
<)is:l)^)ptai de copies ^fuiant du Béara ,#t du.
^ !^ ^mfflicytQCt et représentant plus de troii^ xfata
Aljand, président à Télectio^ de 6re»)ble,r9çoîl
uK-^sr^e^ipis^ion analogue pour Iç Oauphiné, tandis
Qf^defrpyr: tP^^ ^ archives de Flandifes,.
chargé^d'op{$rer dansle.jQord<^.
Â.la a^ême époque, le dooiinicain Jean^Michel
[ao^ben. rai^orie d^Orient six cent soixante
TixTusmusccits hébraïques, ^jriaques,, epptea,» arabes,
e^6cs» turcs et persans K Colbert Taxait mis en re-
\9.fio];i3 arec SL Sauvan, notre consul de Chypre, k
^vii jX écrivait le 6 novei^re : 1671 : « M.. Arnou}
>» m^a envoyé les livres grecs et arabes que vous
9Aft*- ^P'^^t ^^^^* hiitorique 8ur la hihlioéhèque du roi, p*
2« Jo^dain, Mémoire hietorifue $ur la hibUatMfuê.d» Mo^t^*^
^* Xe Jo«nial de son voyage * ëté^ imprimé k Paris en 1^77 «
i.J^f ^nit presque aussitôt en anglais. Il existe manuscrit à la
^^liothèqne de Qothaet Lia. Bibliothèque nationale de Paria,
(K>Q^ des manuscrits italiens, n» 436.)— On peut encore consulter
^^ I« yied* Wanslaban.: Echard, Scriptores on^iê> MrmékafO'
^^^» t. II, p.698, et P. Olément, Letiret^ instruetianë irt m4^
^**-es de Ckflbert, t. VU. p. 452.
12
1 78 CHAPITRE Vn. • 1670 k 17U.
9 arez été chargé de luy adresser par le Bieor
» Yanslebio ; et comme je seray bien aise d^aroir
jp eeux qui sont les plus curieux et les plus rares
9 dans ces langues et dans les autres du Lerant,
n en cas que inous en rencontriez à achepter, et
JP que TOUS trouiiez quelqu'un qui sçache fiiire le
g choix des livres de cette qualité, vous pourrez
JP en ftiire le marché ; et en me faisant sçatràr ce
n que TOUS aurez advancéj'auray soin de tous en
I» faire rembourser exactement >» Un an plus tard
(29 norembre 167S), Gûlbert écrit encore à M.
SauTan : ^ JTay receu les trente sept manuscrits
» que vous m'avez envoyés, lesquelz j'ay trouvé
ti assez bien conditionnez. Je donne ordre à M.
fi Amoul de vous faire tenir les cent vingt cinq
n piastres que vous avez déboursé pour cela ï.
Petis de la Croix et Antoine Galland vont re-
cueillir des manuscrits à Gonstantinople, et y tra-
duisent les Confessions de foi des Églises grecques.
On peut se faire une idée du soin avec lequel
étaient réglés tous les détails de ces missions, en
lisant les instructions rédigées pour Wansleben
sur l'ordre de Colbert :
« Le principal dessein du Roy, écrit Carcavi,
n pour les voyages qu'il ordonne au sieur Vansleb
9 de faire dans le Levant estant d'y rechercher
I. Depping, Correspondance administrative sous le règne de
Louis XIV, t. IV, p. 580.
KimO^ PE WANSLEBEN EN OBIENT. 1 79
» et envoyer icy la plus grande quantité qu'il
» pourra de bons manuscrits et de médailles
ff anciennes pour sa bibliothèque, il y apportera
» un soin particulier, et tel qu'on se le promet de
* éa diligence et affection au service de Sa Majesté.
M Et pour l'ayder aucunement en cette recher-
f^" cbe, on luy a donné et joint à cette instruction
fi deJ catalogues de plusieurs bons livres arabes,
» turcs et persans, un mémoire et une instruction
«particulière pour discerner et choisir les bons
» manuscrits grecs anciens, avec un autre mé-
» moire et instruction pour la connoissance et le
• choix des médailles anciennes.
On l'avertit aussy qu'on a sçu par des relations
M véritables qu'au mont Athos il y a plusieurs
» bons livres, comme pareillement à Niammony
» dans l'isle de Chio, où sont les œuvres de saint
H Denis ; que M. André, le patriarche des Syriens
M enAlep, possède quelques» livres originaux des
n conciles; qu'Adaya, médecin de Damas, a un
» recueil considérable de livres grecs, turcs, arabes
M et persans, et entre autres une histoire générale
9 des plantes peintes après nature ; l'un et l'autre
» sont Grecs, et partant plus curieux d'argent que
» délivres.
J9 II pourra encore intéresser les caloyers au
m mont Sinaï et acheter une partie de leurs livres,
m qui demeurent ensevelis sous la poussière,
m quoyque bons et originaux.
] 80 CHAPITRE Vn. — 1670 à 1714.
» Procope remarque le soin que prit l'empereur
» Justinien de fournir leur bibliothèque d'éxcel-
n lens livres. Il en rencontrera aussy quelques
» uns dans les couvens dés déserts de la Nitrie et
» dans ceux de Saint-Antoine et de Saint-Ma-
n Caire, d'où les Anglois et les Vénitiens en ont
n enlevé une partie.
M 11 aura de la peine d'en avoir à Constanti-
n nople, s'il ne gagne un homme de loy ou un
» iman de mosquée qui ayt une bibliothèque et
« qui ne soit pas fort bien en ses affaires ; il fau-
M dra en faire un marché en bloc, et le premier
» qui se défera des siens par intérest, en achètera
n encore d'autres pour y gagner, qu'il luy remet-
ff tra; mais il faut mesnager prudemment sem-
^ blables rencontres.
n II importe qu'il sçache que les livres persans
>7 sont beaucoup plus chers en Turquie qu'en
;» Perse ; si l'occasibn se présente, et s'il juge à
;> propos d'aller à Ispahan, il y en trouvera quan-
r tito, et aura liberté entière de les acheter.
» Pendant ses recherches et dans ses voyages,
n s'il peut trouver un honneste homme qui sçache
M également bien plusieurs langues orientales,
n comme l'arabe, le turc, le persan et l'arménien,
» il taschera de l'engager au service de Sa Majesté
» et à l'obliger de venir icy, luy faisant espérer
» une condition avantageuse et honorable.
f* L'on avoit pensé il y a quelque temps à Aly-
lA BELnJBS AUX XVn« à XTUh SIÈCLES. 191
Antoine Ruette fut relieur de la Ilibliothèque
depuis la fin du règne de Louis XIH. Dans un
registre des dépenses de Louis XIV, cpii est con-
senré aux Ârchires de TEmpire, on lit, à la date
du 3 juillet 1650, que le roi « voulant gratifier
f «t IkYorableinent imiter Antoine Iluette^ son
ff .icÙmr.de liTros ordinairei en considération des
• JiaMserTieesquIl lui a rendus et au feu royson
« |ién, loi Bocarde son . logement sa yie durant
w (jbait le Collège royal.»
rfikwttftmC pour successeurs Bemache et Nyon,
q0^0jlÊtam la plupart des relieurs de cotte époque
éMmàt établis aux environs de Téglise SainU
i4i relieurs du roi furent ensuite Dubois, Pas-
dilolô^ qui demeurait place de la Sorbonne, et
Loiiia Douceur.
Eiffllli suivant Leprince, à la fin du xvuio siècle,
le 9 fèlieur des Livres de la 1 tibliothoque n était
• VU Durand, relieur du Clergé de France , rue du
w ]i8at*Saint*Hilaire,vis-à-vislePuits-(:ertain ^.m
On ee décida, vers la fin du K^e de Louis XIV,
à modifier Testampille que Ton apposait sur le
pèenuer feuillet de chaque volume. Lo nouveau
modèle, beaucoup plus petit (|ue le premier, et
t. Pradelleft. Z^e« adresses U la Ville de Paris (160t),p. 90.
2. Leprinoe, Essai historique sur la bibliothèque du roi,
areriiiaemeiit* p. xxj.
lya CHAPITRE VU. — 1070 à 17U.
n n'ont presque point de métiet ni d'autre occu-
n pation que le commerce.
w II remettra tout ce qu'il achètera, tant les
;, livres que les médailles et les autres curiosités,
it entre les mains des correspondans qui luy se-
n ront adressés par M. Arnôul, ou des correspon-
» dans des dits correspondans, qui en feront le
n payement en sa présence et par son ordre, et
n les feront tenir au dit sieur Arnoulj à Marseille.
n II tirera un reçu de tout ce qu'il laissera aux
m dits correspondans, et leur donnera aussy une
n lettre d'avis qu'il écrira audit sieur Arnoul des
» choses qui doivent luy estre envoyées par ledit
m correspondant, y joignant une relation de ce
n qu'il aura fait et remarqué, de laquelle, comme
» aussy du mémoire de ce qu'il aura mis entre les
n mains dudit correspondant, il gardera un double
» par devers luy, et priera le correspondant d'en
^ garder pareillement un double, pour éviter le
n danger que courent les voyageurs de perdre en
n un instant ce qu'ils ont recueilly et remarqué
n avec beaucoup de peine. » ^
Quelques jours après Colbert écrivait à ce Sujet
à rintendant des galères de Marseille : « Le Roy
1. p. dément, Lettres» if%struetion8 et mémoires de Colbert, t.
Vn, p. 452.
LES CARMES m LA PIACE MAUBEBT. 183
m envoyant le sieur Vanslèbe en Levant, et parti-
m culièrement en Ethiopie, pour y chercher des
m livres rares et autres curiosités qui peuvent
jf servir à embellir la bibliothèque de Sa Majesté,
n j'ay donné ordre à M. Garcavi de vous écrire
n afin que vous fournissiez tout ce qui luy sera
m nécessaire pour faire ce voyage, en luy faisant
» toucher de l'argent à Marseille et en luy procu-
M ranl des lettres de crédit et de recommandation
» des principaux marchands de cette ville qui tra-
it fiquent en Levant.
n Comme ledit sieur Carcavi est bien informé
M de mes intentions sur le sujet du voyage dudit
19 sieur Vanslèbe, je vous prie de donner une en-
m lière créance et d'exécuter ponctuellement ce
» qui est contenu dans la lettre qu'il vous en écrit
» de ma part. » ^
Le voyageur anglais Bruce offre au roi une ma-
gnifique copie du livre d'Enoch, qu'il a trouvée en
Abyssinie. Gassini lui donne huit cents volumes de
mathématiques.
Le couvent des Carmes de la place Maubert 2
possédait une belle bibliothèque ; on négocie avec
1. p. Clément I Lettres, instructions et mémoires de Colbert, t.
V, p. 807.
9. Jj9^ bibliothèque de» Carmes de la place Maubert dut eanc
doute fK>3 prenûer fonds au cardinal ])Cicbel du Bec, qui mourut
184 CHAPITBE VIL — lj67Ô à 1714.
les religieux, et, moyennant une rente perpé-
tuelle de six minots de sel, ils livrent au roi
à Avignon en 1318; il voulut être enterré chez les Carmes de
Paris, et pour obtenir cette faveur, il leur légua mille livres
parisis et sa bibliotHèque composée de vingt-cinq volumes,
dont nous avons trouvé l'inventaire aux archives de TEmpire.
Il faut citer encore parmi les bienfaiteurs de cette Maison, le
sous-prieur Mathieu de Paris, Nicolas de Saint-Marcel, Jean
de la Charité, religieux du couvent de Pont-Audemer, Jean
Goloin, le traducteur dont nous avons parlé plus haut, et le
prieur Jean de Vernon. Laurent Bureau, qui fut évêque de
Sisteron, provincial de Nar bonne et. confesseur de Louis XII,
était entré fort jeune dans l'ordre des Carmeé, auquel il portait
une vive aô'eci/ion. En 1494, il donna quelques volumes au cou-
vent de la place Maubert, puis, en 1498, il lui fournit l'argent
nécessaire à la reliure de plusieurs manuscrits.
Au moment de la Révolution, la bibliothèque des Carmes, oc-
cupait une salle assez élégante, et entourée de vingt-cinq ar-
moires remplies de livres. Presque tous les écrivains de l'époque
disent que les Carmes avaient alors environ 12,000 volumes ;
cependant le jn-icur, dans VÉtat officiel qu'il dut fournir à la
municipalité, se contenta de déclarer 1,834 volumes. Il ajoutait
que le couvent n'avait plus de manuscrits, ce qui était encore
un mensonge, car 18 d'entre eux sont entrés à la bibliothèque
nationale, et les autres bibliothèques de Paris en ont également
reçu. Les religieux s'elïbrcèrent, par un moyen du même genre.
de conserver une collection à laquelle ils paraissaient aupara-
vant tenir bien peu. Le 16 avril 1791, le commissaire de police de
la section Sainte-Geneviève fut averti qu'un vol avait été commis
dans la bibliothèque du couvent des Carmes; il s'y rendit aus-
sitôt et constata « que le cadenas qui étoit à la porte avoit été
« arraché avec son piton » ; on ne s'était pas arrêté là, la moi-
tié des armoires avaient été ouvertes, et un grand nombre do
volumes manquaient. Quels étaient les auteurs de ce vol? Lt^
commissaire, dans son procès- verbal, n'en accuse point les reli-
gieux : « A la réquisition dudit sieur Housez, et pour la propre
" satisfaction des citoyens qui demeurent en ladite Maison,
« avons visité les chambres par eux occupées, et n'y avons rien
» trouvé. » Les ouvrages volés finirent néanmoins par repa-
raître, puisque, malgré la déclaration qu'avait faite le prieur, ou
constata lors du transport dans les dépôts littéraires, la pré-
sence de 10,000 volumes. — Sur cette bibliothèque, voyez A.-F.,
Ses anciennes bibliothèques de Paris, t. II, p. 1 et suiv.
LEH HANUBCKITB DE M0IS8AC. 1 g5
dû-liuit incunables, et soixante-sept manuscrits
/a tins.
Va peu plus tard, Colbert entreprend de s'ein-
P^rer de tous les manuscrits de l'abbaye de
-Woissac; il y envoie l'abbé de Foulhiac qui tra-
^^^ille le Chapitre et obtient son autorisation i .
^*e^Jle de l'abbé commandataire de Moissac, M.
^ 'estrades, alors ambassadeur à Venise, fut ac-
cc>:rcJée plus facilement encore, et au mois de
^^-^^i^ 1678, la collection, composée de cinq cent??
uscrits, entrait à la Bibliothèque.
1 680, un trésorier de France à Montpellier,
n
«.•a_ ~5 ^^ Xe 4 mai 1678, Tinteudant Foucault écrivait au bibliothé-
de Colbert : « Je n'ai pas voulu, Monsieur, me rapporter à
^ ",_*^onno pour aller tirer des archives de Moissac les manus-
^ ^?^^'*8 dont j'ai eu l'honneur d'écrire à M. Colbert. Je me suis
^Z^?^ ^^jnsporté dans l'abbaye et ai fait assembler les chanoines,
î ont délibéré de me les remettre entre les mains après avoir
la lettre do M. l'abbé d'Estrades ; ce qui a été exécuté sur-
'"^^îhamp. H est vrai que quelques-uns d'eux en vouloient faire
*e un catalogue; mais je mo suis chargé do ce soin, et j'y
« présentement travailler par M. Fouillac, chanoine do Ca-
^^rs, qui fait grand cas do ces manuscrits que les chanoines
^ connoissent pas, ne s'étant pas trouvé de catalogue dans
* archives. Lorsque celui qui se fait sera achevé, dDut je vous
^^Tinerai avis par l'ordinaire prochain, je les enverrai par les
'I^^^iliers de Limoges, étant la voie la plus courte et la plus
^^^"inmode. Je m'estimerai bien heureux si le jugement que
^^iis ferez de ces livres répond à mes souhaits, et s'ils sont
fc T;;ï^ïéable8 à M, Colbert. Je vous en écrirai. Monsieur, plus am-
^ î**cment par le premier ordinaire, n'ayant eu que le temps de
*^s faire porter ici depuis qu'ils sont en ma possession.
,j^ • Foucault. •
"• Baudry, Mémoires de Nic.-Jos. Foucault, introduction, p.
186 OHAPITBE VII. — 1670 à 1714.
nommé Boudon, envoie à Colbert douze tonnes
remplies des manuscrits du collège de Foix^ ; et,
Tannée suivante, il s'empare de la collection appar-
tenant aux chanoines du Puy » ,, et des archives du
Chapitre de Car cassonne^.
En même temps, M. de Rignac, conseiller à la
Cour des aides de Montpellier, donne au roi cent-
quatre manuscrits, et Colbert écrit (12 décembre
1. Colbert écrivait le 11 août 1680 à Baguesseaa, intendant à
Toulouse : • K, Boudon ayant éorit au sieur Balu26 qu'il estoit
» convenu avec les prieurs et collégeats du collège de Foix, de
» Toulouse, pour l'achat de tous leurs manuscrits, vous me fe-
• rez un singulier plaisir de donner audit sieur Boudon toutes
» les assistances qu'il désirera de vous pour achever cette affaire.
» et de leur faire payer lesdits manuscrits, au nombre de 300 vi
- tant, sur le pied de 40 livres pièce.
» Comme il faudra encore faire quelques dépenses, j'écris à Pa-
• ris au sieur Pouget de faire payer 80 pistoles à mon ordre, ot
• je vous prie d'en vouloir bien faire ta distribution de concert
• avec le sieur Boudon. •
P". Clément, Lettres, instructions et mémoires de Colbert, t. V,
p. 414.
2. Colbert lui écrivait de Saint-Germain, le 17 novembre 1679 :
« Le Roy, voulant que l'on continue la recherche de tous les an-
» ciens titres, actes et instrumens qui peuvent servir à divers
• traités historiques auxquels Sa Majesté fait travailler. Sa Ma-
» jesté m'ordonne de vous faire sçavoir qu'elle désire que vou»
w visitiez les archives des principales églises et hostels de ville,
» et que vous en tiriez ou fassiez faire des mémoires de tout ce
• qui s'y trouvera qui pourra servir au dessein de Sa Majesté.
• Je vous envoyé l'arrest que l'on m'a demandé afin de vou»
• donner quelque autorité de visiter les archives des principales
• églises et hostels de ville ; mais vous devez observer qu'il ne
> faut rien faire en cela que de l'agrément de tous ceux qui peu-
• vent y avoir intérest. •
P. (jîémffJûX, Lettres, instructions et mémoires de Colbert, t. V,
p. 409.
8. p. Ciénjent, Lettres t instruetionè et f mémoires de Cofberi, t.
V, p. 422.
ESSAI DE PUBLICITÉ. I97
Le jeune abbé de Louvoîs avait, en effet, pris
rîMiative d'un projet qui celte fois encore
échoua ; il avait voulu rendre publique la biblio-
thèque du Roi. Nous avons vu qu'aucun essai
n'avait été fait dans cette voie depuis Amyot, qui
consentit à prêter des manuscrits à quelques sa-
vants privilégiés. En 1691, les Adresses de la viUe
Ole Paris publiaient encore des notes comme cellc-
^î z tt Les curieux, par faveur, peuvent avoir quel-
* que pntrée dans la Bibliothèque du Roy, rue
" Vivieûne^* » Louvois, l'année suivante, résolut
d'ouvrir deux fois par semaine cette bibliothèque
*' à tous ceux qui voudroient y venir estudier2, „
6t pour fêter le jour de l'inauguration, il « régala
" plusieurs sçavants d'un magnifique repas s. „
J^îverses causes firent presque aussitôt interdire
^ filtrée de l'établissement, qui ne devint définiti-
vement public qu'en 1735.
L'abbé de Louvois Tut un bon administrateur,
'^^t dévoué au soin de la collection qui lui avait
^^^ confiée; mais Colbert n'était plus, et la Biblid-
tuèqtie ne retrouva jamais les jours brillants
^^^ sa prodigieuse activité savait lui proparer,
l-es donations et les achats devinrent moins
* ^es adresses de la ville de Paris, MDCXCI, p. 11.
*^' -àtercure galant, novembre 1692|.p. 320.
'^' -àferrure galant, novembre 1692, p. 820.
Igg CHAPITRE VII. — 1670 à 17U.
celui-ci mourut l'année suivante, et eut pour suc-
cesseur Melchisédech Thévenot, qui administra
rétablissement pendant la minorité du jeune su-
rintendant.
Nous avons oublié de mentionner un fait qui eut
lieu en 1681, « année, dit naïvement Leprince,
» qui sera à jamais remarquable par la visite dont
n Louis XIV daigna honorer sa bibliothèque. Sa
» Majesté y vint, accompagnée de Monseigneur,
9 de Monsieur, de M. le Prince et des plus grands
« seigneurs de la Cour. Après que' Colbert eut
» montré tout ce qui y étoit le plus capable d'atti-
» rer Tattention, le Roi fit aussi Tbonneur à TÂca-
9 demie des sciences d^assister à une de ses
• assemblées, qu'elle tenoît encore dans la Biblio-
» thèque^. n
Colbert, dont le vaste génie embrassait à la fois
tous les détails de la tâche immense qu'il s'était
imposée, avait accordé A la question des reliures
une attention sérieuse, et une immense quantité
d'ouvrages reçurent, sous son administration, de
magnifiques couvertures de maroquin rouge. Des
L entrelacées et couronnées sont frappées sur le
dos entre chaque nerf;
1. Lcprince.. Essai historiqw sur la bihUothèq»^ du roi* p. 62.
LA RELirilF, AtrX >
xvrn siECT.EH.
mais sauf le soleil qui figure parfois à l'angle de
chaque plat on n'y rencontre aucun emblème. Les
seuls ornements sont les armes de France.
A partir ne cette époque, on ne trouve plus
^uère sur les reliures que ces armes, accompa-
gnées d'un entourage plus ou moins él^nt.
Quelques modifications successivement apportes
dans la forme des fleurs de ]ys permettent seules
de distinguer les unes des autres les reliures exé-
cutées sous Louis XIV, sous 1 e liégenl, sous Louis
XV et sous Louis XVL Une assez grande quanlitf>
de volumes reliés pendant la rôgence d'Anna
190 f^HAPITIlE VU. — 1670 t IIU.
d'Autriche portent les arniPi de cette princesso au I
rDilion des plalp.
qui âoiit on oulre suuvcnl couverts soit d'un suniM
d^ finir! df* lys, soit d'ft entrelaci^s.
LA BELIUBS AX7X TTJh à Z?III« SliSOLEB. 191
Antoine Ruette fut relieur de la Itibliotbèque
«puis la fin du règne de Louis XII [. Dans un
i^egistre des dépenses de Louis XIV, (pii est con-
^enré aux ArcbiTes de TEmpire, on lit, à la date
du S juillet 16*10, que le roi « voulant gratifier
« tt ftivonUement imiter Antoine Uuette^ son
«.idimir.de HTros ordinairei en considération des
m toMurv i cesquIl lui a rendus et au feu royson
« pèn» loi accorde son . logemeiit sa vie durant
m dini le GoUége royal.»
■^ HmHh mat poqr succosscursBenûuîhe et Nyon,
Hjrt;<flMWnek plupart des relieurs de cotte époque
étaient étabHa aux environs de relise Saint-
hH relieurs du roi furent ensuite Dubois, Pas-
^Moiip, qui demeurait place de la Sorbonne, et
X«oait Douceur.
Enfin, suivant Leprince, à la fin du xvm« siècle,
le « relieur des Livres de la Ifibliothèque » était
• Ht Durand, relieur du Clergé de France , rue du
w ]lMl4Saint^Hilairo,vis-à-vislePuits-(:ertain ^.»
On se dëdda, vers la fin du K^e de I iouis XIV,
à BKidifler Testampille que Ton apposait sur le
premier feuillet de chaque volume. Lo nouveau
modèle, beaucoup plus petit que le premier, et
U Vnâiàlêà, Leê adreêses le la Ville de Paria (160t),p. 90.
)• Lepfinoe, Essai histofique êwr la bibliotM'jué du roi,
ftveriiiMment, p. xxj.
192 CHAPITBE Vn. — 1670 à 17U.
comme lui toujours imprimé en rouge, est égale-
ment loin d'être irréprochable au point de vue
artistique,
on y retrouve les trois fleurs de lys, la eouronne,
le collier du Saint-esprit, et les mots BIBLIO-
THEGJE REGIJE.
Il fut, dans la suite, remplacé par un thnbFe
aussi laid, mais plus simple.
où ne figure plus le collier du Sairit-ésprit, et où
l'exergue porte en français ces mots : BfBLIO-
TÈQUE ROYALE.
Les doubles , dont la Bibliothèque jugeait à
propos de se défaire, recevaient, avant de quitter
l'établissement , une autre estampille, plus défec-
NOUVELLE» ËBTAHFILLES. I93
tueuse encore que les précédentes et qui garan-
•^il les droits de l'acheteur,
"'* 3 lit ces mots : DOUBLE VENDU.
l^ ffibliothèque continua, sous Louvois, à s'en-
"^«lir de nombreux achats faits au dehors. Pendant
^*^ Mabillon adressait d'Italie plus de trois mille
^lïimes au roi i, M. d'Avaux en envoyait de
T^'^llande, M. d'Obeil d'Angleterre, M. Piquetière
^ Suède, Galland de Turquie, et Besnier faisait
''^tvenir de Constantinople deux cents manuscrits
*^*^C3venant de la « bibliothèque du grand Sei-
gneur 3. B Un arrêt du31 janvier 1689 confirmait
"^liii de François !«', et forçait les libraires à
^ ^cuter les presecjplions relatives au dépôt légal.
T)ns'occupait en même temps d'un catalogue dont
11».
►us parlerons plus loin, et une note écrite de
3nain même de l'un des employés nous apprend
j^»J^. D. TasBin, Histoire litléraire de la Cattgrégalinn di Saint-
^'=te«r,p. 210.
x^^^S. Jourdain, Mémoire hislorique »w la bibliotklgue du Soy, p.
194 CHAPITRE VII. — 1670 à 1714.
que la Bibliothèque possédait alors (1688) qua-
rante-trois mille vjlumes imprimés. Dix ans après,
le D^ Lister écrivait : ^ Il y a au moins cinquante
n mille volumes imprimés et quinze mille manus-
n crits en toutes sortes de langues i. n
Le Tellier, archevêque de Reims et oncle du
jeune Louvois, avait provisoirement la direction
supérieure de la Bibliothèque; mais, depuis Golbert,
le surintendant des bâtiments du roi, y prétendait
certains droits. Un arrêt du Conseil les annula. Le
21 août 1691, il fut décidé que l'abbé de Louvois
aurait le titre de « Maître de la Librairie, Liten-
n dant et Garde du Cabinet des Livres, î^^anuscrits,
n Médailles et raretés antiques et modernes, et
» Garde de la Bibliothèque de Sa Majesté, sous
v l'autorité de Sa Majesté seulement, nonobstant
« qu'il soit porté par ses provisions d'avril 1684
n qu'il devoit l'exercer sous l'autorité et direction
n du Surintendant des bàtimens, dont Sa Majesté
;; le décharge et dispense, lui et ses successeurs en
;; ladite charge.... Et seront, les dépenses qu'il
» conviendra faire pour la Bibliothèque, le cabinet
;; des manuscrits, médailles, raretés et autres,
n concernant les fonctions et exercice de ladite
n charge, ordonnées par Sa Majesté, et les Estats
n et Ordonnances signées d'elle, et contresignées
1. Voyage de Lister à Paris en 16 9S, p. lOé.
LA PLACE VENDOME. 195
>» par le Secrétaire d'Estat et des comaiandemens,
» ayant le département de sa maison i. n
On bâtissait alors la place Vendôme, et Louvois
avait résolu d'y transférer la bibliothèque du Roi.
^ZTout le côté gauche de la place, en entrant par la
€3 Saint-Honoré était réservé dans cette inten-
n; un vaste hôtel destiné au bibIiothécah*e, avait
construit^, et en mars 1691 Tenscmble des tra-
XIX était assez avancé pour que Michel Germain
t écrire à son ami Magliabechi : ^ Rien n'égalera
la magnificence de cet édifice; oh y entrera par
liait degrés. Vous prendrez sans doute part à cet
auguste logement des muses qui font vos uni-
ques délices 3. n La mort de Louvois fit abîm-
er ce projet*, et Boivin écrivait, quelques
plus tard au maître de la librairie : « Etant
allé Tautre jour chez une personne de mes amis,
qui demeure im peu au-dessus de l'église de
Saint-Roch, j'eus la curiosité, en revenant, de
passer par la place de Vendôme. La démolition
^toit déjà commencée vers le milieu de la place.
*■ * XiOprince} Eswii hhtot'i^ue sur la bibliothèque du roi, p. 67.
. *• Voyez J. G. Legrand et C. P. Landon, DeserlpUon de Paris
et ^ ^^s édifices, III« partie, p. 16, et Thiéry, Guide des amateurs
**«« étrangers voyageurs à Paris, 1. 1, p. 197.
Ti-^- Correspondance inédite de MabUlon et de Mont faucon, t.
** p. 317.
g^?: XJne partie des plans qui avaient été dressés se trouvent au
^^ ÎJ^^t des estampes de la Bibliothèque nationale : Topographie
^^<*rist quartier de la place Vendôme, I, 4.
196 CHAPITRE VII. — 1670 & 1714.
n Ce spectacle m'affligea d'abord. Je tournay en-
n suite les yeux vers les arcades qui avoient été
n destinés à la galerie de la Bibliothèque. A cette
n veue, je me sentis soudain monter à la teste un
n feu violent, causé par l'indignation » ^ •
Les acquisitions continuaient d'ailleurs, et
l'établissement commençait à se trouver à l'étroit
rue Vivienne; on lit dans la lettre de Michel Ger-
main qui est citée plus haut, que les volumes
« étoient arrangés sur de simples tablettes dans
» vingt ou vingt cinq chambres, n
Le Docteur Lister disait de son côté dans le
Journal de son voyage à Pariai «^ On a le projet de
n transporter cette bibliothèque place Vendôme,
n où tout un côté de cette magnifique place est
n destiné à la recevoir. En attendant, elle est ran-
n gée très-commodément dans vingt-deux salles :
n quatorze au premier et huit tant au rez-de-
» chaussée qu'au dessus. Les pièces il'en bas com-
n prennent la philosophie et la physique; pour
n plus de sûreté les armoires sont grillées; dans
n les pièces du haut sont encore de la philosophie
n et des sciences. C'est dans ces pièces seulement
n que le public mêlé est admis deux fois par se-
n maine. «2
1. Bibliothèque nationale, manuscrits, fonds français, no 20052.
— La lettre entière a été publiée par M. L. Delisle, Le Cabinet
des manuscrits de la bibliothèque impériale, 1. 1, p. 293.
2. Voyage de Lister à Paris en 1698, p. 103.
ESSAI DE PUBLICITÉ. I97
Le jeune abbé de Louvoîs avait, en effet, pris
l'initiative d'un projet qui celte fois encore
échoua ; il avait voulu rendre publique la biblio-
thèque du Roi. Nous avons vu qu'aucun essai
^ 'avait été fait dans cette voie depuis Amyot, qui
consentit à prêter des manuscrits à quelques sa-
V'ants privilégiés. En 1691, les Adresses de la ville
^G JParis publiaient encore des notes comme celle-
^* • « Les curieux, par faveur, peuvent avoir quel-
"* que pntrce dans la Bibliothèque du Roy, rue
"* Vivîeûne' . n Louvois, l'année suivante, résolut
^'^Uvrir deux fois par semaine cette bibliothèque
" à. tous ceux qui voudroient y venir estudier^, »
^t pour fêter le jour de l'inauguration, il « régala
"^ plusieurs sçavants d'un magnifique repas^. »
13ivorses causes firent presque aussitôt interdire
^ ^i^trée de l'établissement, qui ne devint définiti-
vement public qu'en 1735.
L'abbé de Louvois Tut un bon administrateur,
^^^t dévoué au soin de la collection qui lui avait
^té confiée ; mais Colbert n'était plus, et la Biblio-
■"■^que ne retrouva jamais les jours brillants
'^e sa prodigieuse activité savait lui préparer.
^s donations et les achats devinrent moins
• Xjes adresses de la ville de Paris t MDCXCI, p. 11.
• Jdercure galant, novembre 1692, .p. 320.
• -Aferrure galant, novembre 1692, p. 820.
Igg CHAPITRE VII. — 1670 à 17U.
celui-ci mourut l'année suivante, et eut pour suc-
cesseur Melchisédech Thévenot, qui administra
rétablissement pendant la minorité du jeune su-
rintendant.
Nous avons oublié de mentionner un fait qui eut
lieu en 1681, ' année, dit naïvement Leprince,
• qui sera à jamais remarquable par la visite dont
n Louis XIV daigna honorer sa bibliothèque. Sa
» Majesté j vint, accompagnée de Monseigneur,
9 de Monsieur, de M. le Prince et des plus grands
n seigneurs de la Cour. Après que' Colbert eut
» montré tout ce qui y étoit le plus capable d^atti-
M rer Tattention, le Roi fit aussi Phonneur à TAca-
» demie des sciences d^assister à une de ses
• assemblées, qu'elle tenoit encore dans la Biblio-
• thèque^. »
Colbert, dont le vaste génie embrassait à la fois
tous les détails de la tâche immense qu'il s'était
imposée, avait accordé A la question des reliures
une attention sérieuse, et une immense quantité
d'ouvrages reçurent, sous son administration, do
magnifiques couvertures de maroquin rouge. Des
L entrelacées et couronnées sont frappées sur le
dos entre chaque nerf;
1. LcpriDcC; Basai historique sur la bihlioth^qu^ du roi* p. 62.
ACQUISITIONS NOUTSLLEfi. 199
célèbre P, Faurc arait réuni uns nomhreose ;bi>
200 OHIPITHE Tn. - IBTO k 17U.
Miolhèque ; il en Mgua une partie à Le Tellier
^icéflaîesmaiMiacritsaH roi *.
L'abbé de Louvois parcourait alors l'Italie, et y
recueillait de curieux ouvrages pour la bibliothèque
tt^Uil 4Mi«ttrB«iKoaragé 4afiB «ette voie pM- 4«
« ïlty l«em pkt 'les mains de M. l'abbé Bi^on
•> r«tTeMé, «Igné de «ws, de gaalre mC-meires
b «M*itasl«n toutà la somme de <)76 Vw. lOeous,
k pour '4cs libres souveaut que vons avez fait
n "wnir duf atit cette annêepoarla biWiotlif'qHedu
fl Hoyv Rien n'est «Ans doute plus important qae
t '4e s'appliquer chaque année à IVnrlcbir-de toiut
• «e qo) s'imprime dans tous les pays, et je me
t fëray toujours an Tray plaisir de seconder sw
» «Wa, auprès du Roy, vos bonnes ifil&ntioiis '.•
Bn 1703, M. de SparwenteW, maître (ks côré-
BHOlîies de U cCTird* Saède, envoya le prcBrii*
MMHKcrit en lang'oe rasse qu'ait possédé la Btiâm
Vt^» ta mëinc temp.?, D.«k U Parre, praci^H
\
uhta, ft>n«< 0(4i], n'IÏIVt. ^^H
OATALOGUES DE 1676. 201
général de la congrégation de Saint-Maur, acquit
à ftdme le précieux mâhuscrit ^ui contenait les
textes de Pétrone et de Catulle et plusieurs mor-
ceaux encore inédits de Tibulle, de Properce et de
CStfbâien ^. Enfin, en 1706, on acheta quatre cent
einquazito manascrits proyenant de l'admirable
bibliothèque de la famille Bigot ^.
Nicolas Clément , d'abord employé comme
copiste paq(%xdi#^«E €oU)ert, était entré à la
Bibliothèqd(Gf>«rë6-)èlki^ de tommis-adjoint en
1670; il delÉtt iWKé;4Aiiio£béeaire en 1691, après
la mort dlTléfiMIfaéâeéh thérenot. Clément,
plein d'acAMë^^'âdeuf», s'était dévoué à la
rédaction IK "^tJMAIldgiâe âès livres imprimés de
cette imm ci BU i tt i ilfe cB<m. âonuneneé vers 1675, il
fut achevé M i^SBÏ < IVifrdl^ alphabétique com-
prend six vol uiai B i a i '^fo lie^- et V-etàcé méthodique en
remplit quatre ; cé^^ tM^es elistent encore à
ia tare.
Jti'avail, Clément entreprit
presque ausnfSE de le x efaire, et, quatre ans après,
il avait achevé les catalogues dits de 16S8, qui fu-
remplit quatre; cêm^
Dr^Ouea^^mtlele
L 1. Leprince, Essai histcriqve sur la libliothèque du roif p. 72.
L 9. Cette bibliothèque fut commencée par Jean, Bigot, doyen
■k^ de la cour des aides de Normandie. Son fils Louis Émericlacom-
H^^plôta et en fit une des meilleures de Paris; il entreprit dans
^^^s^ette intention de nombreux voyages en Italie, en Angleterre,
^^L en Hollande et aux foires de Francfort. A sa mort, sa biblio-
^^^thèqae comprenait vingt-deux mille volumes environ, et était
192 CHAPITBE Vn. — 1670 à 17U.
comme lui toujours imprimé en rouge, est égale-
ment loin d'être irréprochable au point de vue
artistique,
on y retrouve les trois fleurs de lys, la eouronne,
le collier du Saint-esprit, et les mots BIBLIO-
THEOE REGLE.
II fut, dans la suite, remplacé par un thnbire
aussi laid, mais phis simple.
où ne figure plus le collier du Saint-esprit, et où
l'exergue porte en français ces mots : BffiLIO-
TÈQUE ROYALE.
Les doubles , dont la Bibliothèque jugeait à
propos de se défaire, recevaient, avant de quitter
l'établissement , une autre estampille, plus défec-
CATALOGUES DE 1658. 203
L^ordre alphabétique comprenait vingt et un vo-
lumes in-folio. Sans cesse înterfoliés i our être
tenus au courant des acquisitions nouvelles, ces
viûgt et un volumes en forment aujourd'hui qna-
i'ante-cinq, qui constituent le catalogue usuel de
'»t Bibliothèque, et sont déposés dans la grande
^aj/e de travail. On lit sur le premier feuillet :
Notitia
Yniversàlis Alphahctica
Authonim onifiium,
Quorum Libri vd Tradatus
T]/pis imprcssi,
ImBMiçthecâ Begid extani\
In quâ^ quatUùm fieri poliiit,
Singulorum Nomen, Cognomai^
Patria, ^tas, Dignitaies^
Listituta prœmittuntfir ;
Varia interdùm de Us
Eruditorum Judlcia cxhiheninr
Lucithrationum Tituli
Becensentur.
al" cio J^fgQt^ — Lcpriiico, Essai histortqye firr la hilîioihfqfc du
rf* T>. 74. _ JourmU des Savahfy, année 1706, p. 400. — i\ Pa-
<1 * »*#aw»rjSff r/ïif f/a»/f ofif de Ut hillidl^cue dv rvi, 1. 1, p. 95.
"^ /;• ^ruDct, Dictionnaire de hihîioloyie, p. 105. — L. Jacob,
u'^J^ *^i^"* ^^^^ ^hlioihèques, i . C80. — L. Dclislc, le Ca-
&w«f(fe« mafiu8crit8dela libliotiièqne iwp&iale,i.l.\j.d22(iismv.
194 CHAPITRE VII. — 1670 à 1714.
que la Bibliothèque possédait alors (1688) qua-
rante-trois mille vjlumes imprimés. Dix ans après,
le D^ Lister écrivait : ^ Il y a au moins cinquante
n mille volumes imprimés et quinze mille manus-
» crits en toutes sortes de langues i. »
Le Tellier, archevêque de Reims et oncle du
jeune Louvois, avait provisoirement la direction
supérieure de la Bibliothèque; mais, depuis Golbert,
le surintendant des bâtiments du roi, y prétendait
certains droits. Un arrêt du Conseil les annula. Le
21 août 1691, il fut décidé que Tabbé de Louvois
aurait le titre de « Maître de la Librairie, Inten-
n dant et Garde du Cabinet des Livres, J^anuscrits,
n Médailles et raretés antiques et modernes, et
v Garde de la Bibliothèque de Sa Majesté, sous
n rautorité de Sa Majesté seulement, nonobstant
« qu'il soit porté par ses provisions d'avril 1684
;; qu'il devoit l'exercer sous l'autorité et direction
;; du Surintendant des bàtimens, dont Sa Majesté
;; le décharge et dispense, lui et ses successeurs en
;; ladite charge.... Et seront, les dépenses qu'il
» conviendra faire pour la Bibliothèque, le cabinet
fy des manuscrits, médailles, raretés et autres,
n concernant les fonctions et exercice de ladite
;; charge, ordonnées par Sa Majesté, et les Estats
n et Ordonnances signées d'elle, et contresignées
1. Voyage de Lister à Paris en 1698 y p. lOé.
VOLS COMMIS PAR J. AYMONT. 205
vint, en 1706, à surprendre la confiance de Clé-
ment et eut, par son entremise, un passeport pour
se rendre en France. Là, il fut présenté au cardi-
nal de Noailles, qui entreprit de le convertir et le
fit admettre au séminaire des Missions étrangères.
Aymont avait déjà publié quelques ouvrages, et
s'occupait de recherches historiques ; il obtint, sur
les instances de l'archevêque de Paris, la faveur
de travailler à la bibliothèque du Roi, où Clément
le laissa souvent seul. Après un an de séjour,
Aymont retourna subitement en Hollande, et ses
propres indiscrétions fournirent bientôt la preuve
qu'il avait dérobé une douzaine de manuscrits
très-précieux; qu'en outre il avait arraché ou
. détaché à coups de canif des feuillets et des minia-
tures dans plusieurs volumes, entre autres dans
la magnifique bible de Charles le Chauve. Des
poursuites furent commencées, mais elles demeu-
rèrent à peu près sans résultat ^ .
Clément ne se consola jamais de cet événement,
et pour réparer, autant que possible, le tort qu'il
avait causé à la Bibliothèque, il lui légua un riche
recueil de portraits gravés, qui renfermait plus de
dix-huit mille pièces 2.
^1. Leprince, Essai historique sur la bibliothèque du roi, p. 78i
. "'^ toute cette affaire, voyez B. Hauréaii, Singularités histo"
^*pes et lUtéraires, p. 286 et suiv.
2' 5. de Montfaucon, Éloge de Clément, en tête des ILxaples
188 CHAPITRE VII. — 1670 à ITU-
celui-ci mourut Tannée suivante, et eut pour suc-
cesseur Melchîsédech Thévenol, qui administra
rétablissement pendant la minorité du jeune su-
rintendant.
Nous avons oublié de mentionner un fait qui eut
lieu en 1681, « année, dit naïvement Leprince,
• qui sera à jamais remarquable par la visite dont
n Louis XIV daigna honorer sa bibliothèque. Sa
» Majesté y vint, accompagnée de Monseigneur,
9 de Monsieur, de M. le Prince et des plus grands
ff seigneurs de la Cour. Après que Colbert eut
• montré tout ce qui y étoit le plus capable d*atti-
M rer Tattention, le Roi fit aussi Tbonneur à TÂca-
» demie des sciences d^asslster à une de ses
• assemblées, qu'elle tenoît encore dans la Biblio-
• thèquei. »
Colbert, dont le vaste génie embrassait à la fois
tous les détails de la tâche immense qu'il s'était
imposée, avait accordé â la question des reliures
une attention sérieuse, et une immense quantité
d'ouvrages reçurent, sous son administration, do
magnifiques couvertures de maroquin rouge. Des
L entrelacées et couronnées sont frappées sur le
dos entre chaque nerf;
1. LcprincC: Essai historique sur la blhli'jfhèqufi du roi, p. 62.
IX)NS ET ACHATS. 207
Enfin, on acheta, en 1712, huit cent cinquante
volumes qu^avait réunis Charles Bulteau, doyen
des secrétaires du roi ^ ; deux cent quatre-vingt-dix
manuscrits provenant de la collection de Melchi-
sédech Thévenot^ qui, en 1684, avait remplacé
comme garde Tabbé de Varès ; et vingt-neuf plan-
ches de la description delTiôtol des Invalides par
Boulancourt.
Presque en môme temps. Caille du Fourny,
correcteur à la Chambre des comptes, laissait au
ï'oî six portefeuilles remplis de pièces relatives aux
duchés de Lorraine et de Bar s, et Antoine Galland,
Pi*ofesseur d'arabe au collège de France, léguait
^^e centaine de manuscrits orientaux*.
La Bibliothèque renfermait alors (1714), dit
•'OUrdain, au moins soixante-dix mille volumes s.
son ' ^P' l'origine de la bibliothèque de Charles Bulteau et de
^^^^ère Louis, voir la préface du catalogue du BîUiotheca
- J*f^ttiawa, qui fîit publié en 1712, et le Journal des Savants,
"^éo 1712, p. 64.
jlf j • Sxir cette collection, voyez : Mênagiana, t. II, p. 175. —
Q^ *iel de Marolles, Paris ou Description succincte et néantmoins
j»»,^? €tmple de cette grande ville, p. 50. — Journal des Savants,
a ^ 1694, p. 68.
19^ "^ Xlteprince, Essai historique sur la bibliothèque du roi, p«
pt»^ * ïls entrèrent à hi bibliothèque le 22 février 1715. Ils com-
pej^^^^ient vingt-trois volumes arabes, vingt-cinq turcs, quatorze
tre>??'"'~^^» neuf de diverses langues, douze vocabulaires, plus une
etr>^ ^^6 de portefeuilles contenant divers travaux de Galland,
ritii^^*" l®8quel8 une indomnitéde 600 li vres fut accordée à son hé-
nt^^^^ l'abbé Despréaux. — Voyez L. Delisle, Le Cabinet des ma*
eç *^**»^« de la bibliothèque impériale, 1. 1, p. 835.
J%£émoire historique sur la bibliothèque du Roy, p. Lni,
208 CHAPITRE VU. — 1670 à 1714.
Roger de Gaîgnîères avait donné au roi, dès 1711,
sa magnifique collection qui comprenait des impri-
més, des manuscrits, des cartes et des estampes.
Le 19 février, il déclarait à un notaire que, « tra-
n vaillant avec un soin, une étude et une aplica-
n lion continuelle à la recherche de différents
» manuscrits curieux touchant l'histoire et autres
n matières, et à la recherche de tableaux, es-
» tampes et autres curiositez, il voyoit avec plai-
n sir que le succès en avoit esté assez heureux
n pour avoir rassemblé plus de deux mil manus-
» crits et une quantité considérable de livres, ta-
n bleaux, estampes et autres curiositez qui com-
n posoient actuellement ses cabinets et gallerio ;
n qu'il seroit fâché qu'après luy ils fussent disper-
n sez et tombassent en différentes mains, de sorte
n qu'ayant dessein de les laisser à la postérité, il
;; croyoit qu'il ne pouvoit mieux faire pour les
n conserver que d'en faire présent au roy. » Gai-
gnières se réserva seulement l'usufruit de sos col-
lections. En retour, le marquis de Torcy lui fit payer
une somme de 4.000 livres, lui constitua une rente
viagère de pareille somme, et lui promit que 20.000
livres seraient payés à ses héritiers.
Mais à partir d'3 ce jour, Gaignières fut soumis
à un véritable espionnage ; heureusement l'état de
sa santé l'empêcha d'apprécier la conduite de son
ami Glairambault, que le marquis de Torcy avait
chargé de la surveillance. Glairambault ne croyait
BOOEB DE QAIGNTÈHES. 209
ni a la sincérité de Gaignières, ni à riioiinêteté de
plusieurs d{?s personnes qui l'approchaient. Il fit
partager ses soupçons au inînîslro,qui voulut avoir
sur le champ un inventaire des collections don-
nées au roi.
Rc^er de Gaignières mourut le 27 mars 1715,
et, dès le mois suivant, son cabinet fut livré à
Clairambault, qui se trouva maître absolu des
trésors qu'il convoitait depuis longtemps. En effet,
l'inventaire remis par lui à Louvois était loin d'être
complet ; on n'y avait pas fait figurer une énorme
quantité de pièces que Clairambault estimait sans
doute inutiles à la bibliothèque du Roi, mais dont
il trouva bon de grossir ses propres collections. On
peut évaluer à plus de cent volum'^s les pièces
écrites ou annotéps de la main de Gaignières que
Clairambault s'est appropriées • .
Is de la bibliulhèqut im-
192
CSHAPITBE VII. - 1670 k 1714.
comme lui toujours imprimé en rouge, est égale-
ment loin d'être irréprochable au point de vue
artistique,
on y retrouve les trois fleurs de lys, la eoaronhe,
le collier du Saint-esprit, et les mots BIBLIO*
THEGiE BEGUE.
II fut, dans la suite, remplacé par un timbre
aussi laid, mais phis simple.
■**•.,
où ne figure plus le collier du Sairil-ésprit, et où
l'exergue porte en français ces mots : BÏBLIO-
TÈQUE ROYALE.
Les doubles , dont la Bibliothèque jugeait à
propos de se défaire, recevaient, avant de quitter
l'établissement , une autre estampille, plus défec-
CHAPITRE VIIÎ
ilTlJ à 1756)
La famille Bignon. — Division de la Bibliothèque en quatre
départomeuts. — La bibliothèque d*Etieuue Baluzo. — La
bibliothèque du Roi transportée rue Richelieu. — Acquisi-
tions et donations nombreuses; médaille frappée à cette
occasion. — La bibliothèque du président de Mesmes et celle
de Colbert. — Organisation du dépôt légal. — Modifications
dans le personnel. — La bibliothèque devient publique. —
Catalogue imprimé.
ais plus rétablissomont suugmentait, et
plus l'insuffisance du local se faisait sentir.
Le surintendant obtint du Régent l'aulori-
^sation de transporter la Bibliothèque dans la
grande galerie du Louvre; les plans et devis furent
arrêtés, et l'on commençait à poser les tablettes^
quand l'arrivée de l'infante d'Espagne, qui devait
liabiter ce palais, vint arrêter les travaux i .
Louvois mourut sur ces entrefaites (5 novembre
1. Leprince, Ennui hist or icjit*' sur ht hibiiothèque du roi, p. tC.
212 CHAPITRE VIII. — 1714 h 175C.
1718), et l'abbé J.-P. Bignoni lui succéda 2. Son
premier soin fut de classer à la Bibliotlièciue trois
cents volumes environ légués par son prédéces-
1. Voici le préambule des lettres patentcfl accordées lo 15 sop-
tembrol719 à J.-P. Biguon : « Louis, etc. Le fou roi notre ires-
» honoré seigneur et bisaïeul, voulant rendre notre bibliothèque
« la plus complète de TEuropc, ne s'est pas contenté de l'orner
f d'un prrand nombre de maiiuHcrits et de raretés antiqnos et
- modernes, avec une dépense digne do la magniâcenoe de iOn
» règnes Lorsque ceux qu'il avoit jugés capables d'y travailler
• souR ses ordres venoient à y manquer, ou. se trouToiont bon
» d'état d'y continuer leurs serviccw, il s'est appliqué à n'on,CJib>
» fier le soin qu'à des personnes d'uue capacité oonvoniibte it
»' l'importance d'un pareil dépôt, également attentives à Vén-
m trotonir et h l'augmenter. La charge de m^tre de noire Iflïfid-
» rio, intendant, garde do notre cabinet des livres» numiuofils,
» médailles, raretés (4 de notre bibliothèque, étant.vac&nte pur
» le décès du sieur ab])é de Louvois, nous avons choisi pont.lt
» remplir notre cher et bion-aimé Jean-Paul Bignqn»' al>bé> de
» Saint-Quentin en l'Islc, doyen de Kaint-Germain-rAoxerrpiti
n consoillor ordinaire en notre conseil d'Etat, président de nos
» académies de:-; sciences et des belles-lettres, et l'un des qua-
» rantc de l'académie française. Son goilt pour les lettres, son
• application à tout genre d'érudition, les connoisSances qu'il a
m acquises, la justesse de son discernement, son zèle et sa fidé-
» lité, concourent avec la satisfaction que nous trouvons à rendre
» en cette occasion un honneur dû à la mémoire de ses pères,
n en confiant à un do leurs descendants, le soin d'une bibiio-
n tlièque qui a si longtemps été entre leurs mains, pexidant le
m siècle passé, et qu'ils ont enrichie du fruit de leurs T)eilleBj.<A
» ces causes, etc. »
2. La famille Bignon régna à la biblioihèquodu Roi pendaiit.
plus d'un siècle et demi : c'est h elle que VilJiers faisait allusion
en 1795, dans un rapport h l'Assc^niblée nationale, quand il disait
que la Bibliothèque avait été « réservée à (juclques familles pri-
» vilégiées dont elle k( inbloit être l'iiéritago. • Jérorap Bignon,
lo chef de cette dynastie de bibliopîiiîes, possédait une magni-
fique bibliothèque qui «. renfermait les meilleurs livroBon toutes
» sciences. »» Quand il mourut, en 1G5G, il la laissa à Jérôme
son fils, qui lui-même la transmit à son fils Jean-Paul. Cotte
bibliothèque était alors devenue « l'une des plus nombreuses et
n des i^lns accomplies qu'on puisse avoir, n Composée d'environ
soixante mille volumes, elle remplissait toute la partie supérieure
de la maison qu'occupait Bignon, rue des Bernardins, et était
LA PLACE VENDOME. 195
n par le Secrétaire d'Estat et des comi^iandemens,
» ayant le département de sa maison i. n
On bâtissait alors la place Vendôme, et Louvois
avait résolu d'y transférer la bibliothèque du Roi.
T^out le côté gauche de la place, en entrant par la
rixc Saint-Honoré était réservé dans cette inten-
tion; un vaste hôtel destiné au bibliothécaire, avait
e t^ construit^, et en mars 1691 Tenscmble des tra-
vaux était assez avancé pour que Michel Germain
I>u:s.t écrire à son ami Magliabechi : « Rien n^égalera
» 1a*magniâcence de cet édifice; oii y entrera par
• liuit degrés. Vous prendrez sans doute part à cet
n siuguste logement des muses qui font vos uni-
n c|ues délices 3. n La mort de Louvois fit aban-
donner ce projet*, et Boivin écrivait, quelques
aixxées plus tard au maître de la librairie : ** Etant
» allé l'autre jour chez une personne de mes amis,
9 cjui demeure un peu au-dessus de l'église de
a Saint-Roch, j'eus la curiosité, en revenant, de
» passer par la place de Vendôme. La démolition
» étoit déjà commencée vers le milieu de la place.
1* I^princei Essai historique sur la bibliothèque du roi, p. 67.
^. Voyez J. G. Legrand et C. P. Landon, Deserlption de Paris
'i^*'* ^*fi^^^> ^■^^* partie, p. 16, et Thiéry, Guide des amateurs
« des étrangers voyageurs à PariSj 1. 1, p. 197.
3. Correspondance inédite de MabUlon et de Mont faucon, t.
^' p. 317.
r ^xxe partie des plans qui avaient été dressés se trouvent au
■ouiet des estampes de la Bibliothèque nationale : Topographie
^'^^ts, quartier de la place Vendôme, I, 4.
214 CHAPITRE Vm. — 1714 à 1756.
manuscrits orientaux. Il eut aussi l'idée de dresser
un nouvel iftvcnlaire de tout ce que renfermait
la Bibliothèque; mais ce travail, commencé en
octobre 1721, ne fut point achevé.
C'est enfin à Bignon que l'on doit la division de
l'établissement en quatre départements : celui des^
hianuscrits, celui des imprimés, celui des titres et
généalc^ies, et celui des estampes. Les médailles
étaient encore à Versailles. En conséquence de
cette nouvelle organisation, Jean Boivin fut nommé
garde des manuscrits, l'abbé de Targny eut les
imprimés, Guiblet les titres, et Delaha-ye les es-
tampes. En outre, dit Jourdain, « le duc d'Orléaos
n trouva bon que M. Tabbé Bignou attachast en-
n core beaucoup d'autres personnes à la Biblio-
» thèque, comme pouvant y rendre quelques
et Bur le dos des volumeg.
Paruneexcoption assez rare, môme à cette époque, J. -P. Bignon
« ne refusoit pas rentrée de sa bibliothèque aux curieux, et re-
n cevoit très-bien les étrangers. • On retrouvait en lui le zèle
éclairé et la sévère probité qui avaient été une des gloirca de
son grand-père ; aussitôt qu'il ftit nommé à la bibliothèque dit
Koi, il songea à se défaire de la sienne, afin do pouvoir s© con-
sacrer tout entier à celle dont les intérêts venaient do lui être
confiés. Il mit de côté ses livres chinois, tartares et indous, les
donna à la bibliothèque du lloi, et vendit tout le reste.
Sur la bibliothèque de la famille Bignon, voyez : Pérau, Vie rf^
./. HignoUy Paris, 1757, in-12. — J.-C. Néméitz, le séjour de Parié,
etc. y t. I, p. 274. — Almanavh royal, année 1709, p. 219. — L.
Jncob, Traicté des plus belles bibliothèques, p. 500. — Le Voya-
geur fidHe, etc., p. 319. — Mémoires de V Académie des ittscrip-
tiofis, t. XVI, p. 876, et t. XL, p. 187. — Taisand, Vies des Juris-
consultes, p. 7i. — Maichelius, Infroductioad historiamliterariHfn
de prœcipuis bibliothecis, p. 49 et 50. — Isambert, Anciennes lois
françaises, t. xxi, p. 174.
ETIENNE BALUZE. 215
» services : les uns pour la recherche des livres
» des différente^ facultés, et les autres comme
» interprètes des langues orientales et de presque
^ toutes les langues vivantes de l'Europe. » i
On acquit à cette époque (1719) six cents ma-
nuscrits environ provenant de la bibliothèque de
Philibert de la Mare, conseiller au parlement de
Bourgogne 2, et huit cents manuscrits qui avaient
appartenu au savant Étii^nne Baluze.
Celui-ci, original jusqu'à la fin, avait institué
pour légataire universelle une femme étrangère,
<^[Uoi qu'il chérit ses livres et eût, de sa belle écri-
tu.i*e, mis son nom presque sur chacun d'eux.
-Au lieu d'imiter les bibliophiles de sou temps,
qtii, désireux de voir leur collection leur survivre,
exprimaient le vœu qu'elle ne fût pas dissipée
^près eux, Baluze fit une clause spéciale pour or-
^QHner le contraire : « Je défends et prohibe ex-
^ pressément, dit-il, la vente de ma bibliothèque
"* ^n gros, voulant qu'elle soit vendue au plus
^ offrant et dernier enchérisseur, afin que les cu-
* ï'ieux en puissent avoir leur part, y ayant une
^ très-grande quantité de livres rares, difiSciles à
^ trouver, et que les gens de lettres seront bien
"*' Mémoire historique sur la bibliothèque du Roy^ p. lviii.
0^^' 11 mourut en 1715. Sa collection fut vendue 7,000 livres
-^^ libraires Ganeau et Moette. La bibliothèque du Roi leur
J^^ya 2,500 livres les manuscrits; encore Ganeau se réserva-t-il
^^^ qui renfermaient des notes autographes de Saumaise.
216 CHAPITBE Vm. — 1714 à 1756.
n aises d'avoir l'occasion d'acquérir. »" Sa volonté,
à cet égard, ne fut point respectée. Les livres im-
primés furent, il est vrai, vendus aux enchères,
mais Bignon obtînt du duc d'Orléans l'autorisation
d'acheter les manuscrits pour la bibliothèque du
Roi. B. de Montfaucon et le P. Lelong en firent
l'estimation, et ils furent payes 30.000 livres^.
r
1 , Etienne Baluze fut peut-être lo plun gai et le plus orgmal
de tous les érudits du xyii» siècle. Savant de premier ordre, mais
en même temps ami généreux et joyeux convive, sa maison de-
meura longtemps le rendez-vous de tous les hommes distingués
de son époque, et c'est surtout à lui que l'on doit l'introduction
en France de ce» soupers littéraires dont Tu sage se prolongea
avtx tant d'éclat jusqu'à la fin du xviiio siècle.
Successivement secrétaire do trois archevêques, il remplaça'
en 1662, Carcavi, comme bibliothécaire de Colbort, et son zèl<3
écïairé contribua pour une large part à la formation de l'admi-
rable bibliothèque de ce ministre.
Après la mort do Colbert, cette collection passa à son fils» '•
marquis de Scignelay, archevêque do Rouen. Baluze ne trouvant
pas auprès do celui-ci « les mêmes agréments, » renonça à cette
position et se retira, en 1700, dans une jolie maison dépendante
du collège des Ecossais. Il y installa avec un certain luxe la belle
bibliothèque qu'il s'était formée, et dont il dressa alors lui-niênie
le catalogue. Elle renfermait quatorze mille volumes imprim*?^
et près de mille manuscrits, auxquels il faut joindre environ cinq
cents recueils de pièces originales, contenant un nombre eonP>
dérable de bulles pontific-des, de chartes, lettres, actes de di&'*
rents rois et ministres; des titres relatifs aux abbayes, aux mo-
nastères, aux églises, aux conciles; Jes décrets, des ordounanceÉ-
des testaments, des déJibérations politiques, etc. ; et enfin toutes
les œuvres manuscrites de M. do Marca.
Ac3Uhé, en 1709, d'avoir voulu soutenir, dans son Hisloit'^"^
la maison d* Auvergne, les prétentions du duc de Bouillon sur la
principauté do Sedan, Balnzo fut exilé. Ses livres, pendant «on
absence, restèrent eu dépôt à l'abbaye de Sainte-Geneviève; on
les lui rendit en 1713, après la paix d'Utrccht, quand il obt"»
Bon rappel. Il mourut en 1718, et le catalogue do sa collection lu^
publié l'année suivante.
On peut consulter sur l'histoire de cette bibliothèque : Tai-
sand. Vies des Jurisconsultes, p. 195. ~ J. C. Néméitz, le Sejovf
LA BIBLIOTHÈQUE BUE EICHELIEU. 217
Le local de la rue Vivienne devenait chaque
jour plus insuffisant ; « fatendum est, disait à cette
» époque Maichelius, hune locum non respondere
yy praBstanliae atque amplitudini hujus bibliolhecae,
yy neque hic adparere dignum patella opercu-
» lum^. ;; On commençait en outre à craindre
réellement pour la solidité de l'édifice, car les
planchers pliaient sous le poids immense des
livres qu'ils supportaient. Les considérants d'un
arrêt rendu le 11 octobre 1720 portent que « le
yy Sieur abbé Bignon ayant voulu faire mettre les
;? lieux en état, la Mfaison où ladite Bibliothèque
y> est actuellcraeut s'est trouvée si caduque et si
n surchargée qu'il a fallu en étayer diligemment
yy la plus grande partie^, „ La chute de la fa-
meuse banque de Law venait précisément de lais-
ser libre Thôlel de Nevers, dans la rue Richelieu;
Piignon le demanda pour la bibliothèque du Roi,
de Paria, etc., t. I, p. 280. — G. Brice, Nouvelle description de
Paria, t. III, p. SUG. — Lcpriuce, Essai historique sur la biblio-
thèque du, roi, p. 19G. — Journal des Savants, année 1719, p.
257. — Nicoron, Mémoires pour servir à Vhistoire des hommes
illustres, etc., t. I, p. 194. — Lectori, en tête du catalogue delà
Bihliotheca Baluziana. — Piganiol de la Force, Description histo-
rique de Paris, t. III, p. 144. — G. Brunet, Dictionnaire de bi-
bliologîe, p. 1061. — Ait*, de Bougy, Histoire de la bibliothèque
Sainte-G(*nevièoe, p. 103. — L. Delisfe, Le Cabinet des manuscrits
de la Bibliothèque Imju'riale, 1. 1, p. 3G4.
1. MaichcliuM, Introducfin ad historiam literariam de prœci-
puis bibliothecis (1721), p. 48.
2. Arrectdu Conseil d'Estat du roy, concernant la bibliothèque
de Sa Majesté, p. 2.
LA BIBLIOTHÈQUE RUE RICHELIEU. 219
et le transport des livres commença aussitôt^.
Les nouveaux bâtiments, situés entre les rues
Neu \re-dôs-Petits»-Charaps, Vivienne, Golbert et Ri-
chelieu .2, avaient été en grande partio construits
par Mazarin, qui les avait habités pendant toute
sa vie et y avait accumulé ses richesses artistiques
et sa magnifique bibliothèque 3. Après sa mort, le
palais fut divisé en deux lots. Le premier, donnant
sur la rue Vivienne fut attribué au duc de la Meil-
leraie, époux d'une nièce du cardinal, et porta
jusqu'en 1719 le nom d'hôtel de Mazarin. Le se-
cond Içtj'silué du côté do la rue Richelieu, échut
au marquis de Mancini, et devint l'hôtel de Ne-
vers ; la banque de Law y eut ses bureaux, et le
célèbre financier venait de quitter la France quand
ce local fut accordé à la bibliothèque du Roi, qui
comptait alors quatre-vingt mille volumes impri-
més et seize mille manuscrits* . La galerie qui sert
1. Buvat écrivait alors dans sou Journal :
u Septembre 1721.
" Le 13, le Conseil d'Etat rendit un «rrét qui ordonna le
^ trau»iwrt des livres qui composent la Bibliothèque du Roi, de
" la nie Vivienne îi l'hôtel du Nevers, où se tenoit la Banque
» lloyale, eu la rue Bichclieu.
« Le 1»^'' d'octobre, on commença le transport des manuscrits
» de la Bibliothèque du Eoi à l'hôtel de Nevers.»
J. Buvat, Journal de la Régence^ t. II, p. 297 et 300.
2. Le fac simile que nous donnons ci-contre est pxtrait du plan
dcrarisditdeTurgot, qui date de 1730.
3. Voyez, A.-F., Histoire delà bibliothèque Mazarine, passim.
4. Maichelius, LUroductio ad hiaioriamliperariam de prœci-
pnis bibliothecis, p. 17. — L'année Bui vante (1722) le nombre des
220 CHAPITBE Vin. — nu k 1756.
aujourd'hui de salle publique de lecture, avait été
élevée par Law et n'était point entièrement
terminée ; les portes ni les fenêtres n'étaient en-
core posées.
Au reste, il fallut tout le crédit de l'abbé Bignon,
appuyé par le comte de Maurepas, pour faire ra-
tifier cette prise de possession, et c'est en 1724
seulement que l'on put obtenir les lettres patentes
en vertu desquelles Louis XIV affectait à perpé-
tuité l'hôtel de Nevers à l'installation de la biblio-
thèque du Iioi. On eut presque aussitôt l'idée
d'agrandir les bâtiments du côté de la rue Riche-
lieu, en construisant une galerie transversale pour
relier les salles de l'est avec celles de l'ouest ; mais
ce projet dut être ajourné par suite des réclama-
tions de la marquise de Lambert i. Au mois de
mars 1698, le duc do Novers lui avait cédé l'ex-
trémité de la galerie qui s'avance vers la rue Gol-
berl; elle y avait dépensé des sonimes iin|)ortantiî^,
avait même fait élever à ses frais le corps de logis
encore existant rue Golbert n« 12. Ses droits fu-
rent reconnus et on dut, pour agir, attendre la
mort de la marquise qui arriva en 17332.
imprimés était le même, mais la Bibliothèque posscflait deux
mille maiinscrits de plus; voyez G. Wallin, Liitetla J^arisiorum
erudita sut temporis, etc. , p. 110 .
1. Anne-Thérèse de Marguen t do Couivollos, fille d'Etienne
Marguenat, seigneur de Courcelles, mort maîirc des comptes en
1650.
2. Archives de l'Empire, série Q, carton n'^ 1158. — Frédéric
LES GLOBES DE CORONELLI. 221
Les acquisitions, un instant suspendues, repri-
rent avec d'autant plus d'ardeur que lé nouveau
local offrait toute facilité pour le classement d'un
nombre immense de volumes.
On y apporta d'abord les deux vastes globes de
Coronelli, offerts â Louis XIV en 1683, par le
cardinal d'Estrées^, et qui étaient restés jusque-
là à Marly2.
Lock, dans le Bulletin du Bouquiniste, anDt3êl8G5, p. 381.
On trouve dans V Architecture françoi'ie, de Blondel (t. III, p.
80), le plan des bâtiments qui compoRaient la Bibliothèque du
roi en 1754.
1. César d'Estrées était neveu de la belle Gabrielle ; Michel de
MaroUes a dit de lui, dans son poëme sur les bibliothèques de
Paris :
Les cardinaux de Retz, de Bottillon et d'Estréei
"•^ans les livres prisez aiment les bons autheurs ;
Do tous les beaux esprits ils eont les protecteurs,
Et sur un haut degré leur vertu s'est montrée.
Notons en passant que ce n'est point de sa tante que le cardi-
nal d'Estrées tenait ces goûts de bibliophile ; la bibliothèque de
Qabriellc se composait en effet d'un seul volun^e, son livre
d'Heures, qui était « couvert de maroquin incarnadin, garny
» d'or esmaillé », et qui fut prisé cent cinquante éous. (Voyez
la Bibliothèque de V Ecole des Chartes, V^ série, t. III, p. 170).
César d'Estrées cultivait la poésie, car on lui attribue
Une des petites pièces de la Guirlande de Julie (la Violette) ; mais
la protection qu'il accorda à quelques savants lui sera certaine-
ment une recommandation beaucoup plus puissante auprès de
la postérité. Le jeune Vincent Coronelli, à son arrivée en France,
fut accueilli XDar lui avec une extrême bonté. Il encouragea ses
travaux, et lui commanda les deux immenses globes dont nous
parlons : on sait qu'ils ont près de douze pieds de diamètre et sont
de précieux monuments de l'état des sciences géographiques à
la fin du dix-septième siècle.
2. Voyez Ph. de la Hire, Description et expUcatio9i des globes
qui sont placés dans le pavillon du château de Marly, Paris. 1704,
in-8o. — La salle qu'ils occupent aujourd'hui à la Bibliothèque
nationale ftit construite pour eux en 1731.
222 CHAPITRE VIII. — 1714 h 175C.
On vit arriver ensuite tous les livres du cabinet
du Louvre, qui venait d'être réuni à la biblio-
thèque du Roii (1722); la collection particulière
de Dacior, laissée à Louis XV par testament; les
cent vingt-neuf gravures des tableaux de Van der
Meulen, retraçant le règne de Louis XIV (1724);
un recueil de soixante mille pièces diverses impri-
mées et manuscrites, données par Morel de
Thoisy, «trésorier payeur des gages de la cour
» des monnoyes 2 „ ; la bibliothèque musicale
léguée au roi par Sébastien Brossard; un nombre
considérable de volumes expédiés de Madrid, de
Lisbonne, d'Amsterdam, de Venise, de Londres, do
La Haye, de Saint-Pétersbourg, ou achetés aux
foires de Francfort et de Leipsick; enfin plusieurs
ouvrages liturgiques donnés par le P. Lebrun, de
l'Oratoire (1727).
Les abbés Sevin et de Fourmont furent en-
voyés à Constantinople pour copier le catalogue
de la bibliothèque du Sultan (1728); ils rappor-
tèrent en outre plus de six cents manuscrits. Le
directeur de la Compagnie des Indes fut invité à
mettre à profit ses relations avec l'Orient pour
1. J.-F. Juglcr, bibltotlicca hislorlœ Iltlerarîa.' selerta, t. I. j).
217. — E.-J.-U. llathery, Nofire .<iur Vaurtcii c(tlnn(*t <(ii roL
p. 10. *
2. Le?î pièces relatives à la jurisprudence forment 38') voiumeK..
la théologie en remplit 172, l'histoire 80, et les belles-lettres,
14. — Leprlnce, E^ftui historique sur lu hWliotJutpte du r<)'t. p.
222.
MEDAILLE COMMEMORATIVE. 2^3
procurer au roi des manuscrits persans cf sans-
crits.
En 1 7â9, deux cent soixante manuscrits, cou-
serrés jusque-là à Versailles, sont transportés
rue Riclielieu; on acquiert six cents manuscrits
appartenant aux Iiéri tiers du président de Mesmesi
(1731), et quatre-vingt mille estampes provenant
de l'êvèque du Puy, fils du marquis de Deringheni.-
Pour perpétuer le souvenir d'acquisitions si
nombreuses, l'Académie des inscriptions fit frap-
per, en 1732, une médaille qui offrait, d'un côté, le
buste de Louis XV
1. De Hc'iiiuoR, eut pour biUiuthëcuirc Florent Cliretieii, tiain
Omiviel Naililé, qui loi déili» son AdvU pour drensir une biblio-
tkèqvf. Lu Croix dn Muno, FancliHt, Passerst, Taméba et Lsin-
blD ont fait l'élus» <le <^tte collection qao Chrintine de Suéde
ehercha k sequérir. Lch onvragis qui cotoposaient ce cabinet
kVkient ûté clioiniB avec on trùa-{{riu)d loin et se faisaieiit plntût
reraBviiiier par leur mérite réfl riuc par leur comlitioii. Lch rt-
liuie* élaieiil, eu Ki'i'^ral, aKflCK KÎmpli-s; cependant plnaiiais
d'Eiilrc elltii aviiieiit reçu le*: armoiries ilu vi-lèlire inagixtrnl.
LA BIBLIOTHÈgiTE DK DE Mi.HMtÉl. ^^5
Fet <Je l'autre celle inscription comnnîmorative :
QUOB
BONO BEIPUBLIC3:
LITEB. CONSULUIT
lUBLIOTHECA REGIA
X.MILIJB. CODD.
MSS.AUCTA
M DCC XXXII
(leite mt-daillc, " témoignage immortel do luste
^i parttit : Ec*rli>l<3, tn l d'or au rrolK^ant do ciUe. nu
f«ï"wgMit k iJeiui lions léopirtlôB do gui.'nle«p(iFiJafitii hu;
'■^. m 1 d'or k vna Élaila do bbLIb an clipf do guenloa
iiula p(ini«î ift onde d'aïur. 8nr le dos, entre U'» ni'rft
226
CSAPITEE VlII. — 1714 t 1756.
reconnoissanee,» comme dit Leprince ^, existe, mais
en bronzû seulement, au cabinet de la bibliothè-
que nationale. Frapper une médaille en l'honneur
de Sallier ou de Sévin eut été plus équitable
semble assez étrange de célébrer ainsi le mérite
d'un roi qui laisse enrichir sa propre bibliothèque,
On ppui l'oli^iilh.'rHiir culte liiblJolLi'ijno : L» Crtiii <)n Kilne,
BHiliolhiqtii frnncoiM, i. 1, p. 8(53. — J. Piaeerat, Œiiere
lùpifs, p. 3Qt 0. — BuTiiitnu, StfllaiietipiHelttt^im.t. III, p. ï 6^
— LegsUoiH. Ti-oMi de» jjtu UUts bttUotki^^rji, p, 127. — "
Nandii, Aileiapour di'tttfr vue biblloU>fitl, p. S et <lédicsc(>.
Wni'ée CarlogiiM jinMelairei, p. 3H. — P. Vari«. tts UaHiwt
ffnmoit, de la biÛMIitqtll du rai, t. I, p. III. — Leprinue, Ensai
AiVCot'ijHi eiir la imiothtqHe dn ml, p. 197. _ Michel de M^
rollM, Parla on detvi-ij'limi SHtmiiirie et lUaHlitiotiit aaat: amfile
de eette grande eiBt, p. ti. — L. Dolùle, te raiUiet dus waHiU-
iiita de la BiUiethlqve impA-i^i, t. I. p. 987. ~ I.. Jacob
'l'raltU âea plu» MU» blbliothigKts, p. 638 et kppeniUcO.
1, Eisai hMiirût'H inrla h'MinlI'^inr d» fùi.p. 98.
OBaàNIBATION DU DÉPÔT LÉGAL. 227
et Toa sait de reste que Louis XV n'employait pas
précisément ses Idsirs à des études bibliographi-
qroes ou littéraires.
Cependant la source la plus abondante et surtout
'a moins coûteuse pour la bibliothèque, tarissait
sans cesse, bien qu'on ne négligeât rien pour orga-
niser le D^^ légal et vaincre la résistance des
libraires. Les ordonnances de 1536(i) et de 1617(2)
^ta ienl restées lettre morte; le Parlement espéra
^*tre plus heureux, et, le 30 mars 1623, il rendit
un arrêt faisant 4l^iMise « à tous libraires et im«
'^ primeurs d^ezposer en vente aucuns livres par
" eux imprimés avec le privilège du Roi, qu'aupa-
" x-avant ils n'ayent fourni etmis à la bibliothèque
'^ c3u Roi deux exemplaires de chacun des livres. »
Lo procureur-général devait faire saisir tous les
°*-"^>rrages non déposés.
Clette sanction était insuffisante, paraît-il; car, U
^^ mars 1642, un arrêt du Conseil y ajouta un^
^"^^ende de mille livres, «sans espérance d'aucune
^^ïxiise i»,et la contrainte par corps.
l^ 29 mai 1675, autre arrêt du Conseil, qui or-»
^^ïine « que tous les auteurs, libraires, impri-
» tïieurs, fourniront au sieur Lavau Joland, pour
\ Voyez oi-deSBUS, p. 70, où Ton a imprimé par orreiir 1538.
^^ ueu de 1586.
2. Voyez oi-(lPBflU8, p. 118.
228 <3HAPITRE Vra. — 1714 à 1756.
n la Bibliothèque du Roî, un exemplaire de chacun
» des livres qui n'ont pas été fournis. »
Dix ans après, le 31 janvier 1685, Colbert renou-
velle les prescriptions antérieures (i), qui sont en-
core confirmées, le 21 mai 1698, par un ordre de
M, de Pontchartrain.
1. « Sa Majesté étant en son conseil a ordonné et ordonne que
tons les auteurs, libraires, imprimeurs et grayeurs, qui ont
obtenu des Pri>ilège8 de Sa Majesté pour aire imprimer des
Livres ou graver des Estampes, et qui depuis le tems prescrit
par ledit arrêt, n'ont pas* fourni des exemplaires dos Invres et
Estampes qu'ils ont imprimés et tirés, serpnt tenus, quinze
jours après la signifioation qui sera faite du présent arrêt aux
syndics de leurs communautés, de rapporter et remettre es
mains du sieur Camille Le Tellier, abbé de Bonrgueil, et garde
de la Bibliothèque de Sa Majesté, on du sieur Thevcnot son
commis à ladite Garde, deux Exemplaires de tous les Livres,
imprimés ou Estampes gravées depuis ledit temps, dont lesdits
Exemplaires n'auront été fournis. Autrement, et à faute de ce
faire dans ledit délai de quinzaine, et icclni passé, Sa Majesté
a déclaré et déclare tous lesdits Livres et Estampes à Elle ac-
quis et confisqués ; et pour cet effet elle a permis et permet
audit Garde de la Bibliothèque ou au commis d'iceUe, de les
faire saisir et vendre, pour être les deniers en provenans déli-
vrés aux administrateurs de l'Hôpital-Général des villes oïl
lesdits exemplaires auront été saisis; et lesdits auteurs, im-
primeurs, libraires ou graveurs qui ont obtenu lesdits privi-
lèges, condamnés en l'amende de quinze cents livres, applica-
ble un tiers à Sa Majesté, un tiers au dénonciateur, et l'autre
tiers audit Hôpital-Général. Enjoi];it Sa Majesté aux syndics
desdits libraires, imprimeurs et graveurs de satisfaire auxdit s
règlements et arrêts; ce faisant de délivrer lesdits exemplaires
des livres qui seront ci-après imprimés, et estampes gravées,
au garde de la Bili||^othèque de S. M, ou autres personnes pré-
posées à cet effet, sous les mêmes peines que dessus, et de leur
délivrer des extraits de leurs registres. A quoi faire ils seront
contraints par toutes voies dues et raisonnables, et h leur ■
refus, comme pour les affaires de S. M. en vertu du présent ;
arrêt; à l'exécution duquel elle enjoint à tous ses justicier
etofficiei*s qu'il appartiendra, de tenir la main. Fait au Con —
seil d'Etat du Roi, Sa Majesté y étant, tenu h Versailles. \o 31^
janvier 1685. — Signé : Colbort.«
obgânisâtion vxr dépôt légal. 229
^ fallut recommencer ving^ ans plus lard. Le 1 1
ocbbre 1720, un arrêt du Conseil menace de
quinze cents livres d'amende les libraires qui n'au-
^^ient pas fait le dépôt exigé ; il réduit de trois a
deux le nombre d'exemplaires à fournir, mais l'un
d^s deux dût être en grand papier (i). Ce nombre
^* • Art. y. — Ordonne que les auteur», libraircn, gravcuiH,
ot autres, qui ont obtenu des permisrions ou privilèges gëné-
cauxou pai'ticuliers pour faire imprimer dos ouvrages ou gra*
^or des estampes, et qui n*ont pas fourni les exemplaires de
•^out co quMls ont imprimé ou reimprimé, en quelque province"
Ou viUo qu*aicnt été laites Icsdites impressions ou rcimprci-
'^îons, seront tenus un mois après la signification qui sera faite
^u présent arrêt à leur personne on domicile, on an syndic d(.'
^^'Ur communauté de faire apporter et remettre à la bibliotliè-
^He do S. M. et au cabinet du Louvre, le nombre des dits ex-
^îttplaires porté par ^es règlements; autrement , et à faute de
^6 faire dans ledit délai. d*un mois, et icclui passe, tous Uîh
exemplaires imprimés et les estampes gravées on coiit<é(ineiu e.
^lottclits privilèges et permissions, seront sainis, confisqiiéH et
Rendus, i>our être les deniers en provonans délivrés aux ad-
ministrateurs des Hôpitaux généraux les plus prochains des
**©iix où les exemplaires auront été sainis ; seront en outre les
autours, imprimeurs, graveurs, libraires et antres, qui ont ini-
Primé, réimprimé ou gravé, en vertu desdits privilèges ou
l^rmissions, sans avoir fourni lesdits exemplaires, coi:-
^Hxnnés en quinze cents livres d'amende, applicables un tiers
^U dénonciateur, un tiers auxdits Hôpitaux généraux.»
* Art. 8. — Au lieu de trois exemplaires que les réglomens
obligent de fournir, savoir : deux à la bibliothèque de S. M.,
^t un au cabinet du Louvre, il n'en sera fourni que deux,
^ontPnn sera en grand papier, ce qui s'exécutera à l'égard de
toutes sortes d'impressions par tous ceux qui les feront faire,
^•U quelque lieu du Royaume que ce puisses être, et en vertu
^e quelques permissions ou privilèges généraux ou particu-
Hors qu'ils prétendent en avoir, excepté dans le cas où ledit
**it3ur bibliothécaire de Sa Majesté jugera que les ouvrages ne
Méritent pas d'être mis en grand papier; et seront lesdits ex-
^ïtiplaires remis avant Texposition en vente, à peine de con-
vocation et d'amende, ot les reçus d'iceux donnés par le bi-
bliothécaire, ou par tel autre fondé de son pouvoir spécial. ••
330 GHàPITRE TIÏI. — 1714 à 1786.
est porté à cinq, h 28 fétri^ 178B, pap l^iptkle
108 du règlement de la }ibrakie, qui est ainsi ecm*^
çu : «Tous libraires, graveurs ou autres personnes
n qui obtiendront des privilèges ou permissions
» du grand sceau pour llmpression, réimpression
» ou gravure des livres, feuilles, estampes,seront
V tenus, avant de les pouvoir afficher et exposer
» en vente, de remettre entre les mains des syn-
9 die et adjoints, cinq exemplaires brochés de cha-
9 cun des livres, feuilles et estampes qu'ils auront
» imprimés ou fait imprimer en vertu desditea
» lettres de privilège ou permission : desquels cinq
« exemplaires, lesdits syndic et adjoints seront
» tenus de se charger sur un registre particulier,
» et d'en donner un reçu, pour être par eux les-
» dits exemplaires remis huitaine après, savoir :
» deux au garde de la bibliothèque publique do
» Sa Majesté, un au garde du cabinet du château
» du Louvre, un en la bibliothèque de M. le Garde
» des sceaux de France, et un à celui qui aura ctô
» choisi pour l'examen desdits livres, feuilles ou
ft estampes; comme aussi lesdits imprimeurs, M-
» braires, graveurs ou autres, remettront sans
ft frais entre les mains desdits syndic et adjoints
n des libraires et imprimeurs de la ville de Paris,,
» trois exemplaires brochés de toutes les impres-
n sions et réimpressions de livres, feuilles ou es-
ff tampes, desquels exemplaires lesdits syndic et
« adjoints se chargeront, pour être employés aux
OBOANIBATIOM DU IVÉFOT LÉQAL. 231
» «ibires et besoins de ladite communauté; te tout
* ^pdne de nullité des lettres de privilège ou
^ permission^ de confiscation des exemplaires et
^ de qinnze cents livres d'amende. Enjoint aux-
* dits syndics et adjotnis d'y tenir la main et de
* sais» Unis les exemplaires des livres, feuilles et
"^ estampes qui seront mis en vente et afRdics
'^ ^vant qu'il ait été satisfait à ce qui a été ordonné
"^ par le présent article; ee qui sera pareillement
^ observé pour les livres et autres écrits imprimés
^ avec permission des juges de police (^\
Après la mort de Colbert, l'admirable bibliolhê-
^^^o qu'il avait formée (2) échut à son fils le mar-
^^is deSeignelay. On en dressa l'inventaire (3), où
^^^^Us voyons les volumes imprimés estimés il, 844
livros, et les manuscrits 13,014 livres. Le mar-
« ^ *- * Xioprinee» Essai historique sur la Bibliothèque du Boi, p.
^* Colbert arait oommoncé sa bibliothèqne vcn» 1658; il y
^^^^Uucrlitt de Claude Hardy; en 1676, celle doracadémicien Ba-
^^*^^^ng, etc., etc. Sa riche collection, qui fut Buccemdveineiit
^"^^niuMirée par Carcavi, par Etienne Baluze, par les abboti
^^ y^^lienneetXilhot, était installée dans son hôtel de la me Neuve-
^^***'-ï>etits-ChampB. où, suivant Legallois {Traittédss plus bettes
^^^^inthèques de VEurope^ p. 126), il lui avait réserve une salle
» .^rt propre et fort agréable.» Voyez encore L. Delisle, le ca-
s.t**«< dsê wanuêcrils de la Bibliothèque iwpériate, t. I, p. 439
^^^* BibHolhè<iue nationale, manuscrits, mélanges de Colbert;
232 CHAPITRE Vm. -- 17U k 1756.
quis de Seignelayeut le bon esprit de conserver
Etienne Baluze pour bibliothécaire, et il veilla à
ce que les acquisitions commencées par son illustre
père fussent continuées. Le marquis de Seignelay
niounit le 3 novembre 1690, et la bibliothèque
devint la propriété d'un autre fils du ^rand Col-
bert, Jacques Nicolas, archevêque de Rouen.Gelui-
ci s'occupa de l'augmenter, et persévérant dans les
traditions de Colbert et de Baluze (i), en rendit
l'accès fecile auxérudits, « strenue laborat in au-
n genda et illustranda heecbibliotheca,» dit Mai-
. 1. Colbert écrivait k Baluze au mois de juillet 1672 :
• Je trouve quelques-uns dos livres contenus en vos mémoiroB
» dans le cabinet de mon fils, mais j'y en trouve si peu qu'en
» vérité je suis surpris qu'un si grand nombre de livres soyent
» sortis de ma bibliothèque et qu'ils ayent esté donnés à toutes
» sortes de personnes, la plupart sans ordre, satls date et sans
• sçavoir mesmes à qui. Vous jugerez vous-mesmes assez facilc-
» ment qu'il faut qu'une bibliothèque périsse avec le temps,
•» si elle n'est mieux et plus soigneusement conservée.
»» J'estime nécessaire que vous veniez demain icy de grand
»» matin pour vérifier tous les livres qui sont dans le cabinet
»• de mon fils et dans le mien, les retirer tous et les reporter
• dans ma bibliothèque , et qu'à l'avenir vous n'en donniez
♦• aucun sans mon ordre exprès, par écrit, avec un reçu.
" Il faudra en mesme temps que vous demandiez ceux que vous
» dites avoir esté donnés à mademoiselle Royon, M. l'abbé de
•• Bourzeis, M. de Maulevrier, M. Garcavi et autres, et que vous
*> me donniez un mémoire de ceux que mon frère l'ambassadeur
f> en Angleterre a pris. Surtout je vous prie de faire cette rc-
• cherche dans hait jours et que je sçache ceux qui manquc-
» ront.
« J'envoye un valet à cheval pour vous faire trouver une
w chaise et vous amener demain icy; il est nécessaire que vous
r arriviez, s'il est possible, demain à sept heures du matin. "
P. Clément, Lettres, Instructions et Mémoires de Colbert, t. 7.
p. 63.
LA BIBLIOTHÈQUE DE COLBERT. 333
chelius 1. Bien que Maichelius prétende encore
qu'elle était « non in mole sed in bonîtate Xaptç, »
il résulte de l'examen du catalogue qui en fut dressé
plus tard 2 , qu'elle renfermait environ soixante
mille volumes, reliés avec un grand luxe, par
'. 1. Maicholiim, httroduetio ml historium lUet'ariam de prœci-
puisMbliUheiciSy p. 61.— Voyez ausni VAlinaiKtch royal, année
1709, p. 210 ; la correspondance de Balozo avec Colbert, dans
r. Clément , Lettres ^ In9trt*€tiotis H Mémoires de Colhert, t. VII,
p. 271; et Léoix)M DoliRlo, le Cabinet des manuscrits de la Bi'
UioUt^que impériale, t. I, p. 476.
"2. BiHiotheca CoUyertina, seu catalof^t6 libroruni bibliothecw
quw fuitprîtnnm iUustriss, V. dom J.-B, Colbert, regni admini-
irlt deinde illifstriss, V, dom. J.-B. Colbert, uiarchionis de Sel-
ffuelay; postea rêver, et illustr. d. J.-Nic, Colbert, Bothomagensis
*archiepiseoin, ac demum iUitstris. dom Caroli Leonvrii Colbert,
comitlsde Seignelay, Paris, 1728, 3 vol. m-8«.
On lit dans l'avis au lecteur :
« Bibllothecam Colbertinam, id est thesaurum rcseramus.ruit
» illa instmcta ab lUuBtrissimo Joanne-Baptista Colbert, rogni
« administre, viro omni landum génère colcbrando.
r Begni Begisqnegloriam demi forisque procura vit . ttod quod
>• nos spectat magis, scientiis et artibus per Gallias provehen-
f dis, tota mente, totis viribus incubuit.Litterarum et artium
*• cultores eximios ex orbe uni verso advocavit, et régla munifi-
» ceiitia focit regnicolas; plurimis ipse e proprio icre annua
" pandebat stipendia. Littcratos quosdam in nui contnbeniiuni
« adniisit, in SBdes snasrecepit,et suorum stndiorum fccitpar-
»• iicipes. Unum nominavcrim Baluzium, quenn hu«î bibliotlieca)
• praefecit : Vir illc, cnjusingons eruditio, acris solertia, vasta-
» que rei littorari») peritia, satis suiwrquc nolro sunt, liac pro-
f vincia suscopta, libris et codicibus , ex omni Occidcntis et
»» Oricntis parte, snmma cura magno sumptu couquisitis, Bi-
" bliotbecam locupletavit.»»
234 t'HAHTEE VIII. - 1714 a. 175G.
Boyat,dit-on i,au chiffre du célèbri; homme d'Etal,
LA BIBLIOTHÈQUE DE COLBEBT. 335
;çt à ses armes ; d'or à une couleuvre d'azur poséu
en pal.
4
L'ardievû<|uc de Couvii luisfit cMn iiia^'iiillqiio
3pllL>cUon à HOii iicvou Charle-î-Ek'onore Golbtrl,
NHiite de Seignelay. Plus curieux d'argcut que do
^enec, celui-ci vendit d'abord les imprimés aux
CjQcliércs li), et les inanuscsits allaient avoir le
ÎQëmc sort, quand le roi intervint. En août 17^S,
^Qalrc experts furent nommés, l'abbé de Tat^ny
IFalconet pour le roi, le P. Montfaucon ot Lan-
t'U acbctn mille euvii
236 CHAPITRE Vin. — 17U à X756.
celot pour M. de Seignelay (i); mais ils ne purent
1. «Nouer soussignez. nommez pour procéder avec H. Tabbé
n de Targny et M. Falcomiet, à l'estimation des mannscrits de
*» fon M. Golbert, ministre et secrétaire-d'Etat , appartenant à
• H. lo comte de Seignelay son petit-fils, croyons, qu'avant de
» déclarer notre avis, il convient de rencbre compte de Testât de
*> cette bibliothèque, et dos raisons qni nons ont détet minés à
» donner à ces manuscrits le prix cy-après rapporté.
» lo Cette bibliothèque est composée de deux parties princi-
" pales : Tune de manuscrits modernes; l'autre de manuscrits
" anciens ou de littérature.
» Dans la première partie, il y a 462 vol. in-fol. en maroquin,
» du ministère du cardinal ICazarin, léguez par ce ministre k M.
f Colbert, du consentement du Boy ; 258 Autres Volumes de
• copies de titres, collationnez, tirez de diAârentes archives de
«• Gnienne et de Languedoc, recueil très-important pour l'his-
*• toire de ces provinces, dont 117 en maroquin; 183 aussi de
» copiefl do titres, collationnez de Flandre, d'une aussi grande
f> conséquence; 524 antres volumes ou recueils faits par M. Col-
» bort, ou sur ses ordres, dont 623 en maroquin, concernant le
o royaume, ses différentes provinces et offices; ces recueils sont
> rempliR d'une infinité de lettres, mémoires, instructions et
1* antres pièces originales; enfin, 80 autres volumes, ou environ
• d'autres recueilH de MM. Duchesno, Oihenart, etc. ; 40 voln-
»• mes en maroquin du Trésor-Royal, et environ 60 autres de
» commissions des tailles, marc d'or, etc., co qni fait en tout
.» plus de 1,600 volumes.
" Ou peut joindre à cette partie de manuscrits modernes un
» autre recueil d'une extrême conséquence; ce sont 622 chartes
» originales concernant les traités de Madrid et de Gambray.
*• Bi cette première partie de la Bibliothèque colbertine e»t
» d'une grande importance pour l'Etat, la seconde est encore
» plus considérable par le nombre et par le prix des manuscritK
• dont elle est composée. Ce sont les manuscrits anciens ou de
» littérature. Il y en a en tout 6117 volumes, entre lesquels il y
» a 3870 grands in-folio, dont près de 1000 en maroquin; le reste
» petits in-folio, ou in-4o, ou in-8o. Parmi ces manuscrits il y a
» 645 orientaux , et 1000 grecs, ou environ ; et dans ceux-lii
» comme dans les latins et les langues modernes, un très-grand
»» nombre, qui scroient sans prix s'ils ctoient exposez à une
f> vente publique, les uns imrco qu'ils sont uniques , tels que
•• sont, la Bible et les Heures do Charles-le-Chauve, le Lactanco
» de mortîhus persecutorum ^ lo Loup de Fcrriôros, les Procès
» originaux do Benifaco VIII, do la Pucolic, du conostable de
» Bourbon, etc.; deux conciles do Paris, dont un sur les image!<.
LA BIBLIOTHÈQUE DE COLBEBT. §37
s'accorder sur restimatîoh de ces trésors, et quatre
années se passèrent en contestations. Le petit-fils
en 824, de Lyon, deBasle, deFlorence avec les signatures ori«
ginales, l'histoire de Chaiîes Ylnon encore imprimée, des car«
tulaires, des regibtres de nos rois, des papes, et d'auires Estats
voisins, etc.; les antres par leur beauté et par Tâge auquel ils
ont esté écrits, y en ayant de neuf cents ans, de mille ans, et
de onze cents ans, comme plusieurs Bibles, entre autres celle
du Puy, du même siècle que celle de Charles-le-Chauve ; les 4
Evangélistes du IX« siècle; un Psautier grec en lettres d'or
unciales; une infinité de Pères grecs et latins, comme le saint
Hilaire, lé saint Ambroise, TEusèbc, le Florus de Lyon, etc.;
des sacranientaires, des légendaires, des conciles et des collec-
tions de canons, des chroniques ; beaucoup d'anciens auteurs
dont les manuscrits sont rares ; le code Théodosicn, les Pan-
dectes,le8 anciennes loix, l'itinéraire d* An tonin, etc.; d'autres,
encore, par leurs miniatures, comme leMonstrelet, le siège de
Bhodes, l'Histoire romaine; des Heures, des Poètes anciens et
Bomans. On ne finiroit point si on vouloit détailler tout co
qui se trouve dans cette Bibliothèque, qui piqueroit le goût
du public, et qui a esté,' jusqu'à présent, d'une si grande uti-
lité à tous ceux qui ont voulu donner de nouvelles éditions des
Pères, ou d'autres auteurs qui ont voulu travailler sur notre
histoire.
» Ce que nous croyons devoir ajouter, est qu'il nous seroit
facile de trouver plus de deux cents volumes dans cette biblio-
thèque, qui seroient portez dans une vente publique h cent
pistoles l'un portant l'autre; et que différents voyages faits
avec des dépenses immenses, dans tout le monde, ne pourront
jamais procurer un si ample et si précieux recueil de ma-
nuscrits.
» 2» C'est donc par ce nombre de G.OOO, et encore plus par
le choix de tous ces manuscrits, que nous osons avancer, sans
crainte d'en estre démentis, que cette bibliothèque doit estre
regardée comme la troisième de l'Europe, et, que lui faisant
suivre immédiatement la Bibliothèque du Roy et la Vaticane,
elle doit être préférée à celle de l'Empereur et du Grand-Duc.
Il est certain que si, par des accidents que nous ne devons
point prévoir, une de ces deux dernières se trouvoit exposée
à passer à d'autres possesseurs, il faudroit peut-estre parler
de millions pour la pouvoir acquérir. Ce prodigieux amas de
manuscrits donne encore à cette bibliothèque un mérite que
tout cabinet particulier ne peut pas avoir; si chaque manus-
crit a so]i utilité ot son prix, on qnoUo proportion doit mon-
238 CHAPITRE vni. *- m* i iwe.
deC4olbert jw^it alors le parti d'offrir (février 1732)
tous les manuscrits au roi, en le priant de régler
lui-même la somme qu'il jugerait à propos d'en
donner ^.On s'arrêta au chiffre de 300.000 livres,
ter un ramas de pins de 6,000? Cette proportion ost à peu
près égale aux autres recueils de curiosité, où une viagtainA*
une cantaine de pièces peuvent avoir un prix certain et modi-
que» et où deux ou trois mille augmentent plus par la con-
Ridération du tout ensemble que par leur valeur détachée.
» do On a des exemples récens du cas que le public fiait des
manuscrits, même détachez. On a vu vendre à l'encan, il y
a quatre ans et dans un temps peu favorable , un Froissard
avec miniatures, quoiqu'il fût imparfait, 960 Uvr.; un Per*
cefoi-est, 600 livr.; un Boccace, des hommes illustres, 200
11 V. ti'oc. On a vu vendre, il y a environ huit ans, 39 volumes
de copies communes de procès criminels 1690 liv.; et deux
ans auparavant, le roi luy-même a payé 30,000 liv. les diplô-
mes et les 957 manuscrits de M. Baluze, qui n'estoient, en
quelque ftiçon, que le rebut des manuscrits Colbcrt, comme
il est facile de le prouver.
f» Ce sont ces différentes raisons, cette quantité, cette rareté,
cot &ge précieux, cette condition, et enfin cet amas, cet
ensemble, si on ose se servir de ce terme, de ces 6,117 volumes
de manuscrits anciens, de ces 1600 volumes de manuscrits
modernes, et des 722 chartes , qui nous ont déterminés, après
un examen très sérieux, à estimer que les manuscrits qui com-
posent la célèbre Bibliothèque valent trois cent cinquante
mille livres. Tel est notre sentiment.
r Fait à Paris, ce 18 octobre 1731.
» Bernard de Montfaucon, Lancelot.^
1. Voici les termes dans lesquels il fit cet abandon :
» Le comte de Seignelay prend la liberté d'oflfrir au Roy tous
les manuscrits, tant anciens que modernes, de feuM.Colhert.
Il est persuadé que la quantité et la rareté de ces manuscrits
rendront la Bibliothèque de Sa Majesté une des premières de
l'Europe. Il supplie Sa Majesté de régler elle-même la somme
qu'Elle jugera à propos de luy donner, ces manuscrits faisant
la principale partie de sou patrimoine. Il prend seulement la
liberté de représenter à Sa Majesté qu'on Iny en donneroit
phis de COO.OOO livres, s'il vouloit les vendre à quelque puis-
sance étrangère; mais, comme le sang des Colbert n'a jamais
dégénéré pour tout ce qui peut intéresser la gloire de leur
LA BIBLIOTHÈQUE DE COLBEBT. 239
dont la quittance fut passée le 27 mai 1 732 par-
devant Mes Bronod et Junot, notaires à Paris (i);
et le 12 septembre de la même année, la collection
fut transportée à la bibliothèque du Roi (2).
• Boy, il souhaite que eet amas de précieux mànascrits fait avec
m tant de soins, de reclierches et de dépenses par M. Colborti
• reste entre les mains de Sa Majesté. >
En marge doee billet, LouisXYa traeé ces mots : Bon 800.000
livres. Voy. Delisle, le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque
impériale, t; I, p. 48.
1. «En présence des notaires à Paris soussigncz, hautot puis-
» sant seigneur mossire Cliarlos-Léonor Colbert, comte de Sei-
• gnelay, seigneur baron de Linières,' lieutenant-général pour
» le Boy de la province de Berry, demeurant rue de Bourbon-
R Saint-Sttlpice, a reconnu et confessé avoir roçu de messiro
n Boland-Pierre Gouyn, conseiller du Boyen ses conseils, Garde
m de son Trésor royal, pour et à la décharge de Sa Majesté la
» somme de trois cent mille livres accordée au dit seigneur copitc
» de Seij^elay pour le prix des manuscrit? anciens et modernes
» delà Bibliothèque du feu Sieur Colbert, Sun ayeul, ministre
M d*£8tat,controlleur général des finances, et que Sa Majesté a
» ordonnée cstre mis en sa Bibliothèque, à Paris, au nombre de
» huit mil quatre cent quarante-six volumes ou pièces,dont six mil
" cent dix-sept volumes de Mss orientaux, grecs et latins, seize
»• cont sept Tr»lumcsde manuscrits modernes, et sept cent vingt-
" dciix chartes originales concernants la Flandre et les traittés
r^ de Madrid et de Cambray; de laquelle somme de trois cent
^ mil livres, ledit seigneur comte de Seignclay est content. En
" quitte et décharge Sa Majesté, et ledit sieur Garde du Trésor
»- royal et tous autres. Fait et passé à Paris en l'étude do Bronod
" notairo, l'an mil sept cent trente-deux, le vingt-sept may, et
" a signé ces présentes et leur minutte demeurée à M» Bronod,
» notairo. Signé, Ch.-L. Colbert, comte de Seignelay,avec Junot
" ot Bronod, notaires, avec paraphez.»
Bulletin du Bibliophile, année 1836, p. 146.
2. -Nous soussignez chargez de la garde delà Bibliothèque du
r Itoy, attestons et certifions que les Mss. tant anciens que mo-
" dornes qui faisoient partie de la Bibliothèque de feu Monsieur
" Colbert ministre et secrétaire d'Estat; ont esté transportés do
w l'hôtel de M. le comte de Seignelay, son petit-fils, dans la Bi-
" bliothèque du Roy le 11, 12 et 13 de septembre de laprésnto
r année 1732. Suivant les conventions faites au nom du lloy
" avec mondit Kicur oomto do Seignolay, h qui nouK avons donné
240
CHAPITRE VIII. — 1714 k 1756.
En revanche un inventaire fait avec soin vena-^^
d'établir que la bibliothèque possédait, en deha
des ouvrages précieux, 18,432 doubles, qui fure
vendus, dans le courant de Tannée 1 733, apr
avoir reçu l'estampille que nous avons reprodui
plus haut.
On acheta encore, à cette époque, près de huL
mille volumes tirés du cabinet de M. de Cangé (^
(août 1 733) ; puis Lancelot donna au roi deux cen
manuscrits et cinq cents portefeuilles remplis d
pièces détachées.
En 1734, l'abbé Sallier fit entrer l la Bi
bliothèque quatre cents chartes du xi® au xt® sic
clos, presque toutes revêtues de sceaux précieux
M. de Targny obtint tous les manuscrits de l'atb
Drouin. En même temps, M. delà Bastie,*timba
sadeur en Italie, envoya un grand nombre de vo —
lûmes; le comte de Fronlay, ambassadeur à Ve —
nise , tous les livres arméniens que renfermait
cette ville; le marquis de Villeneuve, ambassadeur
à Constantinople, des manuscrits orientaux ; et le
marquis de Bonnac, ambassadi>ur on Suisse, plu-
sieurs manuscrits turcs.
Ve
\
ta
e
y lo présent certifidcat ainsi qu'il l'a désiré. Fait à Pari<$ en U
f Bi1)liotlièquc du Roy, le vingt-cinq octobre mil sept l'int
r tn'iite-.leux. Signe, de Targny et Sallier.»
Bulletin du Bibliophile^ annéo 183G, p. UG.
1. Lcprincc, Essai historique sur la bibliothèque du roi, p»
207. — Lo catalogue d'Imbert de Gange a été publié eu 1738, ifi'
12; il est aujourd'hui très-recherché. Sauf dans deux ou troi»»
C'xomplairofi, loncm do Cangé ne figure pas sur le titre.
CHANGEMENTS DANS LE PERSONNEL. 241
Pendant cette période , quelques changements
^v^ient eu lieu dans le personnel de l'établisse-
'ûenL Boivin, mort le 29 octobre 1726, avait été
remplacé par l'abbé Sallier. Le 3 mai 1737, le
décès de Tabbé de Targny permît de donner son
^^ploi à l'abbé Sévin, qui lui avait été adjoint
depuis longtemps. Celui-ci mourut en 1741, et eut
Poiir successeur Melot, de l'Académie des Inscrip-
tions. Enfin l'abbé Bignon, parvenu à sa quatre-
vingtième année, se retira (1741) et laissa la place
à. son neveu Bignon de Blanzy,qui mourut en mars
1 743 , et eut pour successeur Armand-Jérôme
oignon, son frère.
Un événement très-important avait eu lieu dans
l*înleryalle. La bibliothèque du Roi s'était décidée
à- suivre l'exemple que lui clonnaient déjà à Paris
tr-ois bibliothèques! , elle avait en 1735, ouvert
ses portes au public.
_ ^ • An milieu du dix-soptième siècle, il n'y avait encore en
^"U.rope que trois bibliothèques où les savants eussent un facile
?^cè8. C'étaient la bibliothèque Ambrosienne, fondée à Milan vers
*-^08 par le cardinal Borromée; celle de Bodley, à Oxford, ouverte
^7J 1612, et la bibliothèque Angélique , qu'Angelo Kocca avait
^tabUe à Borne en 1620.
En France, ce furent aussi des particuliers qui donnèrent
exemple. J.-A. de Thou, Richelieu, Michel le Masle, Fouquet,
plbert, ordonnèrent que leurs collections seraient mises à la
^spogjtjQ^ jigg savants. Mais la première bibliothèque vraiment
Pïiplique qu'ait eue la France est celle du cardinal Mazarin,
^^^» à la fin de l'année 1043, ouvrit à tous les portes delà sienne.
Jja bibliothèque du roi fut encore précédée dans cette voie
P*^ trois autres bibliothèques : celle de l'abbaye de Saint- Victor
c^î fut publique dès l'année 1652, celle des Avocats en 1708, et
cUo de la congrégation de la Doctrine chrétienne qui le devint
^^ 1718.
16
242 CHAPITRE Vni. — 1714 à 1756.
VAlmanach royal de 1 709 s'exprime ainsi : «En
n attendant qu'on luy ait donné un vaisseau
n propre pour placer tout le monde, les sçavans
n qui se font connoître y sont toujours aussi bien
» reçus que dès les premiers jours de cet établis-
n sèment i; » ce qui signifie qu'on n'y pouvait en-
trer qu'au moyen de puissantes recommandations.
L'abbé Bignon résolut de modifier dans le sens le
plus libéral cette organisation; il obtint, le 1 1 oc-
tobre 1 720, un arrêt du Conseil, qui était ainsi
conçu : « La Bibliothèque du Roy sera ouverte à
n tous les sçavans de toutes les Nations, en tout
n temps, aux jours et heures qui seront réglez par
n le Bibliothécaire de Sa Majesté, et il sera pré-
n paré des endroits convenables pour y recevoir
n lesdits sçavans, et les mettre en état d'y vac-
n quer à leurs études et recherches avec toute
n commodité. Outre lesdites entrées accordées
n aux sçavans, ladite Bibliothèque sera ouverte
n au public une fois la semaine, depuis onze heu-
ij res du matin jusqu'à une heure après midi ; et
n seront alors toutes les personnes que Sa Majesté
71 a déjà attachées à ladite Bibliothèque, ainsi que
On rencontre ensuite : la bibliothèque du roi, ouverte en
1735; celle de l'église Sainte-Marguerite, en 1738; celle de l'ab-
baye de Saint-Germain-des-Prés en 1745 ; celle de la Faculté de
médecine en 174G; celle de l'abbaye de Sainte-Geneviève, en 1759;
celle de la ville de Paris, en 1763 ; et celle de l'Université en
1770.
1. Almanacli royal, année 1709, p. 218.
LA BIBLIOTHÈQUE J)EYIENT PUBLIQUE. 243
» les autres qu'Elle se propose d'y attacher encore,
ft sous les ordres dudit sieur Bibliothécaire , obli-
9 gées de se trouver durant ledit temps es sales ,
9 cabinets et galleries d'icelle^ pour satisfaire la
;9 curiosité de tous ceux que l'envie de s'ins-
n truire y attirera i. » Il faut noter comme un
fait très-remarquable, la distinction déjà jugée
nécessaire à cette époque , entre les lettrés et
le publie proprement dit. Mais toutes ces bon-
nes intentions restèrent d'ailleurs longtemps
encore à l'état de théorie; VAlmanach royal de 1 721
et celui de 1722 l'avouent avec un certain embar-
ras. « Les bibliothèques, n y est-il dit, « ayant été
7f de tous tems regardées comme les trésors dos
jf sciences et des arts, il est juste qu'il y en ait de
jt publiques dans cette capitale du Royaume, afin
jf que les particuliers qui ont du génie, «ans avoir
j» la commodité des livres, ne manquent pas de ces
n moyens pour cultiver et faire valoir leurs talens.
» La bibliothèque du Roy avoit été destinée à cet
n usage, qui avoit déjà été commencé il y a quel-
1. Arrest du conseil d* Estai du Roy concernant la Bibliothèque
de Sa Majesté t articles 3 et 4.
L'article 2 est ainsi conçu : « Il ne sera tiré de ladite Biblio-
» thèque, aucun livre, médaille, ni autre chose quelconque ins-
B crito sur les inventaires ou catalogues, sous prétexte de le
■ prêter H qui que ce puisse être, ou pour toute autre raison,
» sans un ordre exprès de Sa Majesté, signé par le Secrétaire
• d'Ëstat ayant le département de sa maison, et adressé au Bi-
» bliothécaire de Sa Majesté.»
244 OHAPITBE Vm. — 1714 à 1766.
n ques années \ et qui n^a discontînaé qu^à cause
jf de la petitesse du lieu où elle se trouve,en compa-
» raison de la multitude des volumes qu'elle renfeiv
p me.Sj» Cinq ans après, on déclare d'une manière
positive que « la ffibliothèque SERA ouverte au
public trois fois la se^laine} depuis onze heures du
tf piatinjusqu'â une heure après-midi ^.i^Màiscette
promesse n'était pas encore réalisée en 1 734, car, à
cette date, VJlmanach royal annonce encore que,
« quoique les travaux que le Roy a ordonnés de-
» puis quelque tems pour Tembellir n'ayent pas
» encore permis de la rendre publique à des jours
» et heures marquées, les sçavans et les curieux
t> françois ou étrangers y trouvent en tout tems
» \m accès facile ^.9 C'est l'année suivante que
ces projets, si longtemps différés , reçurent leur
exécution ; on lit, en effet, dans un Guide de 1 736 :
^ Quoique les travaux qu'on fait faire à la biblio-
9 thèque du Roi ne soient pas encore finis, on ne
» laisse pas d'y recevoir les mardis et vendredis
tt jusqu'à midi ceux qui y vont pour étudier; et ceux
» que la curiosité seule y conduit y trouvent
n toujours un accès facile auprès des person-
1. Allusion à la tentative faite en 1692.
2. Almanach royal, années 1721 et 1722, p. 258.
8. Almanach roycU, année 1727, p. 281.
4. Almanach royal, année 1734, p. 314.
LES CATALOGUES DE 1789. ^45
n nés auxquelles M. Bignon en a confié le soin ^ »
VAlmnach royal de 1737 confirme purement et
simplement cette assertion 3. Ajoutons que les
T^cances duraient du 8 septembre au 15 novem-
bre, et qu'aucun changement n'eut lieu dans cette
oi^anisation jusqu'à la fin du xvm^ siècle.
On travaillait alors activement à l'impression
du catalogue des livres imprimés^ dont la rédac-
tion avait été confiée à Capperonnîer, Boudot et
SalIier.Le premier volume parut en 1739, le sixiè-
me et dernier en 1 753 : ils furent l'objet de criti-
ques assez vives ^.Les trois premiers volumes sont
consacrés à la théologie, les deux suivants aux
belles-lettres, le sixième à une partie de la juris-
prudence. En tête se trouve un Méntoirehistorique
Sttr la bMiothèque du Boy^ résumé fait avec som,
uiais fort incomplet pour les temps qui précèdent
le règne de Louis XIII ; l'auteur * a cependant le
' mérite d'avoir ouvert la voie et facilité la tâche de
ses successeurs. Le Catcdogus codicum manuscrip-
^m hibliothecce regiee devait paraître en même
temps que celui des imprimés ; quatre volumes
seulement furent publiés, de 1 739 à 1 744.
!• s. de Valhébort, L* Agenda du Voyageur à Paris, p. 68.
2. Almanach royal, année 1737, p. 823.
3. Voyez J. Saas, Lettre d'un académicien à M"* sur le cata-
'<^«e de la Bibliothèque du Boy, s. 1. n. d., in-12.
^' L'abbé Jourdain, entré comme secrétaire à la Bibliothè-
que en juillet 1724.
248 CHAPITRB^ K. r- 1756 à 1795.
Dans le cours de la même année, la bibliothèque
du Roi reçut encore la collection d'estampes du
oorer^les chanoines n'hésitèrent pas à sacrifier leur bibliothèque.
Sans réfléchir que le temps détruirait Tœuyre de pierre avant
ces minces et précieuses feuilles de parchemin, ils vendirent an
roi, moyennant unesomme de cinquante millelivres, leurs plus
admirables manuscrits. Pour connaître la vérité sur cette
affaire, il faut consulter d'autres documents que les procès-ver-
baux officiels,car on s'efforça d'y présenter l'opération comme une
générosité toute gratuite. Des offires forent donc faites secrète-
mont à H. d'Argenson; quand elles eurent été acceptées, le
Chapitre fut convoqué en séance extraordinaire, le 24 mars 1756,
et la parole ayant été donnée au Ohambrier, il dit que « la Gom-
» pagnie étoit instruite que H. le comte d'Argenson , ministre
f et secrétaire d'Etat de la guerre , ayant le département de
• Paris, informé que la bibliothèque du Chapitre de l'Eglise de
•> Paris possédoit un assez grand nombre de manuscrits, parmi
» lesquels il s'en trouvoit de très-précieux, qui, placés à la Bi-
*> bliotèque du Boy seroient plus à portée des sçavans qui y
» ont toujours un libre accès et deviendroient plus utiles "k la
» république des lettres, le ministre par une suite de son zèle
» pour multiplier les richesses de laBibliotèque de Sa Mi^esté au-
» roit chargé H. l'abbé Sallier et H. Helot, gardes k la dite
» Bibliotèque, de voir M. le Doyen à l'effet de lui représen-
^» ter que le Chapitre feroit chose agréable au Boy s'il pou-
» voit se déterminer à céder ses manuscrits à la Bibliotèque
» de Sa Majesté; que M. le Doyen, en ayant fait la proposi-
» tion à tme Chambre tenue à ce sujet, et ensuite au Cha-
» pitre de samedy dernier, le vœu général de Messieurs avoit
n été de saisir avec empressement l'occasion de faire au Roy
» un sacriâce qui pouvoit lui plaire, et de donner à Sa Majesté
» une nouvelle marque de reconnoissance pour des bienfaits
t> dont le Chapitre a déjk consacré la mémoire en fondant le
» jour de saint Louis une messe annuelle pour la conservation
f> d'un monarque si cher à la nation. Sur quoi, après en avoir
» délibéré. Messieurs voulant donner au Boy une preuve de leur
» profond respect et de leur tendre attachement pour sa personne
» sacrée, ainsi que de la vive reconnoissance qu'ils ont do la
» protection particulière dont Sa Majesté honore l'Eglise do
B Paris, ils ont fait et font don au Roy dos manuscrits de la Bi-
f> bliotèque de l'Eglise de Parîs détaillés au catalogue mis sur
» le bureau, pour lesdits manuscrits être incessamment remis
» par Monsieur le Chambrior et Monsieur de Malherbe, intcn-
n dant de la Bibliotèque à mesdits sieurs abbés Sallier et Melot,
« et par eux être placés dans la Bibliotèque de Sa Majesté,etpour
» faire part de la présente délibération à M. le comte d'Argenson,
LES MANUSCBITS DE NOTBE-DAME. 249
maréchal d'Uxelles, et quatre cents manuscrits de
M. de Sérilly qui formaient le plus riche recueil de
» et le prier d'en rendre compte au Roy, la compagnie a nommé
» et député Messieurs de Saint-Exupéry, doyen, Thierry, chan-
» celieret chambrier, d'Agouth et de Malherbe, tous chanoines
» de l'Eglise de Paris. •
A la suite de cette délibération, le bibliothécaire Malherbe et
Nicolas Thierry, chancelier de l'Université, signèrent, le 3 avril,
l'acte qui enlevait à la cathédrale trois cents manuscrits d'une
valeur inestimable. Voici le texte de la décharge qui leur fat
remise au nom de la bibliothèque du Roi:
» Nous soussignés, gardes de la Bibliotèque du Roy, recon-
» noissons qu'en exécution de la conclusion du chapitre général
« de l'Eglise de Paris du vingt-quatre du mois dernier. Messieurs
» Thierry et de Malherbe , intendant de la Bibliotèque de
» l'Eglise de Paris, nous ont remis au nombre de trois cent un,
f» les manuscrits de ladite Bibliothèque dont le chapitre a lait
» don au Roy par ladite conclusion. A Paris, le trois avril mil
» sept cent cmquante-six. «SALLIER, MELOT.»
La Bibliothèque de l'Arsenal possède la liste de tous les ou-
vrages qui firent partie de cette vente; on lit sur la première
page du registre : Catalogue des manuscrits de l'Eglise de Paris,
donnez par le chapitre de cette Eglise à la Bibliothèque royale
au mois d'avril 1756 j après la mort de M. l'abbé Joly de Fleury,
Vun des chanoines chargé du soin delà Bibliothèque du chapitre,
arrivée au mois de novembre 1755. — Le Boy, en récompense de
ce don, leur a fait donner sur les économats cinquante mille
livres, pour construire la nouvelle sacristie de leur église, et en
outre un exemplaire de tout ce qui s'imprimera au Louvre,
Outre les cinquante mille livres convenues , qui permirent à
l'église Hie faire réparer et recarreler la Bibliothèque, le Chapitre
eut encore l'avantage de pouvoir transcrire sur ses registres la
lettre suivante, qui lui fat adressée au nom du roi :
«Versailles, le 12 avril 1756.
» Messieurs ,
» Rien no pouvoit me causer une joie plus sensible, que d'avoir
» à rcndi'e compte au Roy de l'empressement avec lequel vous
» avez saisi les vues que je vous ai communiquées comme chose
» capable de lui plaire. Sa Majesté a reconnu dans la cession
» que vous avez faite à sa Bibliothèque des trois cents manus-
» crits qui enrichissoient la vôtre, la suite constante d'un at-
» tachement qui a toujours répondu de la manière la plus digne
» à ses bienfaits et à la protection particulière dont elle honore
• votre Compagnie, et la nouvelle preuve que vous on donnez
» aujourd'hui vient de retracer à ses yeux tout le mérite des
f250 CHAPITRE IX. — 1756 à 1795.
jurisprudence qu'il y eûl alors en Europe; l'année
suivante, on acheta pour vingt-deux mille francs
les trois mille trois cents médailles rassemblées
par M. de Cary i.
• Ce fut bientôt le tour d'un des plus précieux
cabinets de Paris, celui du médecin Camille
Falconet, qui avait réuni près de cinquante mille
volumes 3. En 1742, il offrit à Louis XV tous ceux
» précédentes. Vous pouYttz jnger de là, Messieurs, combien elle
• a été agréable an Bol; aussi Sa Majesté mVt-elle chargée de
• vous en marquer de sa part la satiEtfaction qu'elle en ressent,
• et c'est un ordre que je me fais un vrai plaisir d'exécuter.
» La dignité de votre don n'a pas besoin sans doute d'être
» roleyéo par des réflexions particulières, puisque les dispositions
» dans lesquelles le Boi l'accepte, forment un éloge in&mnent
» supérieur k tout autre. Qu'il me soit permis, oei>endant, d'ox-
» primer icy ce que j'en pense, et la&çondont vous avez reçu
m les ouvertures qui vous ont été faites par mon ministère sur
» la cession dont Û s'agit, semble m'en avoir acquis le droit. En
» procurant un accroissement de raretés à la Bibliothèque du
» Boi , établissement le plus célèbre de cette espèce qui soit
» dans le monde, vous avez à la fois contribué à la gloire de Sa
» Majesté, k l'honneur de la nation, et au progrès des lettres.
» Plus votre don est précieux en lui-même, plus les sçavans
» qui trouvent toujours libre accès dans cette bibliothèque,
» applaudiront à votre zèle, et la mémoire en sera consignée
» dans l'ouvrage qui doit transmettre à l'étranger comme à la
» postérité la plus reculée un monument do la grandeur et de
» la magnificence de ce mêmeétahlissement.
» Je suis très-parfaitement, Messieurs, votre très-humble et
» très-obéissant serviteur,
n D'ABGENSON.«
Voyez A,-'F., Recherches sur la BibîiotJièque publique de IVglise
Notre-Dame de Paris au XIII* siècle, -p. 85.
1. Marion-Dumersan, Histoire du cabinet des médailles, p.
161.
2. Mémoires secrets dits de Bachaumont, 9 février et 14 no-
vembre 1762; t. I, p. 40 et 146. ~ Avertissement, en tête du
Catalogué de la bibliothèque de Falconet, p. v.
CAMILLE FALCONET. 251
c ses livres qui ne se trouvaient pas à la biblio-
èque du Roi i, s'en réservant seulement l'usage
«ndant sa vie 2. Falconet mourut en 1762 s, et
1. Le Thiéullier, Brevis laudatio C. FcUcotiet, p. 20.
2. Avertissement, en tête du Catalogue de la bibliothèque de
alconety p. vi.
8. Le nom de Falconet fat, pendant plus de deux siècles,
«lébre dans la médecine. Caznille Falconet était le petit-fils
'André Falconet, qu'une intime amitié unissait à Gui Patin, et
'est sans doute dans la fréquentation du savant bibliophile que
^ jeune homme puisa cet amour des livres qui, autant que ses
' ravaux scientifiques, l'ont reconmiandé à la postérité. Dès
''âge de vingt et un ans, il commença à former sa bibliothèque,
til poursuivit cette tâche jusqu'à sa mort, arrivée soixante-dix
^ns plus tard. Devenu médecin du duc de Bouillon, il se concilia
^Krapidement l'affection de cette famille, et quand mademoiselle
^fle Bouillon mourut, elle lui légua la belle bibliothèque qu'elle
"tenait de son père. Ce n'était au reste pas pour lui seul que
Salconet réunissait tant de volumes ; comme Gui Patin, il
omettait avec empressement ses trésors bibliographiques à la
âsposition non-seulement de ses amis, mais même de toutes les
;S)ersonne8 studieuses. Un de ses biographes nous dit que la
<2élèbre devise de Grolier eût dû figurer sur tous ses livres, et
"tin ouvrage publié de son vivant nous déclare que « sa biblio-
*» thèque pourroit être mise au rang des bibliothèques publi-
« ques, puisque les gens de lettres ont la liberté d'y aller faire
» les recherche» dont ils ont besoin.» On assure même qu'il lui
arrivait souvent de racheter des ouvrages qu'il avait prêtés,sup-
posant que, puisqu'on ne les lui rendait pas, on les avait perdus,
ou l'on désirait les garder. Quand l'âge le força à quitter sa
profession, il se livra tout entier à la recherche des seules richesses
qu'il ait jamais souhaitées, atotus fuit in augendis aviditate
• splendida divitiis quibus solis vota excitari potuissent atque
» cumulari.wNous n'avons pas rencontré d'ea? libris gravé sur ses
volumes, mais il écrivait souvent au milieu du titre son nom et la
date de l'acquisition.
Outre les ouvrages déjà cités, on peut consulter sur cette bi-
bliothèque : Jj* Encyclopédie, t. II, p. 237. — Mémoires siirla vie
et Us ouvrages de MM. Falconet, p. 14 et suiv. — Leprince,
Essai historique sur la bibliothèque du roi, p. 103. — Piganiol de
la Force, Description historique de Paris, t. III, p. 486. — Lebeau,
Eloge de Falconet, 17C2, in-é». — Dibdin, Voyage bibliographique
t. m, p. 121 et 128.
252 CHâPITBE IX. — 1756 à 1795.
Capperonnier fut alors chargé de Texamen de la
collection; après dix-huit mois de travail, il y prit
pour la Bibliothèque onze mille soixante-douze
volumes i, estimés au moins vingt mille livres. Le
roi n'avait cependant donné à Palconet qu'une
rente de douze cents livres réversible sur la tête de
sa sœur ; les autres héritiers réclamèrent auprès
de Bignon, qui fit accorder au sieur Drouet, neveu
du défunt, la^ survivance de la pension de douze
cents livres; il obtint en même temps pour Cappe-
ronnier une gratification de six cents livres 2.
L'expulsion des Jésuites, qui eut lieu Tannée
suivante, fit entrer rue Richelieu un grand nombre
de volumes. Ces religieux avaient à Paris, dans
différents établissements, trois bibliothèques ^^ et
l'abbé Boudot fut chargé d'y prendre les ouvrages
que le roi ne possédait pas. Le savant évêque
d'Avranches, Huet, avait, en 1691, légué tous ses
livres aux Jésuites de la Maison professe, rue
1. Le Catalogne de la collection entière a été publié sons ce
titre : Catalogue de la bibliothèque de feu M, FcUconet, médecin
cofisuUant et doyen des médecins de la Faculté de Paris, Paris,
1768, 2 vol. in-80. Les livres acquis par la Bibliothèque sont
placés entre deux crochets. Aujourd'hui encore, pour certaines
matières, le catalogue de la Bibliothèque nationale renvoie aux
numéros du catalogue de Falconet.
2. Archives de l'Empire, série M, carton n» 794.
8. Celle du collège Louis-le-Grand, rue Saint-Jacques ; celle
de la Maison professe, rue Saint- Antoine ; et celle du Noviciat,
rue de Ifézières. Sur ces trois bibliothèques, voyez A.-P., les An-
ciennes bibliotJièques (^e Po^m, t< Ui p< 245 Qt 269i et t. III, p.
LES LIVRES DE D. HUET. 253
Saint- Antoine, à condition qu'ils seraient conservés
à part, et que, sous aucun prétexte, ils ne seraient
déplacés, « sin secus fiât, disait l'acte de donation,
n irritam esse donationem hanc, et haeredibus
f» suis hœredumve posteris, bibliothecse hujus
i) repetendae jus auctoritatemque esse voluit. ^ »
l.*Le savant D. Huet qui resta longtemps auprès deBossuet
comme sous-préeepteur du Dauphin, eut, dès son enfance, une
véritable passion pour les livres, et le hasard le mit à même de
la satisfaire de bonne heure, car il entrait dans sa septième
année quand il reçut le premier fonds de sa bibliothèque. Eesté
orphelin très-jeune, il avait été recueilli par une de ses tantes,
épouse du mathématicien Gilles Macé. Quand celui-ci mourut,
son fils Daniel, devenu tuteur du jeune homme, lui donna tous
les ouvrages de mathématiques qui se trouvaient parmi les vo-
lumes dont il venait d*hériter, libros neque paitcos , neque spev'
nendos, écrivait plus tard Huet.
A vingt ans, bien que sa fortune fût pltis que médiocre, il
résolut de se former une bibliothèque et se mit à Toeuvre avec
autant d'ardeur que d'inexpérience. Naudé, son ami, l'aida de
ses conseils, parfois même de sa bourse, et amicesuhmonuit ut
caveret a caUiditate bibîiopolarunt.
En 1689, Huet fut nommé évêque d'Avranches ; il était déjà
membre de l'Académie française et auteur de plusieurs ouvrages
estimés. De puissants intérêts et de nombreuses relations l'ap-
pelaient donc souvent à Paris, et les Jésuites de la Maison
professe lui offrirent vers cette époque un petit logement dans
leur couvent. Huet hésita d'abord ; il tenait à habiter une
chambre exposée au nord, et la Maison professe en avait fort
peu; les Jésuites parvinrent cependant à le satisfaire sur ce point.
Pour leur témoigner sa gratitude, il leur abandonna d'avance sa
bibliothèque, composée de huit mille deux cent soixante et onze
volumes imprimés et de deux cents manuscrits, et qui, de l'avis
d'un contemporain, • ne contenoit pas un livre qui ne fut fort
• excellent.» La donation eut lieu 8olemniter,\e'ïS avril 1691,
par acte passé devant notaires, et que Huet renouvela chaque
année jusqu'à sa mort.
Huet semble d'ailleurs avoir regardé les Jésuites comme
d'assez tristes bibliophiles : il ordonna, en effet, que sa biblio-
thèque serait toujours conservée dans un local spécial, séparée
des autres livres appartenant à la communauté, et qu'on n'en
modifierait en aucune manière la composition. Pour empêcher
^54 OHAPITBE IX. — 1756 à 1795.
Ces livres allaient être vendus, quand M. de Char-
signé, neveu et héritier de Huet, les réclama, et
que œtte olanse fat éludée, il prit Boin de &ire relier presqtie
tous les TolnmeB à ses armes. Une marque- fort élégante tut
firappée en or sur les plats, et l'on grava deux éxUbris de difB§-
rente grandeur au bas desquels se trouve rinscription suivante :
Ex Libri8 BiHiothecœ quam lUustriss, EecUsiœ Princeps,
FisTBUB Daniel KirBsnjB,Epi8eopu8 Abrineen8i8,Domui Professœ
Paris. P. P. Soe, Jesuintegram vivens donavU. Jnno 1692.
De plus, on lisait sur le titre de chaque volume :
Ne extra hanc BibUotheeam efferatur. Ex obedietUid.
Dans sa sollicitude pour ses livres, Huet voulait encore que
non-seulement ils ne pussent être prêtés au dehors, mais qu'il
ne fût même pas permis aux religieux de la Maison de les
prendre dans leurs propres chambres. Enfin, il mettait pour
dernière condition que, à l'endroit le plus apparent de la biblio-
thèque, on placerait une plaque de marbre noir sur laquelle
serait gravée, en lettres d'or, l'inscription suivante :
HjLNOBIBLIOTHSCAHPoMUI PB0FE8B2 PaBISUSKSI SOCIBTATIS
JESU DONO DKDIT FVTBTJB DANIEL HXTET, EPISOOFUS AbBOTOEHSIB;
EA LEGS, lŒ QUI8 TJNQTJAK XJBBB QUAMCUMQUS OB CATJSAlff SX EA
DISTBAHATUB, COMMODETUB , VEL OMNINO EXTBA HUNO LOCUM
EFFEBATUB. SiK SECUS FIAT, IBBITAM ESSE DONATIONEH HANC, ET
nJEBEDIBUS SUIS H^aiBEDUMVE POSTEBIS BIBLIOTHECiS HUJUB BE-
PETENPÏB JUS AUCTOBITÂTEM QUE ESSE VOLUIT.
Malheureusement , Hnet ne fit pas transporter aussitôt sa
bibliothèque chez les Jésuites ; elle resta dans son logement du
faubourg Saint- Jacques, cul-de-sac Saint-Dominique. Tout-à-
coup, pendant une nuit de l'année 1693, la maison s'écroula ;
livres, papiers, meubles farent engloutis sous les décombres.
Fulcra domus cecidere, simul domus oninîs, et una
Casu insperato Bibliotheca mit,
dit Santeuil, de sorte qu'une bonne partie, • non contemnenda
pars,» fat volée ou détruite. Ce qui restait fut déposé au couvent
de la rue Saint-Antoine. Huet était alors à Avranches, où son
ardeur pour le travail lui faisait négliger ses fonctions épisco-
pales ; il donna de lui-même sa démission, et vint s'installer
définitivement chez les Jésuites. Il y mourut vingt ans plus
tard, heureux de laisser sa bibliothèque dans Un sûr asile, et la
croyant désormais à l'abri de tout danger.
On peut consulter sur l'histoire de cette bibliothèque :
Niceron, Mémoires pour servir à Vhistoire des hommes illustres^
t. I, p. 57. — Hnetianay p. 65. — Leprince, Essai historique sur
LES LIVRES DE D. HUET. ^55
un arrêt du 15 juillet 1763 les lui attribua. L'im-
pératrice de Russie en offrît cinquante mille écus;
M. de C4harsigné refusa, et ne sachant où placer
tant de volumes, il pria M. Bignon de les recevoir
en dépôt. Celui-ci les fit provisoirement installer
dans une des salles de la bibliothèque du Roi ; il
s'entendit ensuite avec le ministre pour tâcher de
les y conserver. Des ouvertures furent faites en ce
sens à M. de Charsigné qui, moyennant une rente
de dix-sept cent cinquante livres, céda au roi la
bibliothèque de son oncle. Elle se composait
de huit mille deux cent soixante et onze volumes
imprimés, et deux cents manuscrits grecs, latins,
turcs et arabes.
En 1765, le président de Mesnières offrit à Louis
XV soixante et onze cartons remplis de titres ori-
ginaux.
La même année i, on acquit le cabinet do M. do
Fontanieu, riche en hnprimés, en manuscrits 2,
la bibliothèque du roiy p. 105. — Legallois, Traittê des plus belles
bibliothèques, p. 128. — Jugler, Bibliotheca historiœ litterariœ, t.
I, p. 224. — Schelhorn, Amœnitates litterariœ, t. V, p. 164. —
Bibliotheca Iluetiana telluris hiatu absorpta, dans les Opéra
omnia do Santeuil, l»"® partie, p. 279. — D.Huet, Commentarius
de rébus ad eum pertinentibus , lib. 1, p. 10, 11 et 68; lib. III. p.
196; lib. IV, p. 222; lib. VI, p. 896.
1. L'acte de vente est du 27 août. Voyez à la Bibliothèque
nationale, manuscrits, fonds français, n» 13006.
2. L'inventaire général et le catalogue forment sept volumes
in-folio, qui sont conservés à la Bibliothèque nationale, manus-
crits, fonds français, no» 13007 à 13013.
256 CHAPITRE IX. — 1756 à 1795.
en estampes i, et renfennant plus de soixante
mille pièces détachées relatives à ITiistcire de
France 2.
Presque aussitôt, Capperonnier, qui avait rem-
placé Melot, mort en 1759, obtint pour le roi,
du duc de La Vallière , plusieurs manuscrits
précieux. On acheta en même temps cent boîtes
pleines de titres généalogiques, qui avaient été
rassemblés par Blondeau de Charnage.
, En 1770, Fevret de Fontette céda à la Bibliothè-
que sa magnifique collection d'estampes; et Dubuis-
son lui vendit un curieux recueil de titres et de
généalogies.
L'année suivante arrivèrent des livres chinois
qui étaient envoyés de Pékin par le P. Amiot. Cette
même année 1771, mourut l'académicien Gibert ^,
dont les papiers entrèrent à la Bibliothèque à une
date que l'on ne peut préciser K
Il fut alors question encore une fois de déplacer
la Bibliothèque. Louis XV ayant résolu de conti-
nuer le Louvre,on songea à l'y installer et à vendre
1. Lo catalogue des dessins et des estampes se trouve à la
Bibliothèque nationale, manuscrits, fonds français, no 13014.
2. n en existe de très-nombreux catalogues. Voyez à la Biblio-
thèque nationale dans le fonds français, n»" 9436 et 13006 h
13014.
3. Mémoires de V Académie des inscriptions j t. xxxYiii, p. 269.
4. L. Delisle, le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque im-
pêriaïe, 1. 1, p.438.
PROJETS DE DEPLACEMENT.
257
l'emplacement de la rue Richelieu i; mais on ne
ionna pas suite à ce projet.
-Ajrmand- Jérôme Bignon mourut le 8 mars 1 772 2,
^t son fils Jean-Frédéric lui succéda : Louis XV
^"v-a-it tenu à conserver cette savante dynastie, qui
depuis près d'un siècle et demi régnait sur la
^il^Uothèque du Roi.
t.
Mémoires secrets dits de BtzchaumorUy 11 et 14 Janvier 1768;
~ p. 281 et 288.
projet n'était pas nouveau.
^^ lit dans le Discours prononcé dans V Académie Royale de
"^tture et de sculpture, en présence de Monseigneur le d%tc
^ ntin^ (Paris, 1712, in-8o do huit pages) : «Le Roy ne Jugeant
as que sa Bibliotèque fut commodément placée dans la rue
^ivienne , et ayant résolu de la mettre au Louvre, dans Ta-
X^artement qui luy étoit destiné dès letems de sa construction,
^*Àcadémie royale de peinture et. de sculpture, qui était logée
^^ns une partie de cet apartement, a été obligée de le quitter,
X^nr en occuper un autre que Monseigneur le duc d'Antin.^
^^n protecteur, luy a obtenu de Sa Majesté, au-dessous de
-■-"apartement de la feue reine-mère du Boy, avec le fonds né-
^^essaire pour les frais de transport des ouvrages de peinture
^^tdesculpture, tant antiques que modernes, qui remplissent
présent les six grandes pièces dont ce logement est composé.
es lieux étant en état, ce seigneur voulut luy-même en mettre
Académie en possession, le lundy 7 mars de la présente an-
ée 1712, et faire l'honneur à cette compagnie de présider à la
^^première assemblée qui s'y tint...»
la date du 10 janvier 1721, l'abbé Lebeuf écrivait au P. Pré-
: «On nous a dit ici que l'on va transporter la Bibliothèque
u Roy dans les galeries du Louvre.» Lettres de Vahhé Lebeuf,
^^, p. 215,
-^^nfln, le 4 mars 1749, le marquis d'Argenson écrivait dans
■^^ journal : « Le Roy est résolu d'achever le vieux Louvre; il y
, ^^estinera un fonds annuel qui sera considérable; on y placera
^ -^€8 académies, les arts, la bibliothèque du roi, et une belle ga-
^ ^erie pour y admirer les tableaux du Boy qui restaient dans la
^ » X^ussière.» E.-J.-B. Rathery,t/oMr«ai et Mémoires du Marquis
-'^rgenson, t. V, p. 40G.
2, Mémoires de V Académie des inscriptions, t. XL, p. 187.
17
t.
BC^
k
258 GHAPITRB DL •- 1756 à 1795.
Un des premiers soins de J.-F. Bignon fut de
régulariser le service de ce que Ton nomme aujour»-
dliui le Dépôt l^fal. Le 5 mars 1773, il adressait
aux « syndics et adjoints de la librairie et de rim-
» primerie de Paris» la lettre suiyante,qui ne reçut
pas un meilleur accueil que les nombreux arrêts,
ordonnances et règlements rendus antérieurement
sur cette matière :
ft Le devoir de ma place. Messieurs, étant de
a veiller aux intérêts de la Bibliothèque du Roi,
9 je ne saurois me dispenser de vous adresser
m nfes plaintes sur le grand nombre d^ouvrages
9 que messieurs les Libraires et les Graveurs ne
a fournissent pas. Comme je n'aime pas à user
» des voies de contrainte, vous me ferez plaisir de
a les engager à se conformer volontairement aux
a ordonnances , en remettant avec exactitude à
a votre chambre syndicale les plus belles éditions :
» l® Des ouvrages anciens qu'ils ont imprimés
a et gravés, et qu'ils n'ont pas fournis ;
a 2o Les suites des ouvrages qu'ils ont commencé
a .3i fournir;
a 30 Les ouvrages nouveaux qu'ils impriment,
a qu'ils gravent, qu'ils débitent, et qu'ils ne de-
a vroient mettre en vente qu'après les avoir four-
a nis.
a Tout rentrera par ce moyen dans l'ordre ; le
a public trouvera à la Bibliothèque les ressources
LE DÉPÔT LÉGAL. 259
u'il vient y chercher; messieurs les Libraires et
I es Graveurs rempliront leurs engagements, sous
lesquels ils ont obtenu des privilèges et desper-
jraissions, et je ne me verrai pas dans la dure
écessilé de les y contraindre par les voies de
igueur prescrites parles ordonnances.
.»»► Je me flatte, Messieurs^ que votre zèle pour
1 c bien des lettres vous portera à entrer dans
Xiies vues, et à presser l'exécution de ce que j'ai
I ''honneur de vous demander pour la Bibliothè-
ue du Roi. J'en conserverai la plus vive recon-
oissance.
^9 Je suis avec une parfaite estime, Messieurs,
"V^otre très-humble et très-obéissant serviteur.
n BiGNON. » 1
ï^endant la première année du règne do Louis
, on acheta pour 300,000 francs les 32,499
^'^'^ôdailles de Joseph Pellcrin 2; puis successive-
^^^^ïit : une partie du célèbre cabinet d'estampes
^^ Mariette; un grand nombre de volumes et de
^^^xiuscrits indiens , persans , russes , arabes et
^^^înoîs; huit mille titres originaux vendus par Jault
vl 780) ; les portefeuilles de Torientaliste Louis de
«^- Lcprincc, Essai historique sur la bibliothèque du roi, p.
^- Marion-Dumcrsaii , Histoire du cabinet des Médailles, "p.lQ^.
"^. ïin 1774, l'impératrice do Bussio en avait offert cinq cent
Tj^^Ho livres. Mémoires secrets rlits de Bachauntout,Q avril 1774;
^' Vil, p. 155.
260 CHAPITRE IX. — 1756 à 1795.
Fourmont ; soixante estampes de Finiguerra trou-
vées à Constantînople (1781), et les manuscrits de
Gapperonnierj qui était mort en 1775 i.
Jean-Frédéric Bignon se retira en 1781 et fut
remplacé par J.-G.-P. Lenoir, l'ancien lieutenant-
général de police; trois ans après, Van Praet entrait
à la Bibliothèque. En dehors de deux cent cin-
quante-cinq manuscrits provenant de la collection
du duc de La Vàllière, elle n'acquit guère, durant
les années qui suivirent, que des médailles et des
antiques. On acheta la collection de M. Cousinery,
agent de France à Salonique 2 (1787), et les riches
cabinets de MM. Dennery et Tressan.
Mais déjà la Révolution s'annonçait, et allait
porter le trouble au sein de la bibliothèque du Roi.
En revanche, nous la verrons tout à l'heure tripler
d'un trait de plume le nombre des volumes qui,
depuis le commencement de la seconde race,
s'entassaient dans cet établissement.
1. Dans une lettre qui a été récemment retrouvée (voy. 1^
BuUetin du Bouquiniste ^ n» du 1*^ mars 1874), Rigolet de JnTÎ-
Vigny écrivait, le 2 juin 1775, à Mercier de Saint-Léger :
■ Le pauvre Capperonnier est mort, et je le savois, Monsieur»
» cette place qu'il laisse vacante vous conviendroitàtons égards
» et vous y feriez dos miracles.Mais je sais que M. Capperonnier
» va être remplacé par M. Bejot, garde des manuscrits, et M.
» Bejot par une autre personne de la Bibliothèque. C'est l'usage
» que chacun monte à son rang d'ancienneté. Ainsi vous pensez
• sagement donc point vous montrer pour de mander. Non-seule*
■ ment un refus ne vous conviendroit point, mais vous ne devriez
• pas être à la peine de demander. Il laudroit aller au-devant de
• vous.»
2. Marion-Dumersan, -ffis^ojre cîtt cabinet des Médailles, "^'l^^*
L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE. 261
L'Assemblée constituante réduit d'abord de
140,000 à 110,000 lirres i le budget qui lui est
alloué pour les honoraires du personnel et les
achats de livres 2 (3 septembre 1790); elle lui en-
lève ensuite son nom, et la bibliothèque du Boi
devient la Bibliothèque nationale (1 792).
Lenoir, dont la nomination avait été assez mal
aceueilhe 3, est forcé de donner sa démission en
1790, et Louis XVI confie la direction de la Biblio-
thèque, qui comptait alors 152,868 volumes impri-
més *, au descendant d'une des plus anciennes
familles de France , à Anne-Louis-François de
PauleLefi vre d'Ormesson de Noyseau. Roland le
destitua et nomma pour le remplacer Carra et
Chamfort ; mais en septembre 1792, ces deux
administrateur^:, Van-Praet, l'abbé Barthélémy et
son neveu de Gourçay furent arrêtés et enfermés
aux Madelonneltes. Van Praet put s'échapper et
1. En 1787, le budget de la Bibllothèqne avait été augmenté
de dix mille livres. Voyez une lettre de M. d'Ormesson, datée
du 17 décembre 1771. Archives de l'Empire, série M, n© 797.
2. Lettre à MM. les Commissaires des biens nationaux. Archi-
ves de l'Empire, série M, carton 797. — Observations sur la
Bibliothèque du roij broch. in-8o, s. d. Archives de l'Empire,
série M, carton 794.
3. Voyez : L'an 1787, précis de V administration de la Biblio-
thèque du roi sous M. Lenoir ^ in-12 de 16 pages, s. 1. n. d.
4. Champollion-Figeac, dans le Dictionnaire delà conversation,
t. VI, p. 88. — A.-A. Barbier dit 200.000 volumes imprimés et
60,000 manuscrits: Annuaire administratif du département de
la Seine, par Allard, p. 406.
262 CHAPITRE ne. — 1756 à 1795.
trouva un refuge chez le libraire Th. Barrois; Carra
fut guillotiné quelques mois seulement avant
d^rmesson, son prédécesseur, et les deux Barthé-
lémy, mis eh liberté, reprirent leur place au cabinet
des médailles, juste à temps pour empocher qu^elIes
fussent mises à la fonte, comme Pavait proposé
Romme, alors président du comité d'instruction
publique K Après la mort tragique de Chamfort,
les fonctions de bibliothécaire national furent
confiées à Lefèvre de Villebrune, qui les remplit
jusqu'en 1795 a. /
La Bibliothèque reçut alors une organisation
nouvelle. A la suite d'un rapport de Villiers,
TAssemblée nationale considérant « qu'il existe
» une place de bibliothécaire créée par un tyran
n que la flatterie a surnommé le restaurateur des
» lettres...; que le mérite, incapable de s'avilir en
n rampant, fut privé de cette position qui fut
» réservée à quelques familles privilégiées dont la
n bibliothèque semblait être l'héritage ; qu'ainsi,
n dans les états monarchiques, tout est trafic ou
» prérogatives, mais que le régime républicain ne
1. Marioii'Dumersan, Histoire du cabinet des médaiUes, p.
168.
2. Snr rhistoire de la Bibliothèque à cette époque, voyez P.
Paris, Notice sur Van Praet, dans le Bulletin du Bibliophile ^
année 1811, p. 449.
NOUVELLE ORGANISATION. 263
» souflre point de charges aristocratiques ^^n dé-
clara supprimée la place de bibliothécaire de la
Bibliothèque nationale, et ordonna que rétablisse-
ment serait désormais administré par un conser-
vatoire composé de huit membres, et qui choisirait
lui-même dans son sein un directeur. Le choix se
porta sur Legrand d'Aussy, alors conservateur
des manuscrits.
Voici le texte de ce décret qui a régi la Biblio-
thèque jusqu'en 1832 :
« La Convention nationale, après avoir entendu
» le rapport de son comité d'instruction publique,
n décrète :
ARTICLE PREMIER.
n La place de bibliothécaire de la Bibliothèque
n nationale est supprimée.
ART. 2.
» Ledit établissement sera désormais administré
» par un Conservatoire composé de huit membres,
n savoir :
n \^ Deux conservateurs pour les livres impri-
fi mes 2.
n 2o Trois pour les livres manuscrits s.
1. Rapport présenté au nom du comité d'instruction publique
sur ViU-ganisation de la Bibliothèque nationale^ dans la séance du
6 vendémiaire an iv. Archives de TEmpire, série A D, carton n®
220.
2. Ce furent Capperonnier et Van Praet.
3. Langlès, Laporte du Tbell et Legrand d'AuBsy.
264 CHAPITRE IX. — 1756 h 1795.
• 30 Deux pour les antiques, les médailles et
n les pièces gravées K
n 40 Un pour les estampes s.
ART. 3.
n Tous les conservateurs auront les mêmes
n droits et recevront le même traitement, qui sera
m de six mille livres.
ART. 4.
m II sera nommé dans le sein du Conservatoire,
» et par les conservateurs eux-mêmes, un direc-
n teur temporaire, dont les fonctions se borneront
n à surveiller l'exécution des règlements et déli-
» bérations du Conservatoire , qu'il présidera. Il
n correspondra, au nom de tous les conserva-
19 tours, avec le pouvoir exécutif, pour les affaires
n générales qui intéressent la Bibliothèque natio-
n nale.
ART. 5.
n Le directeur sera renouvelé tous les ans ;
n néanmoins, il pourra être continué , mais pour
une année seulement.
jf
n
ART. 6.
» Les attributions annuelles décrétées pour
l'établissement seront remises en masse à un
» membre du Conservatoii e, nommé par ses collè-
n gués, pour être réparties sous sa responsabilité.
1. Barthélémy de Courçayet Millin.
2. Joly.
NOUVELLE ORGANISATION. 265
ART. 7.
M L'administration des différents dépôts et tous
les détails relatif à Torganisation particulière
du Conservatoire seront l'objet d'un règlement
que les conservateurs demeurent chargés de
rédiger et de soumettre au pouvoir exécutif.
ART. 8.
i» La première nomination des membres du
Conservatoire sera faite par la Convention na-
tionale, sur la présentation du comité d'instruc-
tion publique.
ART. 9.
^ En cas de vacance d'une place de conserva-
teur, par mort, démission ou autrement , le
Conservatoire nommerais savant ou homme de
lettres qu'il jugera le plus propre à remplir la
place vacante.
ART. 10.
*» Le Conservatoire nommera aux autres places
^ e l'établissement, sur la présentation du con-
servateur dans la partie duquel les places seront
^^acantes.
ART. 11.
^ Il sera affecté, sur les fonds de la trésorerie
ïxationale, une somme de cent quatre-vingt-
^ouze mille livres, tant pour le traitement des
Conservateurs et des employés, que pour les
dépenses et augmentations de la BiblioUièque i.
1. Loi du 25 vendémiaire an IV (17 octobre 1795) relative à
' organisation de la Bibliothèque natiomtley dans le Moniteur du
^a octobre 1795.
266 CHAf IXBE IX. - 1756 h 1795.
On comprend qu'au milieu de ces bouleverse-
ments la Bibliothèque avait dû faire plus jde pertes
que d'acquisitions. Il avait fallu un décret de la
Convention ^ pour empêcher que des mains trop
zélées mutilassent toutes les reliures sous prétexte
d'en faire disparaître les insignes de la royauté 2.
Le même décret ordonnait que désormais les volu-
mes porteraient comme seule marque « les lettres
n R. F. et les emblèmes de la liberté et de l'éga-
n lité ; » enfin, aux termes de l'article VII, les
fabricants de papiers, imprimeurs, relieurs, gra-
veurs, etc, ne devaient plus « se servir de formes
» ni d'ornements fleurdelisés ou armoriés ^.n Rap-
pelons, pour montrer que l'époque révolutionnaire
n'eut pas le monopole de ces puérilités, qu'en 1810
M. de Ghazct proposa de changer la reliure de tous
les volumes qui portaient les armes impériales *.
Le décret de la (îonvention n'aboutit qu'à faire
modifirr encore une fois les marques et les estam-
pilles de la Bibliothèque. Le premier modèle em-
ployé représente un faisceau surmonté du bonnet
1. 24 octobre 1793.
2. Voyez une brochure fort curieuse intitulée : Cotiversation
familiPre entre un homme de lettres et un ancien libraire, sur le
projet de supprimer les armoiries et autres marques de proprié'
tés féodales empreintes sur la reliure de tous les livres de la bi-
bliothèque nationale. Archives de TEmpire, série A D, carton no
220.
3. Moniteur du 27 octobre 1793.
4. Voyez le Bulletin de VaUiance des arts, n® du 10 décembre
1846; p. 291.
NOUVELLES ESTAMPILLES.
267
I de la liberté et entouré d'une couronnede lauriers ;
en exerce on lit les mots : BIBLIOTHÈQUE
NATIONALE. On trouve ensuite une estampille
sur laquelle les lettres R F entrelacées figurent
I seules avec la même inscription :
Sur le dos d'un grand nombre de voli nés
■reliés à cett j c'poque,ori rencontre encore un mono-
gramme beaucoup plus logique, un B et un N
entrelacés :
268 CHAPITRE IX. — 1756 h 1796.
Les projets de déplacement surgissaient de
toutes parts. En l'an iv, Ramel, député de l'Aude,
proposa au conseil des Cinq Cents de terminer le
Louvre, de placer les tableaux dans la galerie du
Nord, et la Bibliothèque nationale dans la galerie
qui longe la rivière. Il développait ainsi son pro-
gramme pour le déménagement : «Les livres de la
M Bibliothèquie nationale seront attachés ensemble
ji avec un numéro d'ordre. Les tablettes seront
» transportées dans l'ancienne galerie du Louvre.
9 Lorsque les tablettes seront établies, les douze
jt nouveaux arrondissements de Paris enverront
» chacun mille hommes le jour de décade qui sera
» indiqué. Ces citoyens seront rangés sur six files
jt dans las rues qui communiquent de la Bibliothè-
» que nationale à la galerie.Il seradéfendu ce jour-
I» là de traverser les rues occupées par les files i...»
Trois ans plus tard, il fut question d'attribuer à
la Bibliothèque l'église de la Madeleine, alors à
peine commencée 2, et en l'an ix, un arrêté des
consuls ordonna sa translation au Louvre ^.
1. DeLaborde, Premièrelettre sur l'organisation des bibliothè-
ques dans Paris, p. 21.
2. A.-J.-B. de Gisors, Projet d* établissement de la Bibliothèque
nationale dans V édifice ci-devant destiné à la paroisse de la Made-
leine,
3. Sur tous ces projets, voyez L. de Laborde, Revue des pro-
jets présentés pour le déplacement de la bibliothèque royale, 1845,
in-8o; et la Topographie de Paris, au cabinet des estampes de la
Bibliothèque nationale.
PBO;rETS DE DÉPLACEMENT. 269
Pendant ce temps, nos généraux se faisaient
payer en objets d'art et en livres précieux les
triomphes qu'ils remportaient. C'est ainsi qu'arri-
vèrent successivement à la Bibliothèque nationale
de nombreux manuscrits provenant des collections
de la Belgique, de la Hollande, du Vatican, de
Venise et de Munich i. La Révolution venait en
outre de mettre à la disposition des bibliothécaires
de Paris un trésor incomparable, et tel qu'aucune
époque n'en avait encore vu. Quand l'Assemblée
nationale déclara supprimées l«s maisons ecclésias-
Voici le texte de Tarrêté :
« Les Consnls de la Bépnbliqne, sur le rapport du ministre
» de l'intérieur, arrêtent ce qui suit :
• Abticle I. La Bibliothèque nationale sera transférée et
» placée au Louvre.
• Abtiole n. Tous les particuliers logés dans l'enceinte du
• Louvre, à quelque titre que ce soit, seront tenus d'évacuer
• les appartements qu'ils occupent, avant le 1"^ frimaire an X.
a Abticlk m. Les bâtiments où se trouve actuellement la
» Bibliothèque nationale seront vendus, et les fonds provenant
• de cette vente employés à la translation et à l'établissement
• de la Bibliothèque au Louvre.
» Abticle iv. La Bibliothèque nationale sera entièrement
• établie au Louvre dans le cours de l'an XI.
» Abticle v. A dater du 1«' frimaire, il ne pourra être allu-
» mé, sons quelque prétexte que ce soit, et sous la responsabi-
» lité des agents chargés de l'inspection des bâtiments du Louvre,
» aucune espèce de feu dans toutes les parties de cet édiâce.
• Les portes et fenêtres seront fermées exactement au coucher
• du soleil.
» Abticle vi. Le ministre de l'intérieur est chargé de l'exécu-
» tion du présent arrêté.
» Le premier conpul,
. Signé : BONAPAKTE.»
1. Ces manuscrits nous furent repris en 1815, en vertu du
même droit qui nous les avait acquis.
270 OHÀnraE rs. -^ nse à 1795.
tiques, elle ordonna que leurs biens feraient re-
tour à TEtat Presque toutes possédaient de pré-
cieuses bibliothèques et Ton forma des quiijze
cent mille volumes ^ qu'elles contenaient huit
grands dépôts qu'enrichirent encore les livres con-
fisqués chez les émigrés. Les chefs des bibliothèques
conservées furent autorisés à y choisir les ouvrages
qui manquaient à leurs collections, et Van Praet y
recueillit trois cent mille volumes ^ pour la Biblio-
thèque nationale. Plus de dix mille manuscrits,
arrachés à l'incendie de Saint-Gcrmaîn-des-Prés s,
1. GhampoUion-Figeac, dans le Dietiannaire de la converati'
H<m, t. VI» p. 71.
2. Panl Lacroix, Réforme de la Bibltothèque du roi, p.lB9«
3. Le îfrnctidor an H (19 août 1794), le feu prit au milieu
d*un magasin de salpêtre qu'on avait eu l'imprudence d'établir
précisément au-dessous de la bibliothèque de l'abbaye de Saint-
GermainHies-Prés. Dans les bâtiments qui l'entouraient se trou-
vait encore un énorme amas de charbon de terre et la flamme
rencontra ainsi dès le début de tels aliments que l'on dut
songer seulement à préserver les maisons voisines. On put ce-
pendant sauver un grand nombre de volumes imprimés et une
partie des manuscrits. Quelques jours avant cet événement, un
membre de la Convention était monté à la tribune, et avait
proposé de brûler la bibliothèque do la rue Richelieu, • parce
» qu'elle avoit été souillée du nom do Bibliothèque du Roi.»
Cette coïncidence fit attribuer l'incendie de Saint-Gcrmain-deB-
Prés à la malveillance. Il semble établi aujourd'hui qu'il n'en
fat rien. La Convention crut cependant devoir rendre un décret
qui défendit d'installer aucun magasin ou atelier dans le voisi-
nage des bibliothèques. Pendant plusieurs mois, dom Poirier,
aidé par Van Praet, passèrent leurs journées dans les caves où
l'on avait jeté pêle-mêle tout ce qu'il avait été possible d'arra-
cher aux flammes. Us parvinrent ainsi à exhumer dix mille ma-
nuscrits environ, assez peu endommagés par l'eau des pompes.
Ces précieux volumes furent placés dans une des salles de l'ab-
baye, BOUS la garde de dom Poirier, qui devint plus tard biblio-
L'ABBAYE SAINT-GERMAIN DES PRES. 271
y entrèrent à la fois; les autres manuscrits, classés
suirant leur origine, composèrent plusieurs fonds
spéciaux qui portèrent, jusqu'à ces dernières an-
nées, le nom des communautés religieuses aux-
quelles ils avaient été enlevés. Mais tous les manus-
crits acquis à cette époque, qu'ils provinssent des
maisons ecclésiastiques supprimées ou des collec-
tions particulières saisies, viennent d'être réunis à
ceux de l'ancien fonds de la Bibliothèque,et,comme
ceux-ci, classés suivant la langue dans laquelle
ils sont écrits.
De nouvelles acquisitions portèrent, en 1818, à
huit cent mille ^ le nombre des volumes possédés
par la Bibliothèque du roi, qui renfermait en 1860
quinze c^nt mille volumes 2 environ.
Résumons maintenant rapidement les faits que
nous avons racontés.
thécaire à l'Arsenal, n les y conserva jusqu'au jour de leur trans-
port à la Bibliothèque nationale. Malheureusement, bien des
volumes avaient disparu, car dans le tumulte de l'incendie plus
d'un misérable s'était mêlé aux personnes qui apportaient du
secours. Grâce à cotte circonstance, un secrétaire de l'ambassade
russe, Pierre Dubrowski, collectionneur infatigable, put renou-
veler ici ce qu'il avait fait lors du pillage de la Bastille; il acheta
par centaines des liasses précieuses, des recueil» de lettres origi-
nales et des manuscrits, qui sont aujourd'hui) la bibliothèque
impériale de Saint-Pétersbourg. — Sur cet événement voyez lo
très-curieux Rapport de Barèro, dans le Moniteur du 21 août
1794, p. 1377.
1. Petit-Radel, Recherches sur les bibliotJtèques anciennes et
modernes t p. 345.
2. J. Taschereau, Avertissement, en tête du premier volume
du Catalogue de Vhistoire de France»
270 OHAnTBB IX. — 176S b 1T9S.
tiques, elle ordonna que leurs biens feraient re-
tour à l'Etat. Presque toutes possédaient de pré-
cieuses bibliothèques et l'on forma ilcs quinze
cent mille volumes ^ qu'elles contenaient huit
grands dépôts qu'enrichirent encore les livres con-
fisqués chez les émigrés. Les chefs des bibliothèques
conservées furent autorisés à y choisir les ouvrages
qui manquaient à leurs collections, et Van Praet y
recueillit trois cent mille volumes ^ pour la Biblio-
thèque nationale. Plus de dix mille manuscrits,
arrachésàrîncendîede Saînt-Germain-des-Prés ^
1. ChunpoUiou-Figeu], dauB le DietUmnair» de la e
(to«.t.TI,p. 71.
2. Pftnl Lacroix, Réforme de la BiKiothlgve du roi, ^M9.
8. Le 9 &nctidor an n (19 août 1794), le fea prit an milieu
d'un magasin de ealpËtro qu'on avait ou l'imprudence d'établir
tvécîaémeat au-deaaoïiB de labibliotlièque del'abbaye de Saint-
GermaJn-dea-Préa, Dana les bStimeota qni l'entouraient se troa-
Tait encore un cinorme amas de charbon de terre et la flamme
rencontift ainsi dès le débnt de teU aliments que l'on dnt
Bonger seulement à préserTer les maisoDS voisines. On pst ce-
pendaut sauver nn grand nombre do volumes imprimés et nne
partie des manuscrits. Qnelqnoa jours avant cet événement, nn
membre de la Convention était monté à la tribune, et avait
proposé de brûler la bibliotlièqae de la me Richelieu, • parce
■> qu'elle avoit été aonillée dn nom do Bibliothèque du Boi.-
Cette colnoidence Bt attribuer l'incendie de Baint-ÔormainnleB-
Préa à la malvoillance. U semble établi aujourd'hui qu'il n'en
fat lien. La Convention crut cependant devoir rendre un décret
qui défendit d'installer aucun magasin on atelier dans le voisi-
nage des bibliothèques. Pendant plusieurs mois, dom Poirier,
aidé par l'an Fraet. passèrent leurs journées dans les caves oit
l'on avait jeté pêle-mêle tout ce qu'il avait été possible d'aira-
cber aux flammes. Ds parvinrent ainsi !t exhumer dix mille ma-
nnscrits environ, assez peu endommagés par l'oan des pompes.
Cea précieux velumes furent placés d^s une des Balles de l'ab-
baye, sons la garde de dom Poirier, qni devint plus tard biblio-
L'ABBAYE SAINT-GERMAIN DES PRÉS. 271
y entrèrent à la fois; les autres manuscrits, classés
suirant leur origine, composèrent plusieurs fonds
spéciaux qui portèrent, jusqu'à ces dernières an-
nées, le nom des communautés religieuses aux-
quelles ils avaient été enlevés. Mais tous les manus-
crits acquis à cette époque, qu'ils provinssent des
maisons ecclésiastiques supprimées ou des collec-
tions particulières saisies, viennent d'être réunis à
ceux de l'ancien fonds de la Bibliothèque,et,comme
ceux-ci, classés suivant la langue dans laquelle
ils sont écrits.
De nouvelles acquisitions portèrent, en 1818, à
huit cent mille ^ le nombre des volumes possédés
par la Bibliothèque du roi, qui renfermait en 1860
quinze c^nt mille volumes 2 environ.
Résumons maintenant rapidement les faits que
nous avons racontés.
thécaire à l'Arsenal, nies y conserva jusqu'au jour de leur trans-
port à la Bibliothèque nationale. Malheureusement, bien des
volumes avaient disparu, car dans le tumulte de l'incendie plus
d'un misérable s'était mêlé aux personnes qui apportaient du
secours. Grâce à cotte circonstance, un secrétaire de l'ambassade
russe, Pierre Dubrowski, collectionneur infatigable, put renou-
veler ici ce qu'il avait fait lors du pillage de la Bastille; il acheta
par centaines des liasses précieuses, des recueils de le+ très origi-
nales et des manuscrits, qui sont aujourd'hui) la bibliothèque
impériale de Saint-Pétersbourg. — Sur cet événement voyez le
très-curieux Rapport de Barèrc, dans le Moniteur du 21 août
1794, p. 1377.
1. Petit-Radel, Recherches sur les bibliothèques anciennes et
modernes f p. 345.
2. J. Taschereau, Avertissement t en tête du premier volume
du Catalogue de Vhistoire de France,
272
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CABINET DES MÉDAILLES ^
oine-Rascas DE Bagarris, 1608.
n DE Chaumont, 1644
ï^TJNEAU, 1664
^ï^ioolas CoLBERT, 1666
T^i^rre deCargavi, 1667
I-C>XaisCOLBERT, 1676
^-^INSSANT, 1684
^OlDiNET, 1685
^^ISIGENOT, 1712
■^ — l'r. Simon, 1712
^Odonesgh, 1716. .
^1- deBoze, 1719 • . .
^Aa)VENANT, 1720
'^ ^•^J. Barthélémy, 1745
■^^Tthélemy deGourçay,1772. . . .
^Ointreau, 1773
^^^rbié DU Bocage, 1785 .
^ÏLLIN, 1794
^ïonnet, 1795
■*^In. Marion-Dumersan, 1795
^^.-PascalGossELiN,1799
'ï'h.Fréd. WiNGKLEn, 1800
/
A Fontainebleau.
(1515 à 1565)
Au Louvre. (1565 à 1667)
A la bibliothèque du Roi
rue Vivienne. '
(1667 à 1684)
A Versailles.
(1684 à 1741)
A la bibliothèque du Roi
rue Richelieu.
(1741 à ....)
1. Voyez page 151,
270 OHÀPcraE rs. — i756 à 1795.
tiques, elle ordonna que leurs biens feraient re-
tour à TEtat Presque toutes possédaient de pré-
cieuses bibliothèques et Ton f(»rma des quiijze
cent mille volumes 1 qu'elles contenaient huit
grands dépôts qu'enrichirent encore les livres con-
fisqués chez les émigrés. Les chefs des bibliothèques
conservées furent autorisés à y choisir les ouvrages
qui manquaient à leurs collections, et Van Praet y
recueillit trois cent mille volumes ^ pour la Biblio-
thèque nationale. Plus de dix mille manuscrits,
arrachés à l'incendie de Saînt-Gcrmaîn-des-Prés s,
1. GhampoUion-Figeac, dans le Dietiatmaire de la conversa'
H<m, t. VI, p. 71.
2. Panl Lacroix, Bé forme de la Bibliothèque du roi, p^9.
3. Le 2 frnctidor an II (19 août 1794), le feu prit au milieu
d*un magasin de salpêtre qu'on avait eu l'imprudence d'établir
précisément au-dessous de la bibliothèque de l'abbaye de Saint-
GermainHies-Prés. Dans les bâtiments qui l'entouraient se trou-
vait encore un énorme amas de charbon de terre et la flamme
rencontra ainsi dès le début de tels aliments que l'on dut
songer seulement à préserver les maisons voisines. On put ce-
pendant sauver un grand nombre de volumes imprimés et une
partie des manuscrits. Quelques jours avant cet événement, un
membre de la Convention était monté à la tribune, et avait
proposé de brûler la bibliothèque de la rue Bichelieu, • parce
» qu'elle avoit été hoiiillée du nom de Bibliothèque du Roi.»
Cette coïncidence fit attribuer l'incendie de Saint-Gcrmain-des-
Prés à la malveillance. H semble établi aujourd'hui qu'il n'en
fut rien. La Convention crut cependant devoir rendre un décret
qui défendit d'installer aucun magasin ou atelier dans le voisi-
nage des bibliothèques. Pendant plusieurs mois, dom Poirier,
aidé par Van Praet, passèrent leurs journées dans les caves où
l'on avait jeté pêle-mêle tout ce qu'il avait été possible d'arra-
cher aux flammes. Ils parvinrent ainsi à exhumer dix mille ma-
nuscrits environ, assez peu endommagés par l'eau des pompes.
Ces précieux volumes furent placés dans une dos salles de l'ab-
baye, sous la garde de dom Poirier, qui devint plus tard biblio-
APPENDICE
(1250 à 1720)
I. La bibliothèque de la Sainte-Chapelle. — II. Les livres de
Louis-le-Hutin. — III. Les livres de Jeanne d'Evreux. — IV. Les
livres de Clémence do Hongrie. — V. Lep livres de Philippe-
le-Hardi. — VI. Les livres de Marguerite de Maie. — VIL
Arrest du Conseil d'Estat pour les Cordeliers. — VIII. Histoire
inédite de la bibliothèque du Eoy.
LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SAINTE-CHAPELLE. 1
Geofifroi de Beaulieu, conseiller intime, aumô-
nier et confesseur de saint Louis, raconte que ce
prince, étant en Palestine, entendit parler d'un
Soudan sarrazin, qui faisait soigneusement recher-
cher, transcrire à ses frais et placer dans sa biblio-
thèque les livres de toute espèce qui pouvaient
être utiles aux lettrés de son pays, et les leur
1. Voyez page 5.
272
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LA SAINTE-GHAPELLE. 285
Or, dans sa réritable encyclopédie, Vincent de
teauvais a mentionné, entre autres, les auteurs
^suivants : Vîtruve , cUé là pour la première fois;
^^lalpumins; Festus Avienus; Maximianus; Chalci-
lius, commentateur de Platon ; Symmaque; Justin;
; Pline, ses lettres ; Golumelle ; Platearius,
-^méiecm contemporain; CaiusPomponius; Papinien;
^^pien ; Marcien ; Herennius ; Modestinus, juris-
^consîdte du III* siède; Cicéron ; Jules César , sous
^fe nom de JtMus Cdsus ; Plutarque ; Esope ; Platon;
^jalien; Sénèque, ses tragédies ; SaWnste ; Horace;
^hride; Virgile ; Valère-Maxime ; Lucain ; Macrobe ;
^ointilien; Porphyre; Claudien, etc.
Que saint Louis, qui, nous l'avons vu, ne vou-
lait point acheter de manuscrits, ait eut le temps
^e faire copier tous ces ouvrages, c'est une hypo-
'^Uièse absolument insoutenable; tout au plus pour-
rait-on admettre que chacun des auteurs que nous
Tenons de nonmier était représenté dans la bîblio-
ihèque du roi par quelque fragment ; et encore
cette concession nous paraîtrait-elle à peine justi-
ce par les documents dont nous disposons. D'ail-
leurs ,'il faut le remarquer , Geofifroi de Beaulieu
parle de livres saints, de Pères de l'Église, et nul-
lement d'auteurs profanes.
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338 iSFESDVm. — 19S0 h itu.
in Anna, et se flnist par un aufre calendrier •
SancH Thome; et en l'autre partie d'été, se com-
mence par : Te Deum îaudamus, et se finist : Ad
Societatem.
Un BaÉviAiHE en deux volumes, à l'usage de Paris,
couvert de cuir blanc. Et se commence la partie
d'iiyver après ie calendrier : Servite Domîtto,
otse finist à : Redemptor; et la partie d'été se com-
mence à la fin du calendrier : Capricomus, et se
flnist : Omnium fiddium defundorum.
Un autre BRÉviAiEtEendeuxvolumes,couTertdecuir
blanc, k l'usage de Paris. Et se commence la par-
tie d'hyver après le calendrier : Fro fidei me-
ritis, et se finist ; Non summe JDei cvUor ; vt
l'autre partie d'été se commence après le calen-
drier ou second feuillet : Sincopa discursus, et se
finist : Venite.
Un ÉpisTeLiER à l'usage de Paris, couvert de cuir
blanc, qui se commence au premier feuillet : So-
miniea prima in adventu, et se finist : In sectila
sectdorum.
Un GRÉEL,couvertde cuir blanc, à l'usage de Paris,
à fermoirs de cuir rouge d'arain ; qui se com-
mence à la page avant le calendrier : Fer Deum
dicas, et se finist à la table des proses : OJiriste
inclUe,
Un livre couvert de cuir rouge empraint , des
Légendes des nouvelles festes. Et se commence :
xr
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LEB LITRES DE JEANNE B'ÉYBEUX. 289
In cancepHone béate Marie , et se finist : Deo
grattas.
LiYRi d'égusBi auqpuel sont plusieurs épistres, à
couvercles d'arg jnt dorée ; d'une part un Cou-
ronnement de Notre-Dame, et d'autre part TÂn-
nonciation.
Ijvre d'église, auquel sont plusieurs évangiles,
à couvercles d'argent dorés; d'une part le Cruci-
flmnent, et d'autre Nostre Seigneur assis, gui
tient en sa main une ponmie.
Missel à l'usage de Paris , à fermoirs de soie
verte, d'argent blanc. Et au premier feuillet du
calendrier est la Circoncision, de lettres d'azur,
et en la &a du pénultième feuillet est escript :
Mtjg^icUer te Deus.
Missel à l'usage de Rome, à fermaillés de cuir
vermeil et de laiton. Qui se commence au second
feuillet : Incipit ordOj et se fînist : Gloriam con-
BwpMLmur.
^ Missel à l'usage de Paris, à fermoirs d'argent
l)lanc, de soie ardente. Et commence en une page
contre le calendrier : In commemoratmiem sanc-
iorum^ et se finist au dernier feuillet par : Gloria
n» excdsis et le Credo.
livre pour les Bonnes Fbstes, de grosse note et
de grosse lettre. Et se commence après le rebri-
<he : Levate capita^ et se finist : Non confimdar
nn (dternum.
19
390 AFFBNBIOE. — 19Sa k ITM.
Un livre noté pour les Bonnes Festes, couvert de
cuir blanc , à clos de laiton. Et se commence :
In viyilia natlvilatis Doniini, et se fmist : Tu
autcm miserere nobis.
Un Missel à l'usage deParis, à fermoirs de cuîrrouge
et de laiton. Qui se commence, en la première
page : Ego sumpanis, etau dernier feuillet : Ite
missa est, noté.
Un petit livret nommé I'Ordinaire deParis, couvert
de cuir rouge. Et se commence ; Gaude Maria,
et se fmist :In civitate Bomini.
Un autre petit livret, nommé le Livre des Venités,
couvert decuir rouge cmpraint. Et se commence :
Salve regina misericordiœ, et se finist par : Amen.
LES LIVRES DE CLÉMENCE DE HONQItlE
Un Bréviaire où madame disoit ses Heures, à
l'usage des Jacobins, à fermaus d'argent.
Un autre Bréviaire audit usage , à fermaus d'or.
Un beau Saltier à lettres d'or et d'azur, que le
pape li donna.
LES LIYBES DE OLÉMEKOE DE HONGRIE. 291
Une Heures couvertes d^ais émailliéSi garnis de
pierres.
TJnBRÉvuiRE DES PESTES anuelz à l'usage de Paris,
à quatre fermoirs d*argent.
Un petit Brévuire à l'usage des Jacobins, où Mar-
guerite aidoit à dire les Heures Madame.
Un autre Bréyiatre à l'usage de Paris , à fermaus
d'or.
IDui Gréelz notés.
Un Bréviaire en deux volumes, notés.
Un Missel noté.
Un Epistolter.
Un Ordïnnauie.
TJn Processionnaire noté.
J)eux Sautiers.
UTn Caers, noté de plusieurs Offices.
Un Séquencter, du roy Cîharles.
Un grant Roumans, couvert de cuir vermeil, de
Fables d'OviDE qui sont ramenées à moralité de
la mort de Jésus-Christ.
Un grant Roumans, où il y a XVII ystoires. Et se
commence de l'avènement antéchrist.
Un Roumans, couvert de cuir vert, des Enfances
d'Ogier.
Un Roumans des X Commandemens de la Lot.
Un de la Panthère.
Un petit de la Trinité.
Un couvert de cuir vermeil du Roumans de la Rose.
Un petit de I'Advogagîe Nostre-Dame.
292 APPEin»OE. — 1250 à i7aa.
Un petit RouMANSDE la Panthère.
La BiBLU en françois, en dui volumes.
Un RoUMANS DE LA VlE DES SaWTS.
Un livre en françoîs de Regimine pbingipum.
Un Roumans de la conoueste de Césile.
Un Ghançonnier de mons, Gasse Beiulé,
Le RouJiANs DES Vil Sages et d'Isopët,
Un ïNSTiTDTE en françois.
Un RoDMANs doRbclds deMoliens.
Un petit livret en anglois et en françois.
Un RouMANS DE LA TiB DES PÈRES, de BalaEEQ et de
Josaphat. '
Une somate, ou Code en fbançois.
Un RouMARS de chansons.
INVENTOIKE DE9 LIVKES ROUMANa DE FEU MON-
SEIGNECR PHILIPPE-LE-HARDI, QUE MAISTRE
RICnABT LE CONTE, SON BARBIER, A EUZ
EN GARDE A PARIS. '
C'est Vinvcntoire des joiaux, vaisséUe d^or et d'ar-
gent, aournement de chapelle, livres, drap d'or,
et de soye, etc., et autres biens meubles advenus à
monseiifneur de Bourgoingne, conte de Nevers et
baron de Dousi,par le trémas de feu monseigneur
le duc de Boiirgoingnc, dont Dieux ait Vûme.
LES LIVRES DE PHILIPPE-LE-HARDI. 293
Rendue par les officiers de feu mon àict seigneur.
Fait à Paris, le vingtième jour de mars Van mil
quatre cens et quatre.
LIVRES
Les Croniques de Frange, fermans à deux fermouers
d'argent, arraoiez aux armes de feu mon dict
seigneur.
Le livre appelle des Propriétés des choses, fermant
à deux fermouers d'argent; et y a à chascun fer-
moeur ung prophète esmaillé.
Le livre de Titus Livius, fermant à deux fermoeurs
d'argent dorez, armoiéz aux armes de feu mon
dict seigneur, et le livre de Gnéon fermant à
quatre fermouers de léton.
Le livre qui parle des Tribulacions de l'Eglise, jadis
passé devant l'avènement Jeliu-Crist, * et n'a
nulz fermaux.
Le livre du Vergier de sol as, qui est tout à arbres
d'or, fermant à deux fermouers de fer.
Le livi-e qui parle de la CondtgiondetousOyseaulx,
fermant à deux fermouers d'argent dorés,armoiés
aux armes de mon dict seigneur.
Le Roumant de Ogier de Danèmarght, feniiant à
deux fermaux de fer.
Le livre de la Vie saint Bernard , à dix clous
d'argent dorés à chascun costé, et est fermant à
deux fermouers d'argent dorés, armoiés aux
armes de mon dict seigneur.
294 ÂP^WDKm. — 1360 à 1730.
Le livre de Messire Gage, qui parle du desdult des
chiens et des oyseaulx; et n'y a nulz fermoeurs.
Le roumant appelle de l'ëscièle du Ciel, à ung
fermant de fer.
Le livre des Ystoires et Croniques des contes de
.Flandre, à deux fermaux de fer.
Le livre appelle des Fables Ysopèt, fermant à deux
fermaux de fer.
Ung livre d'EcTOR de Troyes , fermant à deux fer-
maus de léton.
Ung livre de papier, faisant mencion de URéfuta-
' CION d'obéissance AU Pàpk.
Le livre qui parle de la Vénerie, fermante quatre
fermaulx de fer.
Les livres appelez Etiques et Pollitiques, fermant
à deux fermaux d'argent dorez, armoiez aux
armes de Monseigneur.
Le livre appelle Pollitiques, fermant à deux fer-
maulx d'or, armoiez aux armes du Roy; et à ces
deux livres à chacun une couverture de drap
de soie doublée de sendal ; et sont tous deux en
ung estuy.
Les Croniques de Flandres, en papier, et sont à
l'abbé de Saint-Bertin de Saint-Omer.
livres appartenans a la chapelle.
Ung bon Messel, à l'usaige de Paris, garny de fer-
mouers et pipes d'or, que donna Monsieur le
LES LITBES DE PHILIPPE-IiE-HABDI. 395
Ghancellier à ung jour de l'an, et servant aux
grans festes à Prélat, couvert d'une chemise de
drap de damas blanc, semé de marguerites,
P et M de brodures d'or, et six boutons de perles,
dont l'un est presque tout couvert de perles.
ng EvUANCœLIER..
ng Epïstollier.
rois Gréels notés ; c'est assavoir deux grans et
ung raoien, dont celui qui servoit devers le corps
est demouré en Bourgoingne.
n livre noté, où est compris tout le Service de
MONSIEUR SAINT AnTHOINE.
LIVRES POUR L'ORATOIRE DE MONSEIGNEUR.
ng Bréviaire en deux volumes, fermans à fer-
mouers d'or, à l'usaige de Paris, ouquel mon
dict seigneur dit ses heures, dont en l'un a pipe
d'or et chemise de soie, et en l'autre, non.
^^ng Messel, où mon dit seigneur dict son service,
à l'usaige de Paris, à fermouers d'argent doré.
X)eux grands livres des Heures de Nostre Dame, de
LA Croix, du Saint Esprit, et plusieurs Croisons
et autres Sufpraiges, servans tous les jours en
l'oratoire de mon dict seigneur, à fermoeurs et
pipes d'or, dont en l'un a œilles d'or, soubz une
platine d'argent,
Unes Petites Heures de Nostre Dame, qui furent à
la mère de Monseigneur, à deux petits fermoeura
d'or, deux boutons de perles et une petite pipe
d'or.
Unes Petites Heobes et Oroisons en françois, de
plusieurs sains, couvert de bordeure d'or et de
menues perles, garnies de deux fermoeurs d'or,
armoiez aux armes de Flandres et de ma dame
d'Artois.
Unes Petites Heures et Suffhaiges de Saine, ysto-
riez , à lermouers et pipes d'or aux armes
d'Estampes.
Uns Sept Psadlmes, dont la lecteore est toute
ystoirêc, couvert d'une couverture de veluau
azuré, fcrmans à deux fermouersd'argentdorés,
armorés aux armes de feue ma dame d'Orléans.
La plus grant partie des cayers d'un Messel,
TRANSLATÉ DE LATIN EN FRANÇOIS, lequel fist faire
feue la rciyneBIancIie, et lequel a esté laiîsié à
parfaire , pour ce que on dist qu'il n'est pas
expédient de translater tel livre, en espécial le
saint Canon.
Ung Petit Psaultieh, ouquel a chascun psaulme
une propre oroison; et le donna monseigneur
de Berry à mon dict seigneur; garni de petits
fermouers d'or, à fleurs de lis et une petite pipe
d'or.
Huit petis cayers : l'un contenant le Service de
SAIUT AmTHOINNB, SAINT GhARLEMAIGNE, ET SAINT
LoYS DE Marseille ; l'autre la Fbste du Sache-
LES LIVBES DE MABGUEBITE DE MALE. ^97
ment; le quatrième couvert de soie, contenant
plusieurs messes, et le demeurant Procession-
naires.
Et nous commis par monseigneur le duc de
Bourgoingne, comte de Nevers et baron de Douzi,
à faire paier les marchans de ce qui leur est deu
par feu Monseigneur, dont Dieux ait Tâme, des
biens meubles advenuz par son trespas, et a oïr,
corriger et clorre les comptes des inventoires
renduz par les officiers de feu Monseigneur;
certiffioris . les choses cy-dessuz déclairées avoir
esté baillées à Franchequin de Bandelze, commis
et ordonné par Monseigneur à la garde d'iceulx
hims ; et le surplus contenez ou grant inventoire,
et qui ne sont point compris en cestuy cy , mon
dict seigneur les a pris par-deverslui. En tesmoing
de ce, nous avons mis noz seings manuelz, le 20®
jour de mars, l'an mil quatre cens et quatre,
J. DE ThOISY. — J. DE TePLEUVE.
VI. .
INVENTOIRE DE MARGUERITE DE MALE
VEUVE DE PHILIPPE-LE-HABM. ^
C^est Vinventoire des joyaulx et aidtres biens
mœubles demeurés du décès de fefue trèshatdte et
1. Voyez ci-deBsus, p. 53.
298 AFPENDIOIE. - 13M h IT».
puissante princesse ma dame Marghritc de Flan-
dres, duccesse de Bourgoingne, Palatine, dame de
Salins et de Malines, eiicommencié à Arras le
sixième jour de may, Van nid quatre cens et cinq ;
par maistre Jehan Langret, arcltediaque; Philibert
de Ohantemelle, escuier trenchant; Evrard Hon-
cleme, consiUier; Jean Mousquet, dere des offices;
Guiottin de Paris, escuier de cuisiiie; et messire
Perriau, chanoine de Saint-Donat de Bruges; C07)i-
mis ad ce, et ordéne'spar nus seigneurs Jelian, duc
de Bourgoingnc, le duc de Lembourt, et le conte de
Premièrement.ung livre enluminé où sont plusieurs
Ohisons en latin et en FRANÇOIS, Icquel est mis
ou dict coffre, en ung petis coffre garny d'argent.
Ung aultre livre de la Propriété d'aucunes Pierres,
mis en une boursse de veluyeau Yermcil.
Ung aultre livre en latin et une Evuangile com-
posée de la Concorde du texte des quatre
ÉvuANGiLES, à couvertures de perles, et clauns
d'or et de perles, en ung estuy de cuir couvert
de drap d'or vert.
Unes Grandes Heures, en ung grant coffre garny
d'argent et unes Grandes Heures, de cuir rouge
couvertes ; à clauns d'or et & ung pençoir.garny
LES LIVBES DE MABGUEBITE DE MALE.' 299
de neuf perles, mises en une viese boursse de
veluyau noir.
Ung petit livret de deux Évuangiles et les Heures
DE LA Croix, à couverture garnie d'or et de LVIII
perles grosses, en ung estuy de camelot pers, à
. une grosse perle et ung bouton de menues perles.
Ung petit livret de Pluiseurs Orisons, en latin et
en françois, couvert de drap de soye noir, en
ung estuy de haute liche (ouvré) de p. et de m.
Ung aultre livret de Pluiseurs Orisons, historié
d'ymaîges, couvert de cuir rouge, à clauns
d'argent doré, et au pençoir, des enseignes:
quatre petites perles, et deux maulvaiscs pierres;
mis en une boursse vermeille.
Unes Heures où sont Pluiseurs Orisons en flameng,
et ung autre petit livret du Psaultier saint
Jérôme abrégié, couvert de cuir rouge sans
clauns; mis en ung sachet blanc de toille. Avec
pluiseurs rôles d'orisons, une viesle patreiiostre
et aultres escriptures.
LIVRES ROUMANS EN TROIS COFFRES, DONT L'UN
EST SEIGNIET A. C.
«
Ung livre des Fabliaus.
Ung livre de Balades et Virelays.
Ung livre du Castelain de Goughy.
Ung livre de Sébile d'Ayeul et de Hélie.
Ung livre de Salhadin et de la Prise de Constan-
T1N0BLE.
300 APPENDICE. — 1360 à 1730.
Lelivredes Vies DES ANCHiENS Pères ET des Philo-
sophes.
Le livre des Avugles, en franchoys.
Le livre des Guerres de Const antinoble.
Le livre do la Vie saint Grégouie.
Le livre de Zacarye Alb,vzaryb.
Le Roomant de la Chapelle Martinet.
aultkes livres boumans. ou coffee a. o. '
Le Roumant du bon Larron. De l'Estat du Monde,
et d'aultres clioses.
Le livre dé Gassidoine
Le livre de l'Esfermache, autrement dit Gouver-
nement DU MONDE.
Ung RouJiANT DE Bataille.?.
Le livbe d'un docteur appelé Nue.
Ung Livre d£sE3bate:jenô et roullc d'Esbatcmcnn.
GlOMAKSlE d'EsRATK siens.
Jou Nictiaaos Buridan, prestre, tabellions apos-
tolicques et impériaulx, ai fet eâcripre ccsto
présente eoppyc de l'inventoire des biens deraourés
du décès de feue très haute et puissante princesse
et dame, ma dame Mai^hrite de Flandres,duchossc
de Bourgoingnc, etc. ; et en tesmoing de ce, j'ay
mis mon signe-manuel. Fette à Arras, l'an mil
quatre cens et treize, le 8= jour du mois de
septembre.
BCRIDAN.
ABBÊT POUB LES OOBDELIEBS. 301
vn.
AEBEST DU CONSEIL ©'ESTAT POUR LES
CORDELIERS DU GRAND COUVENT DE
CETTE VILLE DE PARIS. 1
Sur ce qui a esté remonstré au Roy en scn
Conseil par le sieur de Mesmes, conseiller du Roy
en ses conseilz et président au Parlement de Paris,
père spirituel et protecteur des Gordeliers du grand
Couvent de cette ville de Paris, qu'il auroit cy-
devant pieu à Sa Majesté d'establir sa bibliotèque
et logement de son bibliotéquaire en une grande
maison aparten^nt. audit couvent, seize rue de la
Harpe, proche d'icelluy couvent, et ordonner, par
arrest du Conseil du xxviiie may mvi^ trente -deux,
qu'il seroit payé par chacun an au procureur du-
dit couvent la somme de deux mil livres, pour et
au lieu du loyer d'îcelle, par le Receveur général
des finances de Paris; depuis par autre arrest
dudit Conseil , du quatreiesme juillet mvi ^
quarente ladite somme de ii™ livres auroit esté
réduis à quinze cens livres par chacun an, qui
CLvoyent esté depuis emploiez annuellement en
l'^estat de la recepte generalle des finances de
1. Archives nationales, registre Z, 5998, f> 20.
Paris ; et bien que la dicte maisen doibt (sic) de
vallear de plus de u m ii ^ liyres de loyer , néant-
iiioings iesdids pères Cordolliers n'ont esté payez
des susdictes xv ° livres qu'avecq des peynes
incroyables, et encores après de sy long reculle-
ment qu'à présent il leur est encor deub deraye
année de mvi = xlvh, et les années entières mvi "
XL VIII et MVI'' xLix, dontilz ne peuvent estre payez,
quelques diligences qu'ilz fassent à la poursuîlte
de leur deub. Partant requeroit le dict sieur Pré-
sident qu'il pleust ii S'a. Majesté pourveoir au
payement du passé, et augmenter du moings
jusqnes à deux mil livres par an ledict loyer pour
. en estre payé par préférance à la partie de
l'espai^ne , si mieux n'ayment (sic) Sa Majesté
mectre ladicte maison à la disposition des sup-
plians, comme elle estolt avant qu'elle fusl
ocuppée par ladite bibliotèque.
Veu la dicte requeste, les dicts arrestz, tout
considéré, le Roy en son Conseil a ordonné et
ordonne que des premiers deniers qui seront
fournis à la recepte généralle des finances de Paris
des années mvi ° xlvii et mvi " klviii, lesdits pères
Cordeliers seront payez de ii™h '^ l livres qui leur
sont deubs , de reste desdits loyers des dites
années mvi ^ xlvii et mv! " xlvhi, par préférence à
touttesautrescharçesetparconcurence à la partie
de l'espargne; que pour l'année dernière mvi c xlix
ABSÈfî POUB LKS GOBDBLIBBS. 303
la somme de xt« livres emploîée en Testât de la-:
dite recepte généralle des finances sera paîée par
concurence à la partie de l'espargne; et pour Tad-
venir , à commencer du premier janvier de ' la
présente année, veult et ordonne Sa Majesté qu'il
soit payé ausdicts pères Cordeliers la somme de
n™ livres par chacun an, pour et au lieu du loyer
de ladite maison, et qu'à cette fin ladite somme de
ii^^livres soit emploiée par chacun an es estatz de la
dite recepte généralle des finances, soubz le nom
desdits pères Cordeliers, au lieu de ladite somme
de quinze cens livres, pour estre ladite somme
de u™ livres paiée sur les simples quictances du
procureur dudit couvent, par concurence à la
partie de l'espargne et par préférence aux autres
charges.
Faict au Conseil d'Estat du Roy, tenu à Paris ,
le dix-neufiesme jour de janvier mvi^ cinquante.
Signé : Galland.
Lehuictiesme avril, ledict arrest a esté registre.
vin.
L'HISTOIBE DE LA BIBLIOTÈQUE DU BOY. 1
Comme c'est une chose très constante qu'il y a
^u des escoles publiques dans le palais de nos rois
1. Bibliothèque Sainte-Geneviève, manuscrits, in-4o, n^Zf!.
*-Cette notice, malgré les nombreuses erreurs qu'elle renferme,
^ous a paru digne d*êtr e imprimée ; c'est d'ailleurs, croyons-
^ous, la première tentative qui ait été faite pour esquisser d'une
^^O.anière méthodique l'histoire de la Bibliothèque du roi.
304 APPENDICE. — laSU à 1720.
de la seconde race.on doit aussy tenir pour certain
qu'il y avoit des livres pour l'usage des maistres
qu'on y faisoit v£'nir de tous costez pour y pro-
fesser les sciences.
Chahlemagne, ayant affection pour les lettres,
amassa deux belles bibliotiiéques : l'une en son
palais d'Aix-la-Chapelle, qu'il ordonna par son
testament d'eslre vendue au profBt des pauvres,
et l'autre qu'il donna à l'abbaye de l'Isle-Barbc,
auprès de Lion , qu'il avoit fait faastir , où il eut
LeDradpourbibliothéquaire, et,aprèsluy,Agobard
qui furent depuis tous deux archevesques de Lion.
Louis LE Débonnaire donna charge à Amalarius,
diacre de l'Eglise de Metz,de dresser les canons du
concile d'Aix-la-Chapelle, dont la pluspart estoiont
lirez des Pères de l'Église, et luy fournil, pour cat
effet, les livres de son palais dont il avoit besoin,
" dédit ei Iinperator copiam lîbrorum de palatio
a SUO.i
L'empereur Lothaire avoit aussy des escoles et
des livres en son palais, oii un certain moine de
Luxueil, nommé Angelomus, dît qu'il cstoît venu
estudier et lire les St^s Escritures ; "In sacro vestro
■ palatio sub obtentu traditionum liberalium
» artium enucleationemque divinarura Scriptura-
n rum, etc. „ Mais en la décadence de cette seconde
race, sous les rois qui furent appeliez Fainôans,
les livres furent bannis de leurs palais aussy bien
que les estudes.
HISTOIRE MANUSCRITE. 305
Le roy Robert ayant esté élevé par un excel-
lent maistre , sçavoir Gerbert, arclicvosque de
Reims, qui fut depuis pape, se rendit fort sçavant,
et r'appella les Muses en son palais, qui en avoient
esté chassées. Gomme Trithème assure de luy qu'il
avoit toujours quelque livre à la main, on ne doit
pas douter qu'il n'en ait fait un amas considérable:
« diî ejus manibus liber nunquamrecedebat.»
On ne trouve pas ce que sont devenus ces livres
ni ceux que les autres rois, ses successeurs, avoient
peu amasser. Ils estoient réduits à si peu de choses
du temps de Louis Hutin, que dans son Inventaire,
au chapitre de ses livres, on ne trouve que cinq
volumes, outre ceux d'église; sçavoir : deux livres
de Chroniques, le roman du Beclus, le livre du
Tournoiment, un livre de Comptes k images, et le
Jeu des Esehetz.
Gette indifférence pour les livres et pour les
estudes continua dans l'esprit de la cour jusqu'à
Gharles V, qui, ayant eu Nicolas Oresme, très
habile homme, pour précepteur, il luy fit prendre
le goust des belles lettres. G'est pourquoy ce prince
luy doana ordre de chercher des livres pour en
composer une bibliothèque, dont il eut la direction;
l'engagea à faire des traductions de latin en fran-
çois, aussy bien que Raoul de Presles, Jean Gorbi-
chon et plusieurs autres, afin que les courtisans et
la noblesse, qui n'entendoient pas la langue latine,
qui n'estoit alors connue que des clercs, ne croupis-
20
306 APPENDICE. — 1250 à 1720.
sent pas dans l'ignorance, faute de pouvoir entendre
les livres. Il eut donc soin de faire traduire les
meilleurs autheurs , tant sacrez que prophanes :
comme la Bible , la Cité de Bien , les Morales
(TAristote, Titélive, Valcre le Grand et plusieurs
autres, qu'il fit mesme orner de miniatures, pour
donner plus d'envie de les lire, ce qui s'appelloit
un livre bien historié. C'est ainsy qu'il amassa une
belle et curieuse bibliothèque qu'il mit à Fontai-
nebleau.
Le roy Charles VI, son fils, ayant aussy de
l'affection pour les sciences, comme on le lit dans
le Songe du Verger, amassa plusieurs livres qu'il
mit au Louvre, y joignant ceux de son père, qu'il
fit venir de Fontainebleau pour en composer une
bibliothèque royalle , dont il fit Antoine des
Essarts le directeur, et après luy Garnier de S*-
Yon, en 1418. Il y avoit environ 8G0 volumes, qui
estoient tous manuscritz , distribuez en trois
chambres.
Ce roy estant mort en 1423, pendant que les
Anglois tcnoiont Paris, le duc de Betfort, qui estoit
régent en France, fit faire l'inventaire des manus-
critz de cette bibliothèque royalle, et la prisée, qui
se monta à la somme de 2,323 livres. Il on déchargea
S^-Yon, qui estoft alors eschevinde Paris, et s'em-
para de tous ces livres, qu'il fit probablement passer
en Angleterre, avec les meubles les plus précieux
du Louvre. J'ay veu un Titelive à la fin duquel ces
HISTOIRE MANUSOEITE. 307
mots estoient escritz : « Ce livre a esté envoyé des
n parties de France par le duc de Betfort,régent, au
» duc de Glocestre,son beau frère, en Angleterre,
» l'an 1424. Il a esté rapporté depuis en France
» par hazard.9
Louis XI, qui selon le témoignage de Gaguin,
aimoit les lettres et cultivoit les sciences, « calle-
« bat litteras et supra quam regibus mos est erat
w eruditus,» fit une grande provision de livres à
la sollicitation du mesme Gaguin qu'il avoit
estably son bibliothéquaire, lequel achepta et fit
transcrire les meilleurs qu'il peut rencontrer. On
trouve sur les registres de la Faculté de méde-
cine que ce Roy leur demanda à emprunter le
Basis, qui est un livre d'un médecin arabe, pour le
faire copier. Il mit cette bibliothèque au château
Fontainebleau.
Charles VIII, son fils, qui luy succéda, fut dès
sa jeunesse, si occupé à la guerre, et mourut si
jeune , qu'il n'eut pas le loisir de cultiver les
lettres.
Mais Louis XII les eut en singulière estime, et
fit chercher des livres de tous costez pour former
une bibliothèque à Blois, où il faisoit sa demeure
ordinaire.En effet, il en amassa une si considérable
^ue Symphorien Gampier,qui a cscrit la vie de ce
Joy, le compare pour cela à Ptolomée Philadclphe,
^oy d'Egypte : « estbonarum litterarum amanti.^
308 APPENDICE. — 1260 à 1720.
* simus ac librorum cupîdissimus, instar PtoleinaBi
9 Phîladelphî, nec minus sumptuosara quam îpse
9 Philadelphus bibliothecara extruxit. n Après la
prise de Milan, il en fit apporter plusieurs livres,
particulièrement pour le droict , en sorte qu'un
ambassadeur, nommé Bologninus, voyant à Blois
cette Bibliothèque, l'estima la première des quatre
singularitez qu'il avoit remarquées en France, au
raport du mesme Gampier.
Quoyque M^ de Thou assure que le roy Fran-
çois 1er n'ait point estudiéen sa jeunesse, «quamvis
9 a pueritia nullis litteris imbutus,» il ne laissa
pasd'aymer les sciences et de les vouloir apprendre,
prenant plaisir de s'en entretenir avec des sçavans,
particulièrement avec Jacques Cholin, qui luy tint
lieu de précepteur, selon M^ de Thou, Lascaris,
Budée et Chastelain. Ce fut à la sollicitation des
deux premiers qu'il prit résolution de relever la
bibliothèque royalle de Fontainebleau, l'an 1527;
qu'il fit le mesme Budée son bibliothéquaire, puis
Pierre Chastelain ; qu'il envoya Guillaume Postel
et Gillius dans le Levant pour achepter des ma-
nuscritz des langues orientales, ausquelz il donna
12,000 liv. pour cet effet; qu'il institua en 1531
des professeurs en ces langues orientalles , au
collège de Cambray; qu'il prit dessein de le rebastir
magnifiquement, et de le doter de cinquante mil
e«cus de revenu pour y entretenir six cens esco-
HISTOIRE MANUSCRITE. 399
liers, avec des maistres en toutes les facultez. Mais
sa mort arresta Texécution d'un si généreux
dessein.
Henri II succéda à cette noble inclination que
son père eut pour augmenter sa bibliothèque, fit
venir, comme il y a bien de l'apparence, les livres
que Gillius avoit achetez en Grèce par l'ordre do
François 1©^, et donna en 1556 l'arrest qui ordonne
aux libraires de fournir à la Bibliothèque royal le
deux exemplaires de tous les livres qui s'impiî-
meroient, dont l'un estoit pour la bibliothèque de
Fontainebleau, l'autre pour celle de Blois.
Après la mort de Pierre Ghastelaîn, qui fut
évesque d'Orléans, Pierre de Mondoré, con veiller
au grand conseil, fut choisy pour maistre et direc-
teur de la bibliothèque de Sa Majesté.
Catherine de Méigdis apporta en Frmce une
partie des manuscritz de la bibliothèque de Flo-
rence, que Gosme de Médîcis avoit ew\ du débris
de celle des empereurs de Constantin opie. Elle les
mit en la bibliothèque de Fontainebleau avec ceux
qui y estoient desjà. Et comme après la mort
d'Henri II, elle se retiroit souvent à Blois, où elle
est morte, elle y fit venir ses manuscritz pour les
mettre ^ ce chasteau, avec ceux que Louis XII y
avoit desjà amassez, et elle e.i donna la garde ï
l'abbé Bencinenni italien.
Quoyque les troubles der^ guerres de la Religion
310 APPENDICE. — 1250 h 1720.
qui arrivèrent sous le règne de Charles IX eussent
porté grand préjudice aux lettres, toutefois ce
jeune prince ayant esté fort bien instruit par
Jacques Amiot, son précepteur, il conserva tou-
jours de l'amour pour les sciences, et particulière-
ment pour la poésie, à laquelle il se divertissoit
quelquefois, ce qui fit qu'il ayma toujours les livres
et qu'il achepta ceux du président Ranconnet,
quoyque ses finances fussent fort courtes en ces
temps calamiteux, afin d'en augmenter la biblio-
thèque royalle, ou plustost pour réparer les pertes
qu'elle avoit souffertes durant les désordres de ces
guerres civiles. Il en donna la direction au mesme
Jacques Amiot, son précepteur, après la mort de
Mondoré.
Henry IV estant entré dans Paris et ayant
donne la paix à ses sujetz ne pensa plus qu'à leur
en faire gouster les fruits et à faire refleurir les
arts et les sciences par tout son royaume. Il prit
donc résolution de faire venir à Paris ses deux
bibliothèques, celle de Fontainebleau et celle de
Blois, afin de les joindre ensemble, tant pour les
augmenter plus facilement que pour servir plus
utilement aux gens de lettres. Il fit donc mettre
celle de Fontainebleau dans le collège de Clermont,
d'où les Jésuis tes estoient sortis, etensuitte ordonna
par arrest au S^ Bencinenni, abbé de Bellebranche,
d'y faire aussy apporter ceux de Catherine de
HISTOIRE MANUSCRITE. 311
Médicis, qu'il avoit desjà fait venir à Paris en son
logis, rue Plastricre, au nombre de sept cent
soixante trois volumes, dont l'inventaire est encore
à la Chambre des comptes. Et tant les uns que
les autres furent mis entre les mains de Jacque de
Thou, que Sa Mnjesté avoit choisy pour maîstre
de sa librairie , qui les fit relier en maroquin
rouge, aux despens d'une confiscation.
Les Jésuistes ayant esté r'appcllez à Paris, on
leur rendit leur collège deClermont, et l'on trans-
porta la bibliothèque en une maison qui fut louée
auprès de S* Gosme, appartenante aux Cordeliers.
En 1609, le mesme roy Henry IV prit la réso-
lution de faire exécuter, en tout ou en partie, le
dessein qu'avoit formé François I^r de faire bastir
un collège royal en ccluy de Gambray, tant pour
y faire enseigner toutes les sciences par des profes-
seurs royaux dont il augmenta le nombre et les
appointemens, que pour y mettre la plus ample
et la plus belle Bibliothèque qui se pouroit. Il
commit l'exécution de ce projet à quatre grands
personnages, au cardinal Du Perron, au duc de
Sully, au président de Thou et au S^ Gillot, con-
seiller de la Gour, qui se transportèrent sur les
lieux le 23 décembre de la mesme année, et arres-
tèrent les desseins et les marchez des bastimens
qui estoient à faire. Mais la mort impréveuë de ce
grand roy en fit surseoir pour quelque temps
l'entreprise.
312 APPENDICE. — 1250 à 1720.
Louis XIII, qui luy succéda, y fit travailler dès
l'année suivante II en mit la première pierre
le 8® aoust 1611, et y fit apporter tant de diligence
que la principalle face du bastiment fut bientost
mise en sa perfection ; mais les troubles qui arri-
vèrent dans TEstat furent cause que le reste est
demeuré imparfait jusqu'à présent; en sorte que
la Bibliothèque royalle n'ayant pu y estre placée,
comme c'estoit le dessein, elle demeura auprès
des Cordeliers, M^^ le président deThou en estant
toujours le maistre, et mess^^s Gosselin, Gasaubon
et Rigault successivement les gardes sous luy. Elle
ne consistoit d'abord qu'en une grande chambre,
et une gallerie médiocre auprès, qui contenoit
tous les manuscrits.
Ce roy, quoyque fort jeune et quoyqu'il eut
peu le loisir d'étudier, ne laissa pas de penser à
augmenter sa bibliothèque. Car ayant appris que
Philipes Hurault de Ghi verny, évesque de Ghartres,
avoit lq.is3é par sa mort un nombre considérable
de bons livres, et particulièrement plusieurs
manuscrits, il les fit retenir pour sa bibliothèque,
et en paya douze mil livres, suivant la prisée qui
en avoit esté faite.
Ensuitte, comme elle se trouva desjà suffisam-
ment remplie en 1G28, et qu'il n'y en avoit point
d'inventaire, on nomma M^s Rigault, Hautiïi et
Saumaise pour y travailler, ce qu'ils firent avec
HISTOIRE MANUSCRITE. 31 3
une grande assiduité et une application particu-
lière. François de Thou ayant succédé à son père
à la charge de Maistre de la librairie du Roy, et
M^^ Rigault, qui en avoit la garde, ayant achepté,
quelques années après,une charge do conseiller au
parlement de Melz, Pierre Dupuy fut substitué en
sa place pour garde de la mesme bibliothèque.
En 1642, après la mort de François de Thou,
Hiérosme Bignon, advocat général, fut choisy par
le roy, pour sa grande probité et son rare sçavoir,
affin de remplir sa place ; Abel de S*© Marthe eut
le soin des livres qui estoient restez à Fontainebleau,
et Mr de Chaumont de ceux du cabinet et de la
chambre du roy. Pierre Dupuy s'associa Jacques
son frère, qui estoit bénéficier et prieur de S^ Sau-
veur, aussy homme de lettres, qui le survesquit
ot exercea son employ après sa mort. Lequel
i^riesme légua par testament à la Bibliothèque
i^oyalle tous leurs livres, qui se montèrent à plus
<3<3 15,000 volumes, et qui sont marqués de leurs
^ ruines.
Après le décès de Hiérosme Bignon , arrivé Tan
1 Q.., le roy Louis le Grand gratifia son fils, qui
^^ A^-oit succédé à sa charge d'avocat général et à ses
^*^^^^crites , de celle de Maistre de la librairie de Sa
"^^^jesté, et pourveut M^ l'abbé Colbert, docteur
^^t^ Sorbonne, de la garde de la Bibliothèque.
Ce fut alors que M^^ Colbert, comme sur-inten-
314 APFEXDICE. -- 1S50 à 1720.
dant des bastîmens avant la direction des arts et
des sciences, voyant que la bibliothèque du Roy
ne r^^pondoit pas à la grandeur de Sa Majesté, et
qu^il y en avoit dans Paris qui esloient plus
noiabreuses, prit dessein de l'augmenter, soit de
manuscrits, soit de livres imprimez, et, comme le
lie. i où -^lle est oit n'en pouvoit contenir davantage,
il b fit transporter en deux logis auprès de son
hostel, en attendant qu'on ait basty un lieu assez
vaste et assez commode pour recevoir le grand
amis de livres dont on prétendoitle remplir.
On choisit M"^ de Carcaw, ancien conseiller du
Grand Conseil, fort versé dans la connoissance
des livres, pour en avoir la garde sous M^ Golbert,
aloi-s évosque de Luçon, qui le fut depuis d'Auxerre ;
et on luy donna charge de mettre les livres dans
les ap rarteniL-ns u«.^ cêsmaiscns, ce qu'il fit avec
tout Tordre que le iiou pouvoit permettre. Il s'y
trouva d'abord environ 25,000 volumes, tant
manuseriptz qu'imprimez, y compris la bibliothèque
de M^ le duc d'Orléans qu'on fit venir du Louvre
pour l'incorporer en celle de Sa Majesté.
F I N
TABLE GÉNÉRALE
DES MATIÈRES
par Charles V.
par Cliarles T,
livre qui y fut im-
ea poasédéea
es possédées
E, 257.
sédéos par Louis IX ,5. — Manni-
critde.ieaosuTrcB, 23T.
AMBBoaiEiiNE (bibliotliciiiio) , sa
fondation, 241.
AlilioT(leP.), envoie de PcJkin des
i,26S,
Adata, médecin il Damas, 179.
AoOBABo, bibliothécaire do Char-
lemagne, 2.
AdorTH (d'), cbanoloe do N.-D.
de Paria, 2ég.
AH3REr6UlI.l.E, cité, G6.
Aii, 151.
A»iPÈJiE(J.-J.), cité, 2.
i.LoitiaXIT AusTEBiiAU, 222.
Akyot (Jacques), maître
brairie, 87. - ~
Alençob (Pierre II, comte d'),
Charles V lui donne un vol. , 21 .
AiEïAHDBE VI, pape, 60.
AuaBE (d'}, 16S.
Au,Ain>, mission qui lui est confiée.
177,
■, 97.
AmmÈ, patriarche d'Alcp, 179.
AndreIiInt (Fausto), volnmo qu'il
offre à LouiBXII,7S.
Anoëlique (bibliotlici^ne), sa fon-
dation, 2él.
ANaLETEBBE, Is bibllotbèqno dn
Lonvro y est transportée, 60,
SI, S3. — Puis reprise en partie,
Anoodléue, m,
Anooiilëkb (Charles, comte d'),
BaUblioth.,G8.
AKQ0OI.BMB (FrançoîH, eomto d').
I, enrichit
316
TABLE DES MÂTIÈBES.
enlevés au Louvre, 57. — Note
autographe trouvée sur l'un
d'eux, 58.
Akjou (duc d') , Charles VI lui
donne «les vol., 27, 28. — Vol.
qu'il donne à Charles VI, 24. —
Vol. qu'il emporte en Italie, 37.
Anjou (Robert d'), commence la
biblioth. deNaples, 55.
Anne d'Autbiche, reliures à ses
armes, 190.
Anne de Bbetaone, vol. relié à ses
armes, 77.
Antin (duc d'), 257.
Antoine (Pierre), dresse le catalo-
gue des livres du connétable de
Bourbon, 68.
Abgenson (comte d'), 248 et s.
Abgenbon (marquis d'), cité, 257.
Abistote, ses œuvres possédées
par Pépin le Bref, 1. — Traduites
pour Charles V, 11, 12, 27, 28,
81. — Possédées par Charles VI.
39.— Par Philippe-le-Hardi, 294.
Abmagnac (cardinal d'), réunit des
médailles, 152. — 68.
Arsenal (bibliothèque de r),vol.
précieux qu'elle possède, 79, 89,
109, 249.
Artois (Robert d'), son procès, 24.
Athos (le mont), 179.
A|p:icu8, 158.
Auiîertin (Gautier), 38.
Aubriet (Nicolas), peintre, 159.
Augustin (saint) , ses œuvres possé-
dées par Louis IX,4, 5. —Prologue
delà tradnct. de R. de Presles,
10. — Traduction de ses œuvres
faites pour Charles V, 10,11, 14,
27. — Possédée par Charles VI,
39.
AuMALE(ducd'),cité, 8. — Sa bi-
bliothèque, 57.
AuTLAND, abbé do St-Bertin, 3.
Autographes : de Charles V, 12,
13. — De Jcau le Bon, 7 — Dû Jean,
comte d'Angoulôme, 58.
Avaux (d'), achète des livres pour
le roi, 193.
AvicENNE, ses œuvres possédées
par Charles V, 20.
AviENus (Festus), 285.
Avocats (bibUothèque des), quand
elle devient publique, 241.
Aymont (Jean), commet un vol à
la bibliothèque du roi, 204 et s.
Bachaumont (mémoires dits de),
cités, 250, 257.
Bagabbis (Ant.-Bascas de), pre-
mier garde des médailles du roi,
152.
Baoni (cardinal), protecteur de G.
Naudé, 138.
Baït, cité, 73.
Bale (concile de), 237,
Balesdens, sa bibliothèque ache-
tée par Colbert, 231.
Balu^e (Etienne), sa bibliothèque,
215, 216, 238. — Bibliothécaire
de Colbert, 231,232,233.— Cité,
3,284.
Banosius (Th.), cité, 74.
Bapaume (Guill. de), 30.
Bar (duché de), 207.
Bar (madame de), 29.
Barbe (l'ile) , Charlemagne y réunit
des livres, 2.
Barberini (Ant.), 170.
Barbie du Bocage, garde des mé-
dailles, 279.
Barbier (A.-A.), cité, 261.
Barère, député h l' Assemblée
tionale,271.
Barre (Jean de la), bibliothéc. ui
roi à Blois,69,71, 72.
Barrois (J.), cité, 47, 53.
Bahrois (Th.), Van Praet se réfu-
gie chez lui, 262.
Barthélémy (l'abbé), 261, 262.
Barthélémy de Courçay, 261,262 , •
264.
Basseporte (Madeleine de), pein-
tre, 159.
Bastie (de la), envoie des manus-
crits au roi, 240.
Bastille (Papiers delà), 271.
Bathilde (sainte), femme do Clovis
II, sa vie, 32.
TABLE DES UATIÈBES.
317
Bauchant (Jacques), traduit les
Voies de Dieu pour Charles V,
15, 26.
Baudry (F.), cité, 185, 187.
BÉARN, 177.
Bayle, cité, 69, 202. '
Beatjclerc (Le), 121.
Beaulieu (Geoffroy de), cité, 5,
281 et s.
Beauté (Château de), Charles VI
l'habite, 30. — Charles V y meurt ,
85.
Beauvais (collège de), à Paris, 31.
Beauvais (Vincent de), son Miroir
historialy 9. — Louis IX lui four-
nit des livres, 284. — Auteurs
qu'il a cités, 285.
Bec (Michel du), cardinal, 183.
Bedford (duc de), son amour pour
les lettres, 49. — S'empare de la
biblioth. du Louvre, 50, 51, 52.
BÉaoN (Michel), ses estampes ac-
quises par le roi, 156.
Bejot (François), garde de la bi-
bliothèque du roi, 260.
Bélissin, garde de la bibliothèque
du roi, 278.
Bellay (cardinal du), recommande
Duchâtel à François !«', 68.
Belleforest (Fr. do), cité, 74.
Bencheviny. Voy. Benciveni.
Benoiveni (J.-B.), bibliothécaire
de Catherine de Médicis, 101 et
s. — Sa mort, 107.
Benciveni (P.-D.), neveu du pré-
cédent, 107, 108.
Bencivenny, Bencivigni , Benei-
REGNiiis et Benemouy. Voy.
Benciveni.
Bercetjre et Berchoirk. Voyez
Bersuire.
Berger de Xivrey, cité, 107.
Beringhen (de) , ses estampes ac-
quises par le roi, 156.
Beenache, relieur du roi, 191.
Bernardins (rue des), J.-P. Bi-
gnon y demeurait, 212.
Berry (duc de), donne un vol. à
son frère Charles V, 26.
Berry (Charles, duc de), sa bi-
blioth., 52.
Bersuire (Pierre de), son vrai
nom, sa traduct. de Tite-Live,
10.
Berthe au grand pied (la reine),
sa vie, 22.
Berty (A.), cité, 17.
Besnier, achète des livres pour le
roi, 193.
Béthune (Hippolyte, comte de),
sa bibliothèque, 142 et h. — Sa
marque bibliographique, 145.
Béthune (Philippe de), sa biblio-
thèque, 142 et s,.
Betz (de).Voy. Lallemant.
Bible de Charles-le-Chauve, 4. —
De Jean !«', 8, 9. — Possédées
par Charles V, 19, 21, 22.— Con-
fisquée à des Juifs, 37, 88. —
Donnée par le duc de Guyenne,
39. — Détériorée par J. Aymont,
205.
Bibliothécaires nationaux, 262,
278.
Bibliothécaires du roi, 272 et s.
Bibliothèque du roi.
Emplacements :
au palais de la Citéj 15.
au palais du Louvre, 15 et s.
à Bloisj 58 et s.
à Fontainebleau, 65ets, 69 et s.
à Paris (lieu inconnu), 86.
au collège de Clermont, 98.
au couvent des Cordeliers, 109.
rue de la Harpe, 125.
rue Vi vienne, 140.
rue Richelieu, 217 et s.
Emplacements projetés :
place Vendôme, 195.
le Louvre, 211, 257, 268, 269.
église de la Madeleine, 268.
Essais de publicité :
Sous Louis IX, 5.
— Charles IX, 87.
— Louis XIII, 131.
— Louis XIV, 196, 197, 242.
— Louis XV, 242 et s.
318
TABLE DES MATIÈBE8.
Catalogues et inventaires :
dressé en 1373, 18 et s., 35 et s.
— 1380, 35 et s.
— 1410, 40 et B.
— 1413, 45 et s.
— 1423, 47 et s.
— 1518, 64.
— 1544, 71 et s.
— 1559, 81.
— 1622, 128 et s.
— 1675, 201.
— 1688, 202 et s.
— 1690, 204.
— do 1739 à 1753, 246.
Nombre de volumes :
En 1373,
1380,
1410,
1423,
1544,
1642,
1661,
1669,
1688,
1698,
1714,
1721,
1722,
1790,
1818,
1860,
19.
35.
44.
47.
72 et s.
128.
141.
170.
194.
194.
207.
219.
220.
261.
271.
271.
Estampilles employées :
132,191, 192, 193,266, 267.
Voy. Dépôt légal. — Estampes.
— Maîtres de la librairie. — Mé-
dailles, etc.
Bibliothèques :
Voy. Ambrosienne.
Angélique.
Arsenal.
Avocats.
Baluze.
Béthune.
Bignon.
Bigot.
Blois.
Bodleyenne.
Bonrgogne .
Brienne.
Brodeau.
Bnltean.
Oarmes.
Catherine de Médicis.
Colbert.
Doctrine chrétienne.
Duchesne.
Dupuy.
Escurial.
Falconet.
Faure.
Fontainebleau.
Fouqnet.
Qaignières.
Qaulmin.
Gotha.
Huet.
Huratdt.
Jésuites.
La Rochelle.
Louis-le-Grand (collège).
Louvre.
Mazarine.
Médecine (Ecole de).
Mentel.
Mesmes (do).
Montchal.
Muséum.
Naples.
Notre-Dame do Paris.
Orléans (G. d').
Pavie.
Pithou.
Ilichelieu.
Saint-Germain des Pré?.
Saint-Victor.
Sainte-Chapelle.
Sainte-Geneviève.
Sainte -Marguerite.
De Thon.
Triclict.
Université.
Vienne.
Ville de Paris.
BiGNE (Gaces de la), son poëme sur
la chasse, 8.
TABLE DES MATIÈRES.
319
Bignon( Armand- Jérôme), maître
de la librairie, 241.
BiGNON (Jean-Frédéric), maître de
la librairie, 257. — Cherche à
réorganiser le Dépôt légal, 258.
— Se retire, 260.
BiGNON (Jérôme I), maître de la
librairie, 127. — Sa bibUothè-
que, 212.
BiGNON (Jérôme II), maître de la
librairie, 133, 135. — Sa biblio-
thèque, 212.
BiGNON (Jérôme III), maître delà
librairie, 275.
BiGNON (J.-F.)i maître de la li-
brairie, 212. — Sa bibliothèque,
sa marque, 213. — Divise la bi-
bliothèque du roi en quatre dé-
partements , 214. — Prend sa
retraite, 241. — 242, 245.
BiGNON DE Blanzy, maître de la
librairie, 241.
Bigot (Jean), sa bibliothèque et
son ex Ubris, 201, 202.
Bigot (Louis-Emeric) , sa biblio-
thèque, 261 et s.
BiiÂNCHE deBoubbon, 21.
BiiANCHET (Jean), copie le catalo-
gue de Or. Malet, 19. — En fait
lo récolement, 35, 36.
BiiANOHET (Louis), 37.
BiiOis, biblioth. qu'y forment les
princes d'Orléans, 65 et s. —
Louis XII y transporte la bi-
blioth. du roi, 58. — François I»'
la réunit à celle do Fontaine-
bleau, 69 et s. — Combien elle
possédait de vol., 72. — 144,152,
159.
BiiONDEAU DE Chabnage, 266.
BiiONDEL (Fr.), architecte, cité,
-155, 221.
BoccACE (J.), 55, 238.
BoDiiEYENNE (bibliothèquc) , sa
fondation, 241.
BoiviN (J.), nommé garde des
manuscrits» 214. — Extrait d'une
de ses lettres, 195. — Sa mort,
241.— Cité, 50, 105,146.
BOLLANDISTES, CÎtés, 283.
BoLOGNiNi (L.), vers qu'il adresse
à Louis XII, 61.
BoNiFACE VIII (procès de), 236.
BoNNAC (marquis de), envoie des
manuscrits au roi, 240.
BoNNABDOT (A.),cité, 127.
BoENEMANN (l'abbé) , bibliothé-
caire de J.-P. Bignon, 213.
BoBEOMÉE (cardinal), fonde la bi-
bliothèque Ambrosienne, 241.
BouDON, trésorier à Montpellier,
envoie des manuscrits à Colbert,
186. »
BouDOT (P.-J.), grard^ de la biblio-
thèque du roi, 276. — Catalogue
dressé par lui, 245.
BouGY (Alf. de), cité, 217.
BOUHIEB, 80.
Bouillon (cardinal de), sa biblio-
thèque» 221.
Bouillon (duc de), 251.
Bouillon (Godefroi de), sa chro-
nique, 29.
BOULANCOUBT, 207.
BouLAY (E. du). Voy. Duboulay.
BouLLiAU (Ism.) , bibliothécaire
de J.-A. deThou, 169, 170, 172.
BouBBON (cardinal dé), réunit des
médailles, 152.
BouBBON (connétable de), ses livres
confisqués, 68. — Son procès,
236.
BouEGOGNE (ducs de), leur biblio-
thèque, 52, 53.
BouBZEis (abbé de), 232.
BoYET. relieur de Colbert, 234.
BozE(Cl. de), garde des médailles
du roi, 279.
Beanlabt (Jacques^ conseiller an
Parlement, 47.
Bbantome, cité, 66, 101.
Beessuiee , patrie de Pierre dit
Berchoire, 10.
Bbetagne (duché de), 21.
Bbétigny (paix do), 9.
Beèves (marquis de), ses manus-
crits et ses caractères orientaux,
120.
320
TABLE DES MAT RES.
Bbice (Germain), cité, 55, 149,154,
172, 217.
Brienne (manuscrits dits de), leur
histoire, 146 et a.
Bbienne. Voy. Loméuie.
Bbienne (comte de), ses médailles
achetées pour le roi, 154.
Bbisson (Barnabe) , sa conduite
pendant la Lig^a, 91, 94, 96. —
Vole la bibliothèque du lloi,
97. — Bassemble des médailles,
152.
BkITISH MUSEUM, 8.
Bbûdeau (Julien), sa bibliothèque,
198.
Bbonod, notaire à Paris, 239.
Bbossard (Sébastien) , lègue au
roi sa bibliothèque, 222.
Bbuce (le voyageur) , livre qu'il
donne au roi, 183.
Bbuges (L. de]. Voy.Gruthuyse.
Bbuneau (l'abbé), bibliothécaire
de Gaston d'Orléans, 152, 158,
159.
Beunet (Gustave), cité, 171, 172,
203, 217.
Budé (Guillaume) , maître de la
librairie du roi, 65, 66. — Sa
mort, 68. — Sa bibliothèque, 98.
BuiGXE (G. delà). Voy. Bigne.
Bulteau (Charles) ,sa bibliothèque,
207.
Bureau (Laurent), confesseur de
Louis XII, 184.
Bureau. Voy. Dampmartin et Es-
sars (les).
BuRGOs (Guillaume de), sa CJiro-
niqtte trad. pour Charles V, 13.
BuRIDA:^■ (Nicaisej, 300.
BuRMAKN, cité, 226.
BuvAT (Jean), copie les catalogues
de 1688, 201 et s. — Extraits de
SOD Journal, 219.
Cabinet DU roi, estampes connues
SOUS ce nom, 155.
Calpurnius, 285.
Cambrai (collège de), 110.
Cambrai (traité de), 236, 239.
Cangé ( J. de) , ses livres achetés
pour le roi, 240.
Capperonnieb (Jean) , garde de la
bibliothèque du roi, 276. — Car
talog^e dressé par lui, 245. — Ses
manuscrits, sa mort, 260. — 252,
^256.
APPERONNiEB (J.-A.), garde de la
bibliothèque du roi, 277.
Cabcasbonne, les archives du cha-
pitre, 186.
Cabcavi (de), bibliothécaire deCol-
bert,231. — Puis garde de la bi-
bliothèque du roi, 149. — Classe
le cabinet des médailles, 153. —
Dresse le catalogue de la biblio-
thèque de Fouquet, 159. — Sa
bibliothèque achetée pour le roi,
161. — Prend sa retraité, 187.
--165,166, 183, 201, 232.
Carmes de la place MAUBEBT,lear
bibliothèque, 183 et s.
Cabba, bibliothécaire national,26i.
—Guillotiné, 262.
Caby (de), ses médailles achetées
pour le roi, 250.
Casaubon (l8aac),ami de P.Pithou.
104. — Garde de la librairie sous
Henri IV, 110. — Ses dernières
années, sa mort, 117, 118. Ce
qu'il dit des catalogues de labi-
bliiothèque du roi,128. — Cité,
117, 118, 128.
Cassien (Jean), ses œuvres trad.
pour Charles V, 13.
CASsiNijlivres qu'il donne à ja bi-
bliothèque du roi, 183.
Catalogues. Voy. Bibliothèque du
roi.
Catherine de Médicis, sa biblio-
thèque, 100 et s. — Reliures exé-
cutées pour elle, 109. — Ses mé-
dailles, 151.
Catherine de Montpensier, Char-
les VIlui donne un volume, 31.
Catulle, 201.
Caussin de Perceval, garde de la»
bibliothèque du roi, 277.
Catlus (comte de), ses estampes
acquises parle roi, 156.
TABIiE DES MATIÈBES.
321
Gebisiebs (Barnabe de), maître
des comptes, 102.
Oésab (Jules), sa chronique, 29. —
Sa vie, 30. — Cité au XIII« siècle,
285.
Ohabannes (Jean de), 92, 93.
Chalcidius, 285.
CHAiiLiNE (Ch.), cité, 139.
Ohambly (Nicole de), femme do
G. Malet, vol. à ses armes, 2!).
— Monument qui la représenta,
89. — Bend compte après la moi't
de son mari, 40.
CHAMFOBTjbibliothécaire nation il,
261.
OHAiiprEB(SympL.), 61.
Ohampollion-Figeac, cité, 261 .
Champsneufs (le P.) , bibliol hé-
caire de Fouquct, 160.
Ohancey (abbé de), garde des es-
tampes, 280.
Ghandelieb, sa bibliothèque ache-
tée par Colbert, 231.
Ghantemelle (Ph. de), 298.
Ghabité (Jean de la), 184.
Ghablemaone, sa biblioth.; livres
écrits par lui, 5. — Son testa-
ment, 3. — Sa vie, 22.
Ohables II, le Chauve, sa biblio-
thèque, 3. — Bible qui porte son
nom, 4.
Chables rv, roi de France, ses
livres, 6.
Chables V, roi de France, son
amour pour les lettres, 10. —
Traductions faites par ses or-
dres, 11 et s. — Sa signature, 12.
— Note autographe de lui, 13. —
Transporte sa biblio h. de la
Cité au Louvre, 15 e- s. -^ Y
travaillait Ir. nuit, 17. — Vol.
donnés par lui, 21, 23, 28, 31.
— Sa mort, 35.
Chables VI, roi de France, vol.
qui lui ont servi, 21, 23, 24,25,
30, 81. — Son sacre, 26. — Vol.
donnés par lui, 22, 2 /, 28, 29,30,
31. — In vent, de ses livres en
lilO, 40 et s.— £n 1413,45 et s.
— SesbibUothéc, 37, 40, 44, 45.
— Sa mort, 47.— Son mausolée,
50. — Son histoire manuscrite,
237.
Chables VII, roi de France, 52.
Chables VIII, roi de France, dé-
pouille la biblioth. de Naples,
55.
Chables IX, roi de France, trans-
porte la bibliothèque du roi de
Fontainebleau à Paris, 86. — La
reliure sous son règne, 83, 87
et s. — Sa devise, 89. — Achète
les médailles de Grolier, 151.
Chables le Mauvais, roi de Na-
varre, 29.
Chables le TÉMÉBAiBE,ses livres,
53.
Chabbok (R.), cité, 66.
Chabbon, auditeur des comptes,
ses médailles achetées pour le
roi, 154.
Cbabsioné (de), vend au roi les
livres de D. Huet, 254 et s.
Ohastel (Jean), conséquences de
son attentat, 98 et s.
Chastbe (G. delà), femme de J.-Â.
de Thou, 169.
CHATiLLoy (cardinal de), réunit
des médailles, 152.
CHAULLio (Gui de), sa chirurgie,
24.
Chaumont (Jean de), garde des
médailles du roi, 152.
Chazet (de), 266.
Chenault, commissaire du roi, 94.
Chébuel, cité, 160.
Chbvalieb (l'abbé C.),cité, 101.
Chevillieb (A.), cité, 67»
Chine, l'empereur envoie des li-
vres à Louis XIV, 198.— 256.
Cmo (Pîle de), 179.
Chivebny (de), chancelier, sa bi-
bliothèque, 123.
Chomel, cité, 173.
Ohbétien (Florent), bibliothécaire
du président de Mesmes, 223.
Chbjêtien (Ger vais), donne un vol.
à Charles V, 25.— Charles V lui
21
312 APPENDICE. — 1250 à 1720.
Louis XIII, qui luy succéda, y fit travailler dès
l'année suivante II en mit la première pierre
le 8© aoust 1611, et y fit apporter tant de diligence
que la principalle face du bastiment fut bientost
mise en sa perfection ; mais les troubles qui arri-
vèrent dans TEstat furent cause que le reste est
demeuré imparfait jusqu'à présent; en sorte que
la Bibliothèque royalle n'ayant pu y estre placée,
comme c'estoit le dessein, elle demeura auprès
des Cordeliers, M^^ le président deThou en estant
toujours le maistre, et mess^^s Gosselin, Gasaubon
et Rigault successivement les gardes sous luy. Elle
ne consistoit d'abord qu'en une grande chambre,
et une gallerie médiocre auprès, qui contenoit
tous les manuscrits.
Ce roy, quoyque fort jeune et quoyqu'il eut
peu le loisir d'étudier, ne laissa pas de penser à
augmenter sa bibliothèque. Car ayant appris que
Philipes Hurault de Ghiverny, évesque de Chartres,
avoit lq.issé par sa mort un nombre considérable
de bons livres, et particulièrement plusieurs
manuscrits, il les fit retenir pour sa bibliothèque,
et en paya douze mil livres, suivant la prisée qui
en avoit esté faite.
Ensuitte, comme elle se trouva desjà suffisam-
ment remplie en 1G28, et qu'il n'y en avoit point
d'inventaire, on nomma M^s Rigault, Hautin et
Saumaise pour y travailler, ce qu'ils firent avec
HISTOIRE MANUSCRITE. 313
une grande assiduité et une application particu-
lière. François deThou ayant succédé à son père
h la charge de Maistro de la librairie du Roy, et
M^ Rigaull, qui en avoit la garde, ayant achepté,
quelques années après,une charge do conseiller au
parlement de Melz, Pierre Dupuy fat substitué en
sa place pour garde de la mesme bibliothèque.
En 1642, après la mort de François de Thou,
Hiérosme Bignon, advocat général, fut choisy par
le roy, pour sa grande probité et son rare sçavoir,
affin de remplir sa place ; Abel de S*® Marthe eut
le soin des livres qui estoient restez à Fontainebleau,
et Mr de Chaumont de ceux du cabinet et de la
chambre du roy. Pierre Dupuy s'associa Jacques
son frère, qui estoit bénéficier et prieur de S^ Sau-
veur, aussy homme de lettres, qui le survesquit
et exercea son employ après sa mort. Lequel
me^me légua par testament à la Bibliothèque
royalle tous leurs livres, qui se montèrent à plus
de 15,000 volumes, et qui sont marqués de leurs
armes.
Après le décès de Hiérosme Bignon , arrivé Tan
16.., le roy Louis le Grand gratifia son fils, qui
avoit succédé à sa charge d'avocat général et à ses
mérites , de celle de Maistre de la librairie de Sa
Majesté, et pourveut M^^ Tabbé Colbert, docteur
on Sorbonne, de la garde de la Bibliothèque.
Ce fut alors que M^^ Colbert, comme sur-înten-
314 APrENDIOE. ~ 1250 à 1720.
dant des bastimens ayant la direction des arts et
des sciences, voyant que la bibliothèque du Roy
ne répondoit pas à la grandeur de Sa Majesté, et
qu'il y en avoit dans Paris qui estoient plus
nombreuses, prit dessein de l'augmenter, soit de
manuscrits, soit de livres imprimez, et, comme le
lieu où elle estoit n'en pouvoit contenir davantage,
il la fit transporter en deux logis auprès de son
hostel, en attendant qu'on ait basty un lieu assez
vaste et assez commode pour recevoir le grand
amas de livres dont on prétendoitle remplir.
On choisit M^^ de Carcavy, ancien cons3iller du
Grand Conseil, fort versé dans la connoissance
des livres, pour en avoir la garde sous M^ Golbert,
alors évesque de Luçon, qui le fut depuis d'Auxerre ;
et on luy donna charge de mettre les livres dans
les appartemens do ces maisons, ce qu'il fit avec
tout l'ordre que le lieu pouvoit permettre. Il s'y
trouva d'abord environ 25,000 volumes, tant
manuscriptz qu'imprimez, y compris la bibliothèque
de Mr le duc d'Orléans qu'on fit venir du Louvre
pour l'incorporer en celle de Sa Majesté.
F I N
TABLE GÉNÉRALE
DES MATIÈRES
Abbetille, 1" livre qui y fut im-
primé, li.
Arô-EL-AzYZi ses cenvrÊa poasédéeB
parCharlenV, 82.
Adélabd (P ■ },):e3 (QUI
par ChorleB T, 33.
AaiDÉuiE I
ÂClDËKtE E
Académie DES sciehces, Louis XIT
aasieto k une de ces eéonccs.lSS.
AdatA, médecin à. Damaa, 179.
AdOBABD, bibliothécaire do Cbar-
lemsgne, 3.
AooDiH (d'), cbanaice de M.-D.
de PariB, 349.
ATaBEFEu:L!.E, citc, 6G.
Aix.lBl.
Aix-LA-CHAFELLB.Clinrkmegtiu y
rassemble une biblioth., 2.
ALCHABITIUe, 31.
Al-ENÇOS (Pierre H , comte d'),
Charles V lai donne un vol., 21.
Ax-EXANDRB VI. pape, 60.
Ai.iaBE(d'), 163.
AJM-Aim, mission qui lui est eonflée,
177.
Ambboise (saint), ses œuvres pos-
EÔdéesparLouÏB IX, 5. — Manus-
crit de .lea œuvres, 23T.
AMBBoaiEKnE (bibliotliciinc) , sa
rondatioD,241.
Amioi(]oP.), envoie de PûHn des
livcea au roi, 256.
Akpèbe(J.J'.), cité, 2.
AUSTEBDAH, 322.
Ahiot (Jacques), maitro de la li-
brairie, 87 — Sa mort, son siK-
ecssenr, 97.
Ahdbé, patriarche d'AIep, 179.
ANDrELim (Fausto), volume qu'il
offre k Lonis XII. TG.
At(OÉU((UE (bibliotbcque), sa fon-
dation, 341.
Anoletebbe, la bibliothèque du
Louvre y est transportée, 50,
61, 52. — Fuis reprise en partie,
57, 58.
AnoomjÊxe, 141.
ANoocLeuE (Chartes, comte d'),
sa biblioth., 68.
ANaouifâuE (François, comto d').
316
TABLE DES MATIÈRES.
enlevés au Louvre, 57. — Note
autographe trouvée sur l'un
d'eux, 58.
Anjou (duc d') , Charles VI lui
donne des vol., 27, 28. — Vol.
qu'il donne à Charles VI, 24. —
Vol. qu'il emporte en Italie, 37.
Anjou (Robert d'), commence la
biblioth. deNaples, 55.
Anne d'Autbiche, reliures à ses
armes, 190.
Anne de Bretagne, vol. relié à ses
armes, 77.
Antin (duc d'), 257.
Antoine (Pierre), dresse le catalo-
gue des livres du connétable de
Bourbon, 68.
Argenson (comte d'), 248 et s.
Argenson (marquis d'), cité, 257.
Aristote, ses œuvres possédées
par Pépin le Bref, 1. — Traduites
pour Charles V, 11, 12, 27, 28,
81. — Possédées par Charles VI.
39.--Par Philippe-le-Hardi, 294.
Armagnac (cardinal d'), réunit des
médailles, 152. — 68.
Arsenal (bibliothèque de 1'), vol.
précieux qu'elle possède, 79, 89,
109, 249.
Artois (Robert d'), son procès, 24.
Athos (le mont), 179.
A^icus, 158.
Aubertin (Gautier), 38.
AuBRiET (Nicolas), peintre, 159.
Augustin (saint), ses œuvres possé-
dées par Louis IX ,4 , 5 .--Prologue
de la traduct. de R. de Presles,
10. — Traduction de ses œuvres
faites pour Charles V, 10,11, 14,
27. — Possédée par Charles VI,
39.
AuMALE (duc d'), cité, 8. — Sa bi-
bliothèque, 57.
AuTLAND, abbé de St-Bertin, 3.
Autographes : de Charles V, 12,
13. — De Jean le Bon, 7 — Do Jean,
comte d'Angoulôme, 58.
AvAUx (d'), achète des livres pour
le roi, 193.
AvicENNE, ses œuvres possédées
par Charles V, 20.
AviENUs (Festus), 285.
Avocats (bibliothèque des), quand
elle devient publique, 241.
Aymont (Jean), commet un vol à
la bibliothèque du roi, 204 et s.
Bachaumont (mémoires ditg de),
cités, 250, 257.
Bagarris (Ant.-Rascas de) , pre-
mier garde des médaiUes du roi,
152.
Bagni (cardinal), protecteur de G.
Naudé, 138.
Baïf, cité, 73.
Bale (concile de), 237,
Balesdens, sa bibliothèque ache-
tée par Colbert, 231.
Baluze (Etienne), sa bibliothèque,
215, 216, 238. — Bibliothécaire
de Colbert, 231,232,233.— Cité,
3,284.
Banosius (Th.), cité, 74.
Bapaume (Gidll. de), 30.
Bar (duché de), 207.
Bar (madame de), 29.
Barbe (l'île) , Charlemagne y réunit
des livres, 2.
Barberini (Ant.), 170.
Barbie du Bocage, garde des mé-
dailles, 279.
Barbier (A.-A.), cité, 261.
Barère, député à l'Assemblée
tionale,271.
Barre (Jean de la), bibliothéc. "iu
roi à Blois,69,71, 72.
Baerois (J.), cité, 47, 53.
Baiirois (Th.), Van Piaet se réfu-
gie chez lui, 262.
Barthélémy (l'abbé), 261, 262.
Barthélémy deCourçay, 261,262 ,
264.
Basseporte (Madeleine de), pein-
tre, 159.
Bastie (de la), envoie des manus-
crits au roi, 240.
Bastille (Papiers de la), 271.
Bathilde (sainte), femme de Clovi:>
II, sa vie, 32.
TABLE D£S MATTÈBES.
317
Bauohant (Jacques), traduit les
Voies de Dieu pour Charles V,
15, 26.
Baudby (F.), cité, 185, 187.
BÉABN, 177.
Bayle, cité, 69, 202. *
Beauolebc (Le), 121.
Beaulieu (GeoflÉroy de), cité, 5,
281 et s.
Beauté (Château de), Charles VI
l'habite, 30. — Charles Vy meurt,
85.
Beauvais (collège de), à Paris, 31.
Beauvais (Vincent de), Bon Miroir
historial, 9. — Louis IX lui four-
nit des livres, 284. — Auteurs
qu'il a cités, 285.
Bec (Michel du), cardinal, 183.
Bedfobd (duc de), son amour i)our
les lettres, 49. — S'empare de la
biblioth. du Louvre, 50, 51, 52.
Bégon (Michel), ses estampes ac-
quises par le roi, 156.
Bejot (François), garde de la bi-
bliothèque du roi, 260.
Bélissin, garde de la bibliothèque
du roi, 278.
Bellay (cardinal du), recommande
Duchâtel à François I«', 68.
Bellefobest (Fr. de), cité, 74.
Bencheviny. Voy. Benciveni.
Benciveni (J.-B.), bibliothécaire
de Catherine de Médicis, 101 et
s. — Sa mort, 107.
Benciveni (P.-D.), neveu du pré-
cédent, 107, 108.
Bencivenny, Bencivigni , Benei-
BEGNius et Benemouy. Voy.
Benciveni.
Bebceube et Bebchoibe. Voyez
Bersuire.
Bebgeb de Xivbey, cité, 107.
Bebinghen (de) , ses estampes ac-
quises par le roi, 156.
Bebnache, relieur du roi, 191.
Bebnabdins (rue des), J.-P. Bi-
gnon y demeurait, 212.
Bebby (duc de), donne un vol. à
son frère Charles V, 26.
Bebby (Charles, duc de), sa bi-
blioth., 52.
Bebsuibe (Pierre de), son vrai
nom, sa traduct. de Tite-Live,
10.
Beethe au oband pied (la reine),
sa vie, 22.
Bebty (A.), cité, 17.
Besnieb, achète des livres pour le
roi, 193.
Béthune (Hippolyte, comte de),
sa bibliothèque, 142 et h. — Sa
marque bibliographique, 145.
Béthune (Philippe de), sa biblio-
thèque, 142 et s,.
Betz (de). Voy. Lallemant.
Bible de Charles-le-Chauve, 4. —
De Jean 1^', 8, 9. — Possédées
par Charles V, 19, 21, 22.— Con-
fisquée à des Juifs, 87, 38. —
Donnée par le duc de Guyenne,
39. — Détériorée par J. Aymont,
205.
Bibliothécaibes nationaux, 262,
278.
Bibliothécaibes du boi, 272 et s.
Bibliothèque du boi.
Emplacements :
au palais de la Citéj 15.
au palais du Louvre, 15 et s.
à Bloisi 58 et s.
à Fontainebleau, 65 et s, 69 et s.
à Paris (lieu inconnu), 86.
au collège de Clermont, 98.
au couvent des Cordeliers, 109.
rue de la Harpe, 125.
rue Vivienne, 140.
rue Richelieu, 217 et s.
Emplacements projetés :
place Vendôme, 195.
le Louvre, 211, 257, 268, 269.
église de la Madeleine, 268.
Essais de publicité :
Sous Louis IX, 5.
— Charles IX, 87.
— Louis XIII, 131.
— Louis XIV, 196, 197, 242.
— Louis XV, 242 et s.
328
TABLE DBS 1£ATIÈB£S.
Htjet (Daniel), sa bibliothèque,
252 et Buiv. — Cité, 127, 139,
148, 161, 167, 172.
HuRAULT (Jean), sa bibliothèque,
123.
HuBATJLT (Philippe), sa biblio-
thèque, 123. — Ses armes, 124.
Indes (compagnie des). 222.
Into^tiat (1*), 29.
Innocent III, son liber miseriœ,
25.
Invalides (hôtal des), 207.
Inventaiees. Voy . Bibliothèque du
roi.
Isabelle de Bayièbe, Charles YI
lui donne un vol., 28.
IsAMBEBT, cité, 119, 214.
ISFAHAN, 180.
Jacob (le P. Louis), cité, 10, 16,
53,101, 105,109,120, 133, 139,
157, 158, 167, 171, 173, 198, 203,
214, 2'Ze
Jacobins. Yoy. Dominicains.
Jacques, relieur de Jean I^', 8.
Jault, vend des volumes au roi,
269.
Jean I^^, roi de France, son amour
pour les livres, 6. — Note au-
tographe de lui, 7. — Dépenses
pour sa biblioth., 8. — Liste de
ses livres. 9. — Il achète trois
romans, 10. — Ses guerres. 29.
Jeanne d'Arc, son procès. 236.
Jeanne d'Evbeux, vol. qui lui a
appartenu, 22. — Inventaire de
608 livres, 287.
Jésuites, chassés de France. 98.
— Leurs bibliothèques, etc., 99
et s. — Exclus par F. Pithou du
collège de Troyes, 105. — Rap-
pelés OTi France, 109. — Ce qu'en
dit G. Patin, 160. — Bibliothèques
qu'ils possédaient à Paris. 252.
Voy. Louis-le-Gr and (collège) et
Maison professe.
JoELMY (do), maître dos comptes»
cherche à s'emparer de la bi-
bliothèque du roi, 91, 94.
JoLAND Lavau), 227.
Jolt (Hugues-Adrien), garde dei
estampes à la Bibliothèque, ' 56,
264.
JoLY (J.-A.), garde des estami es,
280.
JoLY DE Fleuby, bibliothécalrc de
N.-D. dé Paris, 249.
JoLY DE Fleuby, procureur gé-
néral, cède ses manuscrits au
roi, 147.
JosÈPBX (Flavius), ses œuvres,
39.
JouBEBT (Jean), peintre, 169.
Jourdain, secrétaire de la bibl o-
thèque du roi. son Mémoire A/«-
torique, 245. — Cité 37. 68, 68,
134. 153, 161, 172, 176, 177, 193,
198, 207, 214, 215.
JouviN DE BocHEFORT (plan <!e
Paris de), 125, 126.
JovE (Paul), cité, T8.
Joyeuse (François de), cardinal,
domie des livres aux JésuitOK,
100. ~ Achète une partie d>>
ceux de P. Pithou, 104.
JuGLER (J.-F.). cité, 143, 148, 160.
161, 222, 255.
Juifs, volumes qu'on leur confis-
que, 37, 38.
JuNOT, notaire à Paris, 289.
Justin, 285.
JusTiNiEN, ses InstUutes, 30, 292.
La Bisse (Mathieu), bibliothécaire
du roi, 70, 71.
Laborde (L. de), cité, 6, 268.
LACAiLLE(plan de Paris de), 149,160
Lacour (Louis), cité, 39.
Lacroix (P.), cité, 172, 270.
La Croix du Maine, cité, 226. —
223.
Lactance, 236.
LADVENANT,garde des médailles du
roi,279.— Puis des estampes, 280.
Lagny (J. de), garde de la biblio-
thèque du roi, 276.
La Haye, 222.
Laigre (Adam) , bibliothécaire de
François I^r, 63, 64.
Laillier (Michel de), eonseiller
TABLE DES MATIÈREP,
329
LAidw£, son voyage dans le Leyant,
166.
Lallemant (Gabriel), donne des
livres au collège do Clermont,
loo.
LAliLEHANT DE BeTZ, SCS CStam-
pes acquises par le roi, 156.
La Mabe (Philibert do , ses ma-
nnscrits achetés pour le roi,
215.
Lambebt (marquise de), 220.
Lambebtle CouBT,Bon Alexandre,
29.
Lambin, 223.
LA27CELOT, chargé d'estimer les
manuscrits de Colbert, 235. —
Donne des manuscrits au roi,
240.
Lawdon (C.-P.), cite, 195.
Lanolès, conservateur des ma-
nuscrits, 263.
Lanobet (Jean), 298.
Languedoc, 177, 236.
Lapobiïî du Theil, conservateur
des manuscrits à la bibliothèque
du roi, 263.
La Rochelle, les livres de Charles
* d'Orléans y sont déposés, 57.
La Rochelle (bibliothèque de),
confisquée par Richelieu, 120.
liAscABis (Constantin), cité, 68. —
Rapporte des manuscrits de Na-
ples; sa bibliothèque ; retrouve
les majuscules grecques, 73.
Lassebbe, bibliothécaire de Gas-
ton d'Orléans, 168.
Lassilé, dreofio l'inventaire des
manuscrits de Catherin j de
Mcdicis, 10«î.
LATi.Ni (Brunet o), set Tréao. ; 22,
24.
XiAubespine (de ), 72.
tiAUBENT, doiD liicain, auterr do
la, Somme des vices, -5.
liAUTHiEE, ses*^édairua aca itoes
pour le roi, 1;>4.
liA Vallièbe (duc de), 256, tî60.
Law (Banque de), 217,219.
Lebeau, cité, 251.
Lebègue (Jean), greffier de la
Chambre des comptes, 40, 41,42,
* 43, 45,46.
Lebeb(C.), cité, 42.
Lebeuf (l'abbé), cité, 1 1 , 257, 282.
Lebbun (le P.), oratorien , donne
des volumes au roi, 222.
Leclebg (Guill.), dresse le catalo-
gue de la bibliothèque de J.-A.
de Thou, 171.
Le Coq, 122.
Le Faulcheub (Jean), relieur de
François I«r, 77.
Lefèvbe (Nicolas), précepteur de
Louis XIII, ses manuscrits, 146,
167.
Lefèvbe d'Étaples, dresse le ca-
talogue de la biblioth. de Blois,
69.
Lefèvbe de Villebbune, biblio-
thécaire national, 262.
Le Gallois, cité, 161, 200, 226,
231, 255.
Le Gascon, relie la collection dite
de Brionno, 147. — Et les livres
de Gaston d'Orléans, 157. — Ceux
de J.-A. de Thou, 169.
Legbain(B.), cité, 110.
Legband ( J.-G.), cité, 195.
Legband d'Ausst, directeur de la
bibliothèque nationale, 263.
Le Hay, garde des estampes, 280.
Leidbade, bibliothécaire de Char-
lemagne, 2.
Leipsick, 222.
Lelong (le P.), dresse l'inventaire
des manuscrits de Baluze, 216.
Lemaibe, cité, 147, 172, 200.
Lenoib (J.-C.-P.), maître do la li-
brairie, 200.— Se retire, 261.
Léon XI, pape, 169.
LEPBiNCE,garde de la bibliothèque
du roi, )in.— Cité, 79, 87, 91,
108, 134, 139, 141,143,140,147,
154, 160,16l< 172, 173, 177, 188,
22
330
TABLE PES ICATIÈBEB.
191, 201, 203, 205, 207, 211, 217,
222, 226, 231, 247, 259, 283.
Le Houx de Lincy, cité 1^ et 8.,
56, 68, 68, 106.
Lescot (Pierre), cagetior, travailla
au Louvre, 16, 17.
Lestoile (Pierre de), cité, 93, 99,
110, 116, 117,118,139.
Le Tellieb (Camille) , abbé de
Louvois, maître de la librairie,
187. — Titres et fonctions qu'il
cumule, 194. — Veut rendre pu-
blique la bibliothèque du roi,
197. — Va acheter des livres eu
Italie, 200.— Sa mort, 211.
Le Tellieb (Maurice), archev. de
Beims, donne des livres au roi,
198.
Le Thieullieb, cité, 251.
LiGNÀNo (Jean de), ses œuvres, 83.
LiBON (J.), cité, 283.
Lisbonne, 2^2.
LisiEUX, 12.
LisTEB (Dr), son Voyage cité, 194,
196.
LocK (Frédéric), cité, 221.
LoisEAU (Jean), doyen de la Fac.
de médecine, 54, 55.
LoisEL, cité, 105.
LoMÉiE, cité, 160, 161, 171.
LoMÉNiE (Antoine de), précieux
manuscrits qu'il réunit, 146. —
Il les donne à son fils, 147.
LoMÉNiE (Et.-Ch. de), cité, 148.
LoMÉNiE (Henri- Auguste de), vend
à Richelieu les manuscrits ras-
semblés par son père, 147.
LoMÉNiE. Voy. BrieuuG.
LoKDRES, 222. — Voy. Anp^leterre.
LoRET. sa Gcf zef ' e ciiéo, ' li, 143.
LoimAiNE manuticrits relatifs à la),
198, 207.
Lorraine (cardinal de) , réunit
des médailles. 152. — 81.
Lorraine (duc dej, réunit des mé-
dailles. 152.
Louis 1^', le Débonnaire, roi de
France, sa biblioth., 3.
Louis IX,roi de France, son amour
pour les livres, 4. — Orée une
biblioth. à la Sainte-Chapelle, 5,
281 et s.— Sa vie, 24, 25.
Louis X, roi de France, inventaire
des livres qu'il possédait, 6, 286.
Louis XI, roi de France, reconsti-
tue la biblioth. du Louvre, 52. —
sesbibliothéc, 53. — Emprunte
deux vol. à la Fac. de médecine,
54, 55.— Cité, 101.
Louis XII, roi de France, trans-
porte à Blois la biblioth. du roi,
68. — U Tenrichit, 59. — Ses ar-
mes, 60. — Sa devise. Belinres
exécutées pour lui, 76.
Louis Xm, visite la bibliothèque
du roi, 118. — Songe à rétablir
une bibliothèque k Fontaine-
bleau, 121. — Belinres k ses ar-
mes, 129.
Louis Xrv, s'intéresse aux mé-
dailles. 154. — Gravures exécu-
tées par ses ordres. 155.
Louis-le-Gband (collège), la bi-
bliothèque du Boi y est installée,
98. — Histoire de la bibliothèque
du collège, 99 et s. — Ses bâti-
ments accordés à l'Université,
100. — On y dépose les mss. de
Catherine de Médicis, 107, 108.
— Libéralités qu'il reçoit de
Fouquet, 160.
Louis DE CoMPiÈGNE, drossole ca-
talogue des manuscrits orien-
taux, 204.
Loup de Feerièees, cité, 284.
Louvois (abbé de). Voy. Le Tel-
lier (Camille).
Louvois, fait transporter à Ver-
sailles le cabinet des médailles,
154. — Prend la direction de la
bibliothèque lU roi, 187.
Louvre (bibliothèque du), vol.
précieux qu'elle possédait, 76.
91, 109. •
LouvBE (ciriteau du), Charles V
le restaure et y installe sa bi-
blioth., 15 et s. — La tour de
la librairie, 17, 18. — Charles
TABLE DBS MATIÈRES.
331
JX y installe ses médailles, f62.
—L'abbé Brunean y est assas-
siné, 152, 153, 159. — On songe
à y transporter la bibliothèque
du roi, 211, 267, 268, 269.
LuoAiN, 285.
Lucas (P.), achète pour le roi
des médailles. 153. — Rapporte
d*Orient des manuscrits, 206.
LuxEMBOTTBG (jalais du), biblio-
thèque qu'y réunit Gaston d'Or-
léans. 157.
Lyon, 151, 237.
Mabillon, cité, 2, 3,195. — Achète
des livres pour le roi, 193. —
Dresse le catalogue des manu( -
crits latins, 204.
Macé (Gilles), 253.
Macbobe, 285.
Madeleine (église de la), on songe
à y installer la bibliothèque du
roi, 268.
Madbid, 222.
Madeid (traité de), 236, 239.
Maoliabechi, 195.
Mahomet, ses conquêtes, 29.
Mahomet II, 101.
MAiCHEii'(D.), cité, 2, 67, 81, 108,
109, 128,154,160, i^l4,217,219,
233.
MIaISON PEOFESSE DES JÉSUITES, Sa
bibliothèque, 99. — 1>. Huet lui
lègue ses livres, 252 et s.
Maîtbe-Geevais (collège de), sa
fondation, 25. — Charles V lui
donne un vol., 31.
ILaîtbes de la Libbaibie, création
de cette charge, 65.
Guill. Budé, 65.
Pierre Duchâtel, 68.
Pierre de Mondoré, 79.
Jacques Amyot, 87.
J.-A. de Thou, 97.
François de Thou, 119.
Jérôme I Bignon, 128.
Jérôme II Bignon, 133.
Jérôme III Bignon, 275.
Camille Le Tellier, 187.
J.-P. Bignon, 212.
Bignon de Blanzy, 241.
A.-J. Bignon, 241.
J.-F. Bignon, 257.
J.-C.-P. Lenoir, 260.
D'Ormesson, 261.
Male (Louis de), comte de Flandre,
Charles V lui donne un vol., 22.
— Sa bibliothèque, 63.
Male (Marguerite de), ses livres,
53, 297 et s.
Malet (Charles), licencié en lois,
40.
Malet (Gilles), bibliothéc.de Char-
les V, sou catalogue, 18 et s. —
Donne un vol. au roi, 32. —
Confirmé dans ses fonctions, 37.
— Catalogue divers vol., 38. — Sa
mort, 39.
Malet (Jean), maître d'hôtel du
roi, 40. 41.
Malhebbe fde), bibliothécaire de
N.-D. do Paris, 248, 249.
Malin (J.-M.), garde de la biblio-
thèque du roi, 276.
Malingbe, bourgeoid de Paris,
sert de caution à Louis XI, 55,
66.
Malingre (Cl.), cité, 112.
Mancini (marquis de), 219.
Manuce (Jean), vol. qu'il donne
au roi, 68:
Manu803"^8 (département des) ,
quand créé, 214.
Marca (do), ses œuvres, 216.
Marcha.vd (Prosper), dresse le ca-
talogue de la bibliothèque Bi-
got, 202.
Marcien, 285.
MARGEURiE(de la), 163.
Marguerite de Navarre , solli-
cite pour Lefèvred'Etaples,69.
Marguerite de Valois, donne des
vol. à François !«', 74.
Marguerite la Relieresse, relie
un vol. pour Jean I»', 8.
Marie de Médigis, reliures exé-
cutées pour elle, 113. — 144,157.
Mabie-Thérèse, 142.
Mabietts (J.), ses estampes, 259.
332
TABLB DES MATIÈRES.
— Cité, 157.
Mabillac (de), garde des sceanx,
122.
Mabion-Dt7M£Bsan, garde des mé-
daUles, 279.— Cité, 152,155,250,
259,260, 262.
Mablt,221.
Habo^leb (Michel de), ses estam-
pes achetées pour le roi, 155.
— Cité, 117, 133, 134,139, 143,
147, 155, 167, 171, 178, 207, 221,
226.
Màbtène (E.), cité, 284.
Mabtin (saint) de Tours, sa vie,
26.
Mabtin, garde de la bibliothèque,
278.
Masle (Michel le), sa bibliothè-
que, 241.
Massue (Jean), ses Marguerites
historiales, 92, 93.
Mathubins (couvent des). 53.
Matthieu de Pabis, sous-prieur
des Carmes, 184.
Maubeuge (Thomas de), libraire,
vend un livre au roi Jean, 6.
Mauclerc (Girard), notaire, 47.
Malt^evrieii (M. de), 28,?.
Maulin (Jean), LIbliothôoa ï<'. de
Charles VI, 44 et s. — De titué,
47.
Maubepas (cointodo), 220.
MAUREVlLLli (Guill. de), 25.
Maximiakus, 285.
M^AZARiN (cardinal), s'empare dca
manuscrits réunis par Ant. de
Loménie, 147, 148. — Colbert
^ dépouille sa bibliothèque, 161
et s.— Son hôtel, 219.— Ouvre
sa bibliothèque au public, 241.
— 159, 160.
Mazabine (bibliothèque , vol. pré-
cieux qu'elle possède, 14, 48.76,
89,91, 165. — Vendue pendant
la Fronde, 147, 158, 170.— De-
vient publique, 160. — Ses ma-
nuscrits volés par Colb?rt, 162
et s. — Livres chinois qu'elle
possédait, 198.
MÉDAILLE frappée en 1782, 223,
225.
Médailles (cabinet des), son ori-
gine, ses commencements, 151.
— Augmenté par Henri IV et
par Gaston d*Orléans, 152. —
Installé rue Vivienne, enrichi
par les soins de Colbert, 153. —
Transporté à Versaillea, puis
rue Bichelieu, 154, 155. — Placé
sous la direction de Tabbé de
Louvois, 194.— 250, 259,260,262,
264, 279.
Médecine (Fn culte de), prête deux
vol. à Louis XI, 54, 55. — Sabi-
blioth èqu o devient publiqne,242.
MÉDicie (Alexandre de), 169.
MÉDiCîB (Laurent de), sa bibliothè-
que, 101.
Médicis (Pierre de), vol. qui lui
est dédié, 73.
Medonïus (B.), cité, 139.
Meillekaie (duc de la), 219.
Melot (Anicet , garde de la biblio-
thèquo du roi, 241, 248, 249. —
Sa mort, 256.
Melun. GosBflins'y retire, 92, 95.
M :xATi ? (le P.c'îsident de), achète
l:i bi" lioihè. ledo le Thou,117,
1G7, VI.— Ir rêve: d, 170.
Mente (J.),si bibli- ilièque, 173.
Mercii i 3E Si [.>tt-Lîg::r, 260.
Merleî (Jean .libra •';, 47.
Mesmes présil3nt d ), sa biblio-
thèqi c. Ses armo r es. Ses re-
liure! , 220«fcs.— 2"2, 301.
Mesnièreb (pié^iden de), donne
des mss. au l'oi, 255.
Messine, Lascaris lui lègue sa bi-
blioth., 73.
Metz (Gautier de), son Image du
monde, 22.
Mexjlen (Van der), ses tableaux,
<0O )
Meung (Jean de), le Roman de la
Bose, 27, 291.
Mézebay (E. de), cité, 96.
Méziêbes (Philippe de),*_Charle8 V
lui prête un vol., 32. — Il en
TABLE DES UATIÈBE8.
333
donne un au roi, 83.
MiCHELANT (H.), cité, 64.
MiLHET (l'abbé), bibliothécaire de
Colbert, 231.
MiLLiN, conservateur des médail-
les, 264.
MiONNET, garde dos médailles, 279.
MoDESTiNTJS, jurisconsulte, 285.
MoETTE, libraire, 215.
MoissAG (abbaye de) , ses manus-
crits, 185.
MoLiN| (Guillaume des), 45.
Monceaux, vend une maison au
roi, 166.
Monceaux (de), achète pour le roi
des médailles , 1 53. — Son voyage
dans le Levant, 166.
MoNDOBÉ (Pierre de), maître de la
librairie, 79. — Sa bibliothèque,
sa mort, 85. — Son successeur,
87.
Monstbelet , manuscrit de sa
chronique, 237.
MoNTAiGU (Gérard dc^, signe un
inventaire, 38. — Vol. à ses ar-
mes, 39.
MoNTCHAL (Oh. de), archevêque do
TouloiLs;', S"-», livres, sa marque
bibliographique, iSO, 19H, 190.
MoNTi-wrcoN l'B. de , cité, 205. —
Iiiventofie los maiiusentH deBa-
Inze, 216. — M ceux de Colbi'rt,
235.
Montmorency (Anne de , 69.
MoNTMOBENCY duc de), réunit des
médailles, 152.
Montpellier, G. Pellicier 5'y re-
tire, 66.
MoREAU (René;, sa bibliothèqno
acquise par Fouquet, 159.
MoRÉRi, cité, 133, 139, 143.
MoRHOFF, cité, 2, 3.
MoRiNrÈRE(de la], cité, 157.
MoRTEMAUT. Voy. Roeii0(hov..u't .
MoTTELEY (collection), 91, 109.
Mousquet ^J.), 298.
Munster (Sébastien), cité, 75.
Musée des souverains, 4.
Muséum (bibliothèque du), collec-
tion qu'elle possède, 159.
NANGI8 (Guill. de;,sa Chronique, 9.
Naples (bibliothèque de), dépouil-
lée par Charles VIII, 55.
NAUDÉ(Gabr. i ,bibliothécaire d'Ant.
Barberini,170.— Lègue des livres
àJ.Mentel, 173. — Bibliothécaire
du président de Mosmes, 223. —
Cité, 12, 58, 67, 73, 76, 138, 139,
172,226.-253.
Navarre (collège de), 11.
Néméitz (J.-C), cité, 172, 214,
216.
Neuve des Petits Champs (rue),
219.
Ne vers (duc de), réunit des mé-
dailles, 152.
Nevers (hôtel de), accordé à la
bibliothèque du roi, 217, 219,
220.
NiCERON, cité, 105, 133, 152, 160,
171, 202, 217, 254.
No ailles (cardinal de), 205.
NOGENT-LE-ROI, 32.
NoîNTEL (des achète pour le roi
des médaillcrf, 153.
Notke-Damw pe Paris (église) ,
vend SCS manuscrite au ro.', 217
et s.
NuETLLY : président u3^ pon ollcuso
conduite pcudiJit .a LIg>iJ, 92
et s., 95.
Nyon, riîlieur du oi, IDl.
Obeil (d' , achète des livres pour
le roi, 193.
Cliva (l'abbé d'), bibliothécaiic Ju
cardinal de Rohan, 171.
Oratoire (Pères de 1'), établissent
un collège k Troyos, 105.
Oresme (Nicolas), traduct. qu'il
fait pour Charles V, 11, 12, 27,
28. — Son traité des monnaies,
30.
Orléans, P. de Mondoré y forme
une bibliothèqno, 8o.
Orléans (Charles, duc d'), sa bi-
blioth., inventaires qui en sont
dressés, 56. — Rapporte des vol.
d'Angleterre, 57.
334
TABLE DES MATIÈBEB.
Obléans (Ga8iond'),aB. Trichet
pour bibliothécaire, 148^168^ —
Lègue ses médailles an roi, 16â.
Et ses estampes, 156. — Histoire
de sa bibliothèque, 167 et s.
Obléàns (Henri d'}. Voy. Aumale
(duc d').
Obléanb (Louis duc d'), sa biblio-
thèque, 56. — Institue Tordre du
porc-épic,76.
Obmebsok (0. d')i citéi 172.
0BME8BON(d*) de Noyseau, faaitre
de la librairie, 261. — Guillotiné,
262.
Otteyille (Oudard d'), bailli de
Bouen, 30.
OuDiNET, garde des médailles, 279.-
Oyit»E, ses oeuvres possédées par
Charles VI, 89.-285, 291.
Padeloup, relieur du roi, 191.
Paljeooapfa (Constantin), dresse
le catalogue des manuscrits
grecs de Fontainebleau, 81.
Palais de Justice. Voy. Cité (pa-
lais de la).
Palmier (Laurent), bibliothéc. de
Louip XI, 53-
Pannier (Léop.). cité, 10.
Papinien, 285.
Paris, ses bibliothèques publiques,
241,242.
Paris. Voy.
Bibliothèques.
Carmes.
Collèges.
Cor délier 9.
Dominicains.
Invalides.
Louvre.
Luxembourg.
Plans.
Université.
Paris (Bibliothèque delà ville de),
quand publique, 242.
Paris (concile dej, 237.
Paris (Paulin), cité, 92, 93, 161,
172, 203, 226, 262.
Parbe (D. de la), donne au roi un
précieux manuscrit, 201.
Pabvis (Jacques du), menniBier,
travaille au Louvre, 16, 17.
PasÉebat (J.), sa bibliothèque,
173. cité, 226.^ 288.
Patin (Gui), cité, 160.-* Btk tabU©--
thèque, 251.
Paul !«', pape, envoie des livres
à Pépin le Bref, 1.
Pavie (bibliothèque de}, pillée par
Louis XII, 59.
Peignot (Gabr.) , cité, 63.
PeiBesc (C<'F. de)^seBmaniiBorlts,
146< —Ses médailles, 154;
PelleBiK, dresse rinventaire des
mss. de Catherine de M^cifl#
106.
Pellebik (Joseph), son cabinet de
médailles^ 259.
Pellicieb (Guillaume), ses achats
de manlisorits; sa biblioth.» 66.
Pénitents (ordre àeû)i fondé par
Henri m. 89.
Pépin le Bbef, roi de France, ses
livres, 1.— Sa vie, 22.
PÉBAU, cité, 133, 214.
Perce^obest (manuscrit de), 238.
Perceval, lieutenant de robe lon-
gue, 153.— Voy. Caussin.
Pétib de la Croix, achète pour le
roi des médailles, 153. — Mission
qui lui est confiée, 178. — Dresse
le catalogue des manuscrits
orientaux, 204.
Petit (Guillaume , bibliothéc. de
François 1*^, 64.
Petit (Roberl), clerc, dresse un
inventaire, 37.
Petit-Radel, cité, 134, 271, 284,
285.
Petmel, 51.
Pétrarque (Fr.), ses œuvres tra-
duites pour Charles V, 12. — Sa
biblioth. , 59.
Pétiu'NE, 201.
Phèdre, découverte de ses Pâlies,
104.
Philippe III, roi do France, ou-
vrage composé pour lui, 6.
Philippe IV, roi de France, ses
TABLB X)J» HATIÊBEB.
335
livreB, 6.
Philippe Y, roi de France, ses li-
vres, 6.
Philippe VI, roi de France, 6.
Philippe le Bon, ses livres, 53.
Philippe le Habdi, duc de Bour-
gogne, poème composé pour lui,
8. — Charles VI lui donne un vol. ,
28. — Fait faire un récolement du
catal. de 1373, 35. — Sa biblio-
thèque, 52, 53. — Inventaire de
ses livres, 292.
PiCABDET, procureur général, 170.
PxoABDiE (mss. relatifs à la), 247.
PiBBius (Jean), cité, 86.
PiEBSE II, G^ d'Alençon, donne
un vol. à Charles V,21.
Pioaniol de la Fobce, cité, 53,
109, 112, 172, 217, 251.
PiOENAT (François), cherche à s'em-
parer de la biblioth. du roi, 91,
94.
PiNOHABT (A.), cité. 53.
Pins (Jean de), ses achats de ma-
nuscrits, 66.
PiQUETiÀKE, achète des livres pour
le roi, 193.
PiTHOU (François I), sa bibliothè-
que, 103, 104. — Dresse l'inven-
taire des mss. de Catherine de
Hédicis, 106. — Devient biblio-
thécaire de J.-A. de Thou, 167.
PiTHOU (François II) , sa biblio-
thèque, ses legs, 104, 105.
I*iTHou (Jacques], bibliothéeaire
de J.-A. de Thou, 167.
PiTHOU (Nicole), 103.
PiTHOU (Pierre), sa bibliothèque,
102 et s., 146, 167.
Placide (D.), dresso le catalogue
des manuscrits latins, 204.
Plans de Paris. Voy.
Gomboust.
Jouvin.
Lacaille.
Turgot.
PukTEABiUB, médecin, 285.
PliATON, 285.
Fi«ATBiiEBB (rue), 102.
Plbubb (Jacques de), inaître des
comptes, 102.
Pline, ses Lettres, 286.
Plotin, 285.
Plutabque, 285.
PoiBiEB (dom), 270.
PoiTiEBS (bataille de), 8.
PoiTiEBS (Philippe de), 44.
PoMPONiUB (Caius), 285.
PONT-AUDEMEB, 184.
Po2n?cHABTBAiN (C^« de), encourage
les achats de livres, 200, 206.
PoBc-ÉPic (ordre du), institué par
Louis d'Orléans, 76.
POBPHYBE, 285.
PoBTEL (Guillaume), achète des
mes. pour le roi, 66.
PoTEBiE (F. de la), bibliothécaire
de Hazarin, 165, 166.
PouBCELET (hôtel du),au faubourg
St-Denis,37,38.
Pbadelleb, cité, 191.
Pbaet (Van), entre à la bibliothè-
que du roi, 260. — Arrêté en
1792, 261, 262. — Nommé con-
servateur , 263. — Becueille
300,000 vol. dans les dépôts lit-
téraires, 270.— Cité, 12, 44, 60.
Pbés (Nicolas des), conseiller dea
comptes, 40, 41,42.
Pbebles (collège de), 74.
Pbesles (Baoul de), prologue de
sa traduct. de la Cité de Dieu,
10,14, 27. — Comment payée,l 5.
Pbévobt (Jean), garde de la U*
brairie du roi, 272.
Pbopebce, 201.
Put (le), manuscrits du chapitre,
186.
Quatbe-Nationb fcol ége des), 162.
Quebnel (Joseph), 170, 172.
QUINTILIEN, 285.
Babouyn (J.), proc ireur du col-
lège Mazarin ,164.
Baoine (L.), cité, 283.
Bainbbant, garde des médailles,
279.
Bamel, diéputé de l'Aude, 268.
Bahub (Pierre), sa bibliothèque,
74.
33G
TABLE DES MATIÈRES.
RANCONET(Aimarde), sa biblioth.,
81.
Rathery (E.-J.-B.), cité, 1 53, 222,
257.
Refuge (François du), bibliothéc.
do Louis XII, 59.
Reliuues :
SouBCharlemague,2, 3.
— Charles V, 20 et s., 49 (t s.
— Louis Xn, 76.
— François 1".77.
— Henri II, 78.
— François II, 81 et s.
— Charles IX, 83, 87 et s.
— Henri III, 89 et s.
— Henri IV, 111 et s.
— Louis XIII, 128. 129, 191.
— LouieXIV, 188, 191.
— Louis XV, 189, 191.
— Louis XVI, 189, 191.
— la Révolution, 266.
Voy.
Anne d'Autriche, 190.
Anne de Bretagne, 77.
Béthun6(Ph. do), 145.
Bigrion (T -P.), 2 13.
Bigot (L.-E.), 202.
Catherine de Médicis, 109.
Claude de France, 78.
Clèvcis (Mario do), 91.
Colbort (J.-B.),231, 235.
Diane do Toitiors, 78.
Dupuy (P.), 136.
Gruthuyse (L. do la), 60.
Huraull(Ph.), 121.
Marie de Médicis, 113.
Mtismes (c'o). 224.
Mont.-hal (le). 199.
()rl^';ii:s [C : sic- .■"), 158.
'J'ÎK'i;. 'J.-j. di^. 1G3.
;.lF.:.\\r;)rT (..'. bh!''),dr(;sso l.o cata-
lo;.;-'.- u.;,- Ti anuscritri oriontaiiic,
20 i.
Re.x w f . ■.. F.D . e: . é , G 8 , 7 .
ll::^'oi.'i (']■'.). (|j-i,nsc rinvontairo
de la uiblio h. do Ch. d'Orléau:^,
50.
Retz (cardinal de), sa bibliothè-
que, 221.
Rhasès, Bee œuvres empruntées
par Louis XI, 53, 54.
Rhodes ^ siège de), 237,
RiBTEE .G.), cité, 68.
Richelieu (bibliothèque de), 241.
Richelieu (cardinal de), ses dé-
mêlés avec Ant. Vitré. 120. —
Confisque à son profit la biblio-
thèque de La Rochelle, 121. —
Force H. -A. de Loménie à ven-
dre au roi ses manuscrits, 147.
Richelieu (rue), la bibliothèque
du roi y est installée, 217 et s.
RiDOLPi, cardinal, sa bibliothèque,
100.
RiGAULT (Nicolas), garde ce la bi-
bliothèque du roi, 117,118, 119.
— Fait l'estimation des manus-
crits de Ph. Hurault, 123. —
Quitte la bibliothèque du roi,
127, 133. — Catalogue rédigé par
lui, 128.— Sa mort, 138.— Cité,
139, 147.
RiGNAC (de), donne au roi des ma-
nuscrits, 186.
Rigolet de JUVIGNY, 260.
Robert (Nicolas), peintre, 159.
RoccA (Angelo), fonde la biblio-
thèque Angélique, 241.
RocHEcnouART (Jean de), garde
la biblioth.de Charles d'Orléans,
56, 57.
RoHAN-SouBisE (Cardinal de), son
hôtol. Achète la bibliothèque de
J.-A. de Thou, 170.
Rol\nd, destitue d'Orincp?on,261.
RoLA>'DiNO, Bon Arsnofa7'ia,33.
llO>''AN DU KECLUS {\o , 6, 30, 287,
29^'.
Roman du renaîid (le), 10, 24.
IiC^TAX DK LA r.OJrE (!< ), 291.
RoMANH, i^os'jjdés i)ar LoufsX. 6.
— Par Jean 1er, 9, [o. — lar
Charles V, :.^2, ' ., '^f-, JO. 30.—
l'arLonisX, 2S7. — l'ar t.lénic-n-
CG do Iion<;rie, 291. — Par 1 lii-
lippo le Ilardij 293, 294. —Par
Marguerite de Maie, 299, 300.
Rome (G. de). Voy. Colonna (G).
TABLE DES UATIÈBES.
337
B0K8ABD, cité, 101.
BosE (Guillaume), évêque de Sen-
lis, cherche à s'emparer de la
bibliothèque du roi, 9) , 94.
RoTAUMONT (abbaye de), Louis IX
lui lègue ses livres, 5.
RUBENS, 157.
RuETTE (Antoine), relieur du roi,
191.
RuUiLY (Philippe de), conseiller du
roi, 47.
RT7INABT (D.), dresse le catalogue
des manuscrits latins, 204.
Saab (J.), cité, 245.
Sache des bois, 26, 30.
Sadît-Andbé (Pierre de), prési-
dent au Parlement . lègue sa
bibliothèque aux Jésuites, 98.
Saint-Antoine (couvent de), en
Orient, 180.
Saint-Babthélemy( Journée de la) ,
85, 103.
Sadît-Bebtik (abbaye de), privi-
lège que lui accorde Gharlema-
gne, 2, 3.
Saint-Côme (Communauté de) ,
125, 149.
Sahît-Denis, GosBolin s'y retire,
92, 95.
Saint-Denis (abbaye de),"CJharle8
II lui lègue des livres. 3. — Pos-
sédait la Bible de Charles le
Chauve, 4.
Saint-Denis (faubourg), 37, 38.
Saint-Exupeby (de), doyen de
Notre-Dame de Paris, 249.
Saint-Gall (monastère do), Char-
lemagne y réunit des livres, 2.
Saint-Gel Aïs (Mellin de), biblio-
théc. du roi à Blois, 70, 71, 72.
Saint-Gebmain-en-Laye, 21.
Saint-Gebmain-des-Pbés , sa bi-
bliothèque, 242. — Incendiée,
270.
Sadît-Gbaal (roman du), 9.
Saint-Macaibe (couvent do), en
Orient, 180.
Saint-Mandé , bibliothèque qu'y
possédait Fouquet, 159.
Saint-Mabcel (Nicolas de), 184.
Saint-Maub (château de) , la bi-
blioth. de Catherine de Médicis
y est conservée, 102.
Saint-Pétebsboueg, 222, 2 il,
Saint-Pol (Cto de), 28.
Saint- Victob (abbaye de), 93. —
Sa bibliothèque devient publi-
que, 241.
SAiNT-YoN{Gamier de),bibliothéc.
de Charles VI, 44. — Destitué,
45. — Bétabli,47, 48. — Remet
au duc deBedford la bibli(»th.du
Louvre, 50, 51.
Sainte-Cathebine (Léonard de),
cité, 105, 128, 172.
Sainte-Chapelle du Pal aïs, Louis
IX y établit sabiblioth., 5,281.
Sainte-Geneviève (abbaye de),
reçoit en ^dépôt les manuscrits
de Baluze^ 216.
Sainte-Geneviève (bibliothèque),
manuscrits qu'elle possède, 48,
303.— Quand publique, 242.
Sainte-Mabguebite (église) , sa
bibliothèque, 242.
Sainte-Mabie (abbaye de), à Com-
piègne, Charles II lui lègue des
livres, 3.
Sainte-Mabthe (Abel de), 80, 81.
— Nommé bibliothécaii'e de Fon-
tainebleau, 121.
Sainte-Mabthe (Abel II de), cher-
che à faire rétablir une biblio-
thèque k Fontainebleau, 122. —
Sa mort, 123.
Sainte-Mabthe (Scévole de), cité,
105, 139, 146, 167,171.— Ami de
P. Pithou, 104.
Salisbuby (Jean de), ses œuvres
trad. pour Charles V, 15, 28,
Sallieb (l'abbéj, garde de la bi-
bliothèque du roi, 240, 241. —
Dresse un catalogue, 245. —
248, 249.
Salluste, 285.
s al vain (j.), 51.
Sancebbe, p. de Mondoré s'y re-
tire, 85. 23
338
TABLE DES MATIÈRES.
Sancy (Harlay de), 93.
Santeuil, cité, 172, 254, 255.
Sakzay (Guillaume de), bibliothé-
caire de Louis XII, 69.
Saumaise, dresse un catalogue de
la bibliothèque du roi, 128. —
Cité, 133.
Saumur, les livres de Charles
d'Orléans y sont déposés, 57.
Sautigny (Jean de), libraire, 47.
Sauvage (Pierre), secrétaire de
Charles d'Orléans. 57,
Sauval (H.), cité, 17, 37, 50, 172.
Sau VAN, consul à Chypre, 177,178.
Savoie (Louise de), femme de
Charles d'Angoulême , 58. —
Donne des volumes à François
1er, 74.
SoALiGEB (Joseph), cité, 97, 103,
105. 116.
ScHEiiHOBN, cité, 255,
Sedan (principauté de), 216.
SÉGUiEK (chancelier), 153.
SÉGUIN (l'abbé) , ses médailles
achetées pour le roi. 154.
Seignelay (marquis de), hérite de
la bibliothèque de Colbert, 231.
— Sa mort, 232.
Sénèque, ses épitres possédées par
Charles V, 23.
Sénèque, ses tragédies, 285.
Senlis (Guillaume de), exécut.
testam. de G. Malet, 41.
SÈEE (de), conseiller d'Etat, ses
médailles achetées pour le roi,
154.
Sebilly (de) , ses manuscrits ache-
tés pour le roi, 219.
Sève (de), 163,
Sévère (Alexandre), 158.
Se VILLE (Jean de), 31.
Sévin (abbé), garde de la biblio-
thèque du roi, 241. — Mission
bibliographique qu'il reçoit, 222.
Simon (J.-Fr.), garde des médail-
les, 27î>.
SiNAÏ (Couvent du mont;, 179.
SiRMOND (Jacques), confesseur de
Louis XIII, donne des livres au
collège de Clermont, 100,
Soisy-sous-Etioles, 39.
Soliman II, 67.
SoLiN, les merveilles du monde,
30.
Somme des vices et des vertus,
6.
Sorbonne, Mazarin met sa biblio-
thèque sous sa protection, 161,
1629
SouBisE (maréchal de), hérite de
la bibliothèque de J.-A. de
Thou, 171,
SouBisE. Voy. Bohan.
Spabwenpeld (de), donne au roi
un manuscrit russe, 200.
Spifame (Raoul), son recueil d'ar-
rêts, 79.
Stbozzi (P.), maréchal de France,
sa bibliothèque, 100.
Stbuvius, cité, 3, 67, 139,172.
Sully (duc de), 110, 111.
Sy (Jean de), sa traduct. de la
Bible, 9.
Symmaqxte, 285.
Tatsand, cité, 105, 128, 139, 2U,
216.
Talmud (le), confisqué à des Juife,
37^18.
Talon, 135.
Tardieu, lieutenant de police, ses
médailles achetées pour le roi,
154.
Targny (abbé de), garde de la bi-
bliothèque du roi, 214. — Chargé
d'estimer les manuscdts de Col-
bert, 235. — I5n donne nn reçn,
240.— Sa mort, 241.
Taschereau (J.), cité, 271.
Tassin (D.i,cité, 193.
Teissier (Ant.), cité, 66, 67, 74.
Tenelle (Juste), achète des ma-
nuscrits pour le roi, 66.
Tepleuve (J. de), 297.
Thévenot ^Melchisedec), garde
de la bibliothèque du roi, 188,
201. — Ses manuscrits achetés
pour le roi, 207.— 228.
Thierry (Nicolas), chancelier de
TABLE DES MATIÈBES.
339
Notre-Dame de Paris, 249.
Thiery (Pierre), ontrepr. du mau-
solée de Charles VI, 50.
TmÉRY, cité. 172, 195.
Thionville, 101.
Thoisy (J. de), 297.
Thoisy (Morel de), donne des ma-
nuscrits au roi, 222.
Thou (Christophe de), 167, 169.
Thou (François-Aug. de), maitre
de la librairie, 119. — Sa mort.
127, 170. — P. Dupuy lui lègue
ses manuscrits, 138, 147.
Thou (Jac.-Aug. de), nommé maî-
tre de la librairie, 97. — Confis-
que les manuscrits de Catherine
de Médicis, 10;^ et s. — Ami de
P. Pithou, achète ses manus-
crits, 104. — Sa mort, 119. — '
Nicolas Lefévre lui lègue ses
manuscrits, 1 46. — Sa bibliothè-
que achetée par M. de Ménars,
147, 170. — Histoire do cotte
collection, 167 et s., 241.— Mar-
que de ses livres, 168. — Cité,
66,67, 74,86, 105,107, 139,151,
172.— 110, 111.
^Thou (Nicolas de), 167.
^IBULLE, 201.
^iTE-LivE , traduct. faite pour
Jean I, 9, 22. — PosFédce par
Charles V, 89. — Exempl. rap-
porté d'Angleterre, 52.— i^dS.
TIXiTBEs ET GÉNÉALOGIES (départe-
ment des), quand créé, 214.
^OLLius (Corn), cité. 86.
■HoECY I marquis de^ 208.
TTouR DE LA Fauoonnebte, âu Lou-
vre, 17.
T^ouB DE LA Libbaibie , au Lou-
vre, 18.
ÏOUBNOIEMENT DK l'AnTEOHBIST
(le;, 6, 9, 10, 287.
TTouBNON (cardinal de,, réunit des
médailles, 152.
Tbéguieb (collège de), 110.
Tbessan, ses médailles, 260.
Tbicaud (l'abbé), cité, 97.
rsicHET (Baphael), sa bibliothè-
que, 148, 159.
Tbiquet (collège de). Voy. Tré-
guier.
Tbouenne (de), ses médailles ache-
tées pour le roi, 154.
Tboyes, patrie des frères Pithou,
etc., 103 et s. — Son collége,105.
TuiLLiÈBEB (Jean de), dresse l'in-
ventaire des livres de Charles
d'Orléans, 56.
TuBGOT (plan de), cité, 218.
TuRNÈBE, 137, 223.
Tyb (Guill. de), sa chronique, 9.
Ulpien, 285.
Univebsité de Pabis, on lui ac-
corde les bâtiments du collège
Louis-le-Grand, 100. — Sa bi-
bliothèque devient publique,
242.
Urbain V, pape, son psautier, 83.
Uxellf.8 ^maréchal d'), ses estam-
pes achetées pour le roi, 249.
Vaillant, acheta pour le roi des
médailles, 153.
Valentine de Milan, donne un
vol. à Charles VI, 27.
Valèue Maxime . traduit pour
Charles V, 1-1. 28.— 285.
Valiikbert s. de), cité, 245.
Valincourt de), donne des livres
au roi, 206.
Vallet de Vibi ville, cité, 50, 52.
Vallier, copiste d'Ant. de Lomé-
nie, 146.
ViBADE (Claude), recteur du col-
lège do Clermont, 98.
Varade (Jérôme), médecin., lègue
dos livr«^R aux """ésuitep, 98.
Varès (l'abbé de), garde de la bi-
bliotliùqiio du roi, 187, 207.
Vabillas (Aiit.), garde de la bi-
bliothèque du roi, 149.
Va-BBon, 158.
Vatican (bibliothèque du), 237..
Vegèce, son Epitome, 25, 26.
Velly, cité, 283.,
Vendôme (place, ou décide d'y
transporter la bibliothèque du
roi, 195, 196.
Venise, Pétrarque lui donne sa
biblioth., 59.
340
TABLE DES MATIÈBE6.
Yeboèce (Auge), dresse le catalo-
gue de la biblioth. de Foutaiue-
bleau, 73, 81.— 110.
Yeboeb (Audrieu du), serrurier,
travaille au Louvre, 17.
Vebjxjs (de), envoie des livres 6 la
bibliothèque du roi, 175.
Veenon (Jean de), prieur des Car-
mes, 184.
y EBs AILLES, OU y transporte le
cabinet des médailles. 154.
ViABT (Jacques), 63.
YiEmŒ (biblioth. impériale de),
64.
ViONAY (Jean de), traduct. qu'il
fait pour Jean I, 9, 23, 26.
Vigweul-Mabville, cité,139, 147,
172, 202.
VrLLEMAiN, cité, 73.
Villeneuve (marquis de), envoie
des manuscrits au roi, 240,
ViLLiEBs, député à TAssemblée
nationale, ses attaques contre la
famille Bignon, 212, 262.
ViNCENNES, Charles V y a des li-
vres, 44.
YzNCENOT , garde des médailles,
279.
YiEOiLE, 285.
YiscoNTi (Azon), commence la bi-
blioth. de Pavie, 59.
YiTBÉ (Antoine), ses démêlés avec
Bichelieu, 120.
YiTBuvB, 285.
YiviENNE (rue), la bibliothèque du
roi y est installée, 249. — 217,
219.
YosBius (Isaac), 131.
Walun (G.), cité, 220.
Wansleben (J.-M.), achète pour
le roi des médailles, 153. — Mis-
sion qui lui est confiée, 177 et s.
Wabéb (G.), cité, 226.
WiNCKLEB(T.-r.), garde des mé-
dailles, 279.
XiMEi^s (Fr.), évêque d'£lvas,23.
ERRATA
Page 70, lions 5. Au lieu de : S Décembre 1538.
lÀseg : 8 Décembre 1536.
Page 203, titre courant. Aulieu de: 1658. Lisea :
1688.
Page 231, NOTE 2, ligne i.AuUmde-.Céiie d'André
Duchesne.ZFise^iUnepartiede celle d'André
Duchesne.
Page 234. Supprimes! le filet qui figure au-dessus
du bois.
ACHEVÉ D'IMPRIMER
Sur les presses de Mériaux et Vitez
Tfpogiaphes t Lille
Le 15 février 1875
Pour Léon WILLEM, Libraire
A PARIS
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